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	<title>Archives des Orchestre National Avignon Provence - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Orchestre National Avignon Provence - Journal Zebuline</title>
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		<title>Art lyrique et politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Apr 2024 13:37:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On oublie souvent que le grand opéra italien doit son succès à ses positionnements politiques populaires, aux révolutionnaires Guillaume Tell et Figaro de Rossini, au nationalisme républicain de Verdi, aux révoltes incessantes de Puccini face aux pouvoirs tyranniques, colonial, militaire ou policier.&#160; Chant d’amour et de liberté, Tosca est un brûlot qui représente, comme tous [&#8230;]</p>
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<p>On oublie souvent que le grand opéra italien doit son succès à ses positionnements politiques populaires, aux révolutionnaires Guillaume Tell et Figaro de Rossini, au nationalisme républicain de Verdi, aux révoltes incessantes de Puccini face aux pouvoirs tyranniques, colonial, militaire ou policier.&nbsp;</p>



<p>Chant d’amour et de liberté, <em>Tosca</em> est un brûlot qui représente, comme tous les opéras de Puccini, le désir féminin, le refus d’une sexualité contrainte, la joie sublime de l’amour partagé. À quelques heures de son exécution, le peintre républicain Cavaradossi allume les étoiles, glorifie la sensualité de Tosca, et proclame qu’il n’a jamais autant aimé la vie. À quelques centaines de mètres ,la pieuse Tosca exécute d’un coup de poignard assuré le tyran qui voulait la violer.</p>



<p>La musique de Puccini dans <em>Tosca,</em> plus encore que dans ses autres opéras, tisse un fil dramatique continu entre l’orchestre et les voix, qui se posent au-dessus de la masse instrumentale et des leitmotive&nbsp;: comme dans un opéra wagnérien, mais avec une grâce toute italienne, l’orchestre fait chanter les thèmes de chacun et annonce les changements de leurs états d’âme, au fil de la progression dramatique.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Exécution</mark></strong></p>



<p>L’intelligence de <strong>Jean-Claude Berutti</strong> est de mettre sa mise en scène au service de l’œuvre. Non pour disparaître, mais pour faire entendre la musique, et souligner, lorsqu’il le faut, le contexte historique et symbolique. L’enjeu de ce premier opéra du XX<sup>e</sup> siècle (créé le 14 janvier 1900 !), c’est le pouvoir dans la récente capitale italienne, qui se décide entre l’Église sant’Andrea, le Palais Farnese et le Château Saint Ange, c’est à dire entre la religion, le pouvoir et la prison. Sans autre décor que des projections d’images réelles, et mouvantes, de ces lieux, la mise en scène promène les personnages dans une église devenue un lieu d’art et d’amour, un palais où le tyran Scarpia pratique la torture et le viol, une prison qui entend le chant doux d’un berger, d’un amour puis, soudain la mort violente.</p>



<p>Dans des costumes et des éléments de décor simples, les solistes, le chœur et la maîtrise de l’opéra peuvent faire face aux exploits vocaux que la partition exige. Le <em>Te deum</em> qui couronne le premier acte et la cantate du deuxième tissent des superpositions complexes, et les duos, acrobatiques, n’offrent que peu de repos aux trois solistes principaux entre leurs morceaux de bravoure.&nbsp;</p>



<p>L’horrible Scarpia, abuseur sans scrupule qui jouit de son pouvoir, est interprété avec une froide barbarie par <strong>André Heyboer</strong>, aux basses profondes et aux aigus faciles, dans une tessiture égale et puissante. Si <strong>Sébastien Guèze </strong>(Cavaradossi) est un peu inégal dans le <em>recondita armoni</em>a qui ouvre comme un terrible mur d’escalade le premier acte, il est ensuite passionné dans ses duos, et sublime dans sa prison et le célèbre <em>E Lucevan le stelle</em>. Quant au rôle-titre, qui ne quitte presque jamais la scène au long des deux heures trente d’un opéra harassant, il est tenu par <strong>Barbara Haveman</strong>, dont la voix sûre sait incarner les élans tendres, les frayeurs jalouses, le baiser de mort, le rêve bucolique, l’horreur. Son <em>Vissi d’arti</em>, très attendu, a fait vibrer le public d’émotion. &nbsp;</p>



<p>L’<strong>Orchestre national Avignon Provence</strong>, dirigé par <strong>Federico Santi</strong>, sait accompagner leurs élans&nbsp; et impulser les siens dans les nombreux moments où l’orchestre prend la voix. Une production ambitieuse, dont on regrette une fois de plus qu’elle ne tourne pas sur les autres plateaux régionaux, et nationaux, qui pourraient la recevoir dans une économie raisonnée.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Tosca</em> a été créé à l’Opéra d’Avignon les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">5, 7 et 9 avril</mark></pre>
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		<title>Défaite dans un verre d’eau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Nov 2023 12:18:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra Grand Avignon dispose décidément de moyens rares et inespérés. À commencer par la qualité de l’Orchestre National Avignon Provence qui, sous la direction musicale de&#160;Benjamin Pionnier,&#160;sublime la délicatesse de la partition de Dvořák, pétrie d’influences folkloriques et d’un tragique tout droit sorti de chez Wagner.&#160; Même son de cloche du côté de la distribution [&#8230;]</p>
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<p>L’<strong>Opéra Grand Avignon </strong>dispose décidément de moyens rares et inespérés. À commencer par la qualité de l’<strong>Orchestre National Avignon Provence</strong> qui, sous la direction musicale de&nbsp;<strong>Benjamin Pionnier,</strong>&nbsp;sublime la délicatesse de la partition de Dvořák, pétrie d’influences folkloriques et d’un tragique tout droit sorti de chez Wagner.&nbsp;</p>



<p>Même son de cloche du côté de la distribution vocale, irréprochable&nbsp;: la princesse d’<strong>Irina Stopina</strong> impressionne, de même que la basse tchèque&nbsp;<strong>Wojtek Smilek</strong>, grand connaisseur du rôle de Vodnik. Le prince, campé avec vigueur par le ténor ukrainien&nbsp;<strong>Misha Didyk</strong>, bénéficie d’une projection à toute épreuve, tandis que le rôle-titre, tenu par la soprano arménienne&nbsp;<strong>Ani Yorentz Sargsyan</strong>, s’érige tout en aplomb et en délicatesse, notamment sur le célébrissime chant à la lune du premier acte porté par son très beau timbre sombré. Sans faute également du côté des facétieuses nymphes&nbsp;– <strong>Mathilde Lemaire</strong>, <strong>Marie Kalinine </strong>et <strong>Marie Karall</strong>, à la complicité tangible.<br>Tout aurait donc pu être réuni pour que cette collaboration entre Bordeaux, Nice, Marseille et Toulon, sublimée par ses chœurs, compte parmi les productions opératiques les plus réjouissantes du pays, sur cette saison ou la suivante. Mais il y a fort à parier qu’elle ne fasse parler d’elle que l’effarante bêtise de sa mise en scène.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Fermer les yeux</mark></strong></p>



<p>&nbsp;Il y aurait pourtant eu tant à dire aujourd’hui de cette petite sirène adaptée très strictement d’Andersen par Dvořák et son librettiste. Devenue alors allégorie d’une impossible union entre peuples, Rusalka pourrait aujourd’hui revêtir les traits originaux de l’homosexualité tue, se faire transgenre, transclasse … Car nombreuses sont aujourd’hui les déclinaisons de ce mythe évoquant en premier lieu la mue de l’adolescence.</p>



<p>Mais les metteurs en scène <strong>Jean-Philippe Clarac </strong>et <strong>Olivier Deloeil </strong>se sont contentés d’explorer deux idées&nbsp; peu inspirées. La première consistant à faire des sirènes une équipe de natation synchronisée, avec force vidéos et chorégraphies embarrassantes à l’appui. La seconde consistant à piller toutes les piteuses idées du déjà dispensable clip que Luc Besson consacra à <em>Pull Marine&nbsp;</em>: tête dans un aquarium, poissons en chocolat et piscine gonflable. Le tout est d’une misogynie à couper le souffle&nbsp;: talons aiguilles vertigineux contraignant toutes les chanteuses à une immobilité certaine&nbsp;; scène de viol greffée au livret sans explication aucune, dans un opéra labellé pourtant « opéra en famille&nbsp;!&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Un accident industriel inexplicable.</p>



<p>SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse">La production, partagée avec les autres opéras de la région dans le cadre de l’initiative « Opéras au Sud », fera escale à Nice du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">26 au 30 janvier,</mark> et les saisons prochaines à Marseille et Toulon.</pre>
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