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	<title>Archives des Monte-Carlo - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Monte-Carlo - Journal Zebuline</title>
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		<title>Monaco Dance Forum : Akram Khan fait vibrer le Rocher </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Dec 2024 10:25:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chotto Desh, (petite patrie) est une histoire dansée qui emprunte à la biographie d’Akram Kan, un emblème du métissage des cultures. Elle raconte le périple d’un petit garçon né de parents bangladais. Le « baba » tient un restaurant et voudrait que son fils prenne un jour la relève mais Akram est un rêveur. Il trouve sa [&#8230;]</p>
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<p><em>Chotto Desh,</em> (petite patrie) est une histoire dansée qui emprunte à la biographie d’<strong><a href="https://www.akramkhancompany.net">Akram Kan</a></strong>, un emblème du métissage des cultures. Elle raconte le périple d’un petit garçon né de parents bangladais. Le « baba » tient un restaurant et voudrait que son fils prenne un jour la relève mais Akram est un rêveur. Il trouve sa nourriture dans les contes que lui lit sa maman et en particulier <em>Le tigre de miel </em>(d’après le livre de Karthika Naïr) inspiré de mythes musulmans et hindouistes. Celui-ci relate l’odyssée de Shonou, fils d’un collecteur de miel qui vit en lisière d’une forêt profonde. </p>



<p>L’année a été terrible, les inondations ont tout dévasté, les récoltes sont perdues. Malgré l’interdiction, le petit garçon part à la recherche des abeilles dans la forêt gardée par un puissant tigre. Le danseur évolue et se fond dans un décor animé onirique d’une poésie totale dans lequel on croise un éléphant, un crocodile, un serpent, des papillons. Mais le petit garçon chute. Que va-t-il se passer&nbsp;? Cette quête initiatique, c’est aussi celle d’un Akram devenu adolescent qui s’entraine au kung-fu, à la boxe mais surtout à la danse. Sa décision est prise,&nbsp;il deviendra danseur.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Tourbillonnant</mark></strong></p>



<p>Seul sur scène, il pirouette, s’envole, tombe parfois, empruntant à la danse classique, contemporaine, au khatak, tradition classique du nord de l’Inde, aux arts martiaux avec grâce, souplesse et énergie extrême. Son père l’exhorte à en finir avec ces rêves absurdes, à devenir adulte, à se confronter à la réalité d’un monde en guerre et puis surtout à l’écouter, lui son père, comme on respecte son père au Bangladesh «&nbsp;<em>ce pays n’est pas le mien. Retournes-y si tu veux&nbsp;</em>» proteste Akram qui s’engage dans une course folle mêlant colère et volonté de rompre avec ce qui l’enchaîne pour enfin vivre la vie qu’il s’est choisi. Il peut alors quitter sa chaise d’enfant et gravir celle immense de la maturité avec laquelle il improvise un duo tourbillonnant.&nbsp;</p>



<p>Tout au long du spectacle, le danseur évolue seul mimant chorégraphiquement toutes les situations avec une précision totale. Le voilà dans une rue du Bangladesh où son baba l’emmenait l’été, tentant d’éviter les voitures, les chiens errants, les policiers sifflants, les mendiants, les infirmes et les charmeurs de serpents, jouant avec les ombres chinoises ou parodiant son père. Un spectacle virtuose, souvent drôle, accompagné par les créations musicales de <strong>Jocelyn Pook</strong>, dont <em>l’Hallelujah,</em> composée pour le spectacle <em>Desh </em>en 2011, résonne dans les cœurs bien longtemps après avoir quitté la salle.</p>



<p>ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Chotto Desh</em> d’Akram Kahn a été donné au <a href="https://www.grimaldiforum.com">Grimaldi Forum Monaco</a> dans le cadre du <a href="https://www.balletsdemontecarlo.com/fr/monaco-dance-forum/festival">Monaco Dance Forum,</a> le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">lundi 16 décembre</mark></pre>



<p>Retrouvez nos articles <em><a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes</a></em> et <em><a href="https://journalzebuline.fr/category/critiques/">On y était</a></em> ici </p>



<p></p>
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		<title>Monaco Dance Forum : Eugénie Andrin bouleverse avec son « Dance Marathon » </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Dec 2024 14:19:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dance Marathon, programmé dans le cadre du Monaco Dance Forum [Lire ici], est un spectacle cynique et bouleversant. La chorégraphe Eugénie Andrin nous entraîne dans les années 1930 aux États-Unis. La crise est à son comble. L’extrême pauvreté pousse les participants, attirés par l’appât d’une somme modique et d’un repas chaud, à danser de façon [&#8230;]</p>
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<p><em>Dance Marathon,</em> programmé dans le cadre du <em><a href="https://journalzebuline.fr/monaco-aime-la-danse/">Monaco Dance Forum [Lire ici]</a>, </em>est un spectacle cynique et bouleversant. La chorégraphe <strong>Eugénie Andrin</strong> nous entraîne dans les années 1930 aux États-Unis. La crise est à son comble. L’extrême pauvreté pousse les participants, attirés par l’appât d’une somme modique et d’un repas chaud, à danser de façon ininterrompue – une seule pause de 10 minutes toutes les deux heures pour dormir, manger ou se laver – pendant des jours, voire des mois. Ils se produisent devant des spectateurs avides de sensations fortes, qui se délectent devant cette souffrance, excités par des organisateurs qui leur promettent du «&nbsp;<em>sang et des larmes&nbsp;</em>». Ces marathons ont été immortalisés par le roman glaçant de Horace Mac Coy <em>On achève bien les chevaux, </em>écrit en 1935, deux ans seulement avant l’interdiction de ces spectacles macabres, et magistralement porté à l’écran par Sydney Polack en 1969&nbsp;; deux œuvres qui restent le symbole de l’anéantissement du rêve américain.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Effondrement</mark></strong></h3>



<p>Sur la scène, 23 danseurs avec des numéros sont en mouvement, en mouvement perpétuel. Fringants dans des démonstrations virtuoses de charleston, de fox-trot et de rumba sur des airs de Gershwin, Piazzola ou Scott Joplin, ils s’épuisent peu à peu. Arrive le moment redoutable du derby. Les couples doivent courir autour de la scène le plus rapidement possible. Ceux qui tombent sont éliminés sans pitié, humiliés par l’animateur et chassés sous les quolibets du public.&nbsp;</p>



<p>Conçue au ralenti dans une vision très cinématographique, le moment est intense, le spectacle de ces corps instrumentalisés, «&nbsp;marchandisés&nbsp;», livrés en pâture, est presque insupportable. Peu à peu, les danseurs s’effondrent comme s’écroulent la société et la bourse américaine de l’époque. Des couples se disputent, en viennent aux mains, se défont, se reforment avec les «&nbsp;survivants&nbsp;», les hommes portent les femmes, les femmes, les hommes. Certains deviennent fous, hallucinent, d’autres poussent à terre les plus «&nbsp;faibles&nbsp;» et les achèvent.&nbsp;</p>



<p>Au-delà des qualités immenses de ce ballet, Eugénie Andrin réussit la prouesse artistique et pédagogique – transmettre est une de ses grandes passions – de réunir sur scène sept danseurs professionnels et seize amateurs dont les évolutions moins académiques rajoutent au réalisme et à la dramaturgie. L’orchestre, composé de 15 élèves musiciens et chanteurs du Lycée Apollinaire de Nice est impressionnant de maturité.&nbsp;</p>



<p>ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Dance Marathon</em> a été donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">17 décembre</mark> au <a href="https://www.balletsdemontecarlo.com/fr/monaco-dance-forum/festival">Théâtre des variétés, Monaco</a></pre>
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		<title>Monaco aime la danse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Dec 2024 10:40:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis près de 30 ans, la ville-État sursaturée de constructions garde une place de choix pour l’art chorégraphique. Le Ballet de Monte-Carlo dirigé par Jean-Christophe Maillot [Lire ici] dans une esthétique post-classique assumée, son école Princesse Grace très classique et le festival contemporain d’hiver, très ouvert à diverses esthétiques, forment un ensemble singulier. La programmation [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis près de 30 ans, la ville-État sursaturée de constructions garde une place de choix pour l’art chorégraphique. Le <a href="https://www.balletsdemontecarlo.com/fr/monaco-dance-forum/festival">Ballet de Monte-Carlo</a> dirigé par Jean-Christophe Maillot <em><a href="https://journalzebuline.fr/la-danse-en-festin-jean-christophe-maillot-le-faiseur-de-pas/">[Lire ici]</a></em>  dans une esthétique post-classique assumée, son école Princesse Grace très classique et le festival contemporain d’hiver, très ouvert à diverses esthétiques, forment un ensemble singulier.</p>



<p>La programmation 2024 ne déroge pas à ce principe d’un appétit de danse toujours virtuose, mais de styles divers. Ainsi la programmation s’ouvre avec <em>Diptych</em> de <strong><a href="https://journalzebuline.fr/danser-du-regard/">Peeping Tom</a></strong> (le 11 décembre), deux courtes pièces de Gabriela Carrizo et Franck Chartier qui font évoluer les personnages de leur danse très théâtrale dans des univers fermés où les portes refusent de s’ouvrir. Le lendemain place à <strong>Israel Galvan</strong> et son flamenco d’orfèvre : <em>La Edad de oro</em> est une pièce de légende qui tourne depuis 20 ans, et que le chorégraphe danseur reprend ici avec <strong>Maria Marin </strong>au chant et <strong>Rafael Rodríguez </strong>à la guitare.</p>



<p>Autre légende&nbsp;: <em>Last Work</em> de <strong>Ohad Naharin</strong>, chorégraphe israélien qui a inventé un style, un mouvement fait de tension et d’abandon, et assure la grandeur de la Batsheva Company. C’est le Ballet de Hesse qui reprend cette pièce étonnante où la course immobile d’un danseur au lointain semble générer un monde tour à tour apaisé ou secoué d’angoisses.</p>



<p>Les 14 et 15 décembre un double programme mettra à rude épreuve les Ballets de Monaco, chez eux, qui devront enchaîner les 35 minutes de <em>Autodance</em> de <strong>Sharon Eyal</strong>, une succession continue de mouvements d’ensemble sur demi-pointes&nbsp;; et 30 minutes de <em>Vers un pays sage</em> de <strong>Jean-Christophe Maillot</strong>, dont on connaît l’exigence technique. D’autant qu’il a décidé, dans cette pièce dédiée à son père de traquer les temps morts&nbsp;!</p>



<div class="wp-block-jetpack-slideshow aligncenter" data-autoplay="true" data-delay="3" data-effect="fade"><div class="wp-block-jetpack-slideshow_container swiper-container"><ul class="wp-block-jetpack-slideshow_swiper-wrapper swiper-wrapper"><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="465" alt="" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-126566" data-id="126566" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/12/Chotto_Desh_2023_8409%C2%A9Camilla-Greenwell.jpg?resize=696%2C465&#038;ssl=1" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/12/Chotto_Desh_2023_8409%C2%A9Camilla-Greenwell.jpg?w=1000&amp;ssl=1 1000w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/12/Chotto_Desh_2023_8409%C2%A9Camilla-Greenwell.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, 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<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’en Norvège</mark></strong></p>



<p>Autre voyage avec <strong>Akram Khan</strong> le 16 décembre&nbsp;: <em>Chotto Desh</em>, petite patrie, navigue entre Bangladesh et Angleterre, film et théâtre, danse kathak, mime et danse contemporaine, pour retrouver une enfance perdue, ou onirique, ou universelle…</p>



<p>Le <em>Dance Marathon</em> d’<strong>Eugénie Andrin </strong>réunit danseurs professionnels et une vingtaine de danseurs amateurs pour faire revivre les marathons de la danse américains, rendus célèbres par le film de&nbsp;Sydney Pollack, <em>On achève bien les chevaux</em>. Ces concours de danse duraient plusieurs semaines, durant la dépression de 29, jusqu’à épuisement des couples, pour quelques dollars au vainqueur.</p>



<p>La soirée de clôture partira vers la Norvège. La danse de <strong>Jo Strømgen</strong> et sa compagnie, très célèbre à Oslo, est peu diffusée hors de Norvège&nbsp;: très virtuoses et particulières, théâtrales, chaloupées, fondées sur des ruptures de rythmes impressionnante, <em>Made in Oslo</em> rassemble trois pièces de son répertoire, écrite entre 2005 et 2017.</p>



<p>AgnÈs Freschel</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em><a href="https://www.balletsdemontecarlo.com/fr/monaco-dance-forum/festival">Monaco Dance Forum</a></em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 11 au 18 décembre</mark><br><a href="https://www.grimaldiforum.com">Grimaldi Forum</a>, Monaco</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> et <em>Événements</em> ici </a></p>
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		<title>À Monaco, la danse grand format</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Dec 2023 11:18:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes-Maritimes]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du 20 au 23 décembre, Ravel sert de fil conducteur aux représentations du Grimaldi Forum en ces temps de l’Avent. Créé le 20 février 1951, le ballet La Valse, chorégraphié par George Balanchine sur les Valses Nobles et Sentimentales de Ravel, nous invite dans une salle de bal où évoluent des danseurs qui tournoient au [&#8230;]</p>
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<p>Du 20 au 23 décembre, Ravel sert de fil conducteur aux représentations du Grimaldi Forum en ces temps de l’Avent. Créé le 20 février 1951, le ballet <em>La Valse</em>, chorégraphié par George Balanchine sur les <em>Valses Nobles et Sentimentales </em>de Ravel, nous invite dans une salle de bal où évoluent des danseurs qui tournoient au fil de huit danses. Outre la mise en abîme de l’image même de la danse, s’ajoute une parabole de l’existence&nbsp;: la mort guette et séduit l’une des protagonistes qui finit par mourir. Attrait, fascination qui préfigurent d’une certaine manière toutes les fins tragiques de la littérature et du cinéma au cœur d’une foule en liesse.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">50 danseurs, 90 musiciens, 100 choristes</mark></strong></p>



<p>Clou de la soirée, créé en 1925 à l’Opéra de Monte-Carlo, <em>L’Enfant et les Sortilèges</em>, composé par Maurice Ravel sur un livret de Colette dont on fête cette année les 150 ans de la naissance, est une fantaisie lyrique qui met en scène un enfant de sept ans qui n’a guère envie de faire ses devoirs de vacances. Sa mère le gronde. Pris d’un accès de colère, l’enfant fait pis que pendre, détruit les objets, martyrise les animaux&nbsp;: «&nbsp;je suis libre, libre, méchant et libre&nbsp;!&nbsp;». Épuisé, il s’effondre dans le vieux fauteuil qui se recule. Les objets s’animent, les animaux se mettent à parler et s’apprêtent à se venger des maux que leur a infligés le capricieux… La scène intimiste connaîtra cette année un développement fantastique grâce à la nouvelle interprétation, taillée sur mesure pour les danseurs d’exception que sont ceux de la troupe internationale monégasque par leur directeur, le chorégraphe <strong>Jean-Christophe Maillot</strong> qui met 240 artistes sur scène&nbsp;: les Ballets de Monte-Carlo, l’Orchestre Philharmonique et les Chœurs de l’Opéra de Monte-Carlo, une Académie de jeunes chanteurs créée spécialement par Cecilia Bartoli, et le Chœur d’enfants de l’Académie Rainier III. Bref, les grandes institutions artistiques monégasques se fédèrent autour du projet. Quel panache&nbsp;!</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>La Valse </em></strong><br><strong><em>L’Enfant et les Sortilèges</em></strong> <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 au 23 décembre</mark><br>Grimaldi Forum, Monte-Carlo<br><a href="http://balletsdemontecarlo.com">balletsdemontecarlo.com</a></pre>
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		<title>Puissance 3 !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Aug 2022 13:54:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre entre passé et présent Dans Claude Pascal, pièce créée en 2002 par le Nederlands Dans Theater, Jiri Kylian divise la troupe des danseurs en deux groupes. L’un semble évoquer en costumes des années 1890 (Puccini aurait servi de référence historique au chorégraphe, on ne peut que penser aussi au film de Visconti, Mort à [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rencontre entre passé et présent</strong></h2>



<p style="max-width:600px">Dans <em>Claude Pascal</em>, pièce créée en 2002 par le Nederlands Dans Theater, <strong>Jiri Kylian</strong> divise la troupe des danseurs en deux groupes. L’un semble évoquer en costumes des années 1890 (Puccini aurait servi de référence historique au chorégraphe, on ne peut que penser aussi au film de Visconti, <em>Mort à Venise</em>) une famille étrange aux attitudes qui se figent en instantanés photographiques. Ses membres s’adressent au public, utilisant raquette de tennis, éventail, balle, oscillent puis disparaissent derrière des panneaux mobiles. Comme si se refermait un livre d’images que broderait la musique de Puccini (extraits du Quatuor <em>Crisantemi</em>), laissant par trois fois place à un couple en tenue contemporaine de danse, qui, sur une composition de Dirk Haubrich, déploient une géométrie fluide et élégante, unissant perfection de la forme et sensualité. Les corps dessinent un nouvel alphabet aux lignes en épure, imbriquées en architectures complexes et fascinantes. Le chorégraphe veut cette œuvre comme une «&nbsp;méditation sur le temps, la vitesse et le vieillissement ainsi que sur l’impossibilité de comprendre de telles notions&nbsp;». Les deux époques représentées sur scène sont ainsi figées dans leur esthétique, immuables dans leur moment, incapables de pressentir le suivant ou le précédent. Chaque temporalité se voit saisie dans son espace propre, chacune immortelle, farfelue et dadaïste. La seule réponse face à la fuite du temps reste l’art.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Eco-danse&nbsp;?</strong></h2>



<p style="max-width:600px">Dans <em>Casi Casa</em>, <strong>Mats Ek</strong> mêle ses pièces, <em>Appartement</em> et des fragments de <em>Fluke</em>. Des objets du quotidien, fauteuil, gazinière, aspirateurs (la séquence d’ensemble réunissant aspirateurs et danseurs est irrésistible) croisent les évolutions des interprètes, leur servent de cadre, de point d’appui, de prétexte, dans ce «&nbsp;<em>Quasiment appartement</em>&nbsp;» loufoque où l’émotion n’est pas absente. Le <em>pas de deux de la Porte</em> est tout simplement bouleversant, tandis que l’humour de la scène représentant un danseur avachi dans un large fauteuil devant une télévision donne à l’œuvre sa dimension farfelue. La verve des danseurs, aussi acrobates que maîtres de la grammaire classique, permet de passer de la plus délicate impression à la densité d’une palette colorée. De la virtuosité pure.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rêveries sur pointes</strong></h2>



<p style="max-width:600px"><em>Back on track 61</em> du directeur des Ballets monégasques lui-même, <strong>Jean-Christophe Maillot</strong>, unit la nostalgie du passé à la joie d’un présent sans cesse en mouvement sur le <em>Concerto en sol</em> de Maurice Ravel dans l’interprétation de Martha Argerich. Tempi endiablés, occupation classique de l’espace, diagonales, parallèles, clin d’œil aux formations traditionnelles, duos, trios, quatuors, ensembles réglés au millimètre, le tourbillon de la danse ne laisse pas de temps mort aux dix couples de danseurs. Attendant en fond de scène, perchés sur de hauts tabourets, les pieds nonchalamment posés sur une barre de danse, <strong>Bernice Coppieters</strong> et <strong>Asier Uriagereka</strong>, les «&nbsp;historiques&nbsp;» des Ballets, se livrent à un pas de deux qui efface toutes les manifestations virtuoses précédentes. Un bras qui s’élève, une main qui se déploie, une jambe tendue au-delà de la physique, le moindre mouvement poétise le monde, lui accorde un sens que l’on croyait oublié. L’abstraction s’incarne sous les pas de la danseuse. La beauté irradie la scène. Chacun en sort transformé. </p>



<p style="max-width:600px">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color has-small-font-size" style="max-width:600px">Joué du 14 au 17 juillet, au Grimaldi Forum, dans le cadre de <em>L’été danse</em> de Monte-Carlo.</p>
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