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	<title>Archives des opéra - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des opéra - Journal Zebuline</title>
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		<title>Juliana Steinbach : Beethoven en ut</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2026 08:03:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ouvrir sa saison du dimanche matin, Marseille Concerts a choisi Beethoven, dont on célébrera en 2027 le bicentenaire de la mort. Olivier Bellamy, son directeur artistique, a rappelé le lien particulier entre Marseille et le compositeur : la cité phocéenne s&#8217;est passionnée pour ses quatuors, quand Paris restait plus réservée. Juliana Steinbach a bâti [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Pour ouvrir sa saison du dimanche matin, Marseille Concerts a choisi Beethoven, dont on célébrera en 2027 le bicentenaire de la mort. <strong>Olivier Bellamy</strong>, son directeur artistique, a rappelé le lien particulier entre Marseille et le compositeur : la cité phocéenne s&rsquo;est passionnée pour ses quatuors, quand Paris restait plus réservée. <strong>Juliana Steinbach</strong> a bâti son programme autour de l&rsquo;ut, tonalité des créations existentielles. « Quand Beethoven a quelque chose d&rsquo;essentiel à dire, c&rsquo;est en do mineur qu&rsquo;il le dit », souligne Bellamy.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès les 32 Variations en do mineur, la pianiste déploie une large palette de couleurs et d&rsquo;expressivité. Sur un thème bref, transformé trente-deux fois, elle fait alterner puissance et légèreté comme des vagues. Elle livre des éclats volcaniques, presque des coulées de lave incandescente, puis des instants d&rsquo;une infinie tendresse, avec une belle subtilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la&nbsp;<em>Waldstein</em>, ses accords répétés font entendre tout un orchestre sous ses doigts, et le premier mouvement file d&rsquo;un trait. Les thèmes se répondent d&rsquo;octave en octave comme dans une conversation : accords plaqués à la main gauche, main droite qui virevolte. La sensation de mouvement est formidable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sommet arrive avec la Sonate n° 32, l&rsquo;opus 111, dernière sonate de Beethoven, en deux mouvements seulement. Le premier, en do mineur, est d&rsquo;une énergie âpre : son thème principal a tout d&rsquo;un sujet de fugue, avec un parfum de Bach, et le développement le travaille dans un contrepoint serré. Steinbach en donne une lecture ardente, pleine de rebondissements. Vient ensuite l&rsquo;<em>Arietta</em>, qui fait basculer la sonate en do majeur : un thème d&rsquo;une innocence très beethovénienne, dont la mélodie fait écho au premier mouvement, suivi de variations qui s&rsquo;élèvent peu à peu. C&rsquo;est la lumière après la nuit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bis, avec&nbsp;<em>Festa no sertão</em>&nbsp;de Villa-Lobos, extrait du&nbsp;<em>Ciclo Brasileiro</em>, la pianiste a eu une pensée pour son pays, qui votait ce jour-là. Un récital généreux de bout en bout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le concert s'est déroulé <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 4 octobre</mark> au Foyer Ernest-Reyer de <strong>l'Opéra de Marseille.</strong></em></pre>



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		<title>Don Giovanni : les puissants restent à table</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 13:41:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel plaisir de retrouver Lawrence Foster à la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Marseille ! Dès l’ouverture, les grandes envolées de cordes imposent leur majesté ; les cuivres donnent à la partition son poids, ses couleurs, ses brusques changements d’humeur. L’intelligence portée à la partition et à sa richesse demeure reine, côté fosse comme [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Quel plaisir de retrouver <strong>Lawrence Foster</strong> à la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Marseille ! Dès l’ouverture, les grandes envolées de cordes imposent leur majesté ; les cuivres donnent à la partition son poids, ses couleurs, ses brusques changements d’humeur. L’intelligence portée à la partition et à sa richesse demeure reine, côté fosse comme côté plateau ; peu importe, alors, que l’entente entre les deux semble par endroits perfectible.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le privilège de séduire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dario Solari</strong> compose un Don Giovanni théâtralement idéal pour l’incarnation dont rêve <strong>Agnès Jaoui</strong> : agressif, allègre, jamais prompt au moindre élan de repentance. Vocalement tout aussi impeccable, très installé dans les graves, il se révèle presque effrayant en entonnant les aigus et la fragilité feinte de la sérénade. La mandoline solo de <strong>Vincent Beer-Demander</strong> se greffe à ses élans avec une grâce merveilleuse. Tout au long de l’opéra, les instrumentistes appelés par la partition gagnent aussi le plateau : ces moments où les personnages écoutent, jouent ou font jouer la musique prennent ainsi tout leur relief.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être là que réside ce que l’on aime tant chez Jaoui : sa capacité à réellement comprendre une œuvre avant de chercher à la commenter. <em>Don Giovanni</em> bifurque, change d’humeur et de direction presque toutes les deux minutes ; la mise en scène en épouse chaque mouvement et tout semble pourtant aller de soi. Jaoui met la partition en lumière, littéralement, grâce au superbe travail de <strong>Bertrand Couderc</strong> ; en espace, par une direction d’acteurs remarquable ; en perspective enfin avec <strong>Éric Ruf</strong>, jusqu’à se jouer de toute son iconographie. Collerettes, tenues sévillanes, murs et colonnades andalouses, Commandeur surgissant dans la fumée : plutôt que de débarrasser l’œuvre de ces images, ils les assument jusqu’à la jubilation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Rentrer dans les rangs</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fidélité aiguise les rapports entre les personnages. <strong>Salome Jicia</strong> donne à la douleur de Donna Anna une évidence absolue. Dès la première scène, la mort du Commandeur de <strong>Mischa Schelomianski</strong>, vieil homme tenant à peine debout, bouleverse : stupeur et souffrance sont immédiates. Père et fille paraissent terriblement peu armés face au si respectable Don Giovanni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Magnifique vocalement, <strong>Cyrille Dubois</strong> laisse affleurer chez Don Ottavio une veulerie troublante : le malheur de Donna Anna semble moins l’occuper que son désir de l’épouser. À <strong>Margaux Poguet</strong> revient une Donna Elvira aristocratique, hautaine et narcissique, moins amoureuse que désireuse de gagner et de sauver la face. Elle malmène ses gens et ne rejoint la cause de Donna Anna que lorsque son intérêt l’y conduit. <strong>Floriane Hasler</strong>, Zerlina solaire plutôt que légère, appartient à un autre monde : éblouie, certes, mais jamais effacée. Elle aussi est agressée ; elle aussi veut se venger. Excellent également, <strong>Louis Morvan</strong> donne à Masetto toute sa présence, tandis que <strong>Marc Barrard</strong> campe avec justesse un Leporello pris dans le sillage de son maître sans jamais s’y dissoudre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le finale l’affirme avec une noirceur tranquille. Mozart punit Don Giovanni ; Jaoui paraît croire beaucoup moins à une véritable redistribution des rôles. Le tyran renversé reviendra sous d’autres formes. Les puissants restent assis à table.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">D’un Don Juan à l’autre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Don Juan reviendra bientôt sous une tout autre forme. Le 18 octobre, <em>Orages et passion</em> fera entendre le poème symphonique <em>Don Juan</em> de <strong>Richard Strauss</strong>, inspiré du héros de Nikolaus Lenau, aux côtés de Wagner et Mahler, sous la direction de <strong>Michele Spotti</strong>. Rien à voir, cette fois, avec le libertin puni de Mozart : chez Strauss, Don Juan devient une figure romantique, lancée dans une quête sans fin du désir et de l’idéal, moins jugée pour ses fautes qu’emportée par l’impossibilité de trouver ce qu’elle cherche. Le 10 octobre, <em>Impressions romantiques</em> réunira auparavant Ravel, Debussy et Thuille au Foyer de l’Opéra.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em><strong>Don Giovanni</strong></em> est donné à <strong>l’Opéra de Marseille</strong> jusqu’au <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">11 octobre.   </mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Les sœurs Labèque : 55 ans de piano </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 08:50:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment avez-vous imaginé le programme que vous proposez à Marseille ? Marielle Labèque : Ce programme est tiré du projet « 55 » (Deutsche Grammophon, juin 2026), trois CD que nous avons imaginés pour fêter nos 55 ans de carrière. Katia a eu l&#8217;idée de partir de 55 pièces, courtes, en piochant à la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment avez-vous imaginé le programme que vous proposez à Marseille ?</strong><br><br><strong>Marielle Labèque :</strong> Ce programme est tiré du projet « 55 » (Deutsche Grammophon, juin 2026), trois CD que nous avons imaginés pour fêter nos 55 ans de carrière. Katia a eu l&rsquo;idée de partir de 55 pièces, courtes, en piochant à la fois dans nos archives des années 1970-1980, par exemple&nbsp;<em>Visions de l&rsquo;Amen</em>&nbsp;d&rsquo;Olivier Messiaen (nous avions 17 et 19 ans), mais aussi 25 nouvelles partitions. Le concert reprend des titres de ce triple album. Mais évidemment, on ne peut pas tout jouer en une soirée. Nous avons dû faire des choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le concert est très féminin ?</strong><br><br>Oui. Nous avons baptisé ce programme « <em>La compositrice est l&rsquo;avenir du compositeur !</em> ». Au fil des ans, nous avons découvert des compositrices qui ont écrit des pièces magnifiques, et c&rsquo;était une façon de leur rendre hommage. Je pense à Nadia Boulanger, ou à sa sœur Lili, morte à seulement 24 ans après avoir été l&rsquo;une des plus jeunes lauréates du prix de Rome : à la fin de sa vie, elle ne pouvait même plus tenir un stylo, et c&rsquo;est Nadia qui écrivait sous sa dictée. C&rsquo;est une histoire bouleversante. Fanny Mendelssohn, elle, écrivait admirablement, mais son père lui répétait qu&rsquo;une femme n&rsquo;était pas faite pour être compositeur et devait rester s&rsquo;occuper du foyer. Elle n&rsquo;a été publiée qu&rsquo;après sa mort, et certaines de ses partitions sont même parues sous la signature de son frère Felix. Il y a aussi Dora Pejacevic, et Grazyna Bacewicz, dont j&rsquo;adore les&nbsp;<em>Études</em>, la quatrième surtout, très difficile : elle a changé la musique en Pologne, c&rsquo;est une musicienne immense, trop peu connue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais aussi des femmes noires ?</strong><br><br>Oui, comme Nina Simone, qui se définissait elle-même comme une « classical black », ou Margaret Bonds. Cette dernière a été la première pianiste afro-américaine engagée comme soliste par l&rsquo;orchestre de Chicago : compositrice, pianiste, arrangeuse, elle a fait des choses extraordinaires. Et puis Emahoy Tsegué-Maryam Guèbrou, cette éthiopienne qui a passé sa vie dans un couvent à Jérusalem, où elle créait sur un petit piano. Ce sont de belles rencontres. Cela dit, nous ne voulons pas mettre les femmes « à part ». Nous avons aussi dans le concert du Debussy, du Ravel, du Fauré et du Bernstein. Mais il nous semble essentiel de faire aussi entendre cette musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi avoir choisi de jouer certaines pièces à quatre mains, et d&rsquo;autres à deux pianos ?</strong><br><br>Certaines pièces ont été composées à l’origine pour deux pianos ou pour quatre mains, d&rsquo;autres sont des arrangements, comme les&nbsp;<em>Chants sans paroles</em>&nbsp;des Mendelssohn, que l&rsquo;on interprète à quatre mains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment le concert de Marseille est-il construit ?</strong><br><br>En deux parties, sans entracte, pour ne pas rompre le fil de la musique. On l’a pensé comme un vrai voyage. On commence avec la partie quatre mains avec <em>Of a Bright Garden</em> («&nbsp;d’un jardin clair&nbsp;») de Lili Boulanger, puis on passe aux deux pianos avec <em>Wild Is the Wind</em> du nom du titre de Nina Simone. On termine par une pièce qui n&rsquo;est pas sur le disque, <em>How to Dance</em> de Bryce Dessner, écrite en hommage à sa sœur, qui adorait danser : dix minutes magnifiques et redoutablement difficiles pour deux pianos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Katia &amp; Marielle Labèque&nbsp;</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">6 octobre<br></mark>Opéra de Marseille&nbsp;</pre>
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		<title>Don Giovanni, un gosse de riche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 13:24:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une des productions lyriques les plus attendues de la saison française, produite par cinq grandes maisons d’opéra&#160;: créé au Capitole de Toulouse, donné en avril à Dijon, il a passionné l’immense Corum de Montpellier, et ouvrira la saison lyrique de Marseille avant de finir sa tournée à Tours.&#160; Chacune de ces maisons accueille la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est une des productions lyriques les plus attendues de la saison française, produite par cinq grandes maisons d’opéra&nbsp;: créé au Capitole de Toulouse, donné en avril à Dijon, il a passionné l’immense Corum de Montpellier, et ouvrira la saison lyrique de Marseille avant de finir sa tournée à Tours.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacune de ces maisons accueille la production avec son propre chef, son orchestre et ses chœurs, et une distribution qui lui est propre. Donc que les Marseillais se réjouissent&nbsp;: <strong>Lawrence Foster</strong> sera à la baguette, et le casting propose une belle palette de voix dans cet opéra singulier où tous les hommes, sauf Ottavio (<strong>Cyrille Dubois</strong>, ténor) sont des basses plus ou moins profondes et toutes les femmes sont des sopranos plus ou moins dramatiques. Quant au rôle-titre (<strong>Dario Solari</strong>) il chante peu, court beaucoup, poursuivant celles qu’il veut séduire, et poursuivi par celles qu’il a violées, leur famille, et l’ombre du Commandeur (<strong>Misha Schelomoanski</strong>) qu’il a tué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La modernité est dans l’œuvre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Jaoui, qui dit son admiration sans limite pour la partition, décrit Don Giovanni comme «&nbsp;<em>un gosse de riche qui se croit tout permis</em>&nbsp;». Un violeur, un prédateur. Mais elle n’impose pas, pour autant, une condamnation schématique&nbsp;: sa direction d’acteurs, de chanteurs, repose sur une compréhension des personnages «&nbsp;<em>mêmes les plus odieux</em>&nbsp;». Ainsi sa mise en scène classique, sans surprise, porte un regard féminise subtil sans récrire l’opéra. Pas besoin de «&nbsp;<em>moderniser&nbsp;</em>» dit-elle, Don Giovanni, «&nbsp;<em>ça parle encore</em>&nbsp;» parce que «&nbsp;<em>ces rapports de domination existent toujours</em>&nbsp;». &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le désir des femmes s’affirme dans cette mise en scène doucement subversive&nbsp;: Zerline la paysanne (<strong>Florence Hasler</strong>) désire Don Giovanni, tout comme Donna Elvira (<strong>Margaux Poguet</strong>), qui n’est pas une folle aveuglée comme on le voit souvent, mais une amoureuse épousée et abandonnée. Quant au viol de Donna Anna (<strong>Salome Jicia</strong>) il est explicite, tout comme sa force et sa dignité. Ces trois femmes victimes ne sont jamais ridicules, comiques, rabaissées, une sororité se tisse entre elles contre l’emprise des hommes, Don Giovanni bien sûr, mais aussi Leporello le valet (<strong>Marc Barrard</strong>) qui humilie Elvire, et Ottavio qui agit peu et veut surtout s’assurer qu’Anna va rapidement se remettre et l’épouser.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor, conçu par <strong>Éric Ruf</strong>, se situe, comme les costumes, dans une Espagne baroque qui est celle de l’écriture du premier <em>Don Juan</em>, celui de Tirso de Molina, sous-titré <em>L’Abuseur de Séville</em>. Un décor très sombre (trop&nbsp;?) où les personnages se dissimulent en un éclair&nbsp;: <em>Don Giovanni</em> se déroule en quelques heures, mais accumule les actions – un viol, un meurtre, une noce paysanne, deux apparitions fantastiques, des scènes de poursuite et de séduction.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le comique de ce «&nbsp;dramma giocoso&nbsp;» disparaît, dans ce décor et avec cette empathie pour les victimes, y compris le paysan Masetto (<strong>Louis Morvan</strong>). Don Giovanni apparaît comme l’opéra le plus dramatique de Mozart et Da Ponte&nbsp;: c’est-à-dire le plus théâtral, et le plus brutal sur la proximité du désir et de la mort, du viol et du meurtre, du plaisir et de la liberté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une noirceur profonde, servie par une musique d’une beauté constamment éblouissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Don Giovanni<br></em></strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les 2, 4, 7, 9 et 11 octobre</mark><br>Opéra de Marseille</pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/don-giovanni-un-gosse-de-riche/">Don Giovanni, un gosse de riche</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>L’Opéra de Montpellier ouvre sa saison avec « Médée »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2026 12:54:59 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Créée à Paris le 4 décembre 1693 sur un livret de Thomas Corneille,&nbsp;<em>Médée</em>&nbsp;avait surpris son époque par son audace et son intensité dramatique. L&rsquo;action se déroule à Corinthe, où Jason et Médée ont trouvé refuge auprès du roi Créon. Mais Jason se détourne de son épouse pour Créuse, la fille du roi. Créon annonce à Médée qu&rsquo;il ne la livrera pas à ses ennemis, mais qu&rsquo;elle doit quitter Corinthe, tandis que Jason y restera avec leurs enfants. Médée proteste : tous ses crimes, dit-elle, n&rsquo;ont été commis que par amour pour lui. Les noces de Jason et Créuse sont programmées. Folle de rage, Médée invoque les puissances infernales et prépare sa vengeance. La tragédie se précipite : Créon sombre dans la folie et meurt, Créuse expire dévorée par les flammes et Médée tue ses propres enfants avant de disparaître. Jason, éperdu, crie vengeance. Longtemps éclipsée par l&rsquo;œuvre de Lully, cette partition est aujourd&rsquo;hui considérée comme l&rsquo;un des sommets du répertoire baroque français. Elle compte notamment parmi ses pages célèbres le déchirant air de Médée « <em>Quel prix de mon amour</em> » (acte III).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la tête de cette production,&nbsp;<strong>Stéphane Fuget</strong>, claveciniste, organiste et chef, dirige l&rsquo;ensemble&nbsp;<strong>Les Épopées</strong>, qu&rsquo;il a fondé en 2018. Il partage cette soirée avec le&nbsp;<strong>Chœur de chambre de Namur</strong>, ensemble vocal spécialisé dans l&rsquo;interprétation historiquement informée. Dans le rôle-titre, la contralto québécoise&nbsp;<strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>, révélée en 2000 par le premier prix du Concours Reine Élisabeth, fait ses débuts dans le rôle de Médée. Sa voix grave et incisive s&rsquo;accorde à la violence dramatique du personnage. Face à elle, le ténor tchèque&nbsp;<strong>Petr Nekoranec</strong>, lui aussi dans une prise de rôle, incarne Jason. La mezzo-soprano&nbsp;<strong>Juliette Mey</strong>&nbsp;interprète Créuse et la basse&nbsp;<strong>Frédéric Caton</strong>, Créon. La soprano&nbsp;<strong>Camille Poul</strong>, habituée des productions de Stéphane Fuget, complète la distribution en Nérine et L&rsquo;Amour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Médée</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">22 septembre</mark><br><a href="https://www.opera-orchestre-montpellier.fr">Opéra Comédie, Montpellier </a></pre>



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		<title>« Turandot » à Avignon : une vérité bouleversante signée Paco Azorín</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 09:24:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Turandot occupe dans l’œuvre de Puccini une place décidément étrange. Après Tosca, La Bohème ou Madama Butterfly, où le compositeur avait porté à son plus haut degré la vérité immédiate de l’émotion, son dernier ouvrage semble avancer dans une matière moins lisible, plus archaïque, plus inquiétante. Le vérisme n’y est plus seulement ce naturalisme lyrique [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Turandot</em> occupe dans l’œuvre de Puccini une place décidément étrange. Après <em>Tosca</em>, <em>La Bohème</em> ou <em>Madama Butterfly</em>, où le compositeur avait porté à son plus haut degré la vérité immédiate de l’émotion, son dernier ouvrage semble avancer dans une matière moins lisible, plus archaïque, plus inquiétante. Le vérisme n’y est plus seulement ce naturalisme lyrique qui donne chair aux passions humaines : il devient une puissance d’enveloppement. L’orchestre, immense, presque wagnérien par sa capacité à cerner les êtres, n’écrase jamais les personnages. Il les écoute, les poursuit, les plaint. Même dans le faste, même dans la cruauté, Puccini garde cette empathie profonde qui fait trembler la musique au plus près des corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car <em>Turandot</em> ne raconte pas une histoire simple. La légende chinoise dont s’inspire le livret place face à face une princesse de glace, un homme obstiné, un peuple soumis et des énigmes mortelles. La séduction n’y est pas un abandon, mais un combat d’âme à âme. L’amour y marche avec la mort, sans que la mort soit tout à fait une ennemie. Elle est plutôt la vérité qui arrête le mensonge du pouvoir, l’endroit où le mythe cesse de briller pour redevenir humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La vérité de Liù</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que la production trouve sa force. Giacomo Puccini meurt avant d’avoir achevé son opéra, en laissant la partition au seuil de la mort de Liù. <strong>Paco Azorín</strong> prend ce silence au sérieux. Il ne cherche pas à recoudre artificiellement le conte par le duo final ajouté après la disparition du compositeur. Il laisse l’œuvre s’arrêter là où elle devient la plus bouleversante : devant cette jeune femme qui aime sans posséder, qui protège sans réclamer, qui meurt sans disparaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Claire Antoine</strong> fait de Liù le plus beau personnage de la soirée. Sa voix ne force jamais l’émotion ; elle la laisse apparaître, presque malgré elle. Chez Liù, la résignation n’est pas une faiblesse : elle est la forme même de sa moralité, mais aussi l’expression trouble d’un désir qui tient autant à la vie qu’à la mort. Elle aime, elle protège, elle s’efface, et cet effacement devient le vrai centre de gravité de l’opéra.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour d’elle, la rizière imaginée par Paco Azorín devient un paysage de domination et de patience, un monde plié sous le joug où le peuple observe, travaille, tremble, puis se redresse. Le Chœur de l’Opéra Grand Avignon, préparé par <strong>Alan Woodbridge</strong>, et la Maîtrise dirigée par <strong>Christophe Talmont</strong> ne sont pas de simples masses sonores : ils incarnent cette foule instable, capable d’effroi, de violence et de compassion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la direction de <strong>Federico Santi</strong>, l’<strong>Orchestre national Avignon-Provence </strong>donne toute son ampleur à une partition-monument. On y entend les couleurs modales inspirées par une Chine rêvée, l’héritage verdien des cordes, la poussée postromantique. <strong>Catherine Hunold</strong> donne à Turandot une autorité glaciale, <strong>Mickael Spadaccini</strong> affronte Calaf avec vaillance, mais c’est bien Liù qui déplace le centre de gravité de l’œuvre. Cette belle production referme avec cohérence la saison consacrée aux mythes, avant que <em>La Belle Hélène</em> ne vienne, en juin, achever l’année sur un tout autre éclat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Turandot</em> a été joué donné les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">15 et 17 mai </mark>à l<a href="https://www.operagrandavignon.fr">’Opéra Grand Avignon</a></pre>



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		<title>Dialogues des Carmélites Un drame dans l’épure</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 07:31:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sorcières ou saintes, même destin. C’est sans doute la première pensée qui s&#8217;impose dans les dernières minutes de ce très beau Dialogues des Carmélites donné à l&#8217;Opéra de Marseille : qu&#8217;elles soient sorcières de Salem ou carmélites de Compiègne, ce sont toujours les femmes qui paient le prix d&#8217;une crise collective et que l&#8217;on sacrifie, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Sorcières ou saintes, même destin. C’est sans doute la première pensée qui s&rsquo;impose dans les dernières minutes de ce très beau <em>Dialogues des Carmélites</em> donné à l&rsquo;Opéra de Marseille : qu&rsquo;elles soient sorcières de Salem ou carmélites de Compiègne, ce sont toujours les femmes qui paient le prix d&rsquo;une crise collective et que l&rsquo;on sacrifie, même lorsque, comme c&rsquo;est le cas dans cet opéra, ce sacrifice est « librement » consenti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épure de la mise en scène de <strong>Louis Désiré</strong> &#8211; fidèle à ce que Poulenc aurait sans doute souhaité, lui qui s&rsquo;agaçait qu&rsquo;on lui reproche, à l&rsquo;Opéra de Paris, de ne pas avoir mis « <em>des défilés de Sans-Culottes et des Carmagnoles à toutes les scènes</em> » &#8211; favorise sans doute cette prise de conscience. Là où un dispositif plus spectaculaire noierait l&rsquo;essentiel, le dépouillement laisse le drame parler.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’à l’échafaud</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La tragédie est réelle. Le 17 juillet 1794, seize carmélites de Compiègne montent à l&rsquo;échafaud, quelques jours à peine avant la chute de Robespierre, ce qui a conduit certains à voir dans leur supplice le signe d&rsquo;une intervention divine précipitant la fin de la Terreur. L&rsquo;histoire nous est parvenue grâce à Marie de l&rsquo;Incarnation, qui échappa à l&rsquo;exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de cet opéra, trois figures dominent. Une Blanche de la Force, hantée par la peur, à la naïveté lumineuse &#8211; personnage auquel Poulenc s&rsquo;est identifié au point de confier : « <em>Blanche, c&rsquo;est moi</em> » -, incarnée avec une fraîcheur désarmante par <strong>Hélène Carpentier</strong>. Sœur Constance et sa grâce espiègle, portée par <strong>Ana Escudero</strong>. Et surtout Madame de Croissy, héroïne de l&rsquo;une des scènes de doute les plus bouleversantes du répertoire lyrique : cette prieure qui a consacré son existence à la prière, à la discipline et à la certitude, ne rencontre au moment décisif que le vide. Dans son agonie, elle avoue craindre la mort et va jusqu&rsquo;au blasphème. On notera que Bernanos a rédigé les <em>Dialogues</em> en 1947, alors qu&rsquo;il était lui-même en phase terminale d&rsquo;un cancer. Il mit le point final à l&rsquo;œuvre, s&rsquo;alita, et mourut le 5 juillet 1948. Dans ce rôle, <strong>Lucie Roche</strong> &#8211; enfant de Marseille &#8211; est sublime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais avant l&rsquo;échafaud, il y a le choix de Blanche d&rsquo;entrer dans les ordres. Dans le très beau duo entre la jeune femme et son frère le Chevalier de la Force (<strong>Léo Vermot-Desroches</strong>), une question affleure : serait-elle entrée au couvent pour servir Dieu ou plutôt fuir le lien trouble qui l&rsquo;unit à ce frère qui la surnomme « petit lièvre » et refuse de la laisser partir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La scène finale est un tableau en noir et blanc où ne pointe qu&rsquo;une touche de rouge : le collier au cou de chacune des martyres. L&rsquo;une après l&rsquo;autre, en montant à l&rsquo;échafaud, elles arrachent l’ornement, résignée, fuyante ou exaltée. Chaque collier claque comme la lame de la guillotine. Le <em>Salve Regina</em> composé par Poulenc s&rsquo;amenuise à mesure que le chœur se réduit, voix après voix avalées par le silence. Puis Blanche surgit de la foule pour rejoindre ses sœurs, in extremis, dans un élan à la fois désespéré et serein.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On se réjouit que cette œuvre, qui parle si profondément des femmes broyées par l&rsquo;Histoire, ait été dirigée ce soir-là par une femme : Debora Waldman, devenue en 2020 la première à la tête d&rsquo;un orchestre national permanent français&nbsp;: celui d’Avignon-Provence.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br>Spectacle donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">25 mars</mark> à l’Opéra de Marseille.</pre>



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		<title>Ermione, le brasier des passions</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 13:48:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une version concertante d’une intensité dramatique rare, les 22 et 24 février, le chef-d’œuvre de Rossini a retrouvé ses lettres de noblesse, porté par une distribution d’une exigence absolue, et un livret inspiré par Andromaque de Racine. Le mirage d’une mise en scène Bien que les pupitres remplacent les décors, l’illusion théâtrale est totale. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans une version concertante d’une intensité dramatique rare, les 22 et 24 février, le chef-d’œuvre de Rossini a retrouvé ses lettres de noblesse, porté par une distribution d’une exigence absolue, et un livret inspiré par Andromaque de Racine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le mirage d’une mise en scène</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les pupitres remplacent les décors, l’illusion théâtrale est totale. Nul besoin d’artifices pour ressentir la fureur et le désespoir. Par la seule force du regard et de l’engagement des corps, les interprètes transcendent le format du concert. On voit, autant qu’on entend, les tourments d’une tragédie antique devenue viscérale, prouvant que le chant, lorsqu’il est habité, se suffit à lui-même</p>



<p class="wp-block-paragraph">pour créer le spectacle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un trio vocal d’exception</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si on ne peut que rendre honneur au talent fou de tous les chanteurs, Karine Deshayes, au centre de ce brasier, prouve une fois encore sa souveraineté. Sa maîtrise des nuances, passant du murmure blessé aux éclats de fureur, dessine une Hermione d’une humanité bouleversante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à elle, le duo des ténors est de haute voltige. Enea Scala (Pyrrhus) déploie une projection</p>



<p class="wp-block-paragraph">insolente et une vaillance d’acier,tandis que Levy Sekgapane (Oreste) impressionne par une virtuosité ailée, défiant les lois de la physique dans des suraigus de toute beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’orfèvre et son armée</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la baguette de Michele Spotti, l’orchestre de l’Opéra de Marseille a rugi et frémi avec une précision millimétrée, sublime, laissant toute la place nécessaire aux voix. Le maestro, véritable architecte du son, insuffle une tension constante, secondé par un chœur impeccable de cohésion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre ovations debout et rappels nourris, le public marseillais a vibré à l’unisson, transformant ces représentations en des moments de grâce partagés.</p>



<pre class="wp-block-verse">DANIELLE DUFOUR-VERNA<br><br>Ermione de Rossini a été donné en version concertante à l’<a href="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation" type="link" id="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation">Opéra de Marseille</a> les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">22 et 24 février</mark></pre>



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		<title>Ermione de Rossini, un opéra rare et flamboyant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 10:39:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline&#160;: Votre Pyrrhus est un tyran d&#8217;une violence rare. Comment explorez-vous la psychologie d&#8217;un homme prêt à sacrifier son trône et son honneur pour une femme qui le hait ? Enea Scala&#160;: À l&#8217;opéra, les sentiments contradictoires sont fréquents. On peut être attiré par une personne du camp adverse et n’oublions pas que chez Ermione, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline&nbsp;</strong>: <strong>Votre Pyrrhus est un tyran d&rsquo;une violence rare. Comment explorez-vous la psychologie d&rsquo;un homme prêt à sacrifier son trône et son honneur pour une femme qui le hait ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Enea Scala</strong>&nbsp;: À l&rsquo;opéra, les sentiments contradictoires sont fréquents. On peut être attiré par</p>



<p class="wp-block-paragraph">une personne du camp adverse et n’oublions pas que chez Ermione, que Pirro (Pyrrhus) repousse, tout est motivé par la quête du pouvoir qui doit être atteint par tous les moyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entre des graves abyssaux et une agilité extrême, comment adaptez-vous votre technique de baryton-ténor pour préserver l&rsquo;éclat de vos aigus dans ce rôle athlétique ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut toujours être attentif, ne jamais alourdir les notes graves ni forcer les notes aiguës. Tout est question d&rsquo;équilibre entre les différentes parties. Lorsque vous descendez, pensez à monter, et inversement, lorsque vous allez dans l’aigu, pensez à descendre, afin que le corps et la gorge ne se raidissent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chez Rossini, le chant virtuose n&rsquo;est jamais une fin en soi. Comment transformez-vous ses vocalises en vecteurs purs de fureur et de rage sur scène ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus vous donnez de sens aux coloratures extrêmes, plus elles deviennent fluides et naturelles, ou du moins, avec le juste équilibre d&rsquo;effort et sans excès. Les coloratures de Pirro deviennent des flèches décochées sur ses adversaires. Ou parfois, comme dans le duo avec Andromaque, une ultime tentative pour la persuader de se marier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous adorez cette scène, mais à l’opéra de Marseille vous l’interpréterez en version concert. Est-ce frustrant de ne pas pouvoir jouer les duels avec Ermione ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, bien sûr. J&rsquo;adore le théâtre marseillais et j&rsquo;ai déjà interprété trois opéras en version concert, dont Maria Stuarda, Donna del Lago et Armida. Pour Ermione, quand j&rsquo;en aurai l&rsquo;occasion, j&rsquo;essaierai de jouer la comédie et d&rsquo;ajouter quelques mouvements par rapport à un concert classique. Mais je déciderai pendant les répétitions, qui sont malheureusement moins nombreuses que pour une production scénique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi cette tragédie oubliée depuis longtemps semble-t-elle si actuelle et résonne-t-elle si fortement auprès du public en 2026 ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que, comme toutes les tragédies grecques, elle est le fondement de notre culture occidentale. Les personnages sont des archétypes aux attitudes attitudes contrastées qui s&rsquo;affrontent dans des jeux de palais où pouvoir, amour, haine, oppression et vengeance se succèdent et révèlent leur personnalité. Tout cela est toujours présent dans la conscience humaine, à tous les niveaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et pour les mois à venir ? Y a-t-il un défi ou un premier rôle que vous attendez avec impatience après cette interprétation de Pirro</strong> ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Eh bien, je dirais que le défi le plus excitant et le plus riche en adrénaline sera <em>Il Trovatore</em> à Hambourg. Entre mars et avril.</p>



<pre class="wp-block-verse">DANIELLE DUFOUR-VERNA<br><br>Ermione<br><br>Version concert<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">les 22 et 24 février<br></mark><br><a href="https://opera-odeon.marseille.fr/" type="link" id="https://opera-odeon.marseille.fr/">Opéra de Marseille</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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		<title>Don Pasquale prend l’air du temps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lavinia Scott]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jan 2026 15:24:57 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deux représentations de l’opéra Don Pasquale, écrit par Donizetti, ont été données au Zénith de Toulon pendant les Fêtes, en programmation hors les murs de l’Opéra de Toulon. La cheffe d’orchestre coréenne, Sora Elisabeth Lee, signait la direction musicale aux côtés de Tim Sheader à la mise en scène et une répartition solide des premiers [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Deux représentations de l’opéra <em>Don Pasquale</em>, écrit par Donizetti, ont été données au Zénith de Toulon pendant les Fêtes, en programmation hors les murs de l’<a href="https://www.operadetoulon.fr">Opéra de Toulon</a>. La cheffe d’orchestre coréenne, <strong>Sora Elisabeth Lee</strong>, signait la direction musicale aux côtés de <strong>Tim Sheader</strong> à la mise en scène et une répartition solide des premiers rôles, avec <strong>David Bižić </strong>en tête d’affiche pour incarner un Don Pasquale dépassé par les événements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une belle distribution</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rideau s’ouvre sur un «&nbsp;building&nbsp;» où est inscrit en grand «&nbsp;Pasquale&nbsp;» – on y devine les bureaux de son empire. La cheffe fait démarrer l’orchestre, d’un geste soucieux et précis. L’ouverture est marquée par un passage lyrique au violoncelle solo, repris par les flûtes, instaurant un climat presque cinématographique pendant qu’entre le docteur Malatesta, incarné par le baryton argentin, <strong>Armando Noguera</strong>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celui-ci incarne à la perfection ce manipulateur rusé et charismatique qui manigance tout le complot, en jouant sur les désirs des uns et des autres. Il boit son café, observant l’immeuble comme si c’était le sien, puis surveille les employés qui entrent, dont la belle Norina, interprétée par <strong>Lauranne Oliva</strong>. La soprano brillera tout le long dans son rôle d’héroïne stratège et vive, avec une grande agilité dans la voix lorsqu’elle parcourt les mélodies rapides et pétillantes de Donizetti. Face à elle, l’arrivée d’un Ernesto hipster et <em>babos</em>, guitare sur le dos, écouteurs dans les oreilles, avec casquette et banane autour du torse. Il reste ici amoureux mais assez enfantin et naïf, et pourri gâté. La voix de <strong>Jonah Hoskins</strong>, ténor lumineux animé d’un beau vibrato, porte les différents états de son personnage.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Mise en scène contemporaine</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La scénographie repose sur un cube mobile et, de scène en scène, on passe de la devanture des bureaux où apparaissent les employés de bureau, tantôt au téléphone, tantôt devant leurs ordinateurs, même si les interprètes se retrouvent souvent au-devant d’un espace un peu trop étroit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis apparaît la demeure luxueuse de Don Pasquale, ornée de lustres, d’artefacts et de trésors, un sol en marbre et une dernière disposition permet de voir le côté du building comme l’espace <em>pause-clope</em> des employés. Ici, on y retrouve la scène où Norina chante l’air <em>So anch’io la virtù magica </em>où elle se vante de son tempérament séducteur et de sa «&nbsp;<em>larme trompeuse</em>&nbsp;». Lorsque Malatesta vient lui proposer le plan pour berner le vieux chef, elle lui démontre qu’elle sait parfaitement jouer le jeu en exerçant ses charmes sur lui.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un moment comique et contemporain, ils referment la porte du garage derrière eux et se se livrent à un acte sexuel. Cet ajout questionne le public sur les intentions de Norina, est-elle réellement amoureuse d’Ernesto ou cherche-t-elle, comme Malatesta, à renverser sa position de pouvoir&nbsp;? On comprend par là également l’interprétation du metteur en scène, qui affirme trouver «&nbsp;<em>tous les personnages antipathiques&nbsp;</em>». Une vision peut être cynique, mais qui paraît adaptée au drame.</p>



<p class="wp-block-paragraph">LAVINIA SCOTT</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Don Pasquale</em> a été joué au <a href="https://zenith-toulon.com">Zénith de Toulon</a> dans le cadre de la programmation de l’opéra hors les murs les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">31 décembre et 2 janvier</mark>.</pre>



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