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	<title>Archives des Philippe Ariagno - Journal Zebuline</title>
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		<title>Ouste à l’air !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julie Bordenave]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 May 2024 09:00:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Comme à chaque édition, <em>Toustes dehors (enfin) !</em> a cherché l’emplacement le plus adapté à chaque proposition, sélectionnée parmi le meilleur du spectacle vivant en extérieur. Pour cette 11e édition, les spectateurs sont cueillis dès 7h du matin au Parc Galleron, le long de la rivière Luye, à deux encablures du centre-ville de Gap. Un petit écrin verdoyant apte à tendre l’oreille à une saga familiale intimiste, dans seul en scène campé par <strong>Laurent Eyraud-Chaume</strong>, de la compagnie veynoise du <strong>Pas de l’oiseau,</strong> qui clôt avec cette date une tournée entamée à vélo depuis Nice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le festival envahit ensuite les ruelles de la vieille ville et irrigue jusqu’au Parc de la Pépinière,&nbsp; dont l’espace convivialité se renforce cette année, avec des animations jusqu’à 2h du matin (concerts, DJ, bar, foodtrucks…). Parmi les 16 propositions pluridisciplinaires, le théâtre se fait ludique et engagé, via des performances solo campées à la force du poignet. Le charismatique <strong>Brice Lagenèbre</strong> retrace en paroles et actions les luttes homosexuelles depuis les années 60, dans un déambulatoire à mi-chemin entre manif et documentaire (<em>Le Pédé</em>, collectif <strong>Jeanine Machine</strong>). Habituée du festival, <strong>Maëlle Mays</strong> délivre pour sa part de nouvelles <em>Leçons impertinentes de Zou</em>, en duo cette fois avec deux comédiens provisoirement échappés du <strong>Muerto Coco</strong>, pour nous entretenir de la temporalité avec <strong>Maxime Potard</strong> et du rire avec <strong>Coline Trouvé</strong>. <strong>Martin Petitguyot</strong>, émérite comédien de rue, relit quant à lui le mythe <em>Molière !</em>, retraçant la vie du plus fantasmé des metteurs en scène dans une fausse conférence pleine de panache. Quant au geste, il s’invite au milieu du public, qu’il soit dansé (duo de <strong>La Méandre</strong>,mêlant sévillane et électro), circassien (fil tendu entre les spectateurs pour du micro funambulisme avec <strong>La Fauve</strong>), sportif (freestyle sur ballon de football avec Paul Molina, ancien champion du monde ; cirque et parkour avec <strong>Said Mouhssine</strong>).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Grâce suspendue</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus grandes formes s’échappent du centre ville pour des moments collectifs, tels <strong>Les Urbaindigènes</strong> et leur chantier circassien faussement participatif revisitant l’histoire de l’architecture. Entre chien et loup, c’est un moment littéralement suspendu qui nous est offert avec <em>Ourse</em> de <strong>Bélé Bélé</strong> : une troublante et fascinante ode à la beauté, dans laquelle le talent de <strong>Sophie Deck</strong> &#8211; son goût pour les accessoires incongrus et son irrésistible touche de fantaisie teintée de gravité &#8211; éclatent une fois de plus. De lunaires ours en peluches, des panoplies évolutives et 4 comédiennes nous enchantent via une succession de tableaux oniriques, envoûtants et d’une mélancolique tendresse, à la tombée de la nuit… De ces spectacles qui s’incrustent durablement en nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, deux créations s’invitent dans cette 11<sup>e</sup> édition. <em>Failles</em> de <strong>La Féroce</strong>, dans lequel <strong>Laurette Gougeon</strong> laisse éclater son amour des cîmes. Après un 1<sup>e</sup> volet solo &#8211; présenté à Marseille à l&rsquo;orée des calanques en février 2023 -, la circassienne s’adjoint cette fois les services du metteur en scène<strong> Loïc Leviel</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre première accueillie durant le festival : celle de <em>Tempête</em> du <strong>Collectif du prélude</strong>, une mise en abyme du classique de Shakespeare, dans laquelle s’entrecroisent l’histoire de deux naufrages. Cet accueil est emblématique de l’engagement de La Passerelle en faveur des spectacles en&nbsp; espace public, une démarche que son directeur <strong>Philippe Ariagno,</strong> sur le départ pour d’autres fonctions dès la rentrée prochaine, a eu à cœur de développer au long des 12 ans passés à la tête de la scène nationale : accompagnement en résidence et en coproduction, volet saisonnier <em>Curieux de nature</em>, noyau dur de partenaires privés devenus complices de l’événement, les Mécènes des cîmes… Gageons que son action perdurera, et que nous retrouverons une 12<sup>e</sup> &nbsp;édition du festival l’an prochain!</p>



<p class="wp-block-paragraph">JULIE BORDENAVE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Toustes dehors (enfin) !</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">du 31 mai au 2 juin</mark><br>Scène Nationale la Passerelle, Gap</pre>
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		<title>Une Passerelle éprise de nature </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julie Bordenave]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Sep 2023 07:33:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Le dispositif Curieux de Nature, qui investit chaque automne un espace naturel différent, franchit un nouveau cap : vous emmenez cette fois vos spectateurs sur l’eau !&#160; Philippe Ariagno. On commence la saison à Savines-le-Lac, avec RicOchets, une balade poétique et musicale au petit matin sur le lac de Serre-Ponçon à bord d’une carline, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Le dispositif <em>Curieux de Nature</em>, qui investit chaque automne un espace naturel différent, franchit un nouveau cap : vous emmenez cette fois vos spectateurs sur l’eau !&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Ariagno.</strong> On commence la saison à Savines-le-Lac, avec <em>RicOchets</em>, une balade poétique et musicale au petit matin sur le lac de Serre-Ponçon à bord d’une carline, un bateau rétro. Nous inaugurons avec ce projet – vraiment particulier et symboliquement fort pour nous, en rapport avec un territoire qu’on apprécie –, un compagnonnage de 3 ans avec <strong>Ottilie [B]</strong>, une chanteuse des Hautes-Alpes qui pratique un magnifique chant diphonique. Plusieurs rendez-vous suivront avec cette compositrice, à l’image de <em>1 + hein ?</em> dès novembre, trois jours de résidence avec <strong>David Lafore</strong>, suivis d’une performance.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nouveauté cette année, vous proposez de longues séries sur certains spectacles.<br></strong>En effet, huit dates pour <em>La saga de Molière</em>, de la compagnie <strong>Les estivants</strong>, une très belle équipe de la région : <strong>Johana Giacardi</strong> s’empare du texte de <strong>Boulgakov</strong>, tout en établissant un parallèle entre une jeune compagnie contemporaine et un Molière qiu rencontrait des difficultés en tournée sur les tréteaux, avant d’être connu. Huit dates sont aussi prévues pour <em>De bonnes raisons</em>, un spectacle de cirque par la compagnie <strong>La Volte</strong> qui aborde le rapport au risque, la nécessaire confiance qu’il induit, ce qui advient lors de la chute éventuelle… Cette programmation est intégrée au parcours des Olympiades culturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette saison est aussi largement féminine !</strong><br>Plus de la moitié des projets est en effet portée par des femmes. Certaines sont des fidèles, telle <strong>Maëlle Mays </strong>qui propose une nouvelle <em>Leçon impertinente de Zou</em>. Une autre révélation : <strong>Leïla Ka</strong>, qui fut danseuse chez <strong>Maguy Marin</strong>. Nous l’accueillons lors de deux soirées, la première autour d’un triptyque qui aborde la notion d’identité, ce qu’on est et qu’on doit être, la frustration de n’être que soi… La deuxième autour de <em>Maldonne,</em> sa nouvelle création. On y retrouve notamment <strong>Jane Fournier Dumet</strong>, une danseuse qui jouait dans le solo <em>Bien parado</em> de <strong>La Méandre</strong>. Au rayon théâtre, <strong>Estelle Savasta </strong>adapte <em>L’endormi</em>, un texte coup de poing de <strong>Sylvain Levey</strong>, étayé du flow de <strong>Marc Nammour</strong>, leader du groupe <strong>La canaille</strong> : de l’excellent rap à hauteur d’enfants, dès 9 ans. Vient ensuite<strong> </strong><em>L’affolement des biches</em>, dans lequel <strong>Marie Levavasseur</strong>, que nous avons accueillie sur toutes ses précédentes créations, se frotte pour la première fois à du spectacle tout public. Avec la douceur et la finesse qu’on lui connaît, elle y aborde la mort, le deuil, la manière de se reconstruire après la disparition de ceux qu’on aime. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ces autrices s’emparent aussi de violents sujets sociétaux.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Notamment avec <em>Le jour où j’aimerais pour la première fois sans toi</em> de la compagnie <strong>Vertiges</strong>, basée à Nice. Après un premier solo de danse aux accents autobiographiques, <strong>Alexandra Cismondi</strong> y raconte l’histoire d’une famille, qui commémore la mort d’une de ses sœurs advenue lors d’un massacre dans un lycée. Il s’agit d’un texte étonnant, qui prend place dans un futur proche plutôt dystopique. C’est très particulier, le langage n’est pas le même pour les générations, qui ont du mal à communiquer entre elles… Une petite bombe, les collégiens et lycéens adorent ! C’est aussi le cas avec <em>Les femmes de barbe bleue</em>, une relecture du conte de Perrault, dans laquelle les femmes assassinées prennent la parole pour évoquer les arcanes du désir féminin, le mécanisme à l’oeuvre dans les relations toxiques, la figure ambigüe&nbsp; du prédateur… Il s’agit de se libérer des modèles archaïques qui gouvernent nos inconscients, de chercher à reprendre le pouvoir sur ses désirs. Le tout est porté au plateau par une belle sororité entre les actrices qui s’entraident et s’écoutent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JULIE BORDENAVE</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>La Passerelle</strong><br>Scène nationale de Gap<br><a href="http://theatre-la-passerelle.eu">theatre-la-passerelle.eu</a></pre>
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		<title>À Gap, la culture à l’air libre </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julie Bordenave]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 May 2023 14:13:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Chaque premier week-end de juin, la scène nationale de La Passerelle sort de ses gonds avec le festival <strong><em>Tous dehors (enfin !)</em></strong>. En 10 ans, le festival s’est assis comme un rendez-vous incontournable de l’espace public à échelle de la région Sud, cultivant ses singularités : une programmation exigeante et populaire, une appétence pour les fantaisies paysagères, et désormais des coproductions. L’intérêt que nourrit <strong>Philippe Ariagno</strong>, son directeur, pour la création hors les murs, s’exprime aussi tout au long de la saison, notamment via le dispositif <em>Curieux de nature</em>, qui offre aux artistes un terrain de jeu dans les Hautes-Alpes environnantes. Durant le festival, c’est le Domaine de Charance qui est investi, cette année avec une balade magique à arpenter à la lampe torche, le soir venu. Dans les rues de Gap et au coeur de son verdoyant parc de la Pépinière, place à un soulèvement poétique d’envergure, la reconstitution <em>live </em>d’un film de haute montagne, du cirque et des parades nuptiales, mais aussi des micro conférences irrésistibles sur le grand tout et surtout le petit rien… Allez ouste, tous dehors !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment s’aborde cette date anniversaire ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Ariagno.</strong> Le festival arrive à sa phase adulte, avec un succès public au rendez-vous. Cette première grande ligne droite a été accomplie brillamment, on ne peut que s’en féliciter ! Mais l’avenir n’est pas aisé à imaginer : c’est une sacrée lutte d’organiser un festival des arts de la rue sans recettes, une gageure de maintenir des propositions gratuites. Il devient vraiment compliqué de continuer à imaginer une saison et un festival de cette ampleur avec des moyens qui stagnent. Or, un festival rural et de montagne, dans une région essentiellement dotée culturellement sur son littoral, ce n’est pas anodin ! Les spectateurs affluent désormais de tous les départements voisins : Bouches-du-Rhône, Drôme, Isère, Savoie… Mais je ne regrette pas d&rsquo;être sorti de mes murs, le festival s’est installé dans les esprits et sur le territoire, c’est une belle récompense. Depuis deux ans, nous programmons aussi des créations de spectacles que nous co-produisons, dont certains ont été accueillis en résidence : cette année, La Méandre, Le Thyase et Micro Focus. Je vais essayer de le faire systématiquement chaque année, au moins sur une création.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels sont les temps forts de cette édition ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Méandre constitue la grande forme fédératrice : un ciné concert grand format, dont les spectateurs peuvent arpenter les décors ! En piste, deux musiciens et un dessinateur – Arthur Delaval, qui proposait sa petite forme <em>Avion papier</em> en 2019. Nous accueillons aussi des compagnies locales : dans le Domaine de Charance, Micro Focus propose une excursion nocturne sensitive et magique, tandis que la compagnie Erdo pose son adaptation des <em>Liaisons dangereuses</em> sur un terrain de sport. Parmi les autres propositions croustillantes : <em>Mythogénie</em>, la création de Maëlle Malys, qui avait présenté en 2021 <em>Les leçons impertinentes de Zou</em>. Cette nouvelle forme de « théâtre imprévisible » explore un registre totalement différent ! Ou encore <em>Taroo</em> de la Compagnie Zid : une petite forme de théâtre quasi invisible qui oscille entre parkour et acrobaties, dans lequel l’artiste franco-marocain Saïd Mouhssine endosse le bleu de travail du balayeur, à qui on demande de laisser la place ! Xavier Machault, leader du groupe Pelouse, propose pour sa part le savoureux entresort <em>Only you</em> : une chanson d’amour chantée droit dans les yeux d’un seul spectateur, en tête à tête dans une boîte ! Cette année, nous tenons aussi une guinguette, autour du kiosque du parc de la Pépinière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">JULIE BORDENAVE</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Tous dehors (enfin !)</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 2 au 4 juin<br></mark>Divers lieux, Gap<br><a href="http://theatre-la-passerelle.eu">theatre-la-passerelle.eu</a></pre>
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