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	<title>Archives des Orchestre de l’Opéra de Lyon - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Orchestre de l’Opéra de Lyon - Journal Zebuline</title>
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		<title>Butterfly de chair et de sang</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jul 2024 12:17:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si l’édition 2019 du Festival d’Aix marquait avec Tosca l’entrée de Puccini à son répertoire, l’édition 2024 ne pouvait pas passer à côté du centenaire de la mort du compositeur. La première le 5 au Théâtre de l’Archevêché de Madama Butterfly a répondu à toutes les attentes. Mais qu’attendre encore de cet ouvrage, l’un des plus populaires du répertoire lyrique ? [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Si l’édition 2019 du <strong><em>Festival d’Aix</em></strong> marquait avec <em>Tosca</em> l’entrée de Puccini à son répertoire, l’édition 2024 ne pouvait pas passer à côté du centenaire de la mort du compositeur. La première le 5 au Théâtre de l’Archevêché de <em>Madama Butterfly</em> a répondu à toutes les attentes. Mais qu’attendre encore de cet ouvrage, l’un des plus populaires du répertoire lyrique ? Avant tout une Butterfly qui vous arrache le cœur ! Et un orchestre et un chef qui comprennent que Puccini est, sinon un grand mélodiste, pour le moins un fin coloriste. Ainsi qu’une mise en scène qui sache tenir le fragile équilibre entre la littéralité de la carte postale d’un Japon fantasmé et une lecture moderne. Et bien, ces trois fées se sont généreusement penchées sur le berceau de cette nouvelle production aixoise ! </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color">Ermonela Jaho </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La soprano&nbsp;<strong>Ermonela</strong><strong>&nbsp;Jaho</strong>&nbsp;met ses tripes sur la scène. Au salut final on la sent harassée, tant le rôle de Cio-Cio-San est écrasant. Gamine de quinze ans, vendue pour l’éphémère plaisir d’un occidental puis mère déchirée de souffrance quand on lui arrache son enfant (Dieu, que l’opéra est cruel pour les femmes&nbsp;!) Ermonela&nbsp;&nbsp;Jaho illumine la scène, irradie de tendresse et de douleur. Toute la science vocale, la splendeur du timbre, la délicatesse des aigus sont au service du personnage.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pinkerton d’<strong>Adam Smith&nbsp;</strong>est&nbsp;&nbsp;un peu plus en retrait. Si vocalement les choses ont eu peu de mal à se mettre en chemin, il offre la silhouette d’un pâle dadais aux charmes vocaux indéniables.&nbsp;<strong>Lionel Lhote</strong>&nbsp;est un Sharpless généreux et attentionné. Son beau baryton souligne la noblesse du personnage. La fidèle servante Suzuki a le mezzo somptueux de&nbsp;<strong>Mihoko Fujimura</strong>. Le reste de la distribution est à la hauteur des enjeux&nbsp;:&nbsp;<strong>Carlo Bosi</strong>&nbsp;(Goro),&nbsp;&nbsp;<strong>Inho Jeong</strong>&nbsp;(l’oncle Bonzo, tout en insinuation) ou&nbsp;<strong>Kristofer Lundin</strong>&nbsp;(Le Prince Yamadori) ajoutent à la grande homogénéité du plateau.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color"><strong>Rigueur et raffinements</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">La direction musicale de&nbsp;<strong>Daniele Rustioni</strong>&nbsp;avec dans la fosse l’<strong>Orchestre de l’Opéra de Lyon</strong>, nous rappelle qu’en 1907 Puccini était bel et bien un compositeur du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle. Que la science mélodique ne devait en rien celer le génie du coloriste. Que Puccini connaissait l’œuvre de Debussy. C’est une Butterfly nuancée, tissée d’un voile translucide, aérien, sans lourdeur aucune qui nous est donné à entendre d’une oreille qu’on pourrait dire neuve.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa mise en scène,<strong>&nbsp;Andrea Breth</strong>&nbsp;joue la rigueur du cadre du cinéma d’Ozu et les raffinements du théâtre nô. Masques inquiétants pour figurer la nombreuse famille, costumes (signés&nbsp;<strong>Ursula Renzenbrink</strong>), jeux d’ombres et de lumières, vols des grues animées par des marionnettistes (un rappel du drame de Nagasaki) offrent à l’œil le graphisme de l’ukiyo-e, le monde flottant de l’estampe japonaise, qu’accentue la lenteur des gestes et la finesse des images. Aix offre là une Butterfly d’anthologie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">PATRICK DE MARIA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Madame Butterfly</em><br>Les 10, 13, 16, <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color">19</mark> et <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color">22</mark> juillet<br>Théâtre de l’Archevêché, <strong>Aix-en-Provence</strong></p>
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		<title>Du monument à l&#8217;anecdote</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 05:05:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Manuel Braun]]></category>
		<category><![CDATA[opéra]]></category>
		<category><![CDATA[Orchestre de l’Opéra de Lyon]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre de l’Archevêché]]></category>
		<category><![CDATA[Tobias Kratzer]]></category>
		<category><![CDATA[Vasilisa Berzhanskaya]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">Avant le spectacle, une petite conférence donnée dans une cour voisine précise les conditions de la conception de l’opéra, les étapes qui l’ont mûri. On suit ainsi l’œuvre composée à Naples, remaniée pour Paris, traduite en français, assortie d’un ballet (passage dont raffolait le public parisien) et développée en quatre actes. On nous rappelle les mots d’Honoré de Balzac qui fait dire à l’héroïne éponyme de sa nouvelle <em>Massimilla Doni</em> à propos de l’opéra de Rossini «&nbsp;<em>ici la terre et ses puissances essaient de combattre contre Dieu&nbsp;</em>». Quel programme&nbsp;! Aisément déçu. Mettre en scène des miracles n’est pas chose facile et malgré la belle imagination du metteur en scène <strong>Tobias Kratzer</strong>, on peut douter qu’une scène d’épilepsie ou de délirium tremens (au choix selon que l’on cherche à évoquer le haut mal de César ou la mort de Copeau dans <em>L’assommoir</em> de Zola) soit convaincante pour présenter la réception céleste des tables de la loi par un Moïse qui retrousse ses manches pour en montrer les tatouages…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">Le spectaculaire a lieu cependant grâce aux vidéos de <strong>Manuel Braun</strong> lors du passage de la mer Rouge mais s’engonce parfois dans l’accessoire avec des images qui semblent tirées des <em>news</em> télévisées dont le ressassement a détruit la force ou des passages allégoriques qui frôlent la parodie (course des Égyptiens en costumes de ville dans le désert et leur noyade dans des ondes calmes). La fresque épique est réduite par son manichéisme&nbsp;: le plateau scindé en deux montre d’un côté les Hébreux sous l’aspect de migrants actuels et de l’autre les Égyptiens, figures aseptisées du libéralisme derrière leurs bureaux et leurs ordinateurs. Forcer le symbole le perd. Il est difficile de plaquer l’antique sur le contemporain sans lourdeur, le simplisme devient alors faute de sens. Le phénomène des migrations liées aux excès du capitalisme, pourquoi pas, et les plaies d’Égypte muées en feux, pollutions, guerres, mais si l’on va jusqu’au bout, la dimension religieuse d’un Moïse qui demande à imposer son «&nbsp;<em>vrai Dieu</em>&nbsp;» face aux faux dieux barbares, nous conduit sur un terrain plus que contestable, voire dangereux…&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Moise-et-Pharaon-de-Gioacchino-Rossini-%E2%80%93-direction-musicale-Michele-Mariotti-%E2%80%93-mise-en-scene-Tobias-Kratzer-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Monika-Rittershaus.jpeg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115241" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Moise-et-Pharaon-de-Gioacchino-Rossini-%E2%80%93-direction-musicale-Michele-Mariotti-%E2%80%93-mise-en-scene-Tobias-Kratzer-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Monika-Rittershaus.jpeg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Moise-et-Pharaon-de-Gioacchino-Rossini-%E2%80%93-direction-musicale-Michele-Mariotti-%E2%80%93-mise-en-scene-Tobias-Kratzer-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Monika-Rittershaus.jpeg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Moise-et-Pharaon-de-Gioacchino-Rossini-%E2%80%93-direction-musicale-Michele-Mariotti-%E2%80%93-mise-en-scene-Tobias-Kratzer-%E2%80%93-Festival-dAix-en-Provence-2022-%C2%A9-Monika-Rittershaus.jpeg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>
</div>


<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color wp-block-paragraph" style="max-width:600px"><strong>Terre promise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">La tentative de jouer entre le réel et l’espace scénique est intéressante cependant, de même que la distanciation au mythe par l’intrusion du costume de Moïse qui semble tiré du peplum de Cecil B. DeMille. Le recours aux réseaux sociaux pour trouver une fiancée digne de ce nom au fils de Pharaon, Aménophis (<strong>Pene Pati</strong>, à peine remis du covid) ne manque pas d’humour. Emprunter des bateaux gonflables pour traverser la mer ajoute un goût d’Odyssée et une référence sans filtre aux tragédies méditerranéennes d’aujourd’hui. Lorsque le bâton du guide des errants est retrouvé sur la plage où une population décontractée et consumériste se prélasse au soleil (finalement le modèle capitaliste l’emporte&nbsp;?) on se croit à la fin du film <em>Jumanji</em> de Joe Johnston (1995). Heureusement, la jeune fille qui découvre l’objet, inquiète de ses décharges électriques le lâche, fin de l’histoire. Ouf&nbsp;! Les quatre actes sont bien longs malgré la belle direction de <strong>Michele Mariotti</strong> à la tête de l’<strong>Orchestre de l’Opéra de Lyon</strong>, la beauté des <strong>Chœurs de l’Opéra de Lyon</strong> (à souligner le moment prenant où, sauvés des eaux, leur foule disséminée parmi le public entonne des cantiques). Si Moïse (<strong>Michele Pertusi</strong>), malgré sa stature manque parfois de l’aura du prophète, Pharaon (<strong>Adrian Sâmpetrean</strong>) impose son personnage hautain. Rossini aimait écrire pour les femmes, c’est bien connu et les plus belles partitions leur sont réservées, que ce soit la douce Anaï (<strong>Jeanine De Bique</strong>, dont c’est une prise de rôle réussie) ou Sinaïde (somptueusement interprétée par <strong>Vasilisa Berzhanskaya</strong>)… Manque à l’œuvre une homogénéité qui dessinerait une ligne de force et tiendrait en haleine par une tension que demande ce drame biblique. </p>



<p class="wp-block-paragraph" style="max-width:600px">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color has-small-font-size wp-block-paragraph" style="max-width:600px"><em>Moïse et Pharaon</em> a été donné au Théâtre de l’Archevêché du 7 au 20 juillet dans le cadre du <em>Festival d’Aix-en-Provence.</em></p>
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