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	<title>Archives des Quentin Dolmaire - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Quentin Dolmaire - Journal Zebuline</title>
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		<title>Fraises et cerises</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 06:13:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Très gros plans sur un vinyle qui tourne, sur une feuille de cannabis dessinée sur un mug et des mains tavelées. Un casque, un micro, le visage tanné de <strong>Philippe Rebbot</strong>. On est dans un studio radiophonique. Ambiance feutrée, intime, jazzy, le medium grave de la voix de l’acteur raconte l’origine.&nbsp;Serge Pomalovski qui ressemblait à Don Quichotte, a rencontré des années auparavant Jeanne Bergère, pourfendeuse d’injustices, guerrière comme Jeanne d’Arc, mais ni pucelle, ni royaliste. Elle a donné un micro à Serge qui ne l’a plus quitté. Amour fondateur, disparu mais qui sourit encore sur la photo, incarné par la jeune <strong>Ariane Ascaride </strong>en égérie des luttes. Pourtant les haut-parleurs diffusent le message&nbsp;: «&nbsp;<em>Aujourd’hui, pas de météo&nbsp;: tout est gris, tout est noir au camping</em> <em>Le temps des Cerises&nbsp;»</em>. On est en juin mais le printemps des utopies a du plomb dans l’aile. Les seuls auditeurs de cette radio libre très très locale, abritée dans un petit bungalow délabré, sont les six résidents à l’année qui vont être expulsés. Le lieu, niché en montagne près d’un lac idyllique va fermer pour laisser place à une base nautique de loisirs. Les activistes cagoulés en mode FNLC auprès desquels Serge, guidé par un drone diffusant tour à tour l’Internationale et la chevauchée des Walkyries, cherche de l’aide, le renvoient à sa ringardise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est dans un monde clos, à la marge, quoiqu’hétéronormé. Les personnages sont&nbsp; précaires,&nbsp;fragiles et attachants : il y a le jeune Manu (<strong>Quentin Dolmaire</strong>) qui construit sa cabane en lisant <em>La vie dans les bois</em> d’Henri Thoreau. Lana del Vélo (<strong>Kim Higelin</strong>) la nomade qui «&nbsp;<em>a quitté le troupeau&nbsp;»</em> et dont Manu tombe amoureux comme autrefois Serge de Jeanne. Il y a Léa (<strong>Estelle Meyer</strong>) auxiliaire de vie dans un ehpad, enceinte de son compagnon Karim (<strong>Oussama Kheddam</strong>), un homme angoissé, passionné de biologie végétale qui ramasse les poubelles avec Raymond (<strong>Grégory Montel</strong>). Il y a surtout Jocelyne (excellente <strong>Florence Loiret-Caille</strong>), manutentionnaire dans une supérette, qui traîne sa jambe comme ses désillusions, et dont le cœur se voudrait de pierre face au tendre Raymond, «&nbsp;l’homme-camion&nbsp;», ancien humoriste, transi d’amour pour elle. Ce cœur qui fait boum boum et dont le battement se slamera triomphalement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Les chevaliers des ondes</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;A défaut de changer la société, ces personnages dans leur routine construisent un collectif, et dans l’adversité, retrouvent la force et la fierté d’être «&nbsp;les chevaliers des ondes&nbsp;» -plutôt positives et résolument libres. Leur choral se structure en chapitres, flanqués d’un prologue et d’un épilogue. Comme les différents morceaux d’un album. Les séquences se suivent, se superposent, patinent à l’instar des discours de vœux des présidents de la République successifs, vendus en DVD au supermarché. On revient en arrière. On mixe. Les dialogues au lyrisme assumé se font drôles, émouvants, décalés. Le réalisateur réinterprète la comédie romantique avec inventivité et espièglerie. S’aventure dans un <em>La La Land</em> en réfectoire. Son naturalisme social se mâtine de poésie, d’onirisme, d’un surréalisme d’irruptions incongrues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nostalgie ici n’est pas réactionnaire. Elle ouvre sur des utopies renouvelées. Le titre, hommage ouvert à l’inoubliable et étrange chanson de <strong>John Lennon</strong> <em>Strawberry Fields Forever,</em> célèbre la force de l’imagination et son éternité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un Champ de fraises pour l&rsquo;éternité</em> d&rsquo; <strong>Alain Raoust</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 1er juillet</p>
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		<title>Direction l’Espagne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Apr 2025 09:01:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Maël Piriou est d’abord un écrivain, de pièces de théâtre, de scenarios. Il a également fait une quinzaine de making of, ce qui lui a donné envie de se lancer dans la réalisation. Aussi accepte-t-il la proposition du producteur Vincent Roget&#160;: faire le remake d’un film flamand, écrit à partir d’un documentaire anglais sur Asta [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maël Piriou</strong> est d’abord un écrivain, de pièces de théâtre, de scenarios. Il a également fait une quinzaine de <em>making of</em>, ce qui lui a donné envie de se lancer dans la réalisation. Aussi accepte-t-il la proposition du producteur <strong>Vincent Roget</strong>&nbsp;: faire le remake d’un film flamand, écrit à partir d’un documentaire anglais sur Asta Philpot, <em>Hasta la Vista </em>de Geoffrey Enthoven: trois jeunes d’une vingtaine d’années, handicapés, aimant le vin et les femmes se décident à aller en Espagne en voiture perdre leur virginité dans un bordel qui offre des services adaptés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il ne va pas faire vraiment un remake&nbsp;: il va conserver la camionnette, le but du voyage et la maladie d’un des personnages. Il aime écrire et c’est à partir de l’acteur <strong>Grégory Gadebois</strong> qu’il construit un des personnages, Lucas, qui va permettre à deux jeunes trentenaires, Mélanie (<strong>Julia Piaton</strong>) et Benjamin (<strong>Quentin Dolmaire</strong>) d’entreprendre ce voyage vers le «<em>&nbsp;bordel inclusif&nbsp;</em>»<em>.</em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film commence à l’hôpital où une jeune femme passe un scanner dont les résultats ne sont pas très positifs. Mélanie, une avocate en fauteuil roulant, a besoin d’espace, de voir son horizon s’élargir, de faire enfin l’amour, elle dont «&nbsp;<em>on n’a jamais caressé les seins</em>&nbsp;» Son ami Benjamin, dont la famille fête les 30 ans, tétraplégique, après un accident de plongeon, vit au ralenti. Sa mère voudrait bien que son oiseau sorte du nid, prenne enfin son envol. Mélanie doit arriver à le convaincre de partir avec elle en Espagne dans un bordel fait pour eux. Il lui reste à trouver un accompagnateur, chauffeur, infirmier. Ce sera Lucas, un accusé qu’elle défend, avec qui elle passe un deal&nbsp;: il les conduit en Espagne et il ne paiera pas ses honoraires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color"><strong>En route</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Commence alors un road movie étonnant&nbsp;dans un van orange rempli d’un tas de choses dont un chat naturalisé. Le travail de Lucas n’est pas de tout repos&nbsp;: il découvre que la vie quotidienne est compliquée pour des gens en fauteuil roulant. Et il s’attache à eux, même si parfois il pique une colère devant Mélanie plus impatiente que Benjamin d’arriver à destination. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rencontres improbables, scènes surprenantes, confidences, le voyage ne manque pas de surprises. L’arrivée dans la région de Bardenas Reales, une terre aride, superbement filmée par le directeur de la photo <strong>Guillaume Schiffman</strong>, fait penser à une scène de western. «&nbsp;<em>C’est un décor incroyable où Terry Gilliam voulait tourner son Don Quichotte et où se déroule Lost in La Mancha&nbsp;</em>» a précisé le réalisateur qui tenait à ces paysages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes le film n’est pas très original mais il fait du bien et les acteurs sont excellents, aussi bien Grégory Gadebois dans ce rôle d’un «&nbsp;méchant&nbsp;» bourru, qui devient gentil et apprend à être utile, que Quentin Dolmaire dans celui de cet homme, taiseux, dont le visage exprime délicatement les émotions. Une séquence à Saint-Jean-de-Luz avec eux dans l’eau est très émouvante. Quant à Julia Piaton, elle incarne à merveille cette femme à la fois déterminée, battante et parfois fragile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color"><em>Une Pointe d’amour</em> en salles le 30 avril</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em> </em></p>
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		<title>Festival « Tous courts », une ouverture en grand  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Dec 2024 14:27:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dans la salle de la Manufacture à Aix-en-Provence comble qu’a démarré le 42e festival  Tous courts. Guy Astic, le président des Rencontres cinématographiques d’Aix, après les traditionnels remerciements aux partenaires qui permettent que ce festival perdure, a présenté le programme de cette édition. Les compétitions internationales, expérimentales et les différents jurys, les autres sections, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est dans la salle de la <a href="https://www.lamanufacture-aix.fr">Manufacture</a> à Aix-en-Provence comble qu’a démarré le 42<sup>e</sup> festival  <em>Tous courts.</em> <strong>Guy Astic</strong>, le président des <em>Rencontres cinématographiques d’Aix</em>, après les traditionnels remerciements aux partenaires qui permettent que ce festival perdure, a présenté le programme de cette édition. Les compétitions internationales, expérimentales et les différents jurys, les autres sections, les cartes blanches, la Nuit du court, placée sous le signe de l’humour « <em>Mieux vaut en rire</em> », mais aussi le Marché du film ; les actions pédagogiques. Bref, de quoi donner l’envie de passer quatre jours à Aix dans les salles de cinéma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour bien commencer, un programme de 6 films, 4 fictions dont un film d d’animation et 2 documentaires. Un choix pertinent et fort intéressant. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier, <em>Apnées </em>de <strong>Nicolas Panay,</strong> nous met en immersion dans un chantier, nous faisant partager le stress de son responsable, Pierre<strong> (Thomas Coumans</strong>)<strong>: </strong>course contre-la-montre pour que les délais soient respectés ; peur d’un accident de travail car les ouvriers sont épuisés <strong>;</strong> solutions à trouver pour calmer les riverains se plaignant de nuisances sonores, visite de Madame la Maire (<strong>Laurence Côte</strong>) injonctions et menaces de ceux qui ont commandé les travaux. La caméra, mobile et très près des personnages, des plans heurtés, nous mettent, comme eux, en apnée. Un court très fort sur le monde du travail.<strong> </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Marée noire</em> de la chorégraphe québécoise <strong>Chantal Caron</strong> nous emmène au milieu d’un paysage où le blanc se bat contre le noir, un univers où deux femmes, déesses marines, sont captives d’une marée noire. Une performance où les corps luttent pour s’échapper&nbsp;: ondulations, pulsions et contractions, avec en toile de fond le fleuve Saint-Laurent au son de la musique d’Arnaud Hug. Un sursaut de survie face aux éléments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film d’animation<em>,</em><strong><em> </em></strong><em>Les belles cicatrices de </em><strong>Raphaël Jouzeau</strong>,en compétition à Cannes 2024, <strong> </strong>raconte la douleur d’un amour perdu :Gaspard aime toujours Leïla.<em> « À elle, j’avais envie de tout dire ! » I</em>ls se retrouvent dans un café rempli de monde, dans des couleurs froides. Quand la conversation tourne mal, Gaspard se réfugie sous la table, se cache sous la nappe ; une sorte de portail vers le fantastique, un refuge où il fuit la réalité et peut revivre les moments insouciants et heureux, tout en couleurs chaudes. Une animation réussie avec des décors à l’aquarelle, des images hybrides et les voix de <strong>Fanny Sidney </strong>et<em> </em><strong>Quentin Dolmaire</strong><em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Valley pride</em> de <strong>Lukas Marxt</strong>, sélectionné à Locarno,est un documentaire fascinant sur le travail humain et son rapport au paysage. Un travelling avant sur une palmeraie filmée à l’envers qui se retourne lentement dans le sens des aiguilles d’une montre : on est au milieu du désert californien et on assiste au ballet du système d’irrigation, des machines agricoles qui tracent de longs sillons, des ouvriers qui cultivent, fertilisent, récoltent et emballent la laitue tels des automates devant d’interminables formations rocheuses. Un film qui met en évidence comment les hommes sont ici le plus petit rouage du travail dans la gigantesque machine agricole tournée vers le profit, souligné par la musique de <strong>Jung An Tagen</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un film plus léger qui a fait sourire la salle&nbsp;: <em>Aux Réformés</em>, le deuxième court de <strong>Lucas Palen</strong>, un réalisateur marseillais. Un film tourné avec les moyens du bord et des acteurs non professionnels dont sa mère et son père. Une jeune femme, Clem doit rencontrer un homme intéressé par un ventilateur qu’elle a mis en vente sur Leboncoin. Mais tout ne se passe pas comme prévu et Clem qui a rendez-vous avec sa mère doit faire face à diverses tâches, à toute vitesse. La caméra la suit de près dans les rues de Marseille, autour des Réformés, ventilateur et bouquet de fleur à la main. Scènes cocasses dont l’accueil d’hôtes Airbnb à la place d’un copain. Une journée pas tout à fait ordinaire d’une jeune femme incarnée avec talent par <strong>Lou Vidal</strong>, dans une mise en scène nerveuse et efficace. Un beau travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour terminer cette séance, le premier film de <strong>Tara Maurel</strong>, <em>Lou.</em> Un film délicat où l’on découvre à hauteur d’enfant l’amour quasi fusionnel d’une petite fille de 5 ans avec sa mère (<strong>Élise Lhomeau</strong>). Une relation qui va être perturbée d’abord par l’odeur étrangère dans la chevelure de sa mère : celle du tabac froid. Et puis des questions pour Lou&nbsp;: qui est cet homme venu passer l’après midi avec elles au bord de la rivière&nbsp;? Bravo à <strong>Azaé Bertizzolo-Carlier</strong>, superbement dirigée pour incarner cette petite fille qui doit accepter qu’elle n’est plus le seul amour de sa mère. &nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse">Le <strong><em><a href="https://festivaltouscourts.com">Festival Tous Courts</a></em></strong> se tient du<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 3 au 7 décembre 2024.</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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