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	<title>Archives des Pavillon Noir - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Pavillon Noir - Journal Zebuline</title>
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		<title>Au Pavillon Noir, Trajal Harell danse le « Köln Conert »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:26:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au cœur de la fournaise aixoise, le Pavillon Noir accueillait, en cette fin de mois de mai caniculaire, l’un des derniers rendez-vous de sa saison. Salle comble pour cette pièce construite autour du « solo de piano le plus célèbre de tous les temps » : le Köln Concert de Keith Jarrett. Pourtant, c’est d’abord [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de la fournaise aixoise, le Pavillon Noir accueillait, en cette fin de mois de mai caniculaire, l’un des derniers rendez-vous de sa saison. Salle comble pour cette pièce construite autour du « <em>solo de piano le plus célèbre de tous les temps</em> » : le Köln Concert de Keith Jarrett. Pourtant, c’est d’abord une voix féminine qui ouvre la soirée, celle de la chanteuse canadienne Joni Mitchell, comme une invitation à pénétrer un espace de mémoire avant que les premières notes du concert ne viennent envahir le plateau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est <strong>Trajal Harrell</strong> lui-même qui accueille le public et initie la performance. Sur scène, les interprètes sont assis sur de simples bancs, blancs et noirs, hommes et femmes ensemble, traversés d’émotions mouvantes et contradictoires. Puis vient le défilé, porté par la musique de Joni Mitchell. Habillés de tissus soigneusement choisis par le chorégraphe, les danseurs transforment peu à peu le plateau en un catwalk sensible et mouvant. La gestuelle singulière de chacun affirme des présences autonomes oscillant entre vulnérabilité et puissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une seconde partie, les danseurs vêtus de noir semblent surgir d’un espace suspendu entre rêve et réminiscence. On pleure, on rit sur ce plateau, parce qu’il est ici question de notre humanité commune. Depuis plusieurs années, le chorégraphe explore le corps comme réceptacle de mémoire et terrain de spéculation historique. Figure majeure de la danse contemporaine internationale, invité dans la Cour d’honneur du Festival d’Avignon en 2023, il s’est imposé en faisant dialoguer deux histoires que tout semblait opposer : le voguing né dans les ballrooms queer new-yorkaises et la postmodern dance américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette nouvelle création, Trajal Harrell poursuit son travail de tissage esthétique et historique en y intégrant des influences du butō japonais et des premières formes de danse moderne. Une danse d’apparition et de disparition, d’une élégance rare, qui laisse le spectateur dans un état de suspension bien après la fin du spectacle. Pari réussi pour un chorégraphe qui confie : «&nbsp;Je ne sais pas comment faire une danse, je commence et je recommence.&nbsp;» On retrouvera Trajal Harrell au Festival d’Avignon 2026 du 22 au 24 juillet, au Cloître des Carmes.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br> Spectacle donné le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 28 mai </mark>au <a href="https://preljocaj.org/pavillon-noir/" type="link" id="https://preljocaj.org/pavillon-noir/">Pavillon Noir</a>, Aix-en-Provence.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>Au Pavillon Noir, Armin Hokmi dit adieu au langage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 07:25:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2024 au festival Montpellier Danse, Shiraz d’Armin Hokmi poursuit depuis sa circulation sur les scènes françaises&#160;: du Théâtre des Abbesses en mars à Paris jusqu’au Pavillon Noir d’Aix-en-Provence. Une trajectoire déjà bien installée pour une œuvre dont la radicalité formelle ne laisse pas indifférent. Sur scène, sept interprètes évoluent dans une synchronisation rigoureuse, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Créée en 2024 au festival <em>Montpellier Danse</em>, <em>Shiraz</em> d’<strong>Armin Hokmi </strong>poursuit depuis sa circulation sur les scènes françaises&nbsp;: du Théâtre des Abbesses en mars à Paris jusqu’au Pavillon Noir d’Aix-en-Provence. Une trajectoire déjà bien installée pour une œuvre dont la radicalité formelle ne laisse pas indifférent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur scène, sept interprètes évoluent dans une synchronisation rigoureuse, portés par une trame sonore répétitive. Le vocabulaire est restreint : une main levée devant le visage, des oscillations du bassin, des pas chassés à peine esquissés en chaussures de sport, un travail fin des épaules et des lignes. Tout semble tenu, contrôlé, réduit à une économie du geste poussée à l’extrême.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inspiré du <em>Festival de Shiraz-Persépolis</em>, espace de circulation des formes et des influences qui s’est tenu de 1967 à son interdiction par le régime islamiste en 1977, Armin Hokmi ne cherche pas à en reconstituer la mémoire exacte, mais à en capter les traces.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Se défier de l’élan</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La maîtrise est indéniable. Faire tenir un groupe dans une telle précision, maintenir l’unisson dans la durée, produire une forme de communauté à partir d’un matériau aussi minimal relève d’une véritable technicité. Mais à force de retenir le mouvement, <em>Shiraz</em> semble en suspendre l’élan même. La répétition, au lieu d’intensifier la présence, finit par neutraliser ce qui pourrait advenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a, dans cette esthétique de l’infiniment petit – très présente sur nos scènes aujourd’hui – une forme de radicalité. Mais aussi, peut-être, les signes d’un nouvel académisme. Et, possiblement, un aveu plus ambigu : celui d’un renoncement à relancer le mouvement, à risquer l’expansion, le débordement, la perte. Comme si, derrière la danse, affleurait une forme plus large de désertion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les motifs empruntés à des imaginaires chorégraphiques orientaux – travail des hanches, des épaules, finesse des appuis – sont ici stylisés, abstraits, retenus. Là encore, tout est en place, mais rien ne déborde. La circulation des influences, pourtant au cœur du projet, semble contenue, empêchée d’atteindre une véritable puissance de transformation. En cherchant une langue du geste épurée, Armin Hokmi touche à une forme de silence – au risque que ce silence devienne celui d’une danse qui, à force de se réduire, refuse de se déployer.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br>Le spectacle a été joué le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 28 avril</mark> au <a href="https://preljocaj.org/pavillon-noir/" type="link" id="https://preljocaj.org/pavillon-noir/">Pavillon Noir</a>, Aix-en-Provence.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/critiques/on-y-etait/">On y était</a></p>
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		<title>Géographies du commun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 14:48:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Née d’une rencontre entre les danseurs de Via Katlehong et ceux de la Cia Gente sur le parvis du Théâtre de Tremblay-en-France, tamUjUntU conserve de son origine une qualité d’élan précieuse. Le chorégraphe brésilien Paulo Azevedo, fondateur de la Cia Gente, prolonge cette impulsion initiale en élaborant une pièce qui fait de la complicité et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Née d’une rencontre entre les danseurs de <strong>Via Katlehong</strong> et ceux de la <strong>Cia Gente</strong> sur le parvis du Théâtre de Tremblay-en-France, <em>tamUjUntU</em> conserve de son origine une qualité d’élan précieuse. Le chorégraphe brésilien <strong>Paulo Azevedo</strong>, fondateur de la Cia Gente, prolonge cette impulsion initiale en élaborant une pièce qui fait de la complicité et de l’entente un principe d’écriture autant qu’un horizon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réunissant des interprètes venus d’Afrique du Sud et du Brésil, la pièce ne repose pas sur une juxtaposition de styles mais sur une mise en relation de gestes situés. Le <em>pantsula,</em> ancré dans l’histoire des townships sud-africains, dialogue avec des pratiques urbaines brésiliennes, sans que l’un ne prenne le pas sur l’autre. Le hip-hop cher à Paulo Azevedo affleure, bien sûr, mais sans saturer l’espace ni réduire la diversité des langages.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Récits en partage</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue alors tient moins d’une démonstration que d’une circulation. L’ensemble privilégie l’élan, le rythme, mais aussi une précision du geste qui inscrit la pièce dans une écriture rigoureuse, presque contenue. Quelques motifs et échanges esquissent des formes de narration : une main retournée à la Beyoncé, un micro mimé «&nbsp;à l’américaine&nbsp;», une station debout bras en l’air évoquant davantage un trajet en bus qu’une manifestation collective. Ces fragments n’organisent pas un récit linéaire mais ouvrent des pistes, des situations, des manières d’habiter l’espace ensemble. On pourrait souhaiter une appropriation plus marquée du plateau ou un travail de lumière accentuant les ruptures ; la pièce trouve cependant sa cohérence dans ce choix d’une géographie à ciel ouvert.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br>tamUjUntU aété dansé le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">28 mars</mark> au Théâtre de l’Olivier (Istres), les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">31 mars</mark> et <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1er avril </mark>au <a href="https://www.theatredurance.fr/" type="link" id="https://www.theatredurance.fr/">Théâtre Durance</a> (Château-Arnoux-Saint-Auban), le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">4 avril</mark> au <a href="https://www.theatresendracenie.com/" type="link" id="https://www.theatresendracenie.com/">Théâtre de l’Esplanade </a>(Draguignan) et les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 et 8 avril </mark>au <a href="https://preljocaj.org/pavillon-noir/">Pavillon Noir</a> (Aix-en-Provence).</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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		<title>Shiraz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Carla Lorang]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 09:03:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Des danseur·euses du monde entier ont répondu à l’appel du chorégraphe iranien Armin Hokmi. Pour sa première œuvre collective, l’artiste propose une plongée hypnotisante au cœur d’un geste continu. Inspiré par l’atmosphère artistique du Festival des Arts de Chiraz – événement artistique majeur qui s’est tenu tous les étés de 1967 à 1977 en Iran [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Des danseur·euses du monde entier ont répondu à l’appel du chorégraphe iranien Armin Hokmi. Pour sa première œuvre collective, l’artiste propose une plongée hypnotisante au cœur d’un geste continu. Inspiré par l’atmosphère artistique du Festival des Arts de Chiraz – événement artistique majeur qui s’est tenu tous les étés de 1967 à 1977 en Iran – le chorégraphe promet un tableau dansé fait d’oscillations et de vibrations en tout genre. Main devant le visage, geste répétitif, les corps remuent dans un mouvement minimal, quasi ininterrompu. Entre archives, souvenirs et création, <em>Shiraz</em> promet de faire émerger une danse à la fois mémorielle et contemporaine. Une œuvre qui célèbre la création, la danse et le collectif.</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>C.L.</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">28 avril<strong><br></strong></mark><strong><a href="https://preljocaj.org/pavillon-noir/" type="link" id="https://preljocaj.org/pavillon-noir/">Pavillon Noir</a></strong>,Aix en Provence</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Pour trouver plus d’articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes ici</a></p>
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		<title>Le Ballet Junior voit grand</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 08:52:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la très attendue venue du Ballet Junior de l’Opéra de Paris, organisée par le Pavillon Noir au Grand Théâtre de Provence , d’autres formations se sont retrouvées à Aix-en-Provence pour prolonger ce temps fort dans une programmation dense. Avec Near Life Experience, le Ballet Preljocaj Junior propose une version resserrée de la pièce créée [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Après la très attendue venue du Ballet Junior de l’Opéra de Paris, organisée par le Pavillon Noir au Grand Théâtre de Provence , d’autres formations se sont retrouvées à Aix-en-Provence pour prolonger ce temps fort dans une programmation dense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Near Life Experience,</em> le Ballet Preljocaj Junior propose une version resserrée de la pièce créée par Angelin Preljocaj en 2003. Sur la musique d’Air, dont la patine accentue aujourd’hui les harmonies et textures, la chorégraphie explore des états-limites, entre transe et perte de contrôle. Le mouvement se fragmente, se suspend, se réorganise dans une physicalité instable. Les costumes, plus datés, restent en retrait sans altérer l’ensemble. Les danseurs traversent ces états contrastés avec une maturité de jeu qui s’inscrit pleinement dans cette écriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme réunissant la <strong>Royal Danish Ballet School</strong>, le <strong>Cannes Jeune Ballet Rosella Hightower</strong> et le <strong>Ballet Junior de Bavière</strong> fait se succéder trois registres. Le pas-de deux extrait de <em>Kermesse in Bruges</em> d’Auguste Bournonville, créé en 1851 et interprété par <strong>Emma Larsen</strong> et<strong> Bertil Ulnitz</strong> déploie un vocabulaire académique clair, touchant dans sa simplicité, porté par une radiance et une joie manifestes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Élans et langage</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste avec <em>Devil’s Kitchen</em> de <strong>Marco Goecke</strong>, créé l’an dernier, sera flagrant sur le choix de costume – un cuir assez SM succédant en fin de spectacle au justaucorps et tutus – mais moins sur le travail des corps. Sur des musiques de Pink Floyd, <strong>le Ballet Junior de Bavière</strong> bascule vers un registre expressionniste, animé et ludique. La physicalité s’intensifie, les échanges se chargent d’une animalité presque cartoonesque, traversée d’humour. Les corps, très formés au classique, s’engagent dans un autre rapport au mouvement, avec une liberté visible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Soudainement, ici</em> de <strong>Rubén Julliard</strong>, créé en novembre 2025 pour le <strong>Cannes Jeune Ballet Rosella Hightower</strong>, l’écriture se construit autour du lien. Les corps se rassemblent, se soutiennent, circulent dans une matière fluide qui repose sur l’alchimie entre les interprètes et leur désir de faire corps. Deux jours plus tard, cet élan proche à la jeunesse se fera tout aussi prégnant chez le<strong> Junior Ballet de l’Opéra de Norvège</strong>, où la chorégraphie, physique, exigeante et inventive d’<strong>Alan Lucien Øyen </strong>épouse les danseurs et les accompagne sans les contraindre, dans une continuité souple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce proposée par la <strong>Formation Coline</strong> resserre l’écriture autour de l’infime. Le geste travaille l’imitation, la proximité, la concordance. Cette recherche, désormais familière, trouve ici une interprétation précise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la pièce d’<strong>Ohad Naharin</strong>, interprétée par <strong>IT Dansa</strong>, un déplacement s’opère. L’écriture engage des corps déliés, capables de se réinventer dans une intensité physique constante. L’abattement du quatrième mur se déploie avec générosité, tandis que des passages sur Vivaldi et le chant de Pessah installent une gravité plus intérieure. La pièce propose, en miroir avec la pièce de Preljocaj dont elle quasiment contemporaine, une relecture de la gestique classique, déplacée et renouvelée.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br> Les spectacles ont été présentés du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">11 au 17 mars</mark> au<a href="https://preljocaj.org/pavillon-noir/" type="link" id="https://preljocaj.org/pavillon-noir/"> Pavillon Noir,</a> Aix-en-Provence.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était </em>ici</a></p>
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		<title>Rencontres des Ballets Junior Européens</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 13:26:30 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Ballet Junior de Bavière]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après une ouverture tout en éclat [le Junior Ballet de l’Opéra de Paris lire ici],les rencontres organisées par le Ballet Preljocaj se poursuivent sur une deuxième édition particulièrement riche et alléchante au Pavillon Noir. Du 11 au 15 mars, six représentations de Near Life Experience, pièce d’Angelin Preljocaj créée en 2003 sur l’envoûtante musique du [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Après une ouverture tout en éclat [<a href="https://journalzebuline.fr/danser-la-releve/"><em>le Junior Ballet de l’Opéra de Paris</em> lire ici</a>],les rencontres organisées par le Ballet Preljocaj se poursuivent sur une deuxième édition particulièrement riche et alléchante au Pavillon Noir. Du 11 au 15 mars, six représentations de <em>Near Life Experience, </em>pièce d’Angelin Preljocaj créée en 2003 sur l’envoûtante musique du groupe Air, sera reprise par le Ballet Preljocaj Junior. Le 17 mars, le Royal Danish Ballet School, le Cannes Jeunes Ballet Rosella Hightower et le Ballet Junior de Bavière unissent leurs forces autour d’un extrait de la <em>Kermesse in Bruges </em>d’Auguste Bournonville, d’une création de Rubén Julliard – <em>Soudainement, ici – </em>puis d’une récente création de Margo Goecke, <em>Devil’s Kitchen</em>. Le 19 mars, le Junior Ballet de l’Opéra de Norvège avec <em>Youth</em>, création d’Alan Lucien Øyen, <em>Inked</em>, pièce d’Arno Schuitemaker interprétée par la formation Coline, et <em>Minus 16</em>, pièce d’Ohad Naharin reprise par IT Dansa, Jove Companyia de l&rsquo;Institut del Teatre. L’occasion de (re)découvrir des pièces contemporaines portées par la fougue et la douceur de la génération de demain. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>S.C.</em></p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 19 mars</mark><br><strong>Pavillon Noir</strong>, Aix-en-Provence</pre>
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		<title>« Une fleur bleue qu’on trempe dans de l’acide »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 11:03:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Effectuer la transmutation, devenir une autre, plus forte, tellement plus forte, cuirasse épaisse ». Marina Otero a-t-elle lu ces mots de Chloé Delaume ? Ce que l’écriture et l’autofiction font du trouble borderline &#8211; et inversement &#8211; est au cœur de Kill Me et de sa savante composition : confession, rôle, stratégie, preuve, tout [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« Effectuer la transmutation, devenir une autre, plus forte, tellement plus forte, cuirasse épaisse ». <strong>Marina Otero</strong> a-t-elle lu ces mots de Chloé Delaume ? Ce que l’écriture et l’autofiction font du trouble borderline &#8211; et inversement &#8211; est au cœur de <em>Kill Me </em>et de sa savante composition : confession, rôle, stratégie, preuve, tout se contamine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Perruques rousses, talons crème sur corps dénudés, flingues : Sarah Connor a pris quelques couleurs. Otero la convoque comme mythe de femme « ultra-forte ». Mais la musique empruntée à <em>Terminator 2</em> &#8211; on le sait &#8211; n’est pas celle des robots : elle appartient à l’asile, à la fuite, au récit paranoïaque disqualifié &#8211; et pourtant avéré. Impasse passionnante : la puissance est brandie, l’enfermement gommé, la pop tient ici lieu d’armure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre fantôme arrive : Vaslav Nijinsky. <strong>Tomás Pozzi,</strong> double petit, rond, dégarni et grotesque, parle noir, jusqu’à lâcher l’inceste, puis à l’abandonner. Blessure-source possible du borderline, l’aveu reste sans reprise : qui parle de qui, et à quel titre ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>« N’est pas fou qui veut</strong> <strong>»</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit émerge d’un chœur borderline, à l’exception de <strong>Javiera Paz</strong>, fille de psychanalystes lacaniens, dont la fragilité affleure sous l’humour. Et, en dessous, Delaume encore : « La faille ne se referme pas, quelle que soit la façon dont on la remplit de terre. La faille ne se referme pas, ne se referme jamais. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le spectacle rebondit de l’une à l’autre, mais il n’est jamais décousu : il compose la dérive. L’écriture, très travaillée, organise l’induction sans fin qu’on appelle folie. Et l’élan vital finit par noyer le pessimisme &#8211; porté par le courage et le talent considérables des interprètes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ana Cotoré</strong> insulte ainsi avec délice Elton John pour une sombre histoire de droits refusés : <em>Candle in the Wind</em>, ode à Marilyn Monroe et Lady Di, deux autres figures blessées, trop « royales » pour un spectacle aussi trash. On bascule sur <em>Angels</em> de Robbie Williams : même plan tonal, mêmes fragilités identitaires. Et l’occasion pour Javiera Paz d’arpenter la scène affublée de patins à roulettes et d’ailes en plume blanche.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Natalia Lopéz Godoy</strong> se livre elle aussi avec émotion, monte sur pointes, tyrannise un Nijinsky trop frêle pour ses portés. <strong>Myriam Henne-Adda</strong> danse, pianote avec fougue et délicatesse, chante live &#8211; Une femme amoureuse &#8211; et convoque Édith Piaf de sa voix remarquablement charpentée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est, une fois de plus, une histoire bien connue qui se dessine : celle « d’une fleur bleue qu’on trempe dans l’acide » &#8211; Chloé Delaume, dont les mots résonnent encore.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br>Kill Me a été joué le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">6 février</mark> au Pavillon Noir, Aix-en-Provence et le 10 février au Théâtre des Salins, Martigues<br><br>Prochaine date : <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 février</mark>, La Garance, Cavaillon dans le cade des Hivernales</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Marina Otero : Ce qu’elle appelle mémoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 11:10:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la lignée – plus pop et entraînante – d’Angélica Liddell, la chorégraphe Marina Otero creuse depuis 2020 un sillon passionnant, où les ambiguïtés de l’autofiction se heurtent à un rapport radical au corps et à la douleur. Troisième volet de son projet autofictionnel Recordar para vivir (se rappeler pour vivre), Kill me interroge une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans la lignée – plus pop et entraînante – d’Angélica Liddell, la chorégraphe <strong>Marina Otero </strong>creuse depuis 2020 un sillon passionnant, où les ambiguïtés de l’autofiction se heurtent à un rapport radical au corps et à la douleur. Troisième volet de son projet autofictionnel <em>Recordar para vivir </em>(se rappeler pour vivre), <em>Kill me </em>interroge une fois de plus, après <em>Fuck me </em>et le seule en scène <em>Love me</em>, la folie amoureuse, la crise intime et les lignes de fracture entre sincérité et performance. Sur scène, vidéos, témoignages, mouvements et retournements s’enchaînent pour donner vie à un alter ego dont les pulsions suicidaires n’ont jamais été aussi criantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Sincérité toute nue</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois de plus, la danseuse et chorégraphe s’incarne sur scène sans concession. Le récit débute sur un nouveau diagnostic psychiatrique, tombant comme un couperet&nbsp;: un trouble borderline. Les trois danseuses et la musicienne qui se joindront ensuite à elle – <strong>Ana Cotoré</strong>,<strong> Myriam Henne-Adda</strong>,<strong> Natalia Lopéz Godoy</strong>,<strong> Javiera Paz </strong>–, en souffrent également.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tomás Pozzi</strong>, émanation d’un spectre de Nijinsky, est quant à lui atteint de schizophrénie. La mise à nu se fait ici aussi bien littérale que psychologique, dans un dispositif où les corps deviennent à la fois surfaces de projection, preuves vivantes et champs de bataille. Et la fragilité de se faire, plus que jamais, une inépuisable matière chorégraphique.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br><strong>Kill me, Marina Otero</strong><br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">6 février</mark><br><a href="https://preljocaj.org/pavillon-noir/" type="link" id="https://preljocaj.org/pavillon-noir/">Pavillon Noir</a>, Aix-en-Provence<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">10 février</mark><br><a href="https://les-salins.net/" type="link" id="https://les-salins.net/">Les Salins</a>, Scène nationale de Martigues<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 février<br></mark><a href="https://www.hivernales-avignon.com/" type="link" id="https://www.hivernales-avignon.com/">Les Hivernales</a>, CDCN Avignon</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles&nbsp;<a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em>&nbsp;ici</a></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="432" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=696%2C432&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-134599" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=1024%2C636&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=300%2C186&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=768%2C477&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=1536%2C955&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=150%2C93&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=696%2C433&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=1068%2C664&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=1920%2C1193&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=676%2C420&amp;ssl=1 676w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?resize=356%2C220&amp;ssl=1 356w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?w=1931&amp;ssl=1 1931w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/02/1-marina_otero_credit_sofia_alazraki.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Kill Me, Marina Otero © Sofia Alazraki</figcaption></figure>
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		<title>Faire corps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 09:32:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>D’emblée, le dernier né de Balkis Moutashar frappe juste. Une très belle ouverture : chaque interprète se succède, porte un geste, et repart. Ce geste inaugural, comme posé avec soin, contient en germe la pièce entière : l’idée que chaque corps arrive chargé d’histoires, de techniques, de pratiques, de désirs. On n’arrive jamais les mains [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">D’emblée, le dernier né de <strong>Balkis Moutashar </strong>frappe juste. Une très belle ouverture : chaque interprète se succède, porte un geste, et repart. Ce geste inaugural, comme posé avec soin, contient en germe la pièce entière : l’idée que chaque corps arrive chargé d’histoires, de techniques, de pratiques, de désirs. On n’arrive jamais les mains vides.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> Sur le plateau, les douze interprètes font apparaître, par touches successives, les danses qui les traversent : le classique affleure dans une batterie, un entrechat ; le contemporain s’inscrit dans un visage, une présence ; l’autodidaxie se reconnaît à une liberté du mouvement ; la gymnastique et le modern jazz surgissent dans une attitude ou un déhanché ; le hip-hop dans un shoulder freeze ; le voguing, l’électro, le jay-setting dans des balancés outrés, le geste iconique de la main emprunté à Beyoncé. Rien n’est hiérarchisé. Tout circule.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">D’une voix à l’autre</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu, un dialogue se noue. Des unissons apparaissent, sur un morceau de 50 Cent qui emmène les pas attendus de danse urbaine vers un ailleurs. Les pas hip-hop revisités laissent la place à des formes plus intimes : solos, duos, compositions collectives où les corps s’écoutent, se répondent, s’accordent sans jamais s’effacer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bande-son, composée par <strong>Reno Vellard</strong>, joue un rôle essentiel. On y entend des témoignages des danseuses et danseurs, devenus matière sonore du spectacle. Rarement la voix entendue est celle du corps qui danse&nbsp;; et c’est précisément là que se joue quelque chose de fort : un déplacement, une mise en relation, un éloge de l’échange.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Balkis Moutashar affirme une égalité radicale entre les danses – avec, peut-être, un léger penchant pour l’électro, dont l’énergie collective emporte la fin sur <em>Freed from Desire</em>. La danse serait-elle devenue l’art le plus rassembleur ? La question affleure. Le plateau répond par la joie, le partage… et les paillettes.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br><em>Nous n’arrivons pas les mains vides </em>a été joué le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 22 janvier </mark>au Pavillon Noir à Aix-en-Provence.</pre>



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		<title>Balkis Moutashar questionne la jeunesse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 08:48:09 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">À quelques jours de sa première et forte de plusieurs mois de résidence et de répétitions, <strong>Balkis Moutashar</strong> présente <em>Nous n’arrivons pas les mains </em><em>vides</em>, pièce pour douze jeunes interprètes qui sera jouée le 22 janvier au Pavillon Noir, et le 24 à Klap – Maison pour la danse. C’est d’ailleurs dans cette même salle marseillaise que le projet est né il y a six ans, quand la chorégraphe a été amenée à travailler avec des jeunes danseurs en fin de formation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> À ce moment-là, j’avais imaginé un protocole qui tient à la fois de l’enquête et de la composition. Je leur ai posé des questions simples&nbsp;: la première fois qu’ils ont dansé, la première fois qu’ils sont montés sur scène… et je leur ai demandé d’y répondre par le mouvement</em> », explique la chorégraphe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Rencontres de prototypes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que d’imposer un vocabulaire unique, Balkis Moutashar a rassemblé des danseurs aux parcours très divers : certains ont suivi des formations institutionnelles, d’autres ont appris en dehors de ces cadres, dans des pratiques variées comme le hip-hop ou la danse électro. « <em>Je voulais un groupe presque sociologiquement représentatif des jeunes danseurs et danseuses d’aujourd’hui, avec leurs propres histoires corporelles, sociales et culturelles.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les douze interprètes, tous au début de leur parcours professionnel, viennent ainsi d’horizons variés : écoles supérieures, autodidaxie, danse contemporaine, classique, hip-hop ou électro. Certains ont commencé très jeunes au conservatoire, d’autres ailleurs, parfois « <em>sur la plage&nbsp;!</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son travail de composition s’appuie sur cette hétérogénéité : «&nbsp;<em>Ce qui m’intéresse, c’est qu’ils fassent groupe et que tout le monde fasse tout. Que chacun soit, à certains endroits, extrêmement brillant, et à d’autres presque vulnérable. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la chorégraphe qui, depuis son parcours de danseuse, navigue entre les genres et les disciplines, cette création est aussi une manière d’interroger ce que signifie faire groupe sans effacer les singularités. Attachée de longue date aux questions de diversité sociale, culturelle et stylistique, Balkis Moutashar inscrit cette création dans une réflexion plus large sur la rencontre. « <em>Ce spectacle parle de rencontre. Ce sont des rencontres d’histoires les unes avec les autres</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">ChoreograpHER au Pavillon Noir</mark><br><br>Cette semaine, deux chorégraphes sont également invitées au Pavillon Noir, dans le cadre de son cycle ChoreograpHER. La chorégraphe chilienne Marcela Santander Corvalán propose le 23 janvier une plongée dans l’élément aquatique avec Agwuas. Inspirée par des rituels et instruments liés à l’eau, la pièce explore les notions de flux, de mémoire et de résonance, dans une relation étroite entre geste, voix et matière sonore.<br><br>Solène Wachter présente quant à elle le 26 janvier une soirée en deux volets, For you / not for you et Logbook, qui interrogent la place du regard et la fabrication du spectacle. Jeux de points de vue, écriture fragmentée, adresses directes au public : deux pièces qui brouillent les cadres habituels de la représentation et revendiquent une danse proche de la performance, consciente de ses propres dispositifs. S.CA.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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