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	<title>Archives des Regards de Provence - Journal Zebuline</title>
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		<title>Paysages contemplatifs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jan 2023 13:19:40 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Après avoir été au début des années 1970 membre du groupe d’avant-garde Support/Surfaces – qui affirmait que le seul sujet de la peinture devait être la peinture elle-même, dans sa matérialité – le Montpelliérain <strong>Vincent Bioulès</strong> est passé sous les radars les plus médiatiques de l’art contemporain pendant quelques décennies. Car, répondant à ses propres désirs, il s’était mis à peindre à l’huile des paysages, natures mortes, nus et portraits. Pratique quasi infâmante, dans une période devenue avide de «&nbsp;nouveautés&nbsp;». Il bénéficie, à l’aube de ses 85 ans, d’un regain d’intérêt, notamment depuis sa rétrospective en 2019 au musée Fabre de Montpellier, et aujourd’hui au musée Regards de Provence de Marseille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Littoraux</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On est accueillis au rez-de-chaussée par deux très grandes toiles&nbsp;: <em>Le chant des sirènes</em>, cinq nus féminins immenses, aux courbes gourmandes, accoudés nonchalamment à une rambarde sur fond de guirlandes d’écume blanche. Juste à côté de <em>La Ponche V (Saint-Tropez)</em>, trois minuscules silhouettes sur une pointe d’esplanade jaune, s’avançant sur une mer bleue et sous un ciel gris. À l’étage, les figures humaines vont se faire très discrètes, pour laisser toute la place à des paysages travaillés en série.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains proposent des confrontations d’une même vue à vingt-cinq années de distance&nbsp;: <em>La Tourette</em> et le <em>Fort Saint-Jean</em>. D’autres, des déclinaisons sur une même période, telles les monumentales <em>Île Maïre</em> 1 et 2. Quelques-unes sont en exemplaires uniques, par exemple <em>Les Bains du Petit Pavillon</em>, <em>Les Catalans</em> ou un <em>Mistral</em>. La plus importante série est celle consacrée à l’étang de l’Or, avec huit toiles réalisées entre 2015 et 2019, représentant ce paysage héraultais tout en horizontalités. Mais que ce soit à Marseille, à Saint-Tropez, du côté de Montpellier ou de Palavas, «&nbsp;représenter&nbsp;» n&rsquo;est pas le mot exact.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Matérialité toujours</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la plupart de ces paysages ne semblent être que les objets d’une peinture se révélant toujours dans sa matérialité comme son propre sujet. Combinaisons et contrastes de tons, d’ombres et de lumières, mais aussi de multiples textures, densités, touches. Allant même jusqu’à proposer un morceau de gestuelle tourbillonnante dans <em>Le mois de mars</em>, où, sous un ciel bleu azur, traversé de bout en bout par un nuage à l’aspect de guirlande montagneuse, le motif de l’étang de l’Or disparaît quasiment. Le tout laissant l’impression qu’avec Bioulès, plus on pénètre la matière, plus on se rapproche du rêve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARC VOIRY</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Au bord de l’eau – Vincent Bioulès</em></strong>
<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 21 mai</mark>
Musée Regards de Provence, Marseille 
<a href="http://museeregardsdeprovence.com">museeregardsdeprovence.com</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le long des golfes clairs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Oct 2022 14:14:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Regards de Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Vues sur mer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dès l’entrée, on est accueilli par une multitude de corps en maillot, une scène de bain de mer monumentale de trois mètres de haut par six de large. La plupart sont des enfants, aux bouées transparentes et fluos, une composition bariolée, surpeuplée, métissée et ludique, de Anke Doberauer. Bien plus petits, d’autres corps semblent flotter, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dès l’entrée, on est accueilli par une multitude de corps en maillot, une scène de bain de mer monumentale de trois mètres de haut par six de large. La plupart sont des enfants, aux bouées transparentes et fluos, une composition bariolée, surpeuplée, métissée et ludique, de <strong>Anke Doberauer</strong>. Bien plus petits, d’autres corps semblent flotter, qu’ils soient sur le sable ou dans l’eau. Dans les photographies de <strong>Wilbe</strong>, dans les peintures à l’huile aux fonds blancs éclatants de <strong>Benjamin Chasselon</strong>, ou dans le bleu transparent de la calanque de Sormiou, de <strong>Julien Boullay</strong>. Sous des lumières grises, les plages de <strong>Jean-Jacques Surian</strong> accueillent dans <em>Naissance de Vénus</em> et <em>Ces gens sur mon plongeoir</em> des corps féminins nus, s’assumant avec impudeur, liberté et érotisme. Chez <strong>Yann Letestu</strong>, sur fond de cartes marines, des corps sont à l’arrêt sur la Corniche : trois jeunes gens semblant mesurer, assis sur un rebord, le vertige du saut&nbsp;; un passant, près d’un passage piéton, se détourne, absorbé par l’horizon. Tandis qu’au vallon des Auffes (<strong>Jean-Benoît Zimmermann</strong>) ou sur la plage de la Fausse Monnaie (Wilbe), les corps en villégiature s’inscrivent dans des espaces rêveurs.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="994" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/10/Marc-Chostakoff-Horizon-40-Carry-le-Rouet-Tirage-encre-pigmentaire-sur-papier-BFK-Rives-100-x-70-cm-Collection-de-lartiste.jpg?resize=696%2C994&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116796" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/10/Marc-Chostakoff-Horizon-40-Carry-le-Rouet-Tirage-encre-pigmentaire-sur-papier-BFK-Rives-100-x-70-cm-Collection-de-lartiste.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/10/Marc-Chostakoff-Horizon-40-Carry-le-Rouet-Tirage-encre-pigmentaire-sur-papier-BFK-Rives-100-x-70-cm-Collection-de-lartiste.jpg?resize=210%2C300&amp;ssl=1 210w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/10/Marc-Chostakoff-Horizon-40-Carry-le-Rouet-Tirage-encre-pigmentaire-sur-papier-BFK-Rives-100-x-70-cm-Collection-de-lartiste.jpg?resize=696%2C994&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/10/Marc-Chostakoff-Horizon-40-Carry-le-Rouet-Tirage-encre-pigmentaire-sur-papier-BFK-Rives-100-x-70-cm-Collection-de-lartiste.jpg?resize=294%2C420&amp;ssl=1 294w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Marc Chostakoff, Horizon 40, Carry-le-Rouet, Tirage encre pigmentaire sur papier BFK Rives 100 x 70 cm, Collection de l’artiste</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Paysages solitaires</strong><br></mark>Le calcaire des calanques, les masses rocheuses des îles marseillaises inspirent également les peintres et photographes présents. Tout comme des bords de mer déserts ou les horizons où eau et ciel se rejoignent. Parmi les paysages, les acryliques de <strong>Marie-Laure Sasso-Ladouce</strong>, avec sa <em>Maïre bleue</em> ou sa <em>Route des Goudes</em>, paysages lunaires, épurés, aux contrastes brutaux, aux coups de pinceaux apparents, semblant brosser le ciel, modeler les rochers. Dans <em>Riou, montagne urbaine</em> d’<strong>Olivier Monge</strong>, l’immensité du paysage se révèle doucement et précisément, sur une mer lisse et métallique. L’écrin de la calanque de Figuerolles est photographié délicatement par <strong>Bernard Plossu</strong>, à dix ans de distance. <strong>Alfons Alt</strong>, dans des tons bleus et sépia, et dans une sorte d’agitation de vapeur et d’écume, tente de saisir une vague, ou un Château d’If, tempétueux. Dans <em>Horizon 40, Carry</em> de <strong>Marc Chostakoff</strong>, la mer est le bout d’une falaise, donnant sur le vide, et se fissurant. Finalement, une exposition très marseillaise, qui se termine sur une note de dénonciation écologiste : trois sculptures de <strong>Nicolas Rubinstein</strong>, représentant deux poissons mi-animal, mi-boîte de conserve, et un troisième mort, submergé de sacs de plastiques bleus. </p>



<p class="wp-block-paragraph">MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Vues sur mer</em></strong><br>Regards de Provence, Marseille<br>04 96 17 40 40 <br><a href="http://museeregardsdeprovence.com">museeregardsdeprovence.com</a></pre>
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