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	<title>Archives des Miss.Tic - Journal Zebuline</title>
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		<title>Une papesse du street-art à Avignon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jul 2024 12:34:12 +0000</pubDate>
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<p>A priori, elle détonne avec l’ambiance solennelle du Palais des Papes d’Avignon, où elle est exposée. Pourtant,&nbsp;<em>À la vie, à l’amor</em>&nbsp;de Miss.Tic s’harmonise avec les lieux. Ses œuvres sont réalisées au pochoir et bombées à l’encre aérosol sur des collages d’affiches publicitaires ou des palissades, doublées d’aphorismes et de jeux de mots dans une typographie reconnaissable. L’exposition, visible jusqu’en janvier 2025, vise à replacer Miss.Tic comme femme de lettres en mettant en lumière ses créations poétiques et politiques.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color">Le graffiti au féminin</mark></strong></p>



<p><strong>Radhia Aounallah</strong> a préféré le pseudonyme de Miss.Tic, du nom du personnage de la sorcière des aventures de Picsou. Jeu de mots spirituel, le nom est surtout explicite. Femme pochoiriste à la fin des années 1980 dans un monde de l’art urbain masculin, Miss.Tic désire que tout le monde sache qu’elle est une « fille ». Inspirée par l’image stéréotypée de la femme dans les médias et la publicité, elle crée une figure féminine sexy qui interroge avec ironie la misogynie de notre société au moyen de phrases chocs comme « <em>je rêve d’Orient sans machisme et d’Occident sans sexisme</em> ». Sa série <em>Miss.Tic présidente</em> (1988-2009) témoigne de son engagement en faveur des droits sociaux.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color">Se réapproprier l’espace public et la culture</mark></strong></p>



<p>«&nbsp;<em>La poésie ébauche les contours d’une ville à colorier&nbsp;</em>» écrit Miss.Tic dans une œuvre de 1992. L’artiste veut investir les rues de poésie et démocratiser la culture en se réappropriant l’espace public. Condamnée en 1999 à une forte amende pour dégradation de bien public, la plasticienne privilégie alors les actions légales et expose en parallèle dans des galeries et institutions. Cette fois, c’est à la rue de s’inviter au musée au moyen d’un dispositif scénique dans la Grande Chapelle reproduisant les conditions d’affichages. D’ailleurs, le Palais des Papes, lieu de puissance des élites, s’est depuis mué en rendez-vous de la culture populaire. Une petite victoire pour celle qui martelait&nbsp;: «&nbsp;<em>pas d’idéaux/ juste des idées hautes&nbsp;</em>».</p>



<p>CONSTANCE STREBELLE</p>



<p><em>Miss.Tic : À la vie, à l’amor</em> est visible jusqu’au <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color">5 janvier</mark> 2025 au Palais des Papes, Avignon</p>
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