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	<title>Archives des résistance - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des résistance - Journal Zebuline</title>
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		<title>[PRIMED ]Avec les yeux et le cœur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 10:07:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ceux et celles qui sont allé.e.s aux dernières Rencontres Photographiques d’Arles n’ont pas manqué de voir le travail de la grande photographe sicilienne Letizia Battaglia, celle qui photographiait avec ses yeux et son cœur, celle qui captait l’essentiel. Au Primed 2025, on a pu l’approcher à travers un film, écrit, réalisé et raconté par Cecilia [&#8230;]</p>
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<p>Ceux et celles qui sont allé.e.s aux dernières Rencontres Photographiques d’Arles n’ont pas manqué de voir le travail de la grande photographe sicilienne <strong>Letizia Battaglia</strong>, celle qui photographiait avec ses yeux et son cœur, celle qui captait l’essentiel.</p>



<p>Au Primed 2025, on a pu l’approcher à travers un film, écrit, réalisé et raconté par <strong>Cecilia Allegra.</strong> C’est en effet, l’histoire de Letizia qu’elle nous conte à travers les témoignages de ceux et celles qui l’ont connue, ses petits enfants <strong>Marta </strong>et <strong>Matteo Sollema</strong>, sa meilleure amie, <strong>Marilu Balsamo</strong> qui lui a consacré un livre, <strong>Santi Caleca,</strong> son ancien compagnon, <strong>Leo Luca Orlando</strong> qui a été maire de Palerme et <strong>Roberto Sarpinato,</strong> l’ancien procureur de la capitale sicilienne. Images d’archives, reportages, extrait de films et surtout les superbes photos de celle qui, née en1935, a fêté ses dix ans dans une ville détruite. <em>«&nbsp;La guerre est terminée mais une autre guerre commence, la mienne&nbsp;!&nbsp;»</em> Suite à une mauvaise rencontre, son père lui avait interdit de sortir dans la ville. Elle qui n’avait qu’une envie&nbsp;: être libre et photographier Palerme.&nbsp;</p>



<p>C’est à 37 ans qu’elle a décidé de devenir photographe. Après 3 ans passés à Milan où elle suit les manifs étudiantes, elle revient dans sa ville natale et devient la première femme à diriger un service photo à l’<em>Ora, </em>un quotidien de gauche.</p>



<p>&nbsp;Palerme est gangrénée par la mafia, les chefs mafieux qui passent en procès sont acquittés car les magistrats ont peur. Ceux qui s’opposent sont tués. &nbsp;En 1979, 19 assassinats. Le jour où un policier honnête, Boris Giulano est tué Letizia pose son appareil, refusant de montrer à la mafia le corps criblé de balles. Puis ce sera le tour du juge Terranova. Letizia Battaglia organise alors la 1<sup>e</sup> expo au monde qui ose révéler les crimes de Cosa Nostra&nbsp;: des photos installées sans autorisation, en plein cœur de Palerme, fruit de 5 ans de travail. Fait en courant, la trouille au ventre. Elle choisit de travailler avec des femmes à l’hôpital psychiatrique et photographie son peuple&nbsp;; en particulier des petites filles dont la fameuse photo <em>La petite fille au ballon</em>. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="500" height="500" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/12/Letizia-Battaglia.webp?resize=500%2C500&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-133374" style="width:254px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/12/Letizia-Battaglia.webp?w=500&amp;ssl=1 500w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/12/Letizia-Battaglia.webp?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/12/Letizia-Battaglia.webp?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/12/Letizia-Battaglia.webp?resize=420%2C420&amp;ssl=1 420w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure>
</div>


<p>Des petites filles qui semblent collées au mur&nbsp;: «&nbsp;<em>Je sais que ces petites filles, c’est moi. La petite fille que j’étais à dix ans. Je ne cesserai jamais de la photographier parce qu’elle seule porte un espoir pour l’avenir&nbsp;»</em> confie-t-elle. Et l’important c’est de lutter&nbsp;: elle décide d’entrer en politique, collabore avec le maire Luca Orlando en œuvrant en particulier à la rénovation urbaine des quartiers laissés à l’abandon. Le 10 février 1986, elle photographie le «&nbsp;maxi procès&nbsp;» 475 accusés de Cosa Nostra <em>«&nbsp;Je n’ai pas peur de la mafia, je n’ai pas peur de la mort, j’aime la vie&nbsp;!</em>&nbsp;» Le 23 mai 92, c’est l’assassinat du juge Falcone et quelques mois plus tard celui du juge Borsalino, tué avec 5 agents d’escorte. Letizia refuse de photographier la mort mais elle fait le magnifique portrait de l’épouse d’un des agents, Rosaria Costa Schifani , entre ombre et lumière. Une femme brisée qui dit «&nbsp;<em>Ils ne changeront pas, y’a pas d’amour.&nbsp;»</em> Letizia traverse une phase de dépression, quitte Palerme, part au Groenland. Puis, de retour à Palerme, elle voit que la société civile se réveille, surtout les femmes qui créent le comité des «&nbsp;draps blancs&nbsp;». Avec des amies militantes<strong>,</strong> elles lancent un journal consacré aux femmes, <em>Mezzocielo.</em> Letizia, qui a souvent rêvé d’effacer ses photos des années de sang pour faire disparaitre la souillure, décide de les retravailler en quelque chose de différent. Elle les plonge dans la mer pour «&nbsp;laver le sang&nbsp;», des photos qu’elle appelle «&nbsp;réélaboration&nbsp;». «&nbsp;<em>J’ai passé des années à me battre pour ma ville. Mon corps n’est plus aussi fort qu’avant mais la vieillesse est une saison merveilleuse. Je travaille beaucoup mais si je m’arrête, je meurs et moi, je veux mourir debout&nbsp;!&nbsp;»</em></p>



<p>&nbsp;C’est arrivé le 13 avril 2022.&nbsp; Les photos sont toujours là, nous rappelant les années terribles qu’a connues Palerme, nous donnant à voir ses habitants vus par l’œil hors du commun et plein d’humanité de cette femme extraordinaire toujours debout, qui répétait à sa petite fille <em>«&nbsp;Si tu veux quelque chose, bats -toi pour l’avoir&nbsp;!&nbsp;»</em></p>



<p>Le documentaire de <strong>Cecilia Allegra</strong> nous permet de l’approcher et de (re) découvrir plus d’une trentaine de ses photos qui ne laissent personne indifférent.</p>



<p><strong>Annie Gava</strong></p>



<p><strong>Le Primed du 30 novembre au 6 décembre 2025</strong></p>



<p>.</p>
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		<title>My stolen planet: L’Iran côté faces</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 10:22:19 +0000</pubDate>
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<p>Le film s’ouvre avec <strong>Farahnaz Sharifi</strong> qui commente, en voix off, des images d’enfance floutées, retravaillées : « <em>Nous sommes le 8 mars 1979 ; c’est le jour de ma naissance.</em> » Les images en noir et blanc de la photographe <strong>Hengameh Golestan</strong> donnent à voir des manifestations de femmes, tête nue, pour leur liberté. «<em> Trois semaines après la révolution islamique en Iran, surviennent les premières restrictions concernant le corps des femmes.</em> » C’est ainsi que commence le documentaire de la cinéaste iranienne, exilée à Berlin depuis 2022, dédié «<em> aux femmes iraniennes qui se battent pour la liberté et à la mémoire de celles qui ont perdu leur vie sur le chemin. </em>» Un film, à la fois journal intime et témoignage sur la vie en Iran, de la chute du Shah jusqu’à nos jours. Un film qui se construit à partir d’archives personnelles et d’archines privées, d’inconnu·e·s, en super 8.  </p>



<p>À 7 ans, Farahnaz réalise qu’elle a deux planètes&nbsp;: sa maison où elle peut être elle-même, danser cheveux lâchés&nbsp;; et l’extérieur, à l’école, où coiffée du <em>hijab</em>, on lui apprend la haine. À l’adolescence, c’est le début de ce qu’elle appelle sa « <em>dépendance</em>&nbsp;». Elle achète son premier téléphone et désormais elle filmera tout&nbsp;: des cafards dans une pièce, les fêtes avec ses amis, interrompues par la police. Elle doit tout filmer. Quelques années plus tard, sa «&nbsp;dépendance&nbsp;» augmentant, elle collectionne de vieilles bobines de films en super 8&nbsp;qu’elle numérise et classe : <em>«&nbsp;J’achète les souvenirs des autres&nbsp;!</em>&nbsp;»</p>



<p>Images avec les traces du temps, superbes comme celles de ces femmes, libres, qui dansent. Des traces contre l’oubli. Car tout est devenu crime dans le pays : danser, la musique, la voix des femmes, l’alcool, ne pas porter le <em>hijab</em>, la joie… On parcourt ainsi à travers ces images d’archives un pan de l’histoire iranienne, marqué par des moments terribles et douloureux comme l’exécution de milliers d’opposants au régime, la répression des manifestants contre l’inflation, ou l’arrestation des amies de Farahnaz. Mais on voit aussi des scènes de joie collective quand on permet aux femmes d’assisteràun match de foot et qu’elles crient pour leur liberté, des moments de partage entre amies, des jeux, des chants.«<em> Ils ont des armes, on a la solidarité </em>! » des fêtes familiales comme son anniversaire avant son départ en Allemagne pour une résidence d’écriture.</p>



<p>Si les choix d’écriture de Farahnaz Sharifi&nbsp;ne sont pas inédits, le montage, les images plastiquement retravaillées, sa voix remplie d’émotions, qui raconte, commente, s’indigne, font de ce documentaire un film qui laisse des traces. On en sort ému, peut-être même bouleversé et avec l’envie de se battre aux cotés de ces femmes.</p>



<p>ANNIE GAVA</p>



<p><em>My stolen planet</em>, de <strong>Farahnaz Sharifi</strong><br>En salles le 25 juin<a></a></p>
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		<title>« Berlin, été 42 » : L&#8217;amour contre la barbarie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Mar 2025 13:40:49 +0000</pubDate>
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<p>Arrêtée comme son compagnon en 1942, alors qu’elle était enceinte. Guillotinée en 1943 avec ses camarades de lutte, Hilde Coppi a laissé un fils né en prison, qui n’eut de cesse de garder la mémoire de ses parents, et dont on entend les mots à la fin du film. Pour rendre hommage, justice, corps et voix à la jeune Résistante, le réalisateur choisit la douceur et la modestie. Pas de croix gammées, de coups de feu, de séances insoutenables de torture. Pas plus que d’actes de sabotage pyrotechniques spectaculaires.<strong> Andreas Dresen</strong> évoque un été radieux. La rencontre amoureuse d’Hilde (<strong><a href="https://www.instagram.com/livlisa.fries/"> Liv Lisa Fries</a></strong>) et de Hans Coppi ( <strong><a href="https://www.instagram.com/johanneshegemann/">Johannes Hegemann</a></strong>), les baignades et les pique-niques des jeunes Résistants au bord de l’eau, l’exultation de leur jeunesse solaire comme une véritable ode à la Vie. Images saturées de lumière qui reviendront assez conventionnellement en flash back alors qu’Hilde de sa prison n’aperçoit qu’un bout de ciel. En alternance, espaces ouverts de liberté et espaces fermés (ceux pour l’amour et la clandestinité puis pour la mort).</p>



<p>Le réalisateur dit avoir voulu s’éloigner des stéréotypes héroïques qui lui étaient proposés dans la RDA de son enfance, rendant perversement inaccessible au commun des mortels toute rébellion. Il montre comment la résistance à la monstruosité du Troisième Reich passe par de petits actes&nbsp;: une femme qui cache un document dangereux en s’asseyant dessus, une infirmière qui s’oppose à un docteur-boucher, une matonne qui infléchit les règles pour aider Hilde.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La boussole</mark></h4>



<p>Incarnée par <strong>Liv Lisa Fries</strong> – l’inoubliable Charlotte Ritter de la série <em>Babylon Berlin </em>-, Hilde est une fille sage, discrète, au look de gouvernante avec sa tenue convenable et ses lunettes rondes. Une fille bien élevée même quand la Gestapo l’interroge. C’est par amour pour Hans qu’elle rejoint le réseau d’activistes et met sa subtilité au service de leur lutte anti nazie, apprend le morse, envoie des messages aux Soviétiques, écoute les émissions de Radio Moscou pour transmettre aux familles des nouvelles des prisonniers allemands, colle des affiches. Liv excelle à traduire par ses gestes et postures. la vulnérabilité de cette femme et cette force intérieure, « cette boussole » comme dit le réalisateur qui lui indique ce qui est juste de faire. <em>De Hilde avec amour,</em> les derniers mots d’une dernière lettre de Hilde Coppi, repris par le titre du film semblent s’adresser tout aussi bien à sa mère et à son fils, qu’à nous qui voyons 80 ans plus tard, la résurgence décomplexée des mouvements fascistes.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<p>En salles le 12 mars 2025</p>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/cinema/">cinéma ici!</a></p>
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		<title>« La Marseillaise », patriote et clandestine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Aug 2024 12:43:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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<p>Depuis 1998, le groupe Marat (qui tient son nom d’un détachement de partisans de la Main-d’œuvre immigrée) s’attache à perpétuer la mémoire de la Résistance et à faire connaître le rôle important des étrangers dans celle-ci. Cet été, dans le cadre des 80 ans de <em>La Marseillaise</em>, l’association propose à l’Alcazar une exposition intitulée <em>La Marseillaise dans la Résistance</em>, qui suit les premiers pas du journal, dans une ville et un pays occupés par l’Allemagne nazi. Créé à la fin de l’année 1943 par le Front National pour la libération et l’indépendance de la France, le journal est publié et distribué dans la clandestinité jusqu’à la Libération de Marseille, en août de l’année suivante.&nbsp;</p>



<p>Au troisième étage de la bibliothèque du cours Belsunce, les différents panneaux de l’exposition s’intéressent autant aux résistants écrivant dans <em>La Marseillaise</em>, comme Pierre Brandon, qu’à ceux ayant permis son impression. Comme Eugène Tournel, qui imprime les premiers numéros du journal à Aix-en-Provence, jusqu’à son arrestation. C’est ensuite grâce aux typographes du journal collaborationniste <em>Le Petit Marseillais</em> – dont <em>La Marseillaise</em> occupe aujourd’hui les anciens locaux – que le journal continue d’être publié. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="877" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/dans-la-cour-de-la-prefecture.jpg?resize=696%2C877&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-124959" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/dans-la-cour-de-la-prefecture.jpg?w=715&amp;ssl=1 715w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/dans-la-cour-de-la-prefecture.jpg?resize=238%2C300&amp;ssl=1 238w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/dans-la-cour-de-la-prefecture.jpg?resize=150%2C189&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/dans-la-cour-de-la-prefecture.jpg?resize=300%2C378&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/dans-la-cour-de-la-prefecture.jpg?resize=696%2C877&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/dans-la-cour-de-la-prefecture.jpg?resize=333%2C420&amp;ssl=1 333w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Durant les affrontements qui précèdent la Libération de Marseille, La Marseillaise est le seul journal à publier des photographies des évènements, comme celle-ci où apparaissent deux FTP-MOI lors de la prise de la préfecture. On doit ces clichés à la résistante et photographe de presse polonaise Julia Pirotte © JULIA PIROTTE/ Groupe Marat</figcaption></figure>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Marseille libérée »</mark></strong></p>



<p>Le 27 août, des résistants sont fusillés lors d’une distribution de <em>La Marseillaise</em> dans les quartiers Nord. Si Fantini et Gaston Dutour survivent, Mala Kriegel, elle, succombe à ses blessures après ces mots : «&nbsp;<em>C’est terrible ce qui nous arrive, mais malgré tout j’aurais eu la joie de voir nos journaux au grand jour&nbsp;</em>». Le lendemain, la ville est libérée. Une page se tourne pour <em>La Marseillaise</em>, qui peut enfin publier officiellement et porter pour les décennies à venir l’héritage de la Résistance.&nbsp;</p>



<p>CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>La Marseillaise dans la Résistance : </em></strong><br><strong><em>une naissance clandestine (décembre 1943 - août 1944) </em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 28 septembre</mark><br>Bibliothèque Alcazar, Marseille</pre>



<p></p>
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		<title>Vague brune dans le Sud</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Jul 2024 07:11:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Notre terre de festivals fait grise mine dans une nation qui a su résister, avec panache, à l’extrême droite. En dehors des grandes villes qui envoient à l’Assemblée quelques députés de gauche(s), la vague RN dans le Sud n’épargne aucun territoire. Sans un changement de cap, les prochaines élections municipales verront des villes nombreuses basculer [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Notre terre de festivals fait grise mine dans une nation qui a su résister, avec panache, à l’extrême droite. En dehors des grandes villes qui envoient à l’Assemblée quelques députés de gauche(s), la vague RN dans le Sud n’épargne aucun territoire. Sans un changement de cap, les prochaines élections municipales verront des villes nombreuses basculer dans le giron de l’extrême droite.&nbsp;</p>



<p>Les raisons en sont multiples, mais la diabolisation irresponsable de la gauche par la droite locale en est une, de même que le parallèle délirant entre «&nbsp;les extrêmes&nbsp;» et la défense d’une culture identitariste et enracinée, comme au Rocher Mistral. Nier le multiculturalisme de la France, appeler wokisme tout ce qui remet en cause le patriarcat, ses violences et ses inégalités systémiques, essentialiser les différences entre les genres, les origines géographiques et sociales, les (non)croyances et religions, conduit à des hiérarchisations entre les êtres humains qui rappellent le Travail Famille Patrie de Vichy, et les grandes épurations racistes de l’histoire, du massacre des Natifs américains à la Shoah, en passant par la traite négrière et les colonisations.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Reconstruire une culture plurielle et commune</mark></strong></p>



<p>Mais si la vague brune submerge le Sud, le sursaut national épargne pour l’heure le pays et laisse quelques mois pour construire une alternative à l’inexorable montée en nombre du vote Rassemblement national. La souffrance sociale, la disparition des services publics et les réformes des retraites et du chômage imposées à marche forcée sont clairement des raisons de la colère des Français contre Macron et ses gouvernements. Les records de distribution de capital en 2023, (près d’une fois et demi le budget de l’État en actions et dividendes), creusent des inégalités insensées&nbsp;: si les revenus du capital étaient un tant soit peu taxés, et même beaucoup moins que les revenus du travail, tous les services publics, les financements sociaux et les caisses de retraites pourraient sortir du déficit, et remettre sur la voie d’une saine croissance, partagée, l’ensemble du pays, jeunes et vieux, femmes et hommes, racisé·e·s et enracinés «&nbsp;de souche&nbsp;», citadins, périurbains et campagnards.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Presse et culture publiques</mark></strong></p>



<p>Pour cela, il s’agit de créer et diffuser du lien et de l’intelligence. D’en finir avec la disparition annoncée de la presse et de ses réseaux physiques de diffusion, de lutter efficacement contre les Gafam en leur imposant de rémunérer leur usage de contenus, et d’afficher et contrôler leurs sources, de faire taire les médias braillards qui popularisent les idées rances et sont régulièrement condamnés pour racisme. De ne plus leur donner d’autorisation d’émettre, et plus de financement public. D’interdire efficacement la concentration des médias et de soutenir les médias publics, en particulier leurs antennes régionales, indispensables au fonctionnement démocratique local.</p>



<p>La gauche, si elle veut rester fidèle à son histoire et ses fondamentaux, doit refonder le service public de la Culture, centralisé et pressuré par l’État et certaines collectivités. C’est en remettant de la finesse au cœur du politique, en sortant du oui/non binaire qui interdit aujourd’hui toute pensée complexe et dialectique, mais aussi en laissant fleurir dans nos vies la joie et le partage, les concerts et les festivals, que nous pourrons lutter contre les racornissements inexorables que l’on nous promettait comme seul horizon.</p>



<p>Nous ne sommes pas sortis d’affaire. Alors, faites vos choix dans ces pages, naviguez, partagez, éprouvez. Nous vous souhaitons un bon été de festivals, de luttes, de joie et de résistance.&nbsp;</p>



<p>AGNES FRESCHEL</p>
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