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	<title>Archives des Rachida Dati - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Rachida Dati - Journal Zebuline</title>
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		<title>Audiovisuel public : La télé, un bien commun ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 10:03:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis juillet 2025, la commission culture du PCF, présidée par Pierre Dharréville, initie des rencontres sur « l’état d’urgence culturel » et Pierre Laurent, responsable du collectif médias de cette commission, a organisé ces tables rondes qui ont fit le point sur les menaces et attaques, mais aussi rappelé l’histoire riche et fascinante de l’audiovisuel [&#8230;]</p>
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<p>Depuis juillet 2025, la commission culture du PCF, présidée par Pierre Dharréville, initie des rencontres sur « l’état d’urgence culturel » et Pierre Laurent, responsable du collectif médias de cette commission, a organisé ces tables rondes qui ont fit le point sur les menaces et attaques, mais aussi rappelé l’histoire riche et fascinante de l’audiovisuel français.</p>



<p>Informer, cultiver divertir sont les trois missions de l’audiovisuel public. Si les restrictions imposées à la création audiovisuelle sont inquiétantes (voir encadré I-a ci-dessous), celles sur l’information mettent en danger la démocratie, a magistralement rappelé <strong>Dominique Pradalié</strong>, présidente de la Fédération Internationale des Journalistes, et ancienne secrétaire générale du Syndicat National des Journalistes (SNJ). Or France Télévision ne dispose plus de moyens suffisants pour produire une information vérifiée et pertinente. Elle constate que les médias privés ne respectent pas leur obligation de pluralisme interne (voir encadré II-a ci-dessous), que l’Arcom (ex-CSA) ne joue pas son rôle de régulateur, et que le ministère exempte les chaînes privées de cette obligation, pourtant inscrite dans les lois de l’audiovisuel.<em> </em></p>



<pre class="wp-block-verse"><em>I-a :</em> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Impact sur la création</mark></strong><br>France Télévisions est le premier financeur de la création audiovisuelle, et un important financeur du cinéma français et européen. Les 80 millions d’économie qui devront s’opérer en 2026 impacteront directement les œuvres et leurs auteurs, en particulier les créations régionales, les documentaires et magazines, et les œuvres de fiction : il est d’ores et déjà prévu 80 épisodes de fiction en moins. Quant au cinéma, la baisse de financement de France Télévisions va le toucher gravement : il devra éponger 10 millions en moins (sur 80 que France Télévisions consacre chaque année au cinéma), avec un financement qui cible le cinéma indépendant, préfinance au moins 60 films par an. Bien loin du financement de Canal+ et Bolloré. A.F.</pre>



<p><strong>Pauline Amiel</strong>, directrice de l’EJCAM (école de journalisme et de communication d’Aix Marseille) expose avec brio les cadres législatifs mais aussi l’histoire des journalistes de l’audiovisuel, et rappelle l’importance des antennes régionales et locales&nbsp;«&nbsp;<em>qui sont les premières à disparaître alors qu’elles sont nécessaires à l’égalité territoriale et à la démocratie locale&nbsp;</em>».</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>II-a :</em> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pluralisme externe, pluralisme interne</mark></strong><br>Les décisions du Conseil constitutionnel de septembre 1986, relatives à la liberté de communication, fondent et fixent la notion de « pluralisme » de la presse : hors audiovisuel, une autorité de régulation publique doit veiller au « pluralisme externe », c’est à dire à « <em>la présence d’une diversité d’acteurs médiatiques sur le marché représentant des lignes éditoriales variées et qui ont des propriétaires différents</em> ». La concentration actuelle des propriétaires de presse contredit manifestement ce pluralisme. Quant au « pluralisme interne », il est réservé aux médias audiovisuels. Il ne s’agit pas pour eux, publics ou privés, d’être neutre vis à vis de l’information, mais chaque média audiovisuel doit « <em>respecter l'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion dans les programmes, en particulier pour les émissions d'information politique et générale. </em>» Y compris Cnews, que l’Arcom pourtant ne sanctionne pas, malgré l’enquête menée par Reporters sans frontières. Arnaud Froger, responsable du bureau investigation dénonce des « <em>rattrapages nocturnes des temps de parole, traitement univoque des sujets controversés, couverture abondante d’une poignée de sujets[...] CNews est la seule chaîne à s’éloigner autant des critères établis par l’Arcom pour faire respecter le pluralisme à l’antenne. Ce grand contournement de la loi et des règles fixées s’opère en toute impunité</em>. » Or les radios et chaînes privées sont soumises aux mêmes obligations de « pluralisme interne » que l’audiovisuel public, contrairement à ce qu’a dit Delphine Ernotte, présidente de Fance Télévisions qui estime que l’audiovisuel privé peuvent être des « médas d’opinion ». A.F.</pre>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pas de gabegie, des records d’audience</mark></strong></p>



<p>Dominique Pradalié enchaîne et décrit «&nbsp;<em>ce qui s’apparente à une mise à mort en cours depuis des années&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>depuis le démantèlement de l’ORTF&nbsp;</em>»<em>, </em>la disparition de la redevance «&nbsp;<em>qui permettait d’ assurer un budget plancher et une indépendance vis à vis du pouvoir en place&nbsp;»</em>, la «&nbsp;<em>publicité prohibée après 20 h&nbsp;</em>» qui a entraîné une perte de recettes considérable au profit des chaînes privées, la fin des JT de nuit et des décrochages régionaux, ainsi que des «&nbsp;<em>services&nbsp;</em>»&nbsp;(social, international, culture, santé…) qui garantissaient une «&nbsp;<em>information informée et de qualité&nbsp;</em>».</p>



<p>Ces attaques successives «&nbsp;<em>sous prétexte de gabegie</em>&nbsp;», <strong>Pierre Mouchel </strong>(CGT France TV) les souligne également, expliquant qu’en 2026 France TV, qui doit économiser 80 millions supplémentaires, ne peut que basculer ans la crise budgétaire ouverte. «&nbsp;<em>L’audiovisuel public français est économe, il coûte 4,3 milliards aux Français, alors que l’audiovisuel allemand coûte plus de 10 milliards…&nbsp;</em>»Il souligne aussi, comme tous les intervenants, les records d’audience de France TV et Radio France, «&nbsp;<em>malgré les décisions hâtives sur les grilles de la direction, parce que le personnel tient bon</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Gouvernement marâtre</mark></strong></p>



<p>Car, le martèlera ensuite <strong>Sylvie Robert</strong>, vice-présidente du Sénat (PS) et membre de sa commission culture, le procès fait à l’audiovisuel public par Rachida Dati relève d’une campagne de dénigrement. « <em>Le gouvernement ne soutient pas l’audiovisuel public, alors qu’il en est la tutelle</em> ». La sénatrice rappelle que depuis le 20 mai 2025 le règlement européen sur la liberté des médias oblige les États membres à financer l’audiovisuel public (voir encadré III-a ci-dessous). </p>



<pre class="wp-block-verse"><em>III-a :</em> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’Europe et la redevance</mark></strong><br>Le <em>Media Freedom Act</em> adopté par l'Union européenne, est d'application directe en France. Son article 5 dispose que :<br>«<em> Les États membres veillent à ce que les procédures de financement des fournisseurs de médias de service public soient fondées sur des critères transparents et objectifs préalablement établis. Ces procédures de financement garantissent que les fournisseurs de médias de service public disposent de ressources financières suffisantes, durables et prévisibles correspondant à l'accomplissement de leur mission de service public et leur permettant de se développer dans le cadre de celle-ci. Ces ressources financières sont de nature à permettre que l'indépendance éditoriale des fournisseurs de médias de service public est préservée</em>. »<br>Pour garantir des ressources financières « <em>suffisantes, durables et prévisibles</em> » Sylvie Robert préconise « <em>le rétablissement de la redevance</em>», outil « <em>socialement juste et fiscalement efficace</em> ». La généralisation de la redevance télé à une redevance « écran » diffusant l’audiovisuel, est également discutée. <em>A.F.</em></pre>



<p>Mais pour quel audiovisuel public ? <strong>Daniel Schneidermann</strong>, créateur d’<em>Arrêts sur Images</em> souligne avec humour le paradoxe de sa présence à ces tables rondes : « <em>J’ai été viré par Patrick de Carolis et j’ai dû externaliser la critique interne… L’audiovisuel public a renoncé à l’enquête, à la critique des médias</em> ». L’Arcoma déclaré le 28 novembre 2025 qu’ «<em> il n’y a pas d’atteinte au pluralisme sur CNews</em> » et la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les médias « <em>a importé le maccarthysme dans les murs de la république </em>». </p>



<p>Un bilan pessimiste ? Rachida Dati n’est plus ministre, sa loi sur l’audiovisuel n’a pas été votée, mais France TV, Radio France et l&rsquo;INA, privés de redevance et de recettes publicitaires, doivent répercuter 86 millions de réductions, dont 80 millions pour la seule France Télévisions. Vous feriez comment ? </p>



<p>Agnès Freschel</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici </a></p>
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		<title>« La diffusion de la création artistique est libre »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 12:54:44 +0000</pubDate>
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<p>Rachida Dati a créé en avril 2025 un poste de Haute fonctionnaire pour la Liberté de création au ministère de la Culture, et y a nommé Juliette Mant, adjointe à la culture d’Arcueil. Une nomination qui en dit long sur la nécessité, pour les programmateurs, les collectivités et les artistes, de pouvoir en rappeler la loi, et préserver un droit fondamental. Celui-ci a été défini en 2005 dans la Convention de l’Unesco sur la liberté artistique, qui regroupe un ensemble de droits protégés en droit international. Dont «&nbsp;<em>le droit à la création sans censure ni intimidation&nbsp;».</em></p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des inquiétudes nouvelles</mark></strong></p>



<p>Si ce droit peine à s’installer pour tous·tes, la France était à peu près, depuis la fin de la guerre d’Algérie, préservée de la censure artistique. Mais «&nbsp;L’ordonnance Dieudonné&nbsp;», comme le rappelle Juliette Mant, est venue changer la donne&nbsp;: le 9 janvier 2014, l’humoriste, condamné auparavant pour antisémitisme, a vu son spectacle <em>Le Mur</em> interdit à Nantes au motif de «&nbsp;<em>trouble à l’ordre public&nbsp;</em>» parce qu’il&nbsp;«&nbsp;<em>porte atteinte à la dignité humaine&nbsp;</em>» et à la «&nbsp;<em>cohésion nationale</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Cette mesure, qui allait à l’encontre de la décision précédente du tribunal administratif, a été imposée par le ministre Manuel Valls, et a immédiatement suscité l’inquiétude des magistrats&nbsp;: comment garantir que ces concepts flous, entre les mains de forces réactionnaires ou fascisantes qui exercent localement le pouvoir, n’en viennent pas à interdire l’immoralité, la critique politique, l’évocation de la guerre génocidaire à Gaza, le « <em>blasphème</em>&nbsp;», la nudité, les représentations de l’homosexualité ou du queer, le «&nbsp;<em>wokisme</em>&nbsp;»&nbsp;?&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">J’veux du queer !</mark></strong></p>



<p>Comme l’explique Alexie Lorca, adjointe à la culture de Montreuil, «&nbsp;<em>le problème est qu’il est difficile de faire comprendre aux féministes, aux antiracistes, qu’interdire une œuvre artistique au prétexte des valeurs réactionnaires qu’elle diffuse est dangereux pour la démocratie&nbsp;</em>».</p>



<p>En effet, ceux qui voudraient interdire la <em>Mégère apprivoisée</em> ou <em>Tarzan</em> (où les singes sont plus malins que les Noirs) mesurent-ils qu’ils attaquent aussi la liberté des artistes qui expriment des concepts émancipateurs&nbsp;? On ne peut pas interdire les artistes russes, les compagnies israéliennes, y compris ceux qui soutiennent leur gouvernement, sans prendre le risque de vouer au silence les Palestiniens&nbsp;sous prétexte d’un risque de trouble à l’ordre public. Sans prendre le risque d’une censure d’extrême droite.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Délit d’entrave</mark></strong></p>



<p>Aymeric Sasseau, adjoint à la culture de Nantes, souligne que la loi est appliquée avec plus ou moins de célérité et de rigueur. Les responsables d’un bar associatif lors d’un festival organisé dans sa ville ont été convoqués par la police et ont dû répondre d’un tag ACAB (All cops are bastards)&nbsp; en «&nbsp;<em>72h chrono</em>&nbsp;». En revanche les intégristes catholiques qui ont empêché, «<em>&nbsp;par une manifestation violente assortie de coups de pieds&nbsp;</em>», le concert de l’organiste Anna von Hausswolff en décembre 2021 à Nantes d’abord, puis à Paris, ne sont toujours pas inquiétés.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Soutenir le peuple palestinien, illégal en France ? </strong><br></mark>Le 2 juillet dernier, le préfet de Haute-Loire interdisait un rassemblement de soutien au peuple palestinien organisé à Chambon-sur-Lignon. Quelques jours plus tard, le 9 juillet, Victor Cachard, libraire de la petite ville, recevait cette lettre de la préfecture :<br>« <em>Par arrêté préfectoral du 2 juillet 2025 j’ai interdit, au titre du code de la sécurité intérieure, tout rassemblement de soutien au peuple palestinien […] eu égard au risque de troubles de l’ordre public. En dépit de cette interdiction le rassemblement s’est tenu le 4 juillet et vous avez été identifié comme l’un des organisateurs </em>». <br>S’ensuivent l’évocation de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amendes, et la menace d’un signalement au Procureur de la République. Un cas qui ne relève pas de la liberté artistique mais de la liberté de manifestation. Cependant la menace sur un libraire qui organise des débats s’est exprimé clairement, et sans trouble à l’ordre public constaté lors de cette manifestation « illégale ». Illégalisée ? <em>A.F.</em></pre>
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		<title>États généraux de la culture : tribune prononcée à Avignon </title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Apr 2025 14:31:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Nous vivons une période exceptionnelle, une période dans laquelle on en appelle à la démocratie et à l&#8217;État de droit contre des décisions de justice. Une période dans laquelle on bombarde&#160; continuellement des populations civiles en prétendant résoudre des conflits. Une période pendant laquelle une austérité budgétaire sans précédent empêche de faire fonctionner dignement les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>«&nbsp;Nous vivons une période exceptionnelle, une période dans laquelle on en appelle à la démocratie et à l&rsquo;État de droit contre des décisions de justice. Une période dans laquelle on bombarde&nbsp; continuellement des populations civiles en prétendant résoudre des conflits.</p>



<p>Une période pendant laquelle une austérité budgétaire sans précédent empêche de faire fonctionner dignement les services publics de la santé, de l&rsquo;éducation ou de la culture. Une période où on se retrouve comme sidérés face à cette actualité ultra-violente.</p>



<p>Précisément dans ce moment, face à l&rsquo;obscurantisme, l&rsquo;autoritarisme et la banalisation des idées d&rsquo;extrême droite, la culture devrait nous servir de boussole. Or cette dernière est violemment mise en péril. Personne ici, de son vivant, n&rsquo;a vécu de coupes budgétaires aussi drastiques que celles qui ont lieu actuellement.&nbsp;</p>



<p>Nous sommes dans un lieu exceptionnel où fut inventée et expérimentée la culture de service public par un des pionniers du théâtre national populaire, Jean Vilar. Citons-le, juste pour le plaisir «&nbsp;<em>Le théâtre </em>[et par extension la culture]<em> est une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin. La culture est donc au premier chef un service public, tout comme le gaz, l&rsquo;eau, l&rsquo;électricité</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Nous sommes nombreuses et nombreux à partager cette conviction. Les arts et la culture ne sont pas un lien comme les autres, ils ne doivent pas répondre à la logique du marché, de l&rsquo;industrie ou de la rentabilité. Pour garantir la diversité des œuvres et développer la pratique artistique nous devons défendre avec force la nécessité d&rsquo;un service public de la culture et du spectacle vivant.&nbsp;</p>



<p>Qu&rsquo;en est-il dans notre territoire ?</p>



<p>Dans le cadre de <a href="https://avignon2025.fr">Terre de Culture 2025,</a> la ville d&rsquo;Avignon consacre un budget annuel particulièrement important à la culture. Le Grand Avignon, quant à lui, a voté un budget de culture à la hausse cette année et le département du Vaucluse a rassuré le secteur en maintenant finalement sa dotation au niveau de l&rsquo;année précédente.</p>



<p>Mais dézoomons un peu. Cette année, une baisse de 7,7% du budget de la culture a été votée par la Région Sud. Petite joueuse, comparée à la région Pays de la Loire, et ses 73% de baisse ! Christelle Morançais est élue tronçonneuse d&rsquo;or de l&rsquo;année 2025 [<em><a href="https://journalzebuline.fr/pays-de-la-loire-la-culture-mise-en-coupe-reglee/">Lire ici</a></em>]. </p>



<p>Vous pouvez, collectivement, ne pas l&rsquo;applaudir, sans oublier Kléber Mesquida, tronçonneur d&rsquo;argent, le président du Conseil départemental de l&rsquo;Hérault qui reste sur le podium&nbsp;: il était parti sur un chiffre record de 100% de baisse mais a dû se contenter de 25% suite à la forte mobilisation des travailleuses et des travailleurs.</p>



<p>Et que dire des 150 millions de baisse dans le budget du ministère de la Culture qui sont annoncés pour 2025 et sont accompagnés des 2,5 milliards d&rsquo;économies demandées par l&rsquo;État aux collectivités territoriales&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>Alors, nous aimerions réaffirmer à Rachida Dati que la culture est essentielle, car c&rsquo;est notre bijou et nous savons que madame la ministre aime ça… la culture.</p>



<p>Quant à notre ministre de l&rsquo;Éducation nationale, madame Borne, si elle cherche des idées innovantes pour permettre aux plus jeunes élèves de trouver la voie, nous lui proposons non seulement de dégeler la part collective de la culture, mais également de l&rsquo;étendre… jusqu&rsquo;à la maternelle&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>Plus sérieusement&nbsp;: nous sommes des centaines de milliers d&rsquo;artistes, techniciens, personnels administratifs et d&rsquo;accueil à œuvrer collectivement pour que le spectacle soit un bien commun. Derrière les œuvres, il y a des professionnels engagés qui continuent, malgré les difficultés actuelles, à faire vivre ce projet politique essentiel.</p>



<p>Que vont devenir nos métiers ?</p>



<p>Que dire à tous les jeunes qui rêvent encore de devenir artistes, techniciens, techniciennes du spectacle vivant ? Que les conditions de travail sont de plus en plus précaires ? Que les plannings se vident ? Que malgré l&rsquo;inflation, les salaires n&rsquo;augmentent toujours pas ?</p>



<p>Qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, financer une création est devenu un parcours du combattant ? Car oui, c&rsquo;est la réalité pour une grande partie des travailleurs et des travailleuses de la culture, l&rsquo;avenir devient moins désirable que le passé. Et nous n&rsquo;avons pas envie de dire que c&rsquo;était mieux avant.</p>



<p>Nous voulons crier « ce sera mieux que demain ».</p>



<p>Pour que ce soit le cas, voici nos revendications&nbsp;:</p>



<p>Refinancement immédiat des services publics de l&rsquo;art et de la culture.&nbsp;</p>



<p>Préservation, sanctuarisation et prolongement du Fonpeps.&nbsp;</p>



<p>Abrogation de la réforme de l&rsquo;audiovisuel public.&nbsp;</p>



<p>Et pour aller plus loin&nbsp;: engagement financier de l&rsquo;État dans les écoles d&rsquo;art territoriales, et entrée des artistes-auteurs dans la caisse commune de l&rsquo;assurance chômage.&nbsp;</p>



<p>Pour que la culture ne devienne pas un privilège mais demeure un droit accessible à toutes et à tous, restons mobilisés.&nbsp;»</p>



<p>Jérémy Bourges et Marie Hurault, CGT spectacle de Vaucluse</p>



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		<title>Ça ne pass pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Feb 2025 10:32:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[Haut Conseil de l'éducation artistique et culturelle]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Non mais on croyait quoi&nbsp;? Que Rachida Dati, nommée ministre de la Culture par trois premiers ministres successifs (honneur que seuls Malraux et Jack Lang ont connu), allait comprendre l’inanité du pass Culture, dispositif extrêmement coûteux pour l’État et son ministère&nbsp;? Et qu’elle allait donc le réformer pour que l’argent public cesse d’alimenter des intérêts privés sans réellement enrichir et diversifier les usages culturels des jeunes&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>Las, comme disaient des poètes que plus personne n’achète, c’était faire crédit à la ministre d’un sens du bien public, du bien commun, qu’on est en droit d’attendre d’un serviteur de l’État. Las, (je persiste), nous avions, dans l’affolante dégringolade internationale vers une intense nazification décomplexée, presque oublié les petits antécédents judiciaro-capitalistiques, somme toute véniels, de la ministre. Certes, elle est mise en accusation, à la demande du parquet national financier pour «&nbsp;<em>corruption et trafic d’influence passifs par personne investie d’un mandat électif public au&nbsp;sein d’une organisation internationale</em>&nbsp;» avec le très aimable, honnête et courageux Carlos Ghosn. Cela n’augure pas vraiment d’un amour illimité pour le bien public et d’une absence d’intérêt pour les capitalistes français, souvent dénigrés. Sérieux, on pensait vraiment que Rachida Dati allait sacrifier les intérêts de la Fnac, de Pathé et d’Hachette pour défendre le service public de la culture et les dispositifs d’éducation artistique et culturelle&nbsp;?&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Financer les bénéfices privés</mark></strong></p>



<p>Le scandale du pass Culture repose sur deux aberrations dénoncées par la cour des comptes. Sa gestion par un organe privé d’un budget presque exclusivement public, et sur lequel l’État n’a pas de droit de regard, en particulier sur la hauteur des rémunérations de ses 190 salariés ; son absence de fléchage des dépenses de la «&nbsp;part individuelle&nbsp;», celle que chaque jeune décide d’utiliser comme il le veut, y compris pour acheter une PS5, faire un escape game ou voir un navet interstellaire. L’argent public, le nôtre, sert donc les intérêts des industries culturelles sans changer les usages culturels, pauvres ou riches, de nos jeunes.</p>



<p>Pourquoi donc se plaindre du brutal arrêt du dispositif&nbsp;? Parce qu’aux marges de la gabegie les librairies indépendantes constatent aussi un accroissement de leurs ventes grâce au pass Culture, même si une part se concentre sur les mangas et les bestsellers. Mais aussi, surtout, parce que la «&nbsp;part collective&nbsp;» gérée par les professeurs permet aujourd’hui de financer les sorties des élèves, et est devenue importante pour les recettes des théâtres et lieux culturels qui mettent en place des dispositifs à destination des jeunes. En ces temps de disette, cette part de recettes n’est plus négligeable.</p>



<p>Alors que le Haut Conseil de l&rsquo;éducation artistique et culturelle est violemment attaqué par le Sénat, que les subventions aux associations culturelles et sociales sont en baisse drastique, que les adultes relais sont supprimés par l’État, que les services civiques sont suspendus, c’est toute une chaîne patiemment construite entre les générations, les cultures et les pratiques qui est attaquée, de toute part.&nbsp;</p>



<p>Les capitalistes ont-ils oublié que souffler sur les braises des guerres sociales ne peut, à terme, que desservir leurs intérêts, et nous entraîner tous ensemble vers un nazisme réinventé, que seuls des esprits libres, démocratiques, éduqués, cultivés, savent combattre&nbsp;? &nbsp;</p>



<p>AgnÈs Freschel</p>



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		<title>Marseille enfin classée !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2025 12:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique Culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’enjeu pour Marseille est de taille. Seulement 93 monuments sont protégés à ce jour, quand Bordeaux en compte près de 400 ou Nancy 260. Avec l’annonce de Rachida Dati de protéger une cinquantaine de sites supplémentaires, c’est une partie du retard accumulé par la deuxième ville de France qui s’estompe. Car un classement ou une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’enjeu pour Marseille est de taille. Seulement 93 monuments sont protégés à ce jour, quand Bordeaux en compte près de 400 ou Nancy 260. Avec l’annonce de Rachida Dati de protéger une cinquantaine de sites supplémentaires, c’est une partie du retard accumulé par la deuxième ville de France qui s’estompe. Car un classement ou une inscription au titre de monument historique, s’ils impliquent des contraintes de conservation, ouvrent aussi des droits à la communication, et la possibilité d’obtenir des financements publics importants pour les travaux de réhabilitation&nbsp;: jusqu’à 80% pour les classés, 40% pour les inscrits. <strong>Perrine Prigent</strong>, adjointe au maire en charge de la valorisation du Patrimoine se félicite «<em>&nbsp;que la ministre ait entendu le besoin de rattrapage de de Marseille sur le plan de la protection patrimoniale&nbsp;</em>» après avoir mené, depuis 2020, «<em>&nbsp;en coopération avec les services de l’État&nbsp;</em>» un travail de priorisation et de repérage «<em>&nbsp;qui a abouti à une demande de protection de 40 sites&nbsp;</em>»<em>.&nbsp;</em></p>



<p>L’église Saint-Ferréol, par exemple, avait été fermée d’urgence en octobre parce que l’usure d’une poutre maîtresse mettait en danger la structure et les visiteurs. Le diagnostic et les travaux d’urgence ont été effectués «<em>&nbsp;en lien avec les services de l’État, ce qui a permis la réouverture de l’édifice le 24 décembre.&nbsp;</em>»</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Prière de protéger </mark></strong></p>



<p>Même si les monuments protégés relèvent souvent du patrimoine religieux, <strong>Jean-Marc Coppola</strong>, adjoint à la Culture, se félicite aussi du classement de nombreux bâtiments à usage culturel, qui nécessitent des travaux importants à ce jour, pour lesquels « <em>des financements seront demandés et devraient être obtenus&nbsp;: les engagements de la ministre vont nous permettre d’aborder sereinement les prochaines phases de travaux, en particulier de l’Opéra et du Palais Carli ainsi que du bâtiment de l’École Nationale Supérieure de Danse de Marseille.&nbsp;</em>»</p>



<p>Ces 40 protections viennent s’ajouter aux <em>«&nbsp;24 obtenues depuis 2022, dont la Fontaine Cantini et les Grands escaliers de la gare Saint-Charles&nbsp;».</em> Les protections concernent essentiellement du patrimoine municipal mais aussi Notre-Dame de la Garde qui appartient au diocèse, la cathédrale arménienne et l’église orthodoxe grecque, le Palais de la Bourse à la Chambre de commerce et d’industrie, des biens privés, les lycées Montgrand et Thiers qui appartiennent à la Région.</p>



<p>Un rattrapage historique, après des années de «<em>&nbsp;désintérêt du patrimoine bâtimentaire par la Ville, qui n’était pas répertorié&nbsp;</em>»<em>, </em>dénonce Jean-Marc Coppola. Par peur des engagements conjoints que cela entraîne&nbsp;? «<em>&nbsp;Peut-être, mais surtout par négligence, à l’image des immeubles d’habitation et des écoles négligées.&nbsp;</em>»</p>



<p>SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Édifices déjà inscrits,</strong> <strong>en attente de classement </strong><br>École nationale de danse (VILLE) ; <br>Musée Grobet-Labadié (VILLE) ;<br>Fontaine Cantini (VILLE) ; <br>Fontaine des Danaïdes (VILLE) ; <br>Fontaine Estrangin (VILLE) ; <br>Monument aux Mobiles (VILLE) ; <br>Domaine Borély (VILLE) ; <br>Escalier Saint-Charles (MÉTROPOLE/VILLE)<br>Église des Chartreux (VILLE) ; <br>Sacré-Cœur du Prado (VILLE) ; <br>Église Saint-Ferréol-Les- Augustins (VILLE) ; <br>Sainte-Marie-Majeure, extension (ÉTAT) ;<br>Mazargues War Cemetery (ÉTAT) ; <br>Palais de la Bourse (CCI) ; <br>Hôtel de Pesciolini, extension (PRIVÉ)<br><br><strong>Édifices à inscrire</strong><br>Chapelle Saint-Etienne et digue de Berry au Frioul (VILLE) ;<br>Chapelle Saint-Joseph-du- Cabot (VILLE) ;<br>Église de la Trinité/La Palud (VILLE) ;<br>Église Notre-Dame-du-Mont (VILLE) ;<br>Église Saint-André Séon (VILLE) ;<br>Église Saint-Barnabé (VILLE) ; <br>Église Saint-Lazare (VILLE) ; <br>Château Pastré et son parc (VILLE) ;<br>Jardin de la Colline Puget (VILLE) ; <br>Parc Chanot (VILLE) ;<br>Caserne des Marins-Pompiers (VILLE) ;<br>Monument aux aéronautes Capazza et Foncière (VILLE) ; <br>Monument des Rapatriés (VILLE) ;<br>Obélisque de Mazargues (VILLE) ; <br>Palais du Pharo (VILLE) ; <br>Bastide Saint-Joseph et parc du Grand Séminaire (VILLE) ; <br>Mairie des 13-14e (VILLE) ; Crématorium Saint-Pierre (VILLE) ;<br>Cité des Associations (VILLE) ; <br>Citerne des Moulins (VILLE) ; <br>Halle Puget (VILLE) ;<br>Piscine Tournesol de la Martine (VILLE) ; <br>Basilique Notre-Dame de la Garde (DIOCÈSE) ;<br>Église Saint-Martin d'Arenc (DÉPARTEMENT) ;<br>Cathédrale arménienne (PRIVÉ) ; <br>Centre Notre-Dame du Roucas (PRIVÉ) ;<br>Chapelle Saint-Georges (PRIVÉ) ; <br>Église orthodoxe grecque de la Dormition (PRIVÉ) ; <br>Colonne de l'immaculée Conception (PRIVÉ) ;<br>Maison de Pierre Puget (PRIVÉ) ; <br>Batterie Fenouil à l'Estaque (PRIVÉ) ;<br>Villa Gastaud (PRIVÉ) ; <br>Cheminée rampante de l'ancienne usine Legré-Mante (PRIVÉ) ;<br>Lycée Montgrand, extension (RÉGION) ;<br>Lycée Thiers (RÉGION), <br>Blockhaus du lycée Saint-Charles (RÉGION)<br><em>Liste communiquée par la Préfecture</em></pre>



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		<title>Coupes budgétaires : Brecht, Foucault… et Le Maire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jun 2024 13:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Face à Rachida Dati et devant les téléspectateurs, vous parlez de plan de licenciement massif dans la culture. À quoi faites-vous allusion&#160;?&#160; Régis Vlachos. À l’amputation de 204 millions du ministère de la Culture. Qui entre dans un plan global qui ampute aussi l’écologie de 2 milliards, le travail et l’emploi de 1 milliard… [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Zébuline. Face à Rachida Dati et devant les téléspectateurs, vous parlez de plan de licenciement massif dans la culture. À quoi faites-vous allusion&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Régis Vlachos.</strong> À l’amputation de 204 millions du ministère de la Culture. Qui entre dans un plan global qui ampute aussi l’écologie de 2 milliards, le travail et l’emploi de 1 milliard… Le 22 février un décret au <em>Journal officiel</em> est venu nous dire qu’il fallait économiser 10 milliards sur le budget de l’État. Un serrage de vis qui est venu s’ajouter aux 16 milliards déjà soustraits au budget 2024. Précisément, la création, le programme 131 du ministère de la Culture, est amputée de 96 millions. Concrètement des centaines de spectacles ne verront pas le jour.&nbsp;</p>



<p>Mais ce n’est pas tout&nbsp;: de nombreuses scènes conventionnées n’arrivaient déjà plus à boucler leur budget et ont dû annuler, avant même ces coupes, une grosse partie de leur programmation. Le constat est unanime, aujourd’hui, des compagnies doivent renoncer à la moitié de leurs représentations ; d’autres mettent la clé sous la porte. Des milliers d’emplois&nbsp; artistiques et techniques sont menacés. Sans décision immédiate et un plan d’aide à la diffusion et à la création, nous vivons effectivement un plan de licenciement massif qui ne dit pas son nom.</p>



<p><strong>Mais le gouvernement assure que ces économies sont nécessaires. Pensez-vous que la culture ne doit pas en prendre sa part&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Ce sont de petits mensonges entre amis riches. «&nbsp;<em>Celui qui ne connaît pas la vérité, celui là est un imbécile&nbsp;; mais celui qui la connaît et la nomme mensonge celui ci est un criminel&nbsp;!</em>&nbsp;»&nbsp; écrivait Brecht dans <em>La Vie de Galilée</em>. Soyons clairs&nbsp;avec la dette publique, l’idée qu’il faut faire des économies, qu’il ne faut pas faire fuir les capitaux ni créer de nouveaux impôts est un mensonge.Bruno Le Maire sait très bien que des centaines de milliards d’euros de crédits d’impôts versés aux entreprises sont allées directement aux actionnaires. Les profits capitalistes sans précédent de 2023 ont été construits avec de l’argent public. Bruno le Maire connaît la vérité, ceux qui répandent l’idée de nécessaire coupe budgétaire pas toujours. Ils se distribuent, selon Brecht, entre criminels et imbéciles. Mais le plan de licenciement massif est loin de reposer sur cette seule coupe budgétaire, qui ne concerne que la culture publique financée par l’État.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="321" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=696%2C321&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-124213" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=1024%2C473&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=300%2C139&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=768%2C355&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=1536%2C709&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=2048%2C946&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=150%2C69&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=696%2C321&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=1068%2C493&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=1920%2C887&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?resize=909%2C420&amp;ssl=1 909w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/06/IMG_4089.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Screenshot</figcaption></figure>



<p><strong>En quoi le théâtre privé est-il concerné par le recul des financements d’État&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Quand le public est sans fric le privé se retrouve privé… de financements&nbsp;! Pour le spectacle vivant privé, c’est à dire l’ensemble des lieux et compagnies qui ne touchent pas de subventions, ou de manière anecdotique, la survie dépend uniquement des recettes. Et seuls un certain nombre de lieux et de compagnies vivent très bien de leur billetterie, notamment pour les grands succès parisiens, les one wo·man show ou les boulevards formatés pour faire de l’argent. Mais l’immense majorité des compagnies de théâtre privé n’ont pour vivre que les cessions faites aux communes de France. Une compagnie qui pouvait faire 30 dates de tournée dans l’année, faire de bons cachets aux artistes et techniciens et dégager sur chaque cession de quoi rembourser les frais de création du spectacle, est aujourd’hui autour de 10 dates. Et encore…</p>



<p><strong>Pourquoi&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Les communes et les collectivités n’ont plus d’argent :l’État se dégage sur elles de ses compétences et réduit leurs possibilités de recettes. Résultat, elles se concentrent sur leurs compétences obligatoires et réduisent ce qui leur semble superflu. Evidemment, cela tombe souvent sur le budget culturel et notamment l’achat de spectacles pour la saison culturelle. Tous les ingrédients d’une faillite massive sont réunis.&nbsp;</p>



<p><strong>Est-ce une volonté selon vous, une stratégie&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Peut être s’agit-il, comme le disait Michel Foucault sur tout autre chose, d’une stratégie sans stratège&nbsp;: on liquide au maximum les compagnies et les créations théâtrales jugées trop nombreuses et souvent trop engagées par cet assèchement des budgets culturels. On rend impossible ainsi l’intermittence d’artistes et techniciens qui vont abandonner et se tourner vers d’autres métiers. Et ne resteront dans le privé que des spectacles rentables aux thématiques consensuelles qui seuls peuvent se passer des subsides de l’État et des collectivités.&nbsp;</p>



<p><strong>Une culture rentable qui se soustrait à la notion d’utilité publique&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Oui, avec des aides publiques réorientées vers la consommation, et non la création et la diffusion. Bien évidemment, on n’a pas touché au Pass Culture qui coûte 200 millions d’euros, soit deux fois la coupe de la création ;&nbsp; les jeunes s’en servent essentiellement pour aller à Cultura, s’abonner à Spotify, acheter des mangas et voir des succès du box office… et très peu pour aller au théâtre&nbsp;!&nbsp;</p>



<p>Mais pour ce qui est de l’utilité publique, le spectacle vivant et celleux qui le font vivre ne sont pas juste le signe de l’exception culturelle française et le moteur d’émancipation de l’imaginaire&nbsp;: les gens remplissent les salles de théâtre, le festival Off d’Avignon a connu une fréquentation historique l’an dernier&nbsp;; le spectacle vivant est aussi une économie dynamique et novatrice&nbsp;: laissons les artistes travailler et vivre de leur métier&nbsp;!</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL</p>



<p>* La CGT Spectacle, ou Fédération nationale des syndicats du spectacle, du cinéma, de l&rsquo;audiovisuel et de l&rsquo;action culturelle (FNSAC-CGT), regroupe 12 syndicats professionnels&nbsp;: acteurs, musiciens, techniciens, administratifs, audiovisuel, etc.</p>
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		<title>La FNCC à la recherche d’un nouveau pacte </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Apr 2024 15:10:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. D’abord, qu’est-ce que la FNCC ?Frédéric Hocquard. C&#8217;est une fédération qui existe depuis 1960, et regroupe des élus à la culture, de différentes collectivités, beaucoup de communes, mais aussi des départements, des régions, des intercoms, des métropoles… C&#8217;est une fédération pluraliste sur le plan politique, donc avec des élus de différentes sensibilités politiques. Ces [&#8230;]</p>
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<p><strong>Zébuline. D’abord, qu’est-ce que la FNCC ?<br>Frédéric Hocquard.</strong> C&rsquo;est une fédération qui existe depuis 1960, et regroupe des élus à la culture, de différentes collectivités, beaucoup de communes, mais aussi des départements, des régions, des intercoms, des métropoles… C&rsquo;est une fédération pluraliste sur le plan politique, donc avec des élus de différentes sensibilités politiques. Ces élus réfléchissent autour des questions culturelles et cherchent à trouver une parole collective autour des grands sujets qui concernent la culture.&nbsp;</p>



<p><strong>Pourquoi était-ce important d&rsquo;organiser un congrès maintenant, sept ans après le précédent&nbsp;?<br></strong>Les collectivités territoriales contribuent pour deux tiers des financements publics dans le domaine de la culture, et on est aujourd’hui à un croisement en termes de politiques culturelles. Certaines sont à bout de souffle, d&rsquo;autres demandent à être changées, redynamisées. On est à un point où il y a besoin de retrouver un nouveau pacte entre les collectivités territoriales et l’État, qui coconstruisent les politiques culturelles. Ce pacte se défait petit à petit à cause des problèmes de financement et du manque d’intérêt. On a une valse des ministres de la Culture depuis des années, on voit bien que la culture n’est pas vraiment prise au sérieux, alors que c&rsquo;est un élément structurant en termes de politique publique. L’idée de ce congrès c’est aussi de faire des propositions en partant de ce qui est fait sur les territoires. On ne va pas se contenter de débat théorique.&nbsp;</p>



<p><strong>Et pourquoi avoir choisi Marseille pour ce congrès&nbsp;?<br></strong>Marseille a été capitale européenne de la culture en 2013, ça a donné une impulsion nouvelle qu’on observe depuis à l&rsquo;échelle de ce territoire très grand. C&rsquo;est quelque chose qu’on veut saluer. Marseille est à la mode aujourd&rsquo;hui sur les sujets culturels, beaucoup de gens cherchent à y développer des projets, et c&rsquo;est une bonne chose, parce que c&rsquo;est une ville qui mérite d&rsquo;être attractive.&nbsp;</p>



<p><strong>À quoi peut-on s’attendre pour ce congrès&nbsp;?<br></strong>Beaucoup de sujets importants traverseront le congrès&nbsp;: la transition climatique et sa possible articulation avec le développement de la culture donnera lieu à une table ronde, les droits culturels, la coopération entre l’État et des les collectivités territoriales…&nbsp;</p>



<p>On a invité beaucoup d’élus de différentes collectivités territoriales d’un peu toute la France. Pour l’ouverture, on aura entre autres le maire de Marseille, la présidente du département, le président de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), et puis la ministre de la Culture.</p>



<p><strong>Et vous, qu’attendez-vous de ce congrès&nbsp;?<br></strong>J&rsquo;attends beaucoup&nbsp;! Je voudrais qu’il permette la mise en place d’un pacte qui renouvelle la coopération des collectivités territoriales et de l’État. Depuis quelques années, l&rsquo;État avance tout seul de son côté. Quand il a mis en place le Pass Culture, par exemple, il l’a fait seul. Aujourd’hui, la ministre de la Culture parle de révolutionner le Pass Culture pour l’adapter. Ce sont des choses que les collectivités territoriales disaient il y a quelques années, en faisant la remarque que ça ne fonctionnait pas, qu&rsquo;il fallait faire mieux sur les dépenses collectives. Je prends cet exemple-là, mais ça pourrait se multiplier. La question, c’est de savoir comment on peut remettre en place un cadre de coopération dans ce domaine. &nbsp;</p>



<p><strong>Justement, que pensez-vous des coupes budgétaires annoncées par Bruno Le Maire ?<br></strong>Cette baisse budgétaire est brutale et inédite. Pour la création, c’est 10% du budget qui est retiré sur un claquement de doigts. Et encore une fois, c’est unilatéral. Cette baisse de budget, les collectivités ne pourront pas la compenser.&nbsp;</p>



<p><strong>Rachida Dati, ministre de la Culture, a également annoncé des fermetures d’écoles d’art…<br></strong>Il y a 15 jours, on a fait une Conférence des territoires pour la culture, et il n’en a pas été question. Et là, on apprend que le ministère veut les fermer, alors qu’elles sont financées en grande partie par les collectivités territoriales&nbsp;? On est étonnés de continuer à avoir des décisions qui viennent d&rsquo;en haut&#8230; On ne peut pas faire tout seul dans le domaine de la culture, les choses sont beaucoup trop entremêlées. Prenez l&rsquo;exemple de Marseille&nbsp;: le Mucem est un établissement national, il relève de l&rsquo;État. Juste à côté, vous avez la Grotte Cosquer qui est un établissement régional. De l’autre côté du Vieux-Port, il y a le Théâtre de La Criée, qui est financé par l&rsquo;État, le Département et la Ville. Si une des institutions arrête les financements, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on fait&nbsp;? Si la ville veut cesser de financer La Criée, on arrête un tiers de sa programmation&nbsp;? Ça n&rsquo;a aucun sens. Tout ça est entremêlé, au service des habitants et des artistes. C&rsquo;est comme ça qu’ont été construites les politiques culturelles depuis les années 1960. Là, on est en train de tout déconstruire. Ça ne va pas.&nbsp;</p>



<p><strong>Que pensez-vous de la proposition de loi de Pierre Dharréville, concernant la continuité de revenus pour les artistes ?<br></strong>C&rsquo;est un débat qui date de la dernière élection présidentielle et qui opposait droits d&rsquo;auteur et intermittence du spectacle&nbsp;: soit on ouvrait l’intermittence du spectacle à tous les types de métiers artistiques, soit on laissait les artistes-auteurs vivre seulement de leur droits d’auteur. Cette proposition de Pierre Dharréville est de l’ordre de l’expérimentation, et l’intermittence du spectacle s’est aussi construite ainsi. Ça a commencé sous le Front Populaire avec une caisse de secours pour les techniciens du cinéma, et ça s’est finalisé dans les années 1970, quand les chorégraphes et les danseurs y ont eu accès. Bref, c&rsquo;est cette sédimentation qui fait que c&rsquo;est un bon dispositif. Là, c&rsquo;est pareil, il faut ouvrir un nouveau temps qui permettra dans le futur d’avoir des droits qui seront étendus à plus de gens qui travaillent dans la culture. Pierre Dharréville a eu du mérite de travailler cette question.&nbsp;</p>



<p>ENTRETIEN REALISÉ PAR CHLOÉ MACAIRE</p>
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		<title>« La dynamique culturelle publique d’un pays est essentielle »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2024 08:10:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Pourquoi ce projet de loi sur le statut des artistes-auteurs&#160;?&#160; Pierre Dharréville. C’est évident, la création n’existe pas sans eux, et ils n’ont aucune garantie chômage. Depuis plusieurs mois nous menons une réflexion concrète sur la continuité de leur revenu avec les différents partenaires et représentants de ces professions. Les interprètes et les techniciens [&#8230;]</p>
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<p><strong>Zébuline. Pourquoi ce projet de loi sur le statut des artistes-auteurs&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Pierre Dharréville.</strong> C’est évident, la création n’existe pas sans eux, et ils n’ont aucune garantie chômage. Depuis plusieurs mois nous menons une réflexion concrète sur la continuité de leur revenu avec les différents partenaires et représentants de ces professions. Les interprètes et les techniciens sont protégés par les annexes 8 et 10 mais l’acte d’écriture, de création, n’est rémunéré que par le patrimoine qu’il crée, c’est-à-dire le droit d’auteur. Ces professions ont le droit d’être reconnues comme un travail.</p>



<p><strong>De quelles professions est-il question&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Elles sont diverses. Les photographes, les plasticiens et plasticiennes, peintres, designers, les paroliers, compositeurs et compositrices, les autrices et auteurs, les traductrices, bédéistes, chorégraphes, scénographes… Il s’agit de 350 000 personnes selon les chiffres officiels. Ce sont des professions assez invisibles, à qui on demande généralement de faire autre chose ailleurs.</p>



<p><strong>Sur quels critères seraient-ils reconnus comme artistes-auteurs&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Évidemment il s’agit de fixer un seuil, on ne s’autoproclame pas artiste-auteur. Nous allons proposer une porte d’entrée au droit à l’indemnisation chômage, il faudra avoir perçu l’équivalent de 300 heures au Smic à l’année.</p>



<p><strong>Est-ce le même seuil que pour l’ouverture des droits maladie et maternité&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Non, même si ces seuils fixés pour la Sécurité sociale doivent aussi être discutés. Là, il s’agit de l’Unédic, de la continuité de revenu entre deux périodes d’activité. Beaucoup d’artistes sont de fait au RSA. Si on les oblige désormais à faire 15 heures d’activité par semaine c’est la création artistique qui va en pâtir. Il est facile de justifier de ce qu’on a perçu au titre d’un travail d’auteur, il n’y a pas de raison que ces professions soient traitées comme si elles ne travaillaient pas.</p>



<p><strong>Et comment financer ce dispositif&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p>La nécessité d’une loi c’est d’être juste, pas d’être financée. Mais l’Unedic est très bénéficiaire, et il faut bien sûr que les cotisations chômage augmentent et s’alignent, pour les artistes-auteurs, sur celles des autres professions. La proposition de loi est tout à fait pragmatique, et finançable, même s’il s’agit d’ouvrir aujourd’hui la discussion sur ses modalités d’application. C’est urgent, ces professions menacées aujourd’hui par l’émergence de l’intelligence artificielle sont fragilisées comme jamais. En réalité, si on n’a pas de protection des artistes-auteurs c’est le marché qui fait le tri. On sait, historiquement, que ceux que nous considérons comme de grands artistes aujourd’hui ont souvent eu peu de succès auprès des marchands. On ne peut pas laisser le marché réguler la création artistique.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;La nécessité d’une loi c’est d’être juste, pas d’être financée&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p><strong>À l’heure où Rachida Dati veut fermer des écoles d’art, ne vous sentez-vous pas à contre-courant&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Du gouvernement peut-être&nbsp;! Quelle est cette idée&nbsp;? Avons nous trop d’écoles d’art, trop d’artistes&nbsp;? On a besoin de la création humaine, plus que jamais en ces périodes difficiles. J’ai été très choqué par cette déclaration. Dès l’annonce de réduction de budget par Bruno Le Maire, elle a déclaré qu’elle puiserait dans les fonds de réserve, ce qui est une illusion. Là elle veut fermer les écoles d’art publiques, alors même que les écoles privées se multiplient. Que les collectivités territoriales veuillent faire le compte de ce qu’elles dépensent dans les écoles supérieures d’art, cela se comprend. Mais l’enseignement supérieur, c’est de la responsabilité de l’État. Les collectivités territoriales vont de plus en plus mal, elles sont étranglées par les restrictions de leurs recettes et savent que cela va s’aggraver encore. Elles mettent l’État face à ses responsabilités dans la formation supérieure des artistes, et la réponse est la fermeture&nbsp;? C’est inacceptable. On sait que les politiques culturelles trinquent en premier lorsque les collectivités territoriales font face à des restrictions budgétaires. Aujourd’hui la question est&nbsp;: veut-on la disparition de la création artistique&nbsp;?</p>



<p><strong>Quelle solution envisagez-vous pour financer cette baisse de budget de plus de 205 millions annoncée par Bruno Le Maire&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>C’est incroyable. Le gouvernement est en train d’amender un budget qu’il a écrit tout seul et imposé tout seul sans même en discuter avec les députés&#8230; Il faut donc porter le combat, et je me ferai le relais des aspirations que porte le secteur mais qui nous concernent tous. La dynamique culturelle publique d’un pays est essentielle.&nbsp;</p>



<p><strong>Certains parlent de récupérer pour la création les 273 millions consacrés au Pass culture, qu’en pensez-vous&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>D’abord, il ne s’agit pas d’accepter cette baisse de 204 millions&nbsp;! Mais oui, effectivement, nous n’avons jamais été des défenseurs du Pass culture, qui n’atteint pas sa cible. Évidemment certains en font un usage intelligent, les librairies en particulier bénéficient du dispositif, mais il est globalement inefficace. Le dernier rapport documenté fait état de deux choses&nbsp;: ceux qui s’en servent ont déjà des pratiques culturelles. Et&nbsp;: il vient essentiellement alimenter un marché, c’est à dire les produits culturels des industries. L’argent public finance le privé et restreint le service public de la culture… Cette marchandisation s’accompagne d’une uniformisation des contenus, et l’ordre du divertissement triomphe.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Il faut que les inégalités territoriales cessent&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p><strong>Qu’opposez-vous au divertissement, qu’est ce qui devrait triompher&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Le divertissement est nécessaire, mais la culture est aussi émancipatrice, créative, subversive. Elle appelle au partage, à l’échange, au dépassement de soi. Il y a peu de chances que le marché parie sur ces valeurs-là, et c’est pour cela que les politiques culturelles publiques sont nécessaires. L’autre point d’alerte, c’est la cohésion de la nation. Il faut que les inégalités territoriales cessent et que la politique culturelle de l’État ne soit pas essentiellement captée par Paris. Qu’il y ait des charges de centralité, c’est normal, mais pas au point où nous le vivons. Les collectivités territoriales ne peuvent plus assumer presque seules la vie culturelle de leur territoire. À ces déséquilibres, Rachida Dati répond par un plan pour la ruralité, méconnaissant le fait que la majorité des Français ne vit ni à Paris, ni en ruralité, mais dans des moyennes ou grandes villes que l’État délaisse. Il ne s’agit pas d’enlever des crédits culturels aux établissements parisiens, donc si on veut rééquilibrer il faut investir plus, pas moins. En fait, il s’agit simplement de savoir si nous voulons rester une grande nation culturelle.</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL</p>
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		<title>Entre ici, Manouchian, pour l’honneur de la France </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Feb 2024 09:10:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 19 décembre 1964 André Malraux, Ministre de la Culture, prononçait, pour accueillir au Panthéon les cendres du héros de la Résistance un discours historique d’une voix vibrante&#160;: «&#160;Entre ici Jean Moulin …&#160;». De Gaulle, Pompidou et VGE laissaient l’écrivain faire son oraison, accompagnée par des roulements de tambours discrets, retransmise en direct par l’ORTF [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le 19 décembre 1964 André Malraux, Ministre de la Culture, prononçait, pour accueillir au Panthéon les cendres du héros de la Résistance un discours historique d’une voix vibrante&nbsp;: «&nbsp;<em>Entre ici Jean Moulin …&nbsp;</em>». De Gaulle, Pompidou et VGE laissaient l’écrivain faire son oraison, accompagnée par des roulements de tambours discrets, retransmise en direct par l’ORTF devant 5 millions de Français possédant une télévision.</p>



<p>Le 21 février 2024. Il aura fallu près de 60 ans pour que Missak Manouchian, le chef des Partisans Main d’Oeuvre Immigrée, le FTP MOI, entre dans le bâtiment national qui porte au fronton, depuis l’invention de la République (avec quelques trous pendant les périodes de restaurations monarchiques) la devise «&nbsp;<em>Aux Grands Hommes la Patrie reconnaissante&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p>Soixante ans de plus, pour que l’on dise enfin la reconnaissance de la Nation à cet Arménien qui, orphelin, avait fui le génocide turc, et s’était engagé dès les premières heures contre l’Occupation nazie. Soixante ans de plus, alors que la Résistance employait massivement pour sa guérilla urbaine les unités de Francs Tireurs et Partisans étrangers, communistes, que les Nazis qualifiaient de terroristes et de métèques.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Nos frères (et soeur) pourtant</mark></strong></p>



<p>Ils étaient très majoritairement juifs, d’Europe de l’Est, <em>«&nbsp;Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant&nbsp;</em>»&nbsp; écrira Aragon, chantera Ferré. Notre soeur aussi, puisqu’Olga Bancic était parmi eux, juive roumaine du Groupe Manouchian torturée et exécutée par les Nazis, par pendaison quant à elle, parce qu’elle ne valait pas une balle.</p>



<p>Les «&nbsp;<em>Vingt et trois&nbsp;</em>» immigrés, qui «&nbsp;<em>criaient La France en s’abattant&nbsp;</em>» n’auraient-ils pas dû entrer ensemble au Panthéon&nbsp;d’une France enfin reconnaissante des Grands Hommes (et Femme) étranger.e.s qui l’ont défendue&nbsp;? Un seul suffirait, «&nbsp;<em>parce qu’à prononcer leurs noms sont difficiles</em>&nbsp;»&nbsp;? Manouchian est le symbole de tous, mais 23 places n’auraient pas été de trop au Panthéon.&nbsp;</p>



<p>Qui enjoindra, comme Malraux l’a fait pour Jean Moulin, à penser à tous ces hommes (et femme) qui étaient «&nbsp;<em>le visage de la France &nbsp;</em>»&nbsp;? Qui honorera leurs portraits «&nbsp;<em>hirsutes, menaçants&nbsp;</em>» placardés par les Nazis comme autant d’affiches rouges transformant ces&nbsp;«&nbsp;<em>libérateurs</em>&nbsp;» en «&nbsp;<em>armée du crime&nbsp;</em>»&nbsp;?&nbsp; Qui fera aujourd’hui leur oraison&nbsp;?</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La mémoire et les actes</mark></strong></p>



<p>Rachida Dati, qui 60 ans après occupe le poste d’André Malraux, n’est sans doute pas prévue dans ce rôle, et c’est le Président d’une République qui, après avoir tenté de promulguer une loi illégale sur les étrangers,&nbsp;honorera Manouchian et sa femme. Parlera-t-il des autres M.O.I., du rôle du P.C.F. dans la Résistance, des 60 ans écoulés entre la panthéonisation de Jean Moulin le Gaulliste et de Missak Manouchian&nbsp;le Communiste ?&nbsp;</p>



<p>Ce serait peu dans sa&nbsp; logique. Les cérémonies mémorielles rendent hommage, mais elles ne sauront camoufler le gouffre immense entre une Ministre et l’autre. Elles ne sauront excuser l’attitude d’une France qui veut se débarrasser de ses étrangers en oubliant qu’ils l’ont défendue et construite. Qu’arriverait-il aujourd’hui à Marie Curie la Polonaise, Milan Kundera le Tchèque, Andrée Chedid l’Egyptienne? Comment un étranger apatride arrivé du Liban clandestinement serait-il aujourd’hui accueilli dans notre pays&nbsp;? Calculerait-on son âge osseux et mesurerait-on son poignet pour attester que Missak Manouchian, dix-huit ans quand il a débarqué à Marseille, n’était pas mineur et devait être renvoyé vers sa Turquie natale, qui avait tué son père ?&nbsp;</p>



<p>AGNES FRESCHEL</p>
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