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	<title>Archives des photographies - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des photographies - Journal Zebuline</title>
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		<title>Dans le champ de Battaglia </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 10:00:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Chapelle Saint-Martin-du-Méjan]]></category>
		<category><![CDATA[Letizia Battaglia]]></category>
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		<category><![CDATA[Rencontres d&#039;Arles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une exposition où l’on pourrait s’arrêter des heures sur chaque photo. Elles sont une bonne centaine, mais elles ont toutes un geste, un regard, une force, un discours. À la chapelle Saint-Martin-du-Méjan, les&#160;Rencontres&#160;proposent une grande rétrospective de l’œuvre de&#160;Letizia Battaglia, photojournaliste italienne engagée,&#160;prix Eugene Smith 1985,&#160;connue pour son travail sur la mafia dans les [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est une exposition où l’on pourrait s’arrêter des heures sur chaque photo. Elles sont une bonne centaine, mais elles ont toutes un geste, un regard, une force, un discours. À la chapelle Saint-Martin-du-Méjan, les<em>&nbsp;Rencontres</em>&nbsp;proposent une grande rétrospective de l’œuvre de&nbsp;<strong>Letizia Battaglia</strong>, photojournaliste italienne engagée,&nbsp;prix Eugene Smith 1985,&nbsp;connue pour son travail sur la mafia dans les années 1970 en Sicile.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La magie des rétrospectives est souvent de&nbsp;faire&nbsp;voir l’évolution d’un artiste&nbsp;: ses débuts, ses éclats, parfois son déclin. Mais avec Letizia Battaglia, rien ne bouge.&nbsp;Ou&nbsp;peut-être est-ce la société qui ne bouge pas. Car à travers son objectif, c’est&nbsp;la réalité la plus crue qu’elle saisit.&nbsp;«<em>&nbsp;La photographie devient, ou plutôt elle est la vie racontée&nbsp;: je me glisse dans une photographie qui est le monde, c’est à dire que je deviens le monde et que le monde devient moi.</em>&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition s’attache&nbsp;donc&nbsp;à retracer chronologiquement le parcours de l’artiste italienne. Il y a ses débuts dans la presse à Milan, où on lui confiait les sujets de mœurs, puis son retour dans son île natale&nbsp;où elle travaillera jusqu’en 1988 pour le quotidien&nbsp;<em>L’</em><em>Ora</em>.&nbsp;Dans ce journal&nbsp;engagé&nbsp;à gauche, sa photo est à la fois politique et documentaire. Elle montre la réalité des crimes mafieux&nbsp;: les corps assassinés, les mères pleurant leurs enfants, ou le regard d’une jeune fille derrière un corbillard. Et puisque la misère est le terreau de la mafia, on voit aussi ces enfants sous alimentés, ou le doigt de ce bébé rongé par un rat.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Réalité surréaliste </mark></strong></h3>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="461" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=696%2C461&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-131260" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?w=920&amp;ssl=1 920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=300%2C199&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=768%2C509&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=150%2C99&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=696%2C461&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=633%2C420&amp;ssl=1 633w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© <strong>Letizia Battaglia</strong></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sa photo&nbsp;est aussi sociale, quand elle s’immisce dans une veillée&nbsp;funèbre, à la lueur de bougies, ou qu’elle suit&nbsp;les grandes manifestations religieuses siciliennes.&nbsp;Elle est même surréaliste, quand on voit cette colombe fendre la foule et se diriger vers deux garçons, ou ces enfants jouant avec les armes factices que leur offrent leurs parents.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes ces photos, aux contrastes marqués, témoignent d’une époque qui n’est certainement pas révolue, en Sicile comme ailleurs. Il y a quelques jours à Nîmes, un jeune de 19 ans&nbsp;a ététorturé et&nbsp;assassiné par une bande de narcotrafiquants rivale. Le 11 novembre 1970, au lendemain de la mort du général de Gaulle, un même crime sordide était commis&nbsp;non loin de-là&nbsp;dans le Gard&nbsp;: «&nbsp;<em>Deux cadavres atrocement mutilés ont été découverts hier près d’</em><em>Orthoux</em><em>. Les premiers éléments de l’enquête laissent présager qu’il s’agirait d’un règlement de comptes</em>&nbsp;», expliquait alors le journal&nbsp;<em>La Marseillaise</em>. La réalité de Letizia Battaglia est d’une intemporalité glaçante.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">NICOLAS SANTUCCI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Letizia Battaglia</em></strong><br><strong><em>J’ai toujours cherché la vie</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 5 octobre</mark><br>Chapelle Saint-Martin-du-Méjan</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/arts-visuels/">Arts-Visuels ici</a></p>
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		<title>Shooting de monde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 09:01:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Arles]]></category>
		<category><![CDATA[Claudia Andujar]]></category>
		<category><![CDATA[Laurence Kubski]]></category>
		<category><![CDATA[Letizia Battaglia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur l’affiche, un jeune homme&#160;déguisé en super-héros, sur une vieille carcasse&#160;de voiture. Casque sur la tête façon&#160;Marvel, bouclier en carton, cape en&#160;sac poubelle, il trône fier, figé&#160;en contre-plongée. Une image «&#160;indocile&#160;»,&#160;comme le veut le titre de cette nouvelle édition. Les optimistes&#160;la&#160;verront comme un pied-de-nez aux puissants de ce monde…&#160;aux&#160;pessimistes&#160;de voir&#160;l’impuissance des petits face&#160;aux géants.&#160; À [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Sur l’affiche, un jeune homme&nbsp;déguisé en super-héros, sur une vieille carcasse&nbsp;de voiture. Casque sur la tête façon&nbsp;Marvel, bouclier en carton, cape en&nbsp;sac poubelle, il trône fier, figé&nbsp;en contre-plongée. Une image «&nbsp;indocile&nbsp;»,&nbsp;comme le veut le titre de cette nouvelle édition. Les optimistes&nbsp;la&nbsp;verront comme un pied-de-nez aux puissants de ce monde…&nbsp;aux&nbsp;pessimistes&nbsp;de voir&nbsp;l’impuissance des petits face&nbsp;aux géants.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À lire son édito, le directeur des <strong><em>Rencontres d’Arles</em></strong> Christoph Wiesner se range peut-être dans la première catégorie. Pour lui, cette édition offre « <em>un contrepoint essentiel aux discours dominants </em>» que sont la « <em>montée des nationalismes </em>» et « <em>l’essor du nihilisme</em> ». Il convoque aussi l’œuvre du philosophe Édouard Glissant, dont on peut voir le concept de « Tout-monde » transparaître dans bien des propositions. Décoloniale beaucoup, la photographie de cette édition 2025 se fait aussi sociale, humaniste, ou archive, dans les dizaines d’expositions à découvrir du 7 juillet au 5 octobre, à Arles, mais aussi dans plusieurs villes de la région. </p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Australie-Brésil</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’exploration commence en Australie avec&nbsp;<em>On Country</em>, porté à la fois par le festival d’Arles et Photo&nbsp;Australia&nbsp;de Melbourne.&nbsp;Une dizaine de photographes, autochtones et non-autochtones, explorent les liens complexes qui unissent les hommes, les femmes, à leur terre, dans des images&nbsp;qui reflètent la diversité de ce&nbsp;pays&nbsp;marqué par deux siècles&nbsp;et demi&nbsp;de colonisation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’Australie, le parcours s’en va ensuite vers le Brésil à l’église des Trinitaires. Y est présenté <em>Futurs ancestraux</em>, une exposition collective portée principalement par de jeunes artistes, qui passent au crible le passé raciste, colonial et homophobe de leur pays. Le tout dans des pièces qui allient photographie contemporaine, archives, collages, vidéo et même intelligence artificielle. </p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des focus artistes</mark></strong></h3>



<div class="wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8f761849 wp-block-group-is-layout-flex">
<p class="wp-block-paragraph">Les&nbsp;<em>Rencontres</em>&nbsp;ouvrent&nbsp;également&nbsp;l’œuvre&nbsp;de&nbsp;la photographe&nbsp;<strong>Claudia Andujar</strong>.&nbsp;Née en Suisse en 1931, survivante de la Shoah, elle s’installe finalement au Brésil et mène une&nbsp;grande&nbsp;carrière de photoreporter. Incursions forestières, photos&nbsp;de rue, réflexion sur la féminité, l’exposition présentée à la Maison des peintres met en lumière nombre de ses travaux, éclectiques, et d’une justesse graphique saisissante.</p>
</div>



<div class="wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8f761849 wp-block-group-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="684" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/4.LB_Quartiere-Cala.-La-bambina-con-il-pallone.-Palermo-1980-Grande.jpg?resize=684%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-130577" style="width:196px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/4.LB_Quartiere-Cala.-La-bambina-con-il-pallone.-Palermo-1980-Grande.jpg?resize=684%2C1024&amp;ssl=1 684w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/4.LB_Quartiere-Cala.-La-bambina-con-il-pallone.-Palermo-1980-Grande.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/4.LB_Quartiere-Cala.-La-bambina-con-il-pallone.-Palermo-1980-Grande.jpg?resize=768%2C1150&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/4.LB_Quartiere-Cala.-La-bambina-con-il-pallone.-Palermo-1980-Grande.jpg?resize=150%2C225&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/4.LB_Quartiere-Cala.-La-bambina-con-il-pallone.-Palermo-1980-Grande.jpg?resize=300%2C449&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/4.LB_Quartiere-Cala.-La-bambina-con-il-pallone.-Palermo-1980-Grande.jpg?resize=696%2C1042&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/4.LB_Quartiere-Cala.-La-bambina-con-il-pallone.-Palermo-1980-Grande.jpg?resize=281%2C420&amp;ssl=1 281w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/4.LB_Quartiere-Cala.-La-bambina-con-il-pallone.-Palermo-1980-Grande.jpg?w=855&amp;ssl=1 855w" sizes="(max-width: 684px) 100vw, 684px" /><figcaption class="wp-element-caption"><br>Letizia Battaglia. Quartier Cala. La jeune fille au ballon, Palerme, 1980. Avec l’aimable autorisation de l’Archivio Letizia Battaglia, Palerme</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Avec&nbsp;<strong>Letizia Battaglia</strong>, c’est une autre immense photo journaliste&nbsp;que&nbsp;présente le&nbsp;festival. Sicilienne, elle a documenté&nbsp;<a></a>l’horreur de la mafia italienne, loin des clichés souvent véhiculés par le cinéma.&nbsp;Elle&nbsp;est ici montrée dans sa réalité la plus abjecte&nbsp;: les morts qui jonchent le sol, les mères qui&nbsp;pleurent leurs enfants, le visage&nbsp;des meurtriers. Photographe&nbsp;humaniste et&nbsp;sociale, son travail&nbsp;saisit aussi&nbsp;la vie quotidienne, les corps frêles de la misère, et&nbsp;la beauté des regards.&nbsp;</p>
</div>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="462" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/3.LB_Boris-Giuliano-capo-della-Squadra-Mobile-sul-luogo-di-un-omicidio-a-Piazza-del-Carmine.-Palermo-1978-Grande.jpg?resize=696%2C462&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-130575" style="width:432px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/3.LB_Boris-Giuliano-capo-della-Squadra-Mobile-sul-luogo-di-un-omicidio-a-Piazza-del-Carmine.-Palermo-1978-Grande.jpg?resize=1024%2C679&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/3.LB_Boris-Giuliano-capo-della-Squadra-Mobile-sul-luogo-di-un-omicidio-a-Piazza-del-Carmine.-Palermo-1978-Grande.jpg?resize=300%2C199&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/3.LB_Boris-Giuliano-capo-della-Squadra-Mobile-sul-luogo-di-un-omicidio-a-Piazza-del-Carmine.-Palermo-1978-Grande.jpg?resize=768%2C509&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/3.LB_Boris-Giuliano-capo-della-Squadra-Mobile-sul-luogo-di-un-omicidio-a-Piazza-del-Carmine.-Palermo-1978-Grande.jpg?resize=150%2C99&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/3.LB_Boris-Giuliano-capo-della-Squadra-Mobile-sul-luogo-di-un-omicidio-a-Piazza-del-Carmine.-Palermo-1978-Grande.jpg?resize=696%2C462&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/3.LB_Boris-Giuliano-capo-della-Squadra-Mobile-sul-luogo-di-un-omicidio-a-Piazza-del-Carmine.-Palermo-1978-Grande.jpg?resize=1068%2C708&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/3.LB_Boris-Giuliano-capo-della-Squadra-Mobile-sul-luogo-di-un-omicidio-a-Piazza-del-Carmine.-Palermo-1978-Grande.jpg?resize=633%2C420&amp;ssl=1 633w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/3.LB_Boris-Giuliano-capo-della-Squadra-Mobile-sul-luogo-di-un-omicidio-a-Piazza-del-Carmine.-Palermo-1978-Grande.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption"><br>Letizia Battaglia. Giorgio Boris Giuliano, le chef de la Brigade mobile, sur le lieu d’un assassinat, Piazza del Carmine, Palerme, 1978.Avec l’aimable autorisation de l’Archivio Letizia Battaglia, Palerme</figcaption></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des habitué·e·s d’Arles </mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">S’il y a beaucoup de jeunes talents à découvrir dans cette édition – il faudra voir l’exposition de <strong><a href="https://www.instagram.com/laurencekubski/">Laurence Kubski</a></strong>, celle des élèves de l’ENSP, et passer dans l’Espace Monoprix qui concentrera la plupart des artistes émergent·e·s – Arles n’oublie pas ses « vieux » compagnons de route. On retrouve ainsi <strong><a href="https://www.instagram.com/nangoldinstudio/?hl=fr">Nan Goldin</a></strong> qui vient avec son <em>Syndrome de Stendhal</em>. Une série de diaporamas qui mettent en dialogue des chefs d’œuvres de l’art classique, avec ses proches, ou ses amours. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="356" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/2025-GOLD-02.-Grande.jpg?resize=696%2C356&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-130578" style="width:541px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/2025-GOLD-02.-Grande.jpg?resize=1024%2C524&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/2025-GOLD-02.-Grande.jpg?resize=300%2C154&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/2025-GOLD-02.-Grande.jpg?resize=768%2C393&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/2025-GOLD-02.-Grande.jpg?resize=150%2C77&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/2025-GOLD-02.-Grande.jpg?resize=696%2C356&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/2025-GOLD-02.-Grande.jpg?resize=1068%2C547&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/2025-GOLD-02.-Grande.jpg?resize=821%2C420&amp;ssl=1 821w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/2025-GOLD-02.-Grande.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption"><br>Nan Goldin. Diane au bain, 2024. Avec l’aimable autorisation de l’artiste / Gagosian</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Moins célèbre peut-être, mais déjà passé par les <em>Rencontres</em>, <a href="http://www.toddhido.com/"><strong>Todd Hido</strong> </a>présentera à l’espace van Gogh la beauté crue des paysages qu’il aime capter : une maison enneigée aux vitres éclairées, un coucher de soleil embué, des ballons de baudruches aux tons passés… Le photographe américain parvient à saisir la beauté dans l’ennui, et le chaud dans le froid. </p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Grand Arles Express</mark></strong></h3>



<div class="wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8f761849 wp-block-group-is-layout-flex">
<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Rencontres d’Arles</em>&nbsp;s’exportent également&nbsp;dans les communes de la région avec son programme Grand Arles Express.&nbsp;À la Maison européenne de la photographie&nbsp;(Aix-en-Provence), on peut voir&nbsp;<em>Extérieurs – Annie&nbsp;</em><em>Ernaux</em><em>&nbsp;et la Photographie</em>, qui revient sur les liens étroits qui unissent la prix Nobel 2022 et ce média – on&nbsp;pense&nbsp;à son ouvrage&nbsp;<em>Les années</em>, où la photo tient une place centrale.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="970" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/SAUVAGES_LKubski_A_33x45cm-Grande.jpg?resize=696%2C970&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-130579" style="width:249px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/SAUVAGES_LKubski_A_33x45cm-Grande.jpg?resize=735%2C1024&amp;ssl=1 735w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/SAUVAGES_LKubski_A_33x45cm-Grande.jpg?resize=215%2C300&amp;ssl=1 215w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/SAUVAGES_LKubski_A_33x45cm-Grande.jpg?resize=768%2C1070&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/SAUVAGES_LKubski_A_33x45cm-Grande.jpg?resize=150%2C209&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/SAUVAGES_LKubski_A_33x45cm-Grande.jpg?resize=300%2C418&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/SAUVAGES_LKubski_A_33x45cm-Grande.jpg?resize=696%2C969&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/SAUVAGES_LKubski_A_33x45cm-Grande.jpg?resize=302%2C420&amp;ssl=1 302w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/SAUVAGES_LKubski_A_33x45cm-Grande.jpg?w=919&amp;ssl=1 919w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption"><br>Laurence Kubski.<br>Reconstitution d’un souvenir d’enfance, le concours de vitesse d’escargots, 2024. Avec l’aimable autorisation de l’artiste</figcaption></figure>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Citons également&nbsp;<em>Lost</em><em>&nbsp;and&nbsp;</em><em>Found</em>&nbsp;de&nbsp;<strong>Elsa et Johanna</strong>&nbsp;au Centre Photo Marseille, qui entend «&nbsp;<em>placer le spectateur dans un espace d’exposition totalement repensé&nbsp;</em>»,&nbsp;ou encore&nbsp;<em>Et qu’on ne vienne pas nous dire que le vent chasse tout</em>&nbsp;de&nbsp;<strong>Paul Cabanes&nbsp;</strong>et<strong>&nbsp;Nina Patin</strong>, qui se sont aventurés dans le Golfe de Fos et ses paysages industrialo-désertiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">NICOLAS SANTUCCI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Les Rencontres d’Arles</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 7 juillet au 5 octobre</mark><br>Arles et Région Sud</pre>



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		<title>Jane Evelyn Atwood, Les femmes dans l’envers carcéral</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Jun 2025 10:37:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Éditions du Bec en l’air]]></category>
		<category><![CDATA[Jane Evelyn Atwood]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[photographies]]></category>
		<category><![CDATA[prix Kodak de la critique photographique]]></category>
		<category><![CDATA[prix Oskar-Barnack]]></category>
		<category><![CDATA[Prix W. Eugene Smith]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Au départ, la curiosité était mon principal motif. La surprise, le choc et la stupeur ont pris le relais. Puis la rage m’a portée&#160;jusqu’au bout.&#160;» Voilà comment dans la préface&#160;Jane Evelyn Atwood&#160;explique le point de départ de son travail, qui l’a emmenée pendant 10 ans, de 1989 à 1999, dans quarante prisons, des États-Unis, d’Europe, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Au départ, la curiosité était mon principal motif. La surprise, le choc et la stupeur ont pris le relais. Puis la rage m’a portée&nbsp;jusqu’au bout.&nbsp;</em>» Voilà comment dans la préface&nbsp;<strong><a href="http://www.janeevelynatwood.com">Jane Evelyn Atwood</a>&nbsp;</strong>explique le point de départ de son travail, qui l’a emmenée pendant 10 ans, de 1989 à 1999, dans quarante prisons, des États-Unis, d’Europe, de Russie et jusqu’en Inde. Elle y a rencontré des centaines de femmes emprisonnées, dont elle a capté l’image à travers l’objectif, et les histoires dans des entretiens qu’elle restitue dans le livre. Il en ressort un ouvrage-manifeste sur l’inhumanité et les inégalités que subissent les femmes dans l’univers carcéral. Ce système construit par les hommes, pour les hommes, dans lequel on envoie des femmes jugées par des hommes, qui ont très souvent commis leurs délits à cause des hommes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car il y a dans les témoignages recueillis par Jane Evelyn Atwood un constat sans appel. Presque toutes les femmes emprisonnées le sont à cause du comportement des hommes. Celles qui se sont laissées embarquer dans un braquage sans le savoir ; celles qui sont utilisées comme «&nbsp;mules&nbsp;»&nbsp;; celles qui se défendent, ou défendent leurs enfants, d’un mari violent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le cas de Frances – tous les prénoms ont été&nbsp;modifiés&nbsp;par l’autrice – qui a subi le comportement d’un mari ultra-violent pendant 24 ans. Elle «&nbsp;obtient&nbsp;» le divorce, mais le cauchemar n’est pas terminé. Il la suit, elle se planque, les lettres de menace pleuvent, il lui tombe dessus, l’étrangle, lui défonce les côtes à coup de pieds. Ses multiples tentatives d’alerter la police ne changent rien, alors un ami à elle souhaite prendre les choses en mains et lui régler son compte. Elle l’accompagne, non armée, mais son ex-mari lui tire dessus, son ami riposte et tue l’ex-mari. La juge retient le meurtre par préméditation, elle est condamnée à la perpétuité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi Bonnie, surnommée la «&nbsp;<em>femme qui aimait les couteaux&nbsp;</em>». Quand Jane souhaite la rencontrer, on lui dit qu’elle est «&nbsp;<em>trop dangereuse&nbsp;</em>», alors un entretien spécial est préparé. Elle est enchaînée – pieds, poings et taille – au point d’être courbée sous tout ce poids. La photographe voit une gamine d’à peine 20 ans. Elle lui raconte son crime&nbsp;: violée par son beau-père à de multiples reprises, elle n’a trouvé qu’un couteau pour se libérer de lui, lors d’un énième viol. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de témoignages mettent aussi en avant l’inégalité que subissent les femmes devant la justice, «&nbsp;<em>puisqu’on ne pardonne pas aux femmes d’avoir commis un crime&nbsp;</em>», expliquait Jane lors d’une rencontre à la librairie&nbsp;Maupetit&nbsp;(Marseille) le 11 juin dernier. Ainsi, à délit égal, elles sont souvent plus lourdement condamnées que les hommes. Aux États-Unis, les hommes pouvaient souvent négocier leurs peines, les femmes moins. Les avocats commis d’office leur proposaient de plaider non coupable «&nbsp;puisqu’une femme ne sera pas envoyée en prison&nbsp;»&nbsp;:&nbsp;la peine était encore plus lourde.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Tout est noir et blanc</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a les mots, et les photos. Le livre s’ouvre sur les murs des prisons qui ne laissent entrevoir le ciel qu’à la dérobée. Des portraits aussi, de femmes souvent barrées par l’ombre des&nbsp;cellules. La photographe parvient à capter des moments intimes. Une cigarette fumée par une détenue dans sa cellule, une scène de bain collectif dans le sauna d’une prison russe. Pour toutes ces photos Jane a obtenu l’accord de ces femmes. Un accord pas facile à obtenir tant il est honteux pour elles d’être emprisonnées&nbsp;: c’est la double peine.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="928" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/Jane-Evelyn-Atwood-1.jpg?resize=696%2C928&#038;ssl=1" alt="femmes" class="wp-image-130396" style="width:355px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/Jane-Evelyn-Atwood-1.jpg?resize=768%2C1024&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/Jane-Evelyn-Atwood-1.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/Jane-Evelyn-Atwood-1.jpg?resize=150%2C200&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/Jane-Evelyn-Atwood-1.jpg?resize=300%2C400&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/Jane-Evelyn-Atwood-1.jpg?resize=696%2C928&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/Jane-Evelyn-Atwood-1.jpg?resize=315%2C420&amp;ssl=1 315w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/06/Jane-Evelyn-Atwood-1.jpg?w=1000&amp;ssl=1 1000w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Jane Evelyn Atwood © X-DR</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Mais ces photos ont aussi permis de faire bouger certaines lignes. C’est le cas de celle prise en 1993 en Alaska, où une prisonnière, le visage grimaçant de douleur, est sur le point d’accoucher, mais toujours les mains liées par des menottes. Cette photo sera utilisée par Amnesty international pour une campagne de lutte contre cette pratique, et elle sera interdite aux États-Unis et en Angleterre en 1997.&nbsp;Pour autant, les différences de traitements entre les hommes et les femmes dans le système carcéral restent profondément inégales&nbsp;[lire <a href="https://journalzebuline.fr/femmes-en-prison-les-inegalites-perdurent/">ici</a>],&nbsp;et l’intérêt de ce livre paraît aussi essentiel qu’en 2000 lors de sa première édition. Dans une lettre&nbsp;envoyé à Jane, une détenue écrit&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>Il y a</em>&nbsp;<em>après un passage [en prison], quelque chose de gluant qui reste… comme une malédiction, un mal sournois.&nbsp;</em>» La lecture de ce livre, lui, laisse un goût de révolte nécessaire.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Une photographe à la pose longue</strong><br><br>Franco-américaine, Jane Evelyn Atwood s’est distinguée&nbsp;pour ses projets photographiques&nbsp;documentaires et au long cours, s’intéressant&nbsp;aux marges, à ceux qu’on ne regarde pas.&nbsp;Outre son travail long d’une décennie sur les femmes en prison, elle a aussi suivi le milieu de la prostitution à Paris (<em>Pigalle People</em>,&nbsp;ed. Bec en l’air&nbsp;;&nbsp;<em>Rue des Lombard</em>&nbsp;ed. X.&nbsp;Barral). Exposée et reconnue dans le monde entier, elle a&nbsp;reçu de nombreux prix&nbsp;: Prix W. Eugene Smith en 1980, prix Kodak de la critique photographique en 1984 ou encore le prix Oskar-Barnack&nbsp;en 1997.<br></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Trop de peines/Too&nbsp;much&nbsp;Time</em></strong><br><a href="https://www.becair.com">Éditions du Bec en l’air</a><br>45 €&nbsp;</pre>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Femmes en prison&nbsp;:&nbsp;les inégalités perdurent</strong><br><strong><br></strong>25 ans après la première édition du livre de Jane Evelyn Atwood, les conditions d’incarcération des femmes en France restent très défaillantes<br><br>Accès aux soins,&nbsp;isolement, discriminations de genre… si les femmes ne représentent que 3%&nbsp;de la population carcérale en&nbsp;France, elles&nbsp;en&nbsp;sont aussi les grandes oubliées. Non pas que les hommes soient&nbsp;particulièrement&nbsp;bien lotis,&nbsp;mais les femmes connaissent les mêmes problèmes qu’eux, et d’autres encore.&nbsp;<br><br>Il y a par exemple l’isolement. En France, les prisons qui accueillent des femmes sont très inégalement réparties sur le territoire,&nbsp;la plupart dans la moitié&nbsp;Nord&nbsp;de la France. Loin de leur famille, les femmes sont plus isolées que le reste&nbsp;des détenus, et leurs parloirs sont&nbsp;fréquemment&nbsp;vides.&nbsp;<br><br>Peu d’établissements qui accueillent&nbsp;des femmes, et seuls deux leur&nbsp;sont dédiés. Aussi, la non-mixité&nbsp;de rigueur en prison – qui est la pratique, non la loi – discrimine les femmes pour toutes les activités proposées en détention. Et quand elles y ont accès, elles sont souvent stéréotypées&nbsp;:&nbsp;un article de l’<a href="https://oip.org/">Observatoire international des prisons</a>&nbsp;(OIP)&nbsp;nous apprend que la majorité des formations professionnelles proposées aux femmes sont liées à la cuisine et aux métiers de l’entretien…&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br><br>Une autre étude du même Observatoire intitulée «&nbsp;Liberté de se vêtir : un droit remisé au placard&nbsp;», explique comment la notion de «&nbsp;décence&nbsp;» vestimentaire, à la discrétion du personnel pénitentiaire, est&nbsp;bien&nbsp;plus strictement appliquée aux femmes qu’aux hommes&nbsp;:«&nbsp;<em>Les détenues doivent la plupart du temps se couvrir les épaules, les genoux, voire les mollets.&nbsp;</em>»<br><br>À lire sur le site de l’OIP également&nbsp;: les problèmes liés&nbsp;à la précarité menstruelle,&nbsp;à l’accès à la contraception,&nbsp;au&nbsp;suivi médical des détenues enceintes…&nbsp;la liste&nbsp;des défaillances&nbsp;est encore longue.</pre>



<p class="wp-block-paragraph"><em>NICOLAS SANTUCCI</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>I am Mehdi : un modèle s’expose</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Mar 2023 09:34:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[7 clous]]></category>
		<category><![CDATA[André Mérian]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[I am Mehdi]]></category>
		<category><![CDATA[Julian Johannes Olbrich]]></category>
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		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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		<category><![CDATA[Patrick Raynaud]]></category>
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		<category><![CDATA[Pierre et Gilles]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Escalera]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aller aux 7 clous, c’est forcément rencontrer le propriétaire des lieux&#160;: les expositions se déroulent dans le loft de Patrick Raynaud, rue de Crimée, au bas du boulevard National, et il faut prendre rendez-vous avec lui pour les visiter. Cet ex-artiste et ex-directeur de plusieurs écoles d’art continue ainsi à partager son goût pour l’art, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Aller aux 7 clous, c’est forcément rencontrer le propriétaire des lieux&nbsp;: les expositions se déroulent dans le loft de Patrick Raynaud, rue de Crimée, au bas du boulevard National, et il faut prendre rendez-vous avec lui pour les visiter. Cet ex-artiste et ex-directeur de plusieurs écoles d’art continue ainsi à partager son goût pour l’art, la transmission et les rencontres, en organisant (et finançant) des expositions qu’il invente, quand ça lui chante. Et en l’occurrence, <em>I am Mehdi</em>&nbsp;: Mehdi est un jeune voisin de Patrick Raynaud, fréquentant ses vernissages.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’intéressant depuis longtemps à l’art et à la mode, et sollicitant même de son propre chef certains photographes et artistes qu’il admire pour poser pour eux (<strong>Pierre et Gilles</strong>, par exemple). Sa façon à lui «&nbsp;d’être artiste&nbsp;», discrètement, car sa famille, dont il dépend pour tout, a un rapport plus qu’hostile à cette passion. C’est ainsi que Patrick Raynaud a eu l’idée d’imaginer cette nouvelle exposition chez lui&nbsp;: non pas d’un artiste, mais d’un modèle. Et de demander, en plus des images de Mehdi qui existaient déjà, à des artistes ami·e·s d’en faire d’autres.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/03/Vue-de-lexposition-I-am-Mehdi-%C2%A9-JC-Lett.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-118628" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/03/Vue-de-lexposition-I-am-Mehdi-%C2%A9-JC-Lett.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/03/Vue-de-lexposition-I-am-Mehdi-%C2%A9-JC-Lett.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/03/Vue-de-lexposition-I-am-Mehdi-%C2%A9-JC-Lett.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/03/Vue-de-lexposition-I-am-Mehdi-%C2%A9-JC-Lett.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/03/Vue-de-lexposition-I-am-Mehdi-%C2%A9-JC-Lett.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Vue de l&rsquo;exposition I am Mehdi © JC Lett</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Faux désordre<br></mark></strong>Les photographies, reproduction de peinture et dessins de tous formats sont affichés directement sur les murs, distribués dans un faux désordre. Proposant des jeux de regards, des rapprochements d’attitudes, de poses, d’échos formels entre archives personnelles et œuvres. Crâne rasé sauf le dessus, oreilles décollées, grand front, grand yeux, nez aquilin, bouche pulpeuse entourée le plus souvent d’un bouc barbe, petit gabarit, svelte et musclé, Mehdi&nbsp;y figure en gros plan, en pied, de profil, de face, en plongée ou contre-plongée, portraits ou buste. Il ne sourit jamais, est quasiment toujours seul et, lorsque son regard n’est pas tourné vers l’intérieur, semble habité par un doute, une question, une tristesse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout en mettant en valeur son visage et sa musculature, quelques artistes s’amusent à le mettre en scène dans des clichés marseillais ou orientalistes (Pierre et Gilles<strong>, Alix Temmelin</strong>), confrontent sa masculinité et sa féminité (<strong>Robert Escalera, Sofiane Vincent</strong>), le sculptent dans des ombres et lumières méditerranéennes (<strong>Marc Antoine Serra</strong>,<strong> Mathias Cassado Castro</strong>), ou le saisissent dans des noirs et blancs brutaux ou délicats (<strong>Julian Johannes Olbrich, Mr Collodion, Arnaud du Boistesselin</strong>). On le quitte, allongé sur le parquet des 7 clous, photographié par <strong>André Mérian</strong>, le long du mur, habillé de noir, main sous la tête, désœuvré, regard tourné vers le plafond.</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>I am Mehdi<br></em></strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 15 avril<br></mark>Les 7 clous,Marseille<br>06 80 57 29 84<br><a href="http://septclousamarseille.com">septclousamarseille.com</a></pre>
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