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	<title>Archives des Raha Amirfazli - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Raha Amirfazli - Journal Zebuline</title>
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		<title>« Au Pays de nos frères » : trois exils en Iran</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 05:48:23 +0000</pubDate>
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<p>Subir. Se taire. Mentir. C’est le bréviaire des Afghans au pays de leurs frères. Ces «&nbsp;frères&nbsp;» ce sont les Iraniens. Plus de 5 millions d’Afghans fuyant la guerre se sont réfugiés en Iran. Même langue, même religion, une frontière commune, mais le sort universel des immigrés. Exploités, méprisés, sous-citoyens contraints de plier l’échine sous la menace constante d’être renvoyés. <strong>Raha Amirfazli</strong> et <strong>Alireza Ghasemi</strong>, tous deux iraniens, mettent en scène le drame de trois d’entre eux, en adoptant leur point de vue.</p>



<p>Le jeune Mohammad, d’abord (<strong>Mohammad Hossel</strong>). Lycéen méritant, doué pour ses études, il travaille après les cours avec sa famille et d’autres Afghans dans une exploitation horticole. On est en 2001. Tandis que les bombes américaines tombent sur Kaboul, il cueille des tomates avec Qasem (<strong>Bashir Nikzad</strong>) et sa sœur, Leila (<strong>Hamideh</strong> <strong>Jafari</strong>), dont il est amoureux. Romance sans espoir. Leila est promise à un autre par son père. Mohammad se tait. À quoi bon dire ses sentiments ? À quoi bon raconter plus tard les exactions de policiers iraniens qui réquisitionnent les jeunes afghans pour les faire travailler gratuitement à la réfection de leurs locaux. À quoi bon parler de l’agression qu’il subit&nbsp;parce qu’il est trop mignon ?</p>



<p>Dix ans plus tard, en 2011, c’est Leila qu’on retrouve, teinte en blond, mariée à Hossein et mère d’un garçonnet rieur. Ils sont les gardiens d’une résidence secondaire au bord de la mer Caspienne, appartenant à de riches bourgeois paternalistes et non moins esclavagistes. Hossein, malade, meurt alors que les propriétaires arrivent pour fêter le nouvel an persan. Leila se taira craignant l’expulsion du pays. Elle mentira, enterrera le corps clandestinement sous les yeux d’un chien errant, pendant que les feux d’artifice exploseront sur la plage et que les lampions fragiles s’envoleront dans la nuit.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">À quoi bon ?</mark></p>



<p>Le dernier chapitre s’ouvre en 2021. Qasem attend. Il a été convoqué au ministère des Affaires étrangères. Il est en Iran depuis trente ans maintenant. Sa fille cadette fait de la boxe. Son grand fils est parti, croit-il, travailler en Turquie. En fait le jeune homme a été envoyé sur le front syrien dont il ne reviendra pas. L’Iran accorde la nationalité aux familles des «&nbsp;martyres&nbsp;». C’est ce que veut lui annoncer le fonctionnaire. À quoi bon crier&nbsp;? Qasem se tait, pleure sans bruit. Il cachera le plus longtemps possible la vérité à sa femme sourde avec laquelle il parle le langage des signes. On les laissera recroquevillés sur leur douleur dans un long couloir blanc. La caméra, pudique, s’éloignera d’eux.</p>



<p>Aucune violence n’est montrée dans ce triptyque dramatique, cruel, habilement construit, qui privilégie l’ellipse et respecte le silence de ses protagonistes. <em>Au Pays de nos frères </em>porte un regard triste et tendre sur ceux, qui au-delà des nationalités, Iraniens, Afghans ou migrants de tous bord, sont juste, faut-il le rappeler, nos frères humains.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<p><em>Au Pays de nos frères, </em><strong>Raha Amirfazli</strong> et <strong>Alireza Ghasemi</strong></p>



<p>En salles le 2 avril</p>
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		<title>« nouv.o.monde » : le cinéma d’ici et d’ailleurs </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Feb 2025 08:01:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. L’an dernier, vous avez présenté des longs métrages sur l’émancipation, la quête de la liberté, des films qui repoussent les frontières face à une société étriquée. Quelles thématiques se dégagent pour cette 14e édition ? Sylvia Vaudano. Il y a dans tous les films un fil, une quête de sens de l’existence, la question du combat [&#8230;]</p>
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<p><strong>Zébuline. L’an dernier, vous avez présenté des longs métrages sur l’émancipation, la quête de la liberté, des films qui repoussent les frontières face à une société étriquée. Quelles thématiques se dégagent pour cette 14<sup>e</sup> édition ? </strong><br><strong>Sylvia Vaudano</strong><em>.</em> Il y a dans tous les films un fil, une quête de sens de l’existence, la question du combat pour sortir de toutes les frontières, intimes et autres. Des personnages qui luttent pour la liberté, des héros et héroïnes des temps modernes. Il y a une variété de genres, un biopic, un thriller, un film musical… des films coup de poing qui nous amènent à réfléchir et à rêver quelque chose d’un peu mieux. Le cinéma et la culture, c’est fait pour ça, non ?</p>



<p><strong>La séance de courts métrages était centrée autour des utopies. Est-ce-que l’on retrouve cette thématique cette année&nbsp;?<br></strong>Dans le format court, il y a toujours un instantané de nos problématiques actuelles. Des films qui ouvrent de nouveaux horizons, qui ont du souffle et nous emmènent vers un ailleurs. Ils viennent cette année d’Iran, de Bulgarie, de Belgique et de France.</p>



<p><strong>La dernière édition était en octobre 2024, pourquoi cette 14</strong><strong><sup>e</sup></strong><strong> arrive-t-elle si vite&nbsp;? Avez-vous réduit le nombre de films&nbsp;?<br></strong>En fait on reprend nos dates «&nbsp;historiques&nbsp;» modifiées au moment du Covid pour sauver une édition. Les dates à la rentrée avec un été au milieu c’était compliqué. On a eu le courage de changer cette année, en guettant les films pendant qu’on programmait pour octobre… un vrai challenge&nbsp;! On maintient le même nombre de séances sauf celle à l’Université qu’on ne peut refaire. Il y a sept avant premières et un inédit.&nbsp;</p>



<p><strong>Pourquoi avoir choisi <em>Mikado</em> de Baya Kasmi en ouverture&nbsp;?<br></strong>C’est une cinéaste que l’on suit. On l’avait découverte au festival <em>Court Bouillon</em> avec son court <em>J’aurais pu être une pute –&nbsp;</em>qu’on projettera aussi <em>–</em>, puis avec son premier long <em>Youssef a du sucés</em>, programmé dans notre rendez-vous mensuel du Club nouv.o.monde. On aime bien ce ton léger qui la caractérise. <em>Mikado </em>commence comme un road movie. Une famille qui vit en marge et qui, en panne sur la route, va être accueillie par une autre famille. Toutes leur certitudes vont en être ébranlées. Des problématiques actuelles abordées avec délicatesse.&nbsp;</p>



<p><strong>Un film français pour commencer&nbsp;: quels autres pays sont représentés&nbsp;?<br></strong>Une dizaine de pays. Par exemple l’Iran, avec un très joli film de Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi, <em>Au pays de nos frères</em>. D’Afghanistan aussi, avec <em>Le diable n’existe pas, un film en trois parties sur des migrants afghans, que l’on suit sur trois générations. Une merveille de réalisation. </em>Il y aura aussi un film irlandais, <em>Kneecap&nbsp;</em>de Rich Peppiatt&nbsp;:une forme déjantée qui soulève une thématique actuelle&nbsp;: la préservation de son identité culturelle avec un groupe de musiciens qui se bat pour pouvoir rapper dans sa langue natale. Une fiction inspirée par le réel, destinée à toutes les générations.</p>



<p><strong>La rencontre avec le public est très importante à <em>nouv.o.monde</em> et les films sont toujours accompagnés. Quel·le·s seront vos invité·e·s&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>On a le plaisir d’accueillir Faouzi Bensaïdi avec un film inédit, <em>Jours d’été,</em> une adaptation de <em>La Cerisaie</em> de Tchékhov. Son cinéma me surprend toujours avec cette virtuosité de mise en scène qu’on lui connait. Une façon de filmer où on sent son appartenance au théâtre.<br>On recevra le comédien Bruno Raffaelli, qui joue dans <em>Bergers</em> de la réalisatrice canadienne Sophie Deraspe. C’est l’histoire d’un jeune homme qui décide de lâcher son métier de publicitaire au Canada pour devenir berger en Provence. Marielle Gros, productrice et réalisatrice, animera la rencontre avec le comédien et une bergère, qui, pour la première fois, voyait un film aussi juste sur son métier.<br>Julie Rocton, spécialiste du Sri Lanka, viendra pour Little Jaffna, le superbe film de Lawrence Valin, un thriller dans la communauté tamoule. </p>



<p><strong>La dernière question, toujours la plus difficile&nbsp;: quel est votre coup de cœur ?<br></strong>Le film iranien m’a bouleversée et les films de Faouzi Bensaidi&nbsp;: il y a un peu de Jacques Tati et quelque chose du cinéma italien (Dino Risi, Ettore Scola…). Je suis sensible à cet humour grinçant… Mais je les aime tous, ces films&nbsp;!</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>nouv.o.monde</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 4 au 9 mars</mark><br>Rousset et Aix-en-Provence<br><a href="http://filmsdelta.com/nouv-o-monde">filmsdelta.com/nouv-o-monde</a></pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/cinema/"><em>Cinéma</em> ici </a></p>
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