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	<title>Archives des Ninon Hannecart-Ségal - Journal Zebuline</title>
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		<title>Le Nice Classic Live célèbre la musique chambriste sous toutes ses formes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Aug 2022 11:01:59 +0000</pubDate>
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<p>La soirée du 1<sup>er</sup> août s’est ouverte sur une programmation singulière. Soit deux guitaristes réunis pour entonner des pages dédiées à leur instrument, les <em>Micropiezas </em>du compositeur cubain Léo Brouwer, mais également et surtout, nombre de transcriptions d’œuvres pour le moins hétéroclites. <strong>Rémi Jousselme</strong> et <strong>Tristan Manoukian</strong>, solistes et chambristes aguerris et forts d’une belle collaboration, ont passé au prisme des cordes pincées des pages passionnantes&nbsp;: Meredith Monk, Béla Bartók, et même John Cage&nbsp;! Le tout, sans rien sacrifier de la subtilité des œuvres, semble les enrichir de couleurs inédites. Les accents brésiliens de Brouwer résonnent sur les envolées jazzy de Meredith Monk&nbsp;; la musique folklorique revue et corrigée par Bartók sonne… folk&nbsp;! En bis, une autre transcription de Lutoslawski vient conclure ce joli voyage.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Violon sans frontières</mark></strong></p>



<p>On sait pourtant qu’on embarque de nouveau pour une destination inconnue en seconde partie de soirée. La carte blanche confiée au violoniste <strong>Gilles Apap </strong>lui ressemble&nbsp;: son ancrage classique s’enrichit de fantaisies audacieuses, jusqu’à sa conclusion d’une quinzaine de minutes quasi improvisées par un <em>groupo</em> de cordes sur des thèmes irlando-américains. Tout juste pourra-t-on regretter que l’immense talent de la harpiste <strong>Marie-Pierre Langlamet </strong>ne soit sollicité que sur des transcriptions au mieux anecdotiques – <em>L’Entr’acte </em>de Jacques Ibert –, voire franchement ingrates – la pourtant magnifique <em>Sonate pour flûte et piano </em>de Poulenc, sur laquelle <strong>Julien Beaudiment </strong>laisse l’auditoire sans voix. Menée de main de maître par la pianiste <strong>Marie-Josèphe Jude</strong>, directrice artistique du festival, la <em>Sonate pour violon et piano </em>du même Poulenc rappelle quels grands écarts stylistiques le compositeur opéra tout au long de sa vie. La clarinette de <strong>Michel Lethiec</strong>, très classique, sait également tirer le meilleur de Gershwin, en compagnie du piano très swing de <strong>Ninon Hannecart-Ségal</strong>.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’art délicat du quatre mains</mark></strong></p>



<p>La soirée du 2 août rassembla deux ensembles pas comme les autres. L’art tout particulier du quatre mains se révélant d’une délicatesse certaine, il impliquait de convoquer des duos durablement soudés. Sur un programme donné également le 10 août aux <em>Nuits Pianistiques d’Aix-en-Provence</em>, <strong>Jacques Rouvier </strong>et <strong>Kateryna Diadiura </strong>se sont frottés à l’exercice avec enthousiasme et dextérité : la complicité unissant l’ancienne élève et le professeur est tangible. La <em>Melodiya </em>de Skoryk donnée en préambule semble tenir particulièrement à cœur à la jeune pianiste ukrainienne, qu’une émotion palpable ne quittera pas pendant une bonne moitié du concert. Ce qui ne l’empêche pas d’exécuter la célèbre <em>Fantaisie </em>de Schubert avec panache, puis de faire danser Grieg et Brahms sur tous les tons et tempi imaginables. Jusqu’aux désopilants <em>Souvenirs de Bayreuth </em>de Fauré et Messager, hydre à deux têtes… au carré&nbsp;! En seconde partie de soirée, <strong>Barbara Binet </strong>et <strong>Pascal Rogé </strong>s’attaquent à un programme plus bigarré&nbsp;: de la classiquissime <em>Sonate en ré majeur </em>de Mozart aux <em>Souvenirs </em>hollywoodiens en diable de Samuel Barber, un grand écart stylistique se creuse, révélant de ce pas l’irréprochabilité technique du couple. De retour de l’entracte, les <em>Six pièces opus 11 </em>de Rachmaninov sont entonnées avec une cohérence et une ferveur rare. La symbiose est totale entre ces deux interprètes. Autant dire qu’on attend de pied ferme la parution à venir de leur enregistrement commun.</p>



<p>SUZANNE CANESSA </p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Soirées du 1<sup>er</sup> et 2 août du <strong><em>Nice Classic Live</em></strong>, qui s’est tenu du 16 juillet au 9 août au cloître du monastère de Cimiez, à Nice.</mark></sub></p>
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