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	<title>Archives des Musée Estrine - Journal Zebuline</title>
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		<title>Les visages dévisagés de Roger Edgar Gillet</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 10:05:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Roger Edgar Gillet figure dans les collections du musée de Rennes, de Lyon ou du Centre Pompidou, du musée d’art moderne de Paris, ainsi que dans des collections privées américaines. Une belle présence qui ne fait pas de lui un peintre très reconnu de la scène française du XXe siècle. Belle idée pour le musée [&#8230;]</p>
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<p><strong>Roger Edgar Gillet</strong> figure dans les collections du musée de Rennes, de Lyon ou du Centre Pompidou, du musée d’art moderne de Paris, ainsi que dans des collections privées américaines. Une belle présence qui ne fait pas de lui un peintre très reconnu de la scène française du XX<sup>e</sup> siècle. Belle idée pour le musée Estrine de Saint-Rémy-de-Provence que de le remettre en valeur jusqu’au 7 juin à travers l’exposition <em>La grande dérision</em>.</p>



<p>Formé à l’école Boulle puis à l’école nationale des Arts décoratifs et devenu professeur de dessin à l’académie Julian, il participe à l’abstraction lyrique dans les années 1950. Progressivement, il va jeter des ponts entre pure abstraction et émergence d’un figuratif où la présence humaine s’exprime comme un «&nbsp;corps-masse&nbsp;» colorée et surtout comme un visage caché, fantomatique, défait de toute représentativité individuelle.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> Le regard perturbé</mark></strong></p>



<p>Le regard est le plus souvent privé de ses deux yeux, comme aveugle. C’est plutôt une humanité, (un «&nbsp;tas de gens&nbsp;», 1966)&nbsp;une présence humaine souffrante, déconsidérée qui surgit. Ainsi les deux versions des <em>Fusillés</em> de 1982, témoignent-elles justement de ce traitement en masse. Il en va de même avec le grand format de son <em>Harem</em> (1969) en dominante rouge où les femmes occupent l’espace de manière totalement chaotique et dont les corps sont traités en silhouettes disloquées essentiellement.</p>



<p>Il y a chez Gillet à la fois un point de vue de déconstruction sarcastique (le titre de l’exposition est <em>la</em> <em>grande dérision</em>) mais aussi d’une approche sensible. Celle d’un homme qui a vu les images de la Shoah, des faméliques du monde entier (<em>Le Tiers Monde</em>, 1966).</p>



<p>Ce qui frappe dans les œuvres présentées, c’est l’unité chromatique de beaucoup de toiles, figuratives ou abstraites&nbsp;: les tons de brun l’emportent, traitant tout aussi bien les cieux, les visages, les corps, les fonds du tableau. Il travaille une matière particulière, dans laquelle se mêle sable et colle de peau&nbsp;; il crée au couteau de l’épaisseur et ne cesse d’expérimenter.</p>



<p>Mais par-delà l’émergence d’un langage pictural personnel, Roger Edgar Gillet se souvient des œuvres de grands peintres de l’histoire de l’art, comme Goya, Zurbaran, Rembrandt, Manet… Ce qui compte avant tout pour lui, c’est de perturber le regard, nos regards. L’exposition est à la fois monographique mais aussi dialogue avec des œuvres de la collection permanente.</p>



<pre class="wp-block-verse">MARIE DU CREST<br><br>La grande dérision <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 7 juin</mark><br><a href="https://www.musee-estrine.fr/" type="link" id="https://www.musee-estrine.fr/">Musée Estrine</a>, Saint-Rémy-de-Provence</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/arts-visuels/"><em>Arts visuels </em>ici</a></p>



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		<title>Des paillettes sur de l’horreur </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Manon Brunel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 14:24:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des murs fuchsia et jaune. Des couleurs éclatantes comme pour dissimuler le malaise. Dès les premiers pas dans l’exposition&#160;Eros dans l’arène de Picasso, la dissonance est palpable. Le cœur s’alourdit à mesure que le regard se pose sur les explications. Car l’exposition, si elle se veut un hommage à l’héritage culturel&#160;de&#160;la corrida, se transforme peu [&#8230;]</p>
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<p>Des murs fuchsia et jaune. Des couleurs éclatantes comme pour dissimuler le malaise. Dès les premiers pas dans l’exposition&nbsp;<em>Eros dans l’arène de Picasso</em>, la dissonance est palpable. Le cœur s’alourdit à mesure que le regard se pose sur les explications. Car l’exposition, si elle se veut un hommage à l’héritage culturel&nbsp;de&nbsp;la corrida, se transforme peu à peu en un face-à-face avec la violence d’un artiste élevé au rang de mythe : Pablo Picasso.</p>



<p>Objets traditionnels –&nbsp;capes de matador, affiches&nbsp;de corrida, éventail en bois –&nbsp;cohabitent avec des œuvres dérangeantes du maître espagnol : huiles, lithographies, croquis. On croit, d’abord, plonger dans le patrimoine local. Mais la thématique se transforme rapidement en une représentation des rapports de pouvoir, de violence symbolique, voire sexuelle, entre les genres. Chaque pas dans cette scénographie devient un pas de trop, jusqu’à l’overdose.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Admiration masculine comme norme</mark></strong></h3>



<p>«&nbsp;<em>Le suje</em><em>t de l’exposition est audacieux&nbsp;</em>», affirme la commissaire lors du discours d’ouverture du vernissage, rappelant que ce sont «&nbsp;<em>quatre femmes féministes&nbsp;</em>»&nbsp;qui ont conçu le parcours. Pourtant, la volonté de distanciation se heurte à un mur : celui de l&rsquo;impunité artistique. Le visiteur est invité à contempler des scènes érotiques où le taureau — symbole masculin chez Picasso — domine quasi systématiquement. La femme est muse soumise, comme dans&nbsp;<em>A los toros avec Picasso</em>&nbsp;où elle est nu face à un torero habillé.&nbsp;</p>



<p>Le discours de présentation sur le site du&nbsp;musée cherche à rassurer : «&nbsp;<em>les femmes s’y montrent puissantes,</em><em>&nbsp;compatissantes ou dominatrices</em>&nbsp;». Mais les œuvres disent tout autre chose. L&rsquo;admiration pour la force virile, la domination de la femme, l’adoration de la brutalité masculine forment une narration stéréotypée et violente. Les œuvres exposées, bien que témoins d&rsquo;une époque, ne sont jamais déconstruites. Elles sont sacralisées.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="438" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_7069.jpg?resize=696%2C438&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-131024" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_7069.jpg?resize=1024%2C644&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_7069.jpg?resize=300%2C189&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_7069.jpg?resize=768%2C483&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_7069.jpg?resize=150%2C94&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_7069.jpg?resize=696%2C438&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_7069.jpg?resize=1068%2C672&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_7069.jpg?resize=668%2C420&amp;ssl=1 668w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_7069.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le monstre au musée</mark></strong></h3>



<p>Le musée tente de dissocier l’homme de l’artiste. Mais Picasso lui-même proclame : «&nbsp;<em>ce sont des mémo</em><em>ires qu’on s’écrit à soi-même</em>&nbsp;». Fernande Olivier, sa compagne à partir de 1905, raconte qu’il l’enfermait à clé dans son atelier quand il s’en allait. La photographe Dora Maar, sa compagne dans les années 1930, était battue jusqu’à perdre connaissance. Son épouse, Olga Khokhlova, s’est retrouvée plusieurs fois traînée par les cheveux chez eux. Les violences conjugales qu’il a fait subir&nbsp;sont établies,&nbsp;et ces violences irriguent directement sa production artistique.</p>



<p>Là où force masculine rime avec séduction, les pouvoirs de domination sexiste persistent.&nbsp;Dans&nbsp;<em>Minotaure regardant une femme endormie</em>, le minotaure, figure masculine et bestiale,&nbsp;est accroupie sur une femme et a son visage penché sur le sien. Endormie, la&nbsp;femme est en position de vulnérabilité. Les métaphores animales ne camouflent pas la brutalité : elles la traduisent.</p>



<p>Un seul tableau semble offrir une respiration : celui d’une torera signée J.G Domergue. Geste de dérision ou tentative de rééquilibrage ? Difficile à dire. Mais il vient, comme un murmure tardif, rappeler que d’autres récits sont possibles.&nbsp;<br><br>MANON BRUNEL</p>



<pre class="wp-block-verse">Exposition donnée au <a href="https://www.musee-estrine.fr/">Musée Estrine</a>, à Saint-Rémy-de-Provence.</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/arts-visuels/">Arts Visuels ici</a></p>



<p></p>
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		<title>Juliette Roche, vous connaissez&#160;?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Aug 2022 14:25:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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		<category><![CDATA[Juliette Roche]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Artiste issue de la très haute bourgeoisie parisienne, ses œuvres d’avant la première guerre mondiale conjuguent les influences esthétiques des différents groupes d’artistes qu’elle fréquente&#160;: les formes simples, le caractère décoratif et l’univers symboliste des peintres du mouvement nabi, les découpes géométriques du cubisme (elle rencontre Albert Gleizes en 1913, qui deviendra par la suite [&#8230;]</p>
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<p>Artiste issue de la très haute bourgeoisie parisienne, ses œuvres d’avant la première guerre mondiale conjuguent les influences esthétiques des différents groupes d’artistes qu’elle fréquente&nbsp;: les formes simples, le caractère décoratif et l’univers symboliste des peintres du mouvement nabi, les découpes géométriques du cubisme (elle rencontre Albert Gleizes en 1913, qui deviendra par la suite son mari). Pendant la première guerre, elle est à New York, où elle participe au groupe dada avec Marcel Duchamp et Picabia, ce dernier faisant son portrait en manomètre&nbsp;: l’étrange et l’ironie s’introduisent dans la pratique de celle qui se désignait elle-même comme « <em>la dame en peau de léopard </em>» qui « <em>boit du whisky et parle d’art</em> ». Après la guerre, <strong>Juliette Roche</strong> multiplie les natures mortes, les portraits féminins et les autoportraits, tout en se consacrant à des travaux d’illustrations et d’art décoratif.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Icône de modernité</mark></strong></h3>



<p>En 1927, avec son mari, elle fonde à Sablons (Isère), les Coopératives artistiques et artisanales de Moly-Sabata. Puis en 1939, ils s’installent dans le grand mas des Méjades à Saint-Rémy, où ils accueillent, pendant la seconde guerre mondiale, leur ami Gaston Chaissac. Elle cesse de peindre après la disparition de son mari en 1953. Peu exposée de son vivant (2 expositions), son œuvre, qui ressortit aux genres traditionnels de la peinture (portrait et autoportrait, paysage, scène de genre, nature morte, scènes bibliques ou mythologiques) avait fait l’objet d’une rétrospective en 1962, à la galerie Miroir à Paris. Cette nouvelle exposition, <em>Juliette Roche – L’insolite</em> conçue par le Musée Estrine en partenariat avec la Fondation Albert Gleizes par le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon et le MASC, musée d’art moderne et contemporain des Sables d’Olonne, vise à la reconsidérer comme une icône de la modernité.</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><em><strong>Juliette Roche – L’insolite</strong></em>
<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu'au 23 décembre</mark>
Musée Estrine, Saint-Rémy-de-Provence
<a href="http://musee-estrine.fr">musee-estrine.fr</a>
04 90 92 34 72</pre>
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