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	<title>Archives des Molière - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Molière - Journal Zebuline</title>
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		<title>Carnaval vaniteux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 09:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Lavernhe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sganarelle veut se marier, animé par la peur de vieillir seul et le désir d’affirmer sa virilité. Sa jeune fiancée, Dorimène, voit quant à elle le mariage comme une promesse d’une vie bourgeoise, menée en toute indépendant. Un discours libre et ironique qui déstabilise profondément le premier. Dès lors, tout s’emballe. Pris dans un vertige [&#8230;]</p>
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<p>Sganarelle veut se marier, animé par la peur de vieillir seul et le désir d’affirmer sa virilité. Sa jeune fiancée, Dorimène, voit quant à elle le mariage comme une promesse d’une vie bourgeoise, menée en toute indépendant. Un discours libre et ironique qui déstabilise profondément le premier. Dès lors, tout s’emballe. Pris dans un vertige de doutes, Sganarelle consulte tour à tour son ami Géronimo, des philosophes absurdes et des bohémiennes inquiétantes, autant de miroirs grotesques de sa propre confusion.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le bal des masques</mark></strong></p>



<p>Dans cette revisite de la farce de Molière par <strong>Louis Arène</strong> et sa compagnie, le <a href="https://www.munstrum.com/compagnie">Munstrum Théâtre</a>, <strong>Sylvia Bergé</strong>, <strong>Julie Sicard</strong>, <strong>Benjamin Lavernhe</strong>, <strong>Gaël Kamilindi</strong> et <strong>François de Brauer</strong> composent une galerie de figures monstrueuses et hilarantes. Des clowns bizarres, en mutation constante, affublés de vêtements enfilés à l’envers, de nombreuses prothèses et de masques inspirés de la commedia dell’arte, mais revisités par le regard plastique du metteur en scène, accentuant la dimension cauchemardesque de la farce. Le décor exigu et sommaire, un espace clos entièrement fait de planches blanchies, devient une boîte à illusions où les portes claquent, les corps se cognent et les certitudes se fracassent. </p>



<p>Louis Arène fait de cette farce ancienne une œuvre d’aujourd’hui, où la mécanique du comique se déploie comme une horlogerie infernale&nbsp;: on rit de bon cœur, mais ce rire dérange, dévoilant la part d’ombre du désir de domination. Sous les traits déformés de Sganarelle, c’est un regard cruel sur l’homme contemporain, incapable de comprendre un monde dans lequel les rapports entre les sexes se redéfinissent.&nbsp;</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Le mariage forcé</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 19 au 21 novembre</mark><br><a href="https://www.chateauvallon-liberte.fr/">Théâtre Liberté,</a> Scène nationale de Toulon</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici </a></p>
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		<title>Libertin insatiable</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jul 2025 14:36:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Molière]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Car]]></category>
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		<category><![CDATA[Valérie Bournet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Don Juan joué par une femme,&#160;c’est&#160;inattendu&#160;! Et c’est&#160;Valérie Bournet&#160;qui l’incarne avec une gouaille et une fantaisie extraordinaires, moustache séductrice, immaculé costume satiné. Totalement investie par son personnage, la comédienne joue avec jubilation, tandis que le public la suit avec enthousiasme.&#160; Reprenant le texte de Molière avec quelques coupes nécessaires et quelques ajouts qui l’actualisent, Valérie Bournet et Philippe Car, [&#8230;]</p>
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<p>Don Juan joué par une femme,&nbsp;c’est&nbsp;inattendu&nbsp;! Et c’est&nbsp;<strong>Valérie B</strong><strong>our</strong><strong>net</strong>&nbsp;qui l’incarne avec une gouaille et une fantaisie extraordinaires, moustache séductrice, immaculé costume satiné. Totalement investie par son personnage, la comédienne joue avec jubilation, tandis que le public la suit avec enthousiasme.&nbsp;</p>



<p>Reprenant le texte de <strong>Molière </strong>avec quelques coupes nécessaires et quelques ajouts qui l’actualisent, Valérie Bournet et <strong>Philippe Car</strong>, codirecteurs de l’Agence de Voyages Imaginaires, ont assuré l’écriture et la mise en scène. Les quatre autres comédien·ne·s se partagent tous les autres personnages avec changements rapides de costumes, grimages, faux-nez, perruques, accompagnés des compositions musicales de<a href="https://www.vincent-trouble.com/"> <strong>Vincent Trouble</strong></a>. Car les comédiens sont pratiquement tous musiciens. La scénographie est elle aussi énergique : cinq tableaux différents, manipulés en direct, enchantent par leur poésie évocatrice, comme la barque de l’amoureux éconduit,  ou la forêt de feuilles translucides.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Violeur impuni</mark></strong></h3>



<p>Mais contrairement au final de Molière, un pacte avec le Diable permet au séducteur de revenir à la vie en se félicitant&nbsp;: car il a «&nbsp;encore beaucoup de mal à faire.&nbsp;» Endiablé donc, il repart à l’assaut du premier jupon qu’il croisera, au grand désespoir de Sganarelle.</p>



<p>À&nbsp;la sortie, comédien.ne.s / musicien.ne.s se rassemblent sur la place pour un concert offert au public et aux passants. Ambiance festive assurée malgré le malheur de l’incendie qui a ravagé Pôle Nord, leur lieu de création, et la maison de Valérie Bournet.&nbsp;(voir p 5)</p>



<p>CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Don Juan-Un cœur à aimer la terre entière ?</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu’au 26 juillet à 17h40  </mark><br>Théâtre des Carmes</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes ici</a></p>



<p></p>
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		<title>Les fourberies de Scapin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2025 09:22:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Molière]]></category>
		<category><![CDATA[Muriel Mayette-Holtz]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Octave aime&#160;Hyacinte&#160;tandis que Léandre aime&#160;Zerbinette, mais les deux pères des amoureux ne l’entendent pas de cette oreille !&#160;Une version de la plus fameuse comédie de Molière, très empreinte de commedia dell’arte, créée en 2022 par Muriel&#160;Mayette-Holtz&#160;à l’occasion des 400 ans de la naissance du dramaturge, avec la troupe du Théâtre National de Nice, qu’elle dirige.&#160; [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Octave aime&nbsp;Hyacinte&nbsp;tandis que Léandre aime&nbsp;Zerbinette, mais les deux pères des amoureux ne l’entendent pas de cette oreille !&nbsp;Une version de la plus fameuse comédie de Molière, très empreinte de commedia dell’arte, créée en 2022 par Muriel&nbsp;Mayette-Holtz&nbsp;à l’occasion des 400 ans de la naissance du dramaturge, avec la troupe du Théâtre National de Nice, qu’elle dirige.&nbsp;</p>



<p>Elle en fait un spectacle hilarant de punks à chien, avec une pompe à essence à sec perdue dans le désert, agrémentée d’une éolienne rouillée et d’une épave de 2 CV, comme lieu de&nbsp;rendez-vous des mauvais coups. En soulignant l’intemporalité de cette farce qui expose «&nbsp;<em>la bonté des gens de peu, la fourberie naturelle des humains, bons vivants mais malins, généreux mais brutaux</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p><em>MARC VOIRY</em></p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">27 et 28 mai</mark><br><strong><a href="https://www.chateauvallon-liberte.fr">Théâtre Liberté</a></strong>,&nbsp;Scène nationale de&nbsp;Toulon</pre>



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		<title>Courgette</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Feb 2025 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Paru en 2002,&#160;Autobiographie d’une courgette, roman de Gilles Paris, a connu de multiples adaptations, à la télévision, au cinéma, et en bande dessinée. Puis au théâtre, par Pamela Ravassard et Garlan Le Martelot&#160;: un spectacle de théâtre-musical créé en 2021, qui, après des centaines de représentations, a obtenu sept nominations et le Molière de la [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Paru en 2002,&nbsp;Autobiographie d’une courgette, roman de<a href="https://www.gillesparis.com"> Gilles Paris</a>, a connu de multiples adaptations, à la télévision, au cinéma, et en bande dessinée. Puis au théâtre, par Pamela Ravassard et Garlan Le Martelot&nbsp;: un spectacle de théâtre-musical créé en 2021, qui, après des centaines de représentations, a obtenu sept nominations et le Molière de la meilleure comédienne de théâtre public 2024 pour Vanessa Cailhol.&nbsp;Courgette, c’est l’histoire du jeune Icare (alias Courgette), 10 ans, qui se retrouve en foyer suite à un drame familial, et raconte ce qui lui arrive, dans un langage, franc, direct, piqué d’humour, et d’espoir. La mémoire se mêle aux rêves et la tristesse à l’humour, au cours de scènes rapides, jouées par cinq comédien·ne·s – musicien·ne·s épatant·e·s. </p>



<p><em>MARC VOIRY</em></p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">25 février</mark><br><strong><a href="https://www.theatresendracenie.com">Théâtre de l’Esplanade</a></strong>, Draguignan</pre>



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		<title>Molière : du papier à musique </title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2024 09:25:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Georges Forestier, qui nous a quittés au printemps dernier sans avoir le temps de tenir ce livre entre ses mains, imagine une biographie de Molière racontée par Dorimond (Nicolas Drouin), un comédien contemporain de Molière auquel Denis Podalydès prête ici sa voix. Comme son titre l’indique, cette biographie co-éditée par Gallimard et Harmonia Mundi, met [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Georges Forestier</strong>, qui nous a quittés au printemps dernier sans avoir le temps de tenir ce livre entre ses mains, imagine une biographie de Molière racontée par Dorimond (Nicolas Drouin), un comédien contemporain de Molière auquel <strong>Denis Podalydès</strong> prête ici sa voix. Comme son titre l’indique, cette biographie co-éditée par Gallimard et Harmonia Mundi, met en valeur la musique au centre des nombreuses œuvres de l’auteur, comme les comédies-ballets <em>La Princesse d’Elide </em>(1664), Georges<em> Dandin</em> (1668) ou encore le<em> Bourgeois gentilhomme </em>(1670), commandées par le roi pour ses fêtes.&nbsp;</p>



<p>Cette part musicale, parfois occultée par une tradition scolaire privilégiant le texte de l’auteur, est ici mise à l’honneur par des partitions de Lully et Charpentier, les deux collaborateurs de Molière, interprétées par l’ensemble des Arts Florissants dirigé par <strong>William Christie</strong>. Chaque chapitre comprend des extraits enregistrés par les comédiens du <strong>Théâtre Molière Sorbonne</strong>, compagnie créée par Georges Forestier en 2017 qui restitue ici dans une prononciation historiquement informée les textes de l’auteur.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Partenariat public-privé</mark></strong></p>



<p>Ce parcours chronologique retrace les différentes étapes de la vie de Molière et de ses comédiens : menant d’abord une vie itinérante avec sa troupe de l’Illustre Théâtre, il se stabilise à Paris avec la protection de Monsieur, frère du roi, avant de gagner la faveur du roi lui-même. Chaque création est reliée à des événements privés ou publics : c’est peu après son mariage avec la jeune Armande Béjart qu’il crée <em>L’École des femmes </em>(1663), et la visite de l’émissaire du Grand Turc lui donne le sujet du <em>Bourgeois gentilhomme </em>(1670). Les rivalités de l’auteur sont aussi évoquées : celle l’opposant aux comédiens de l’hôtel de Bourgogne, ou encore à Pierre Corneille, avec qui il finit par collaborer pour la versification de <em>Psyché </em>(1671). Dorimond lui reproche même d’avoir plagié une de ses pièces pour la création de <em>Dom Juan</em>. Toutefois, ce dramaturge, qui n’a pas connu la gloire de Molière, n’exprime aucune amertume dans ce récit au ton d’admiration palpable, et dans lequel nous entendons la voix de Georges Forestier, ici ressuscité par un Dorimond-Podalydès ventriloque. </p>



<p>MATHILDE MOUGIN</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Molière, la musique d’une vie</em>, de <strong>Georges Forestier</strong><br><a href="https://www.gallimard.fr/catalogue/moliere-la-musique-d-une-vie/9782073082718">Gallimard</a>&nbsp;et <a href="https://boutique.harmoniamundi.com/merch/475026-georges-forestier-denis-podalyds-comdiens-du-thtre-molire-sorbonne-les-arts-florissants-william-christie-molire-la-musique-dune-vie">Harmonia Mundi</a> – 28 €&nbsp;</pre>



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		<title>« Une odeur de lit défait »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Sep 2024 13:52:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Après Les Femmes savantes, après Tartuffe, pourquoi revenir à Molière ?&#160; Macha Makeïeff. Il a écrit Dom Juan entre les deux versions de Tartuffe, et les pièces ont beaucoup à voir. Elles ont été créées par la même troupe d’acteurs, et j’ai aussi aimé retrouver les miens dans cette suite, avec quatre jeunes acteurs [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Zébuline. Après <em>Les Femmes savantes</em>, après <em>Tartuffe</em>, pourquoi revenir à Molière ?</strong>&nbsp;</p>



<p><strong>Macha Makeïeff.</strong> Il a écrit <em>Dom Juan</em> entre les deux versions de <em>Tartuffe</em>, et les pièces ont beaucoup à voir. Elles ont été créées par la même troupe d’acteurs, et j’ai aussi aimé retrouver les miens dans cette suite, avec quatre jeunes acteurs formidables qui les ont rejoints&#8230; En dehors de ce côté humain, le point commun est la thématique de la prédation. Elle apparaît dans <em>Tartuffe</em> pour devenir le thème central de <em>Dom Juan</em>, qui n’est pas plus la religion ou le « Ciel » que dans<em> Tartuffe</em>. Je dégage le surnaturel et je parle d’emprise. Don Juan<em>*</em> est, dès l’entrée, un personnage perdu, qui va mourir. Molière avait vraiment le génie pour comprendre les ressorts de la séduction, sa perversité, et le poids du patriarcat. Les femmes y sont toujours dans des impasses épouvantables et le patriarcat engendre des monstres. Don Juan en est un, comme de nombreux hommes de Molière.</p>



<p><strong>Vous déplacez l’intrigue au XVIII</strong><strong><sup>e </sup></strong><strong>siècle, où le libertinage a un autre sens&#8230;</strong></p>



<p>Oui. Ce glissement permet de mieux faire sentir la dislocation de l’aristocratie. Don Juan est tué par les siens. Et au niveau plastique, le XVIII<sup>e</sup> m’intéresse, et permet de faire sentir cette odeur de lit défait. Mon Don Juan, enfermé chez lui, est sadien. Il entretient une relation de proximité, d’amour, de violence, avec son valet, comme Sade et Latour. Il est au bout du rouleau, voué à la mort. Comme chez Sade, tous viennent chez lui.&nbsp;</p>



<p><strong>Même les paysannes ?&nbsp;</strong></p>



<p>Je n’ai jamais aimé cette scène avec ces accents, ce comique de classe, de mépris. Elle me gêne, socialement, politiquement. Alors je l’ai transposée. Don Juan, comme Sade, fait du théâtre, les paysannes sont des comédiennes et il se met en scène comme prédateur. Chez lui.</p>



<p><strong>Est-ce-que vous aimez certains aspects de votre « grand seigneur méchant homme » ? Sa liberté, son panache ?</strong></p>



<p>C’est un monstre. Sa liberté est celle, sadienne, de détruire, de faire le mal. S’il a une faille qui peut émouvoir, c’est celle d’avoir été un gosse rejeté et nié par son père, qui dit sa « honte de l’avoir fait naître », ce qui est une parole d’une violence absolue pour un fils. Les pères produisent des monstres quand ils ne donnent pas de place à leurs fils. C’est une faille de Don Juan qui peut émouvoir, mais n’excuse pas.</p>



<p><strong>Sa prédation sexuelle ?&nbsp;</strong></p>



<p>Oui, ce « non » des femmes qu’il faut enfin entendre. Elvire est un personnage très fort, qui évolue, se heurte à un mur dans la première scène, puis revient. Dans sa dernière scène, par deux fois, elle dit « non ». D’habitude, on entend peu ce « non ». Je veux qu’il résonne, comme la fin d’un système et d’un monde.&nbsp;</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL</p>



<p>*Molière écrit « Don Juan » pour désigner son personnage, et « Dom Juan » comme titre de sa pièce, sans doute pour la différencier des Don Juan précédents, et pour faire allusion au « dominus », le maître.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Dom Juan</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 25 au 28 septembre<br></mark>Théâtre Liberté, Scène nationale de Toulon<br><a href="http://chateauvallon-liberte.fr">chateauvallon-liberte.fr</a><br><a href="http://chateauvallon-liberte.fr"><br></a><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 15 au 18 octobre<br></mark>Jeu de Paume, Aix-en-Provence<br><a href="http://lestheatres.net">lestheatres.net</a></pre>



<p></p>
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		<title>Ridicule particule</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jun 2024 14:28:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Clinic Orgasm Society]]></category>
		<category><![CDATA[La Criée]]></category>
		<category><![CDATA[Molière]]></category>
		<category><![CDATA[Scène]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre du Gymnase]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Clinic Orgasm Society c’est le nom que s’est choisi cette compagnie belge fondée en 2001 à Bruxelles, qui se considère «&#160;plutôt comme un laboratoire dont les chercheurs tentent de donner vie à des actes scéniques conçus comme des créatures monstrueuses et délibérément mal recousues ». Et cherche «&#160;à effleurer la beauté étrange et absurde, tragique [&#8230;]</p>
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<p><strong>Clinic Orgasm Society</strong> c’est le nom que s’est choisi cette compagnie belge fondée en 2001 à Bruxelles, qui se considère «&nbsp;<em>plutôt comme un laboratoire dont les chercheurs tentent de donner vie à des actes scéniques conçus comme des créatures monstrueuses et délibérément mal recousues </em>». Et cherche «&nbsp;<em>à effleurer la beauté étrange et absurde, tragique et ridicule, du ballet des gigotements humains pour que le monde ait un sens</em>.&nbsp;» Le Théâtre du Gymnase, pour son dernier spectacle hors les murs de la saison, l’invitait à La Criée, pour sa version de <em>George Dandin ou le Mari confondu</em> de Molière, rebaptisé <em>George de Molière</em>&nbsp;: George Dandin est un riche paysan, qui obtient, contre son argent, un titre de noblesse grâce à un mariage arrangé avec Angélique, fille des Sotenville, nobles désargentés. Mais George Dandin devenu George de la Dandinière va continuer à payer cher sa particule&nbsp;: déconvenues multiples et humiliations nombreuses.</p>



<p>Comédie de l’humiliation</p>



<p>On est accueilli à l’entrée de la salle par des créatures masquées en costume blanc, coiffe végétale et tout un assortiment serré de cloches de pâturages accrochés dans le dos. Sur scène une voiture, des instruments de musique, un abri clos et des panneaux colorés. Ça commence en comédie musicale champêtre, deux jeunes paysannes convoitées par deux bergers, entourés d’une dizaine de moutons aux perruques bouclées, à l’esprit de troupeau et aux bêlements parfaits. Puis George va apparaître, lunettes, dégarni, l’air obtus, rencontrant Lubin, intermédiaire bavard, chevelu et étourdi, lui dévoilant l’intérêt de Clitandre, quinqua relooké jeune, pour Angélique, à la mauvaise foi déterminée.</p>



<p>La comédie de l’humiliation de George de la Dandinière commence, et va suivre son cours et ses péripéties comiques et cruelles, dans des costumes, attitudes, façons de se mouvoir sur scène, et de dire le texte semblant sortir d’un mix de carnaval belge, soirée disco, cabaret burlesque et guignol queer. Le tout se terminant en battle musicale de groupe, amour domestique contre amour libre, équilibre contre désordre, Apollon contre Bacchus. C’est ce dernier qui l’emportera, dans une bacchanale au son amplifié brouillon, puis une dernière et brève apparition de George se dandinant en chantonnant.</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Georges de Molière</em> était présenté du 29 mai au 1<sup>er</sup> juin à La Criée par le Théâtre du Gymnase hors les murs.</pre>
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		<title>Revoir l’Avare</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Mar 2024 11:03:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Aurore Lévy]]></category>
		<category><![CDATA[Bénédicte Choisnet]]></category>
		<category><![CDATA[Domaine d’O]]></category>
		<category><![CDATA[Fred Epaud]]></category>
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		<category><![CDATA[Occitanie]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Stanislas Roquette]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Debost]]></category>
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<p>En juin 2019, le public de l’Opéra de Montpellier découvrait, lors du Printemps des comédiens, un<em> Bourgeois Gentilhomme </em>onirique et opulent créé à l’Opéra Comédie. Revenu sur ce plateau pour y camper un autre archétype <em>made in</em> Molière, <strong>Jérôme Deschamps </strong>valivrer cependant une lecture bien moins lumineuse de <em>L’Avare</em>. On retrouve certes les motifs et obsessions chères au metteur en scène : les rôles travestis ou très bouffes d’<strong>Yves Robin</strong>, ou encore improvisations joliment boulevardières de <strong>Lorella Cravotta </strong>en Frosine ou de <strong>Bénédicte Choisnet</strong>, fringante Élise ; la bonhommie de <strong>Vincent Debost </strong>en Maître Jacques ou de <strong>Fred Epaud </strong>dans les rôles d’Anselme et de Brindavoine. Le goût pour le mélange des tons est à nouveau ce qui fonctionne le mieux dans cette distribution unissant le tragique excessif, et donc hilarant, d’<strong>Aurore Lévy </strong>dans le rôle de Marianne ou même de l’outré Cléante de <strong>Stanislas Roquette</strong>.<br>Sans oublier la méchanceté et la folie qui semblent guetter Valère, qui devient, sous les traits de l’impressionnant <strong>Geert Van Herwijnen</strong>, l’un des personnages les plus fascinants de la pièce, là où tant d’autres l’auront simplement dépeint comme un pleutre, ou un arriviste. </p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Désamour familial<br></mark></strong>Ce joyeux mélange de tons laisse tout le loisir à Jérôme Deschamps camper, sur un mode de jeu qui ne semble appartenir qu’à lui, cet Harpagon plus décalé que réellement cruel. Pourtant Harpagon n’a ici plus rien de l’émerveillé Monsieur Jourdain ; les costumes de <strong>Macha Makeïeff </strong>sont élégamment outrés et colorés, mais le décor demeure vide, au grand dam de comédiens heureusement aptes à faire entendre leur voix sur les larges plateaux d’opéra. Un certain malaise s’installe dans cette chronique de désamour et de petites trahisons familiales, que la gaieté de la scène finale ne balayera jamais complètement. L’austérité demeure, sous les oripeaux de la comédie, un bien triste programme, et Harpagon un bien triste sire.</p>



<p>SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’Avare</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 14 au 16 mars</mark> <br><strong>Opéra Comédie</strong>, Montpellier, <br>dans le cadre de la saison du <strong>Domaine d’O</strong></pre>
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		<title>Harpagon à l’Opéra</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Nov 2023 09:29:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Gymnase hors les murs]]></category>
		<category><![CDATA[Jérôme Deschamps]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On connait bien Jérôme Deschamps. Auteur, metteur en scène, comédien, ancien directeur de l’Opéra-Comique et cocréateur de la troupe des Deschiens. Et lui connaît bien son Molière&#160;! Après avoir mis en scène Les Précieuses ridicules (1997) puis Le Bourgeois Gentilhomme (2022, avec musique et ballet), il s’est remis à l’ouvrage sur un autre grand classique [&#8230;]</p>
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<p>On connait bien <strong>Jérôme Deschamps</strong>. Auteur, metteur en scène, comédien, ancien directeur de l’Opéra-Comique et cocréateur de la troupe des Deschiens. Et lui connaît bien son Molière&nbsp;! Après avoir mis en scène <em>Les Précieuses ridicules</em> (1997) puis <em>Le Bourgeois Gentilhomme</em> (2022, avec musique et ballet), il s’est remis à l’ouvrage sur un autre grand classique du maître : <em>L’Avare</em>. Représentée pour la première fois sur la scène du Palais-Royal le 9 septembre 1668, cette comédie de caractère en cinq actes et en prose, adaptée de <em>La Marmite</em> de Plaute, n’a pas particulièrement passionné le public à l’époque, alors qu’elle deviendra par la suite l’un de ses plus grands succès. L’une des raisons avancées est que <em>L’Avare</em> est parfois qualifiée, à l&rsquo;instar du <em>Misanthrope</em> et des <em>Femmes savantes</em>, de « comédie sérieuse ». Car Harpagon, que Molière interprétait lui-même, n’est pas un personnage entièrement comique. Et sous les excès d’une passion aveugle pour l’argent, se trouvent la tyrannie domestique, le mariage forcé, l’individualisme et la misogynie. Mais aussi la cruauté, la solitude et la tristesse.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Rendez-moi ma cassette !</mark></strong></p>



<p>«&nbsp;Comédie sérieuse&nbsp;», comédie de caractère, qui n’empêche la comédie d’intrigue&nbsp;: Élise veut se marier avec Valère tandis que son frère Cléante veut épouser Mariane. Mais leur père, le vieil Harpagon, usurier, a lui-même jeté son dévolu sur Mariane, tandis que sa fille doit se marier avec un vieux marchand, et son fils avec une riche veuve. À la satire d’origine, Jérôme Deschamps ajoute une touche de folie teintée d’absurde, dans une mise en scène sobre, laissant toute la place au jeu des acteurs et à la richesse du texte&nbsp;: décor volontairement minimaliste, fard blanc sur les visages, et costumes d’époque (confectionnés par Macha Makeieff et les ateliers costumes du TNP). Tout comme Molière, dans le rôle du vieil avare accroché à sa cassette, le metteur en scène s’en donne à cœur joie&nbsp;: bedonnant et traînant de l’arrière-train, tout en délires, loufoqueries et férocités.&nbsp;</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>L’Avare</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 29 novembre au 1<sup>er</sup> décembre<br></mark>Opéra de Marseille<br>Dans le cadre de la saison du Gymnase hors les murs.<br><a href="http://lesthéâtres.net">lesthéâtres.net</a></pre>
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