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	<title>Archives des Politique culurelle - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Politique culurelle - Journal Zebuline</title>
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		<title>Berre-l&#8217;Étang : Plus vite que son nom</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 08:42:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est tout près de l’étang que la nouvelle salle de spectacle s’est construite, dans un geste architectural osé, et très réussi. L’agence d’architectes marseillaise Leteissier-Corriol a remporté le concours et la Ville lui a donc confié, en novembre 2024, une parcelle triangulaire pour y construire son projet. Celle-ci a choisi l’ellipse, et un geste architectural [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est tout près de l’étang que la nouvelle salle de spectacle s’est construite, dans un geste architectural osé, et très réussi. L’agence d’architectes marseillaise Leteissier-Corriol a remporté le concours et la Ville lui a donc confié, en novembre 2024, une parcelle triangulaire pour y construire son projet. Celle-ci a choisi l’ellipse, et un geste architectural ambitieux&nbsp;: des voiles de béton de grande hauteur, des murs qui oscillent comme des vagues, encerclent une salle de spectacle de 350 places (700 places debout) qui sera équipée d’un plateau large, profond et surmonté d’une belle hauteur, et pourra ainsi accueillir théâtre, musique, danse et cirque. Un soin particulier est apporté à l’acoustique externe pour couvrir le bruit des avions qui survolent l’étang. Les espaces entourant la salle centrale sont en partie dédiés aux professionnels (locaux de stockage, loges, coulisses, bureaux), et pour partie au public, qui sera accueilli dans un hall vaste et lumineux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la scène, les gradins et les espaces intérieurs sont encore à construire, le gros-œuvre est achevé. «&nbsp;<em>On a tenu les délais, on a tenu les budgets</em>&nbsp;» fait remarquer le maire <strong>Mario Martinet</strong> lors de la visite de chantier du 26 avril. Soit 5 millions d’euros, pour un bâtiment de 1650 m<sup>2</sup>, qui doit répondre à des impératifs écologiques forts dans une zone à la fois inondable et classée. Pourtant rien n’a ralenti le chantier sinon la découverte, dans le sol, des ruines de béton de l’ancien aérodrome (voir ci-dessous).</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Tout est allé si vite, si bien, que nous n’avons pas encore réussi à décider de son nom&nbsp;!</em>&nbsp;». Une consultation est lancée auprès des Berrois, et devra aboutir vite…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Politique publique, sans concurrence</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la programmation prévue, quant à elle, est «&nbsp;<em>déjà finalisée pour la saison procha</em><em>ine</em>&nbsp;» annonce <strong>Sandrine Prat</strong>, directrice des affaires culturelles de la ville, qui va également assurer la direction de la nouvelle salle. Elle promet une vingtaine de levers de rideau, à partir du dernier week-end de novembre. L’adjoint à la culture, <strong>Loïc Baladéjo</strong>, l’approuve d’un sourire, mais précise que tout cela ne sera dévoilé que le 12 juin, lors d’une conférence de presse qui présentera «&nbsp;<em>toute la programmation des équipements culturels municipaux, ainsi que celle du Forum.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet la ville de Berre possède déjà une salle de spectacle bien connue des programmateurs et des artistes (voir ci-dessous)&nbsp;: Sandrine Prat assure que la complémentarité est son souci permanent «&nbsp;<em>Cette salle donnera l’occasion à l’association qui dirige le Forum de programmer ici, quand elle le voudra, pour aller au-delà de sa jauge de 80 places. Il n’est pas question de concurrence, les politiques publiques bâtissent des synergies entre les équipements de la ville, pour aller plus loin. Cette politique du spectacle vivant a été initiée historiquement par le Forum, son École des Arts est essentielle, nous comptons beaucoup sur elle&nbsp;!&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Berre et la culture publique, une affaire qui dure…</strong></mark><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong><br></strong></mark>À Berre-L’Étang, la politique culturelle publique n’est pas secondaire. Le maire Mario Martinet,&nbsp;réélu depuis 2016, explique même que sa troisième mandature sera «&nbsp;celle de l’affirmation du caractère essentiel, pour les Berrois, de la vie culturelle&nbsp;». Son adjoint à la culture, Loïc Baladejo, est désormais Premier adjoint. Un symbole fort, qui repose sur une politique volontaire d’équipements structurants et de médiation entamée dès les années 1980 par la municipalité communiste, et poursuivie par les édiles socialistes qui ont succédé.<br><br>En effet la petite ville de&nbsp;14 000 habitant·es s’est équipée dès 1986 de sa Médiathèque Edmonde Charles-Roux Defferre, véritable lieu de vie en centre-ville qui met à la disposition gratuite des Berrois·es plus de 45 000 livres, journaux, et DVD. Son cinéma, municipal, Ciné89, à quelques pas, est classé «&nbsp;art et essai&nbsp;» et «&nbsp;label jeunesse&nbsp;»&nbsp;: il propose une programmation de films d’auteurs, de rencontres, d’avant-premières et de festivals remarquable.<br><br>Quant au Forum de Berre, il est connu de tous les programmateurs de spectacle vivant&nbsp;: la salle, historique, propose depuis&nbsp;1989, sous la direction de&nbsp;Patrick Veyron durant 35 ans, puis sous celle de Mikhael Piccone, une programmation exigeante, attentive aux artistes du territoire, à la pointe des musiques actuelles mais aussi classiques et lyriques, fondée sur un travail de médiation avec les publics, en particulier les jeunes des cités environnantes. Son École des arts associe les participants aux cours de théâtre, d’arts plastiques, de danseS et de musiques, à la programmation et à la médiation, et tient lieu de conservatoire.</pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="463" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213.jpeg?resize=696%2C463&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136250" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?resize=1024%2C681&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?resize=768%2C511&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?resize=1536%2C1022&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?resize=2048%2C1363&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?resize=696%2C463&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?resize=1068%2C711&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?resize=1920%2C1277&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?resize=631%2C420&amp;ssl=1 631w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/DSC_1213-scaled.jpeg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">L’interieur de la salle, en travaux © Mairie de Berre</figcaption></figure>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Bol d’air<br></mark><br>Dans cette ville dont l’histoire industrielle et sociale est très marquée par la pétrochimie, le barrage EDF de Saint-Chamas qui a tant pollué l’étang, et les restes enfouis de la base aéronautique navale – camp militaire d’hydravions détruit par les l’armée nazie en 1942 – le bol d’air d’une vie culturelle riche et généreuse est indispensable.<br><br>C’est d’ailleurs au bord de l’étang, sur l’ancien site de la base navale, que la salle de spectacles sans nom mais avec murs ondulés s’élève. L’état sanitaire de l’étang permet à nouveau la baignade et Berre a engagé, avec Martigues et les autres villes de l’étang, une démarche d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Le nouveau quartier, plus résidentiel, pavillonnaire, estival, est désormais relié au centre-ville par «&nbsp;une promenade plantée d’arbres&nbsp;» où le maire promet aussi des «&nbsp;œuvres d’art et des sculptures de grande taille&nbsp;».<br><br>Les arbres sont déjà plantés, et la promenade du centre-ville vers la rive est déjà fréquentée par les familles, qui observent le chantier, et ce beau bâtiment qu’ils ont hâte de pouvoir nommer.<br><br>A.F.</pre>



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		<title>Presse et culture, une histoire d’amour et de déchirements</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jan 2024 13:55:18 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Les personnes qui répondent au questionnaire anonyme lancé par <em>Zébuline</em> sont peu représentatives des usages culturels des Français ! Plus de 45% fréquentent les arts vivants plus d’une fois par semaine, dont 20 % plus de 3 fois par semaine, et 22% plus de 25 spectacles et concerts en été. Deux tiers des répondants sont des professionnels de la culture, actifs, étudiants ou retraités ; un autre tiers des professionnels du journalisme, et parfois du journalisme culturel puisqu’ils cochent les deux ; d’autres sont des enseignants, souvent profs de lettres, d’art ou de musique. Mais quelle que soit la non représentativité de leurs usages culturels, le motif évoqué, récurrent, à la baisse de certains de leurs usages est économique, non pas parce que les places seraient trop chères dans l’absolu, mais parce que, comme le dit l’une d’entre eux, iels « <em>traversent des difficultés économiques et ne bénéficient pas des tarifs réduits </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même remarque apparaît dans leurs usages de la presse, certains aimeraient «&nbsp;<em>s’abonner à tout, au moins sur internet</em>&nbsp;» mais ne le font pas pour des raisons économiques. Car celleux qui ont répondu sont aussi de grands lecteurs de presse, puisque 40% lit la presse, nationale et régionale, tous les jours. Ils constatent le rétrécissement progressif des rubriques culture dans les médias généralistes, presse et audiovisuel, y compris dans les médias indépendants ou publics. Un·e lecteur·ice anonyme écrit&nbsp;: « <em>Je fais partie des personnes qui ont connu une presse locale diverse, variée et avec une large place à la culture&nbsp;: le Soir, la Marseillaise, le Provençal, le Pavé, Tak Tik, Zibeline… et qui en garde la nostalgie</em>.&nbsp;»&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="404" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=696%2C404&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-122459" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?w=856&amp;ssl=1 856w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=300%2C174&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=768%2C446&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=150%2C87&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=696%2C404&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=723%2C420&amp;ssl=1 723w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Et ils ont conscience du pouvoir des médias et des enjeux économiques et politiques qui y sont attachés. Ainsi <strong>Raquel Rache de Andrade</strong>, une des participantes de notre débat, codirectrice du Pôle national du cirque Archaos, en fait une analyse très politique&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Le rétrécissement de l&rsquo;espace pour la culture dans les médias permet un état de non réflexion sur le monde qui nous entoure, et l&rsquo;instrumentalisation de la pensée à des fins politiques. Comme disait&nbsp;Pierre Bourdieu&nbsp;“Les riches achètent les médias pour donner leurs messages bien choisis aux pauvres”.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un constat de rétrécissement sans appel</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce constat repose sur une réalité documentée, mais les titres possédés par les milliardaires français [voir encadré] ne sont pas les seuls à avoir banni les sujets culturels de leurs Unes, alors que les sujets sportifs y fleurissent régulièrement. Les rares titres de la presse indépendante qui survivent et les médias publics audiovisuels leur emboitent le pas et les sujets culturels s’y font de plus en plus rares.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les écoles de journalisme, privées comme publiques, ne forment plus à ces questions alors que des masters de journalisme sportif fleurissent dans toutes les universités. Et l’État n’accorde aucune aide à la diffusion à la presse culturelle alors qu’il accorde 1 million d’euros à <em>L’Equipe</em>, qui figure bon an mal an dans les trois quotidiens de France les plus lus (après <em>Le Monde</em> et <em>Le Figaro</em>) et 2,2 millions aux <em>Echos</em>, c’est à dire à Bernard Arnault qui n’en a pas forcément besoin. Les aides accordées à ces titres économiques et sportifs sont refusés aux titres culturels, qui ne sont pas jugés comme relevant de l’information générale par… le ministère de la Culture !</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><strong>Sept milliardaires à la tête des médias</strong>
Les grandes fortunes françaises possèdent tout, ou partie majoritaire, de plus de 90% de la presse nationale et régionale, et des médias audiovisuels d’information. Elles y perdent généralement de l’argent, parfois beaucoup, mais s’auto-recapitalisent régulièrement. Le but est clairement, puisqu’elles investissent à perte même si les aides d’État viennent un peu compenser, de contrôler l’opinion. 
Patrick Drahi (BFM et RMC), Dassault (Le Figaro, Gala), Vincent Bolloré (Europe 1, Télé-Loisirs, Géo, Gala, Voici, Femme Actuelle, Capital, Paris Match, le JDD, Canal +, CNews) Xavier Niel (Le Monde, L’Obs, Nice Matin, Var Matin, Monaco Matin, France Antilles, France Guyane), Bernard Arnault (Les Echos, Le Parisien, Radio Classique, Historia, Sciences et Avenir, Challenge…), Rodolphe Saadé (La Provence, La Tribune, Corse Matin), François Pinault (Le Point)… 
</pre>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Inventer une nouvelle histoire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant la relation de la culture avec la presse est historique, et forte&nbsp;: les premières gazettes rendaient compte de l’actualité culturelle, et jusque dans les années 1980 bon nombre de Unes de la presse généraliste étaient consacrées à des acteurs, voire à des metteurs en scène. Ce qui n’arrive plus qu’à l’annonce de leur décès. Mais la relation reste forte, et complexe, tous les opérateurs culturels soignant leur «&nbsp;relation presse&nbsp;» et attendent d’être «&nbsp;couvert&nbsp;», en méconnaissant souvent les difficultés qu’ont les journalistes culturels, au sein de leur rédaction, à obtenir de la place dans les pages, et l’impossible équation pour la presse culturelle régionale de survivre sans financement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réponses au questionnaire, par une majorité de professionnels de la culture, témoignent de cette méconnaissance&nbsp;: l’attente d’une «&nbsp;<em>exhaustivité&nbsp; de l’information sur les spectacles&nbsp;</em>», d’une «&nbsp;<em>information gratuite&nbsp;</em>», de «&nbsp;<em>plus de curiosité sur les arts émergents</em> », d’une couverture des concerts&nbsp;«&nbsp;<em>jusque dans nos villages&nbsp;</em>», méconnait la réalité économique de la presse culturelle, qui est perçue comme un service public, alors même qu’elle reçoit pas ou peu d’argent public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une incompréhension et dépendance que <strong>Catherine Marnas</strong>, directrice de la Compagnie Parnas, exprime avec lucidité du côté des artistes&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>&nbsp;La relation entre la presse et les artistes est une relation passionnante qui trouverait sa place dans les fictions qui s’intéressent aux passions. Tout dans les schémas de la relation amoureuse y est présent. Flirts, cour, dépit, réconciliations mais peut-être plus que dans l’amour (quoi que!) l’intérêt y est ici omniprésent. Astreint au besoin de plaire et de faire parler de soi, l’artiste se trouve soumis à un pouvoir de la presse qu’il maudit en coulisse et courtise au grand jour.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il, dans ces conditions, trouver un terrain de combat commun pour affirmer ensemble, public/lecteur, journalistes et artistes, notre refus de l’emprise actuelle sur nos médias, nos industries culturelles et notre culture publique&nbsp;? C’est ce que propose <strong>Samuel Wahl</strong>, qui enseigne le journalisme culturel à La Sorbonne (dans la région ce n’est pas enseigné) et observe de nouveaux médias, alternatifs, où artistes et journalistes créent ensemble, pour permettre de «&nbsp;<em>préserver l’accès aux libertés et promouvoir le développement de l’esprit critique comme un bien commun. Chacun est appelé à y prendre une part active et à rappeler la puissance publique à sa mission première d&rsquo;intérêt général, en offrant des garanties concrètes quant à l’indépendance et au pluralisme face à la concentration des pouvoirs.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>
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