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	<title>Archives des Semaine de la Critique - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Semaine de la Critique - Journal Zebuline</title>
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		<title>Des preuves d&#8217;amour :  parcours de combattantes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 15:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 23 avril 2013, le parlement adopte par 331 voix contre 225, la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, promulguée le 17 mai suivant. C’est sur cette archive sonore que s’affiche le générique initial du premier long métrage d’Alice Douard,&#160;Des Preuves d’amour. Si cette reconnaissance officielle du droit à la [&#8230;]</p>
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<p></p>



<p>Le 23 avril 2013, le parlement adopte par 331 voix contre 225, la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, promulguée le 17 mai suivant. C’est sur cette archive sonore que s’affiche le générique initial du premier long métrage d’<strong>Alice Douard</strong>,&nbsp;<em>Des Preuves d’amour</em>.</p>



<p>Si cette reconnaissance officielle du droit à la famille pour tous, marque une étape décisive pour beaucoup d’homosexuels, elle ne leur évite pas tous les écueils discriminatoires dans leurs démarches pour fonder un foyer.</p>



<p>On est au printemps 2014. A Paris. Céline (<strong>Ella Rumpf</strong>) et Nadia (<strong>Mona Chokri</strong>) se sont mariées et attendent leur premier enfant conçu par PMA au Danemark – la PMA ne sera autorisée en France qu’en 2021. C’est Nadia, 37 ans, qui porte le bébé. Céline, plus jeune, portera le deuxième, elles se le sont promis. Nadia est dentiste. Céline DJ. Elles s’aiment et partagent l’expérience de cette gestation comme tous les parents. Entre échographies, séances de préparation à l’accouchement, discussions avec ceux qui sont passés par là, elles s’émerveillent, s’angoissent, doutent&nbsp;… Attendre un enfant est une aventure banale et extraordinaire&nbsp;! Universelle et unique. Nadia ne rentre plus dans ses vêtements, panique devant les difficultés professionnelles et financières que sa maternité va générer mais garde son humour et sa radieuse solidité. Céline, dont on épouse le point de vue, plus fragile, plus grave et sans lien génétique avec sa fille à naître, doit trouver sa place et sa légitimité.</p>



<p>Nourri par l’expérience de la réalisatrice, dont le court métrage césarisé&nbsp;<em>L’Attente</em>&nbsp;abordait déjà le sujet, le film suit la grossesse de Nadia et les étapes de la constitution du dossier. Il sera soumis à la décision du juge des affaires familiales&nbsp;qui permettra à Céline d’adopter le bébé. Il va falloir donner «&nbsp;des preuves d’amour&nbsp;», collecter photos et témoignages des &nbsp;parents et amis – en veillant à ne pas choisir que des copines lesbiennes (sic). Il s’agira d’ attester de la solidité du couple, de sa capacité à accueillir l’enfant.</p>



<p><mark><strong><mark style="background-color:#ffffff" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La preuve par trois</mark></strong></mark></p>



<p>Sans taire l’homophobie et les préjugés, se moquant des maladresses des hétéros (qui sentent le vécu) , Alice Douard ne réduira jamais son film à une dénonciation. Il sera lumineux, bienveillant et joyeux. Le parcours administratif et médical, émaillé de vraies scènes comiques, s’associe à un cheminement plus intime. Plus particulièrement pour Céline. Sur le point de devenir mère, la jeune femme est confrontée à sa propre enfance, marquée par la mort de son père, l’absence de sa «&nbsp;mauvaise&nbsp;» mère (impeccable&nbsp;<strong>Noémie Lvovsky</strong>), pianiste internationale qui a placé sa carrière avant sa maternité. Mère et fille, musiciennes dans des registres différents, si loin, si proches. La pulsation techno, tout comme les envolées de Chopin et de Beethoven, se font écho de cet élan d’amour, de confiance, au-delà du chaos profond que chacune porte en elle. Les actrices, selon le vœu de la réalisatrice, existent aussi bien indépendamment qu’ensemble dans une indéniable alchimie.                                                                                                                    Alice Douard voulait «&nbsp;<em>un film populaire et fédérateur</em>&nbsp;» et c’est réussi&nbsp;!</p>



<p>Quand, après l’accouchement et une dernière hésitation à l’image, entre flou et net, Nadia et Céline, mères ravies et apaisées, se retrouvent dans le même plan, leur petite fille contre la peau de Céline, la preuve par trois est évidence.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<p><em>Des preuves d&rsquo;amou</em>r d&rsquo;<strong>Alice Douard</strong></p>



<p>Sortie : 19 NOVEMBRE 2025</p>
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		<title>KIKA, dominer sa vie, dominer sa peine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 08:22:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Kika est en retard. Le matin, pour accompagner sa fille à l’école. Le soir pour la récupérer. Au boulot, où en tant qu’assistante sociale, elle subit la pression de la détresse humaine face aux procédures administratives et à la pénurie. Kika ne domine rien. Ni son emploi du temps ni le coup de foudre qui [&#8230;]</p>
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<p>Kika est en retard. Le matin, pour accompagner sa fille à l’école. Le soir pour la récupérer. Au boulot, où en tant qu’assistante sociale, elle subit la pression de la détresse humaine face aux procédures administratives et à la pénurie. Kika ne domine rien. Ni son emploi du temps ni le coup de foudre qui l’enflamme.</p>



<p>Kika (<strong>Marion Clavel</strong>) rencontre David (<strong>Makita Samba</strong>). Elle est mariée. Il a une copine. Mais l’attraction est irrésistible. Après deux mois d’idylle, Kika et David cèdent à leur désir dans une chambre rouge boxon qui se loue à l’heure. Et on les retrouve quelque temps après installés ensemble.<br>C’est ici que la délicieuse comédie romantique – de celles qui font fondre, se pimentent d’humour et mettent en scène la maladresse amoureuse, s’arrête brutalement. David meurt. Kika n’a pas les moyens de conserver l’appartement qu’ils occupaient. Aura-t-elle assez de forces pour garder le bébé qu’elle porte&nbsp;? Elle, qui dans son métier passe son temps à trouver un toit et des aides à ceux qui en ont besoin, se retrouve enceinte, fauchée, avec un enfant, et sans domicile. Hébergée par sa mère et son beau-père, «&nbsp;gentils&nbsp;» mais insupportables et névrosés.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Coup de fouet</mark></strong></p>



<p>Les jeux du hasard, pour le meilleur et pour le pire, ficèlent à la perfection ce scénario que la réalisatrice a écrit avec <strong>Thomas Van Zuylen</strong>&nbsp;: Kika par un concours de circonstances – et une culotte sale, se retrouve dans une filière sadomasochiste. De dominée, elle devient dominante, procurant une douleur jouissive et mesurée à des inconnus en détresse contre de l’argent. Sa propre douleur d’un deuil trop grand, trop soudain, trop injuste, reste en elle. Et elle la porte comme son enfant, au fond de son ventre. Son initiation au travail de «&nbsp;Maîtresse&nbsp;» par des professionnelles amicales ne manque pas de drôlerie. Kika, à l’air d’institutrice, bienveillante et polie, , s’étonne des demandes de ses «&nbsp;clients&nbsp;»&nbsp;: &nbsp;face sitting, scatologie, fisting, gode-ceinture, fessée, flagellation, humiliation verbale … Fondées sur une recherche documentaire, toutes ces séquences sonnent juste et mettent en écho les chagrins et les désarrois de chacun. Sans voyeurisme, sans jugement moral, on approche le sens politique et humain de ces échanges monnayés. Axelle Poutine la documentariste aime les gens. Axelle la réalisatrice de fiction, ses personnages. Malgré la gravité du sujet, elle donne à la vie, sa drôlerie, sa lumière et sa chance. Une balade à bicyclette ouvre le film dans une image saturée de soleil jusqu’au flou, une autre le fermera.</p>



<p>La trajectoire du film<strong>,</strong> en ellipses et dérapages<strong>, </strong>épouse celle de l’héroïne cabossée.</p>



<p>Au fil des rencontres, entre rires et larmes, se dessine le portrait d’une femme attachante, vulnérable mais forte, incarnée avec une justesse inouïe par <strong>Marion Clavel</strong> dont la voix de contralto vibre longtemps dans l’oreille.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<p><em>Kika</em> d’<strong>Axelle Poukine</strong></p>



<p>En salles le 12 novembre</p>



<p>© Condor Distribution</p>
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		<title>« Imago » : Retour au père</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est à Deni Oumar Pitsaev, un cinéaste tchéchène exilé au Kazakhstan puis en Russie avant de se réfugier à 17 ans en France, que Julie Gayet, présidente du Jury, a remis l’Œil d’or 2025, un prix décerné à un documentaire choisi parmi les différentes sections du Festival de Cannes. Imago est une auto-fiction qui confronte [&#8230;]</p>
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<p>C’est à <strong>Deni Oumar Pitsaev</strong>, un cinéaste tchéchène exilé au Kazakhstan puis en Russie avant de se réfugier à 17 ans en France, que <strong>Julie Gayet</strong>, présidente du Jury, a remis <strong><em>l’Œil d’or</em></strong> 2025, un prix décerné à un documentaire choisi parmi les différentes sections du Festival de Cannes.</p>



<p><em>Imago</em> est une auto-fiction qui confronte la réalité objectivée par la caméra à une perception plus intime, un voyage dans l’espace et le temps où le réalisateur-acteur passe d’une étape «&nbsp;larvaire&nbsp;» à un stade plus abouti peut-être. Le mot «&nbsp;Imago&nbsp;» renvoie à la fois à la psychologie&nbsp;: la représentation mentale inconsciente d’une personne proche qui structure l’enfant dans son rapport futur aux autres. Et à la biologie&nbsp;: le stade final d’un individu dont le développement passe par différentes phases.</p>



<p>Convoquant toute sa famille qui entre avec une confiance touchante dans le jeu subtil du cinéaste, Deni Oumar Pitsaev à travers de longs échanges aborde des sujets comme la filiation, le sens de la vie, la transmission, la liberté face à la responsabilité de l’individu dans le groupe. A ces thèmes universels s’ajoutent ceux de l’exil d’un peuple malmené par le «&nbsp;grand frère russe&nbsp;», frappé par les guerres, non comme un arrière-plan historique mais comme le substrat du roman familial.</p>



<p>Le film commence à Bruxelles par un coup de téléphone. Déni est attendu en Géorgie par ses oncles, tantes, cousins dans la vallée de Pankissi, frontalière de la Tchétchénie. Là, depuis deux siècles les Tchétchènes ont trouvé refuge. Sa mère, qui veut que ce fils «&nbsp;artiste&nbsp;» et quadragénaire, se marie, fonde un foyer, s’enracine au sens propre du mot dans sa communauté, lui a acheté un beau terrain face aux montagnes. Il doit y bâtir sa maison.</p>



<p>Pour Deni, ce sera une cabane perchée dont il a fait les plans. «&nbsp;<em>La maison de Baba Yaga</em>&nbsp;» se moquera sa tante en les découvrant, et «&nbsp;<em>qui plaira aux touristes</em>&nbsp;», ajoute-t-elle. Une maison qui dit implicitement son refus de s’ancrer dans cette terre.</p>



<p>Les retrouvailles avec sa famille, permettent au cinéaste de faire entendre les valeurs, les rêves, les espoirs, les regrets de ces gens. Un cousin enrichi vante la Géorgie et le bio et se construit un vrai palais pour accueillir une foule d’enfants. Les femmes rappellent le système patriarcal, les interdits religieux et le poids des traditions. L’idée fixe de la mère pour marier Déni tourne au comique. Mais c’est l’arrivée du père qui fait basculer le film dans la palpable et bouleversante douleur du cinéaste. Un père si peu connu, resté au pays quand sa femme l’a quitté emmenant Déni avec elle. Qui a refait sa vie, a donné à Déni deux demi-frères. Fils et père se retrouvent seuls dans la forêt et c’est sans doute la plus belle séquence du film. Déni lui demande des comptes. Le père lui raconte sa version de sa séparation, les raisons de son absence. Il voit bien que son fils, s’il parle encore la langue, « ne pense plus tchétchène » et qu’ils ne peuvent pas vraiment se comprendre. Moment tout en pudeur et retenue où se perçoivent les blessures de chacun.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<p>Rencontre donnée le 10 juin à La Baleine, Marseille.<br>Sortie nationale le 22 octobre.</p>
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		<title>« Il avait compris Nino mieux que moi » </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Sep 2025 17:53:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment vous est venue l’idée de votre premier long métrage dédié à Romain&#160;? C’est venu d’un deuil, en fait de la perte&#160; d’un jeune homme de ma famille qui a eu un cancer très agressif, qui donnait peu d’espoir de chance en 2020. J’ai commencé à écrire pour retrouver de la joie, essayer de voir [&#8230;]</p>
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<p><strong>Comment vous est venue l’idée de votre premier long métrage dédié à Romain&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est venu d’un deuil, en fait de la perte&nbsp; d’un jeune homme de ma famille qui a eu un cancer très agressif, qui donnait peu d’espoir de chance en 2020. J’ai commencé à écrire pour retrouver de la joie, essayer de voir si je pouvais me réconcilier avec la maladie. C’était tellement injuste et dur&nbsp;! Je me suis dit que j’aimerais faire un film sur la maladie, mais le plus lumineux possible.</p>



<p><strong>Aviez-vous en tête le film d’Agnès Varda, Cleo de 5 à 7, l’errance de&nbsp; 90 minutes dans Paris d’une jeune femme qui attendait un diagnostic ?</strong></p>



<p>Je ne l’ai pas eu en tête comme référence. Je ne me suis pas dit que j’allais faire un <em>Cleo de 5 à 7</em> au masculin et contemporain. Quand j’ai regardé Cléo pour la 1<sup>e</sup> fois, j’ai eu l’impression de découvrir un personnage, de suivre cette femme, de m’accrocher très fort à elle. Pour moi, en écrivant, c’est ce qui s’est passé. Il y a une figure de jeune homme qui est arrivée dans ma tête, avec des contours un peu flous, des vêtements un peu larges. Il a dû avoir un diagnostic et je vais le suivre.. Je l’ai suivi à l’écriture et l’errance est venue de là. La forme est arrivée de mon errance à l’écriture.</p>



<p><em>Au générique, on voit écrit « avec la collaboration de Maud Ameline » Comment s’est passée cette collaboration ?</em></p>



<p>J’ai écrit plusieurs versions de scenario dialogué. On est arrivé au bout avec ma productrice et on s’est dit qu’il fallait un regard extérieur. On a fait une dizaine de séances de travail, de réflexion, de discussions avec <strong>Maud Ameline.</strong> Elle a beaucoup apporté à l’architecture de la structure du film. Elle a verrouillé l’errance en créant des rythmes. Très fondateur pour le film.</p>



<p><strong>Le personnage de Nino est très intérieur, discret, secret « <em>Tu voyais tout et tu ne regardais rie</em>n lui dit sa mère. » évoquant &nbsp;sa naissance. Comment l’avez-vous construit ?</strong></p>



<p>Je l’ai cherché autant que le spectateur, peut –être. Pour moi, c’était un jeune homme assez mystérieux sur qui tombe ce diagnostic et je l’ai découvert au fur et à mesure de l’écriture. Je je ne savais pas si Nino avait été traumatisé ou pas par la mort de son père. J’ai gardé son mystère&nbsp;; je l’ai mis en contact avec d’autre gens. Je mets des gens ensemble, je les écoute discuter et j’écris. Les paroles viennent comme cela et ça crée une personnalité. Je suis mon personnage et je vois comment ça ses passe.</p>



<p><strong>Pour l’incarner Théodore Pellerin ? Vous l’aviez vu dans le film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde (2016) ? Ou ailleurs&nbsp;?</strong></p>



<p>Je ne l’avais pas repéré du tout. Je ne savais même pas qu’il existait (rires)&nbsp;! C’est ma directrice de casting qui m’a proposé une liste de comédiens dans la trentaine. Je n’avais pas d’évidence. Elle est arrivée avec Theodore, avec l’intuition que ça allait bien a marcher entre nous.. .Dans la vie ,il a un accent québécois et dans le film pas du tout. Ca a été un vrai coup de cœur. Je lui ai donné les clés du Personnage. Quand il est arrivé, il m’a dit «&nbsp; <em>j’ai vraiment adoré le scenario.</em>&nbsp;» J’avais le sentiment qu’il avait compris Nino mieux que moi&nbsp;qui suis une femme de quarante ans avec des enfants. Il y a des choses qui m’échappaient sur le fait d’être un jeune homme de trente ans, confronté à la maladie &nbsp;aux questions de parentalité.. Il comprenait tellement bien le rôle&nbsp;! C’est un grand acteur.</p>



<p><strong><em>Un excellent choix&nbsp;! Il incarne à merveille votre personnage, à fleur de peau, et vient d’obtenir Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation à la Semaine de la Critique. Et les autres&nbsp;? Mathieu Amalric pour cet inconnu que croise Nino&nbsp;? Jeanne Balibar, cette mère assez étonnante</em></strong></p>



<p><strong>Jeanne Balibar</strong> était une grande évidence. Elle incarnait&nbsp; vraiment cette mère agaçante comme toutes les mères avec un jeune homme de 26 ans, à côté de la plaque quoi qu’elle dise. Elle a su faire passer, dans les deux scènes du film&nbsp; dont celle où elle arrive à se rapprocher de Nino, la relation mère /fils. Et pour Mathieu, je n’arrêtais pas de dire <em>« pour la scène des bains douches, il me faudrait un <strong>Mathieu Amalric</strong>.  »&nbsp;</em>Ma directrice de la photo, <strong>Lucie Baudinaud,</strong> qui avait travaillé avec lui dans <em>Barbara,</em> le lui a demandé. Il a lu les deux scènes du scenario qui le concernaient, pas le scenario entier.«&nbsp;<em>Je ne eux pas savoir ce qui arrive à Nino, a-t-il dit, parce que si je joue ça, je suis un personnage qui n’est pas censé le savoir.</em>&nbsp;» Il a été extraordinaire sur le tournage, un enfant qui aime jouer,&nbsp; avec son sac rempli d’accessoire. Le plaisir du jeu. J’ai eu beaucoup de chance&nbsp;!</p>



<p><strong>On a l’impression que tous vos personnages, même secondaires, sont traités avec un grand soin et même avec amour. Vous les aimez vos personnages&nbsp;?</strong></p>



<p>Énormément&nbsp;! La clé pour moi, est d’aimer ses personnages avec leurs défauts aussi. Et quand j’ai trouvé les acteurs et que je les aime autant que les personnages, j’ai l’impression que le film est quasiment prêt.</p>



<p><strong>Vous connaissez de longue date votre directrice de la photo Lucie Baudinaud. Comment avez-vous travaillé avec elle en particulier pour filmer Nino que la caméra ne lâche jamais.</strong></p>



<p>La première chose que j’ai dite à Lucie, quand j’ai rencontré Théodore, c’est qu’il fallait que les gens le voient come je le vois, tellement sensible, vulnérable, avec son corps de jeune homme en pleine santé. Il va falloir que tu sois aussi fasciné que moi, pas une fascination amoureuse ou érotique. Elle a été très discrète dans sa manière de filmer alors qu’on est souvent en longue focale, près sans être près, se mettre à la bonne distance par rapport à ce qu’il ressent&nbsp;: seul parmi les autres Comment filmer le sentiment de solitude, parfois en étant très près, parfois en étant très loin. Il est de toutes les séquences. Comme l’a dit Théodore, «&nbsp;<em>les personnages secondaires sont les stars du film parce qu’ils viennent l’emporter chacun dans une énergie différente.&nbsp;»</em></p>



<p><strong>On voit Nino déambuler dans Paris, dans un Paris filmé en bleu, Où avez-vous tourné?</strong></p>



<p>Oui, c’est vrai. Mais ça s’est dessiné un peu ainsi&nbsp;; dans ces quartiers du nord –est de Paris , on a souvent cette impression bleutée. On a travaillé cela avec la lumière et l’étalonnage quand on s’en est rendu compte.</p>



<p><strong>Avez-vous partagé avec&nbsp; Lucie des pistes visuelles, photos, tableaux, films ?</strong></p>



<p>Oui&nbsp;! un film <em>Blue Valentine</em> avec Ryan Gosling et Michelle Williams, un film indépendant américain, où j’aimais beaucoup les valeurs de plans. Et aussi l cinéma de <strong>Joachim Trier</strong>, en particulier, <em>Oslo, 31 Aout</em> et Cléo.</p>



<p><em><strong>Est-ce que la sélection à La Semaine de la Critique vous ouvre des portes pour la suite&nbsp;? Et avez –vous un nouveau film en préparation</strong></em>?</p>



<p><em>La Semaine de la Critique </em>est l’endroit dont je rêvais en tant que jeune femme réalisatrice. Un endroit qui a porté plein de réalisatrices, Justine Tiet, Hafsia Herzi, Julia Ducournau, elle sont toutes passées par là. Un lieu bienveillant qui sonne énergie et confiance. Faire un film demande beaucoup d’énergie, beaucoup de persévérance. On se pose beaucoup de questions. Pourquoi faire un film alors que le monde va si mal. Pourquoi un film de plus&nbsp;? Oui cela ouvre des portes mais pour ce film &#8211; là,, c&rsquo;était l’histoire qui comptait le plus. Il me faut trouver une histoire qui m’importe autant&nbsp; pour faire un deuxième film. Sinon ça ne vaut pas le coup&nbsp;! Car cela demande &nbsp;beaucoup de travail et si on n’a pas quelque chose de très fort à raconter,on peut faire autre chose. Donc on verra….</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ANNIE GAVA (JUIN 2025)</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Lire <a href="https://journalzebuline.fr/errer-entre-la-vie-et-la-mort/">ICI</a> une critique du film</strong></mark></p>
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		<title>Gangs of Taïwan : la fin d&#8217;une époque</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 04:54:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour ce premier long-métrage, Keff dit avoir voulu concocter un «&#160;film porc braisé&#160;». Un film, qui, comme ce mets asiatique, offre une incroyable saveur à partir d’ingrédients simples – pourvu qu’ils soient cuisinés avec art. Et de fait, Gangs of Taïwan excelle au mélange, subtil et délicieux, même si une amertume tenace reste en bouche. [&#8230;]</p>
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<p>Pour ce premier long-métrage, <strong>Keff</strong> dit avoir voulu concocter un «&nbsp;<em>film porc braisé</em>&nbsp;». Un film, qui, comme ce mets asiatique, offre une incroyable saveur à partir d’ingrédients simples – pourvu qu’ils soient cuisinés avec art. Et de fait, <em>Gangs of Taïwan</em> excelle au mélange, subtil et délicieux, même si une amertume tenace reste en bouche.</p>



<p>Zhong-Han (<strong>Liu Wei Chen</strong>) est un jeune taïwanais, adopté comme un fils par Rong, vieux restaurateur qui tient avec sa femme, une cantine populaire, dans sa famille depuis trois générations.&nbsp; Zhong-han est muet comme le Samouraï de Melville, comme le cinéma des origines, ou métaphoriquement comme Taïwan, un pays qui ne peut parler en son nom propre. Le jour, il travaille au resto. La nuit, membre d’une bande de voyous aux ordres d’un parrain mafieux, il rackette, piège, intimide, brutalise sur commande. Son chef du groupe l’apprécie&nbsp;: “<em>Tu n’as pas eu de chance à la distribution des cartes mais tu joues quand même, tu ne te dégonfles pas.</em>” Solitaire, porteur d’une colère froide et d’une souffrance latente, Zhong-han observe, impassible, un monde qui le traverse, l’expose, le crucifie. Si son idylle avec la caissière d’une supérette du quartier adoucira un temps son mal de vivre, loi implacable du genre noir, la tragédie le rattrapera. Car à la fin ce sont les méchants qui gagnent. Et les vainqueurs qui imposent leur vérité. Tout au plus, les perdants leur opposeront quelque chose qui pourrait s’appeler panache ou dignité.</p>



<p>Rien de la chorégraphie nerveuse et virtuose des polars hongkongais mais le même sens esthétique et la même élégance.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Alternance jour-nuit</strong></mark></p>



<p>La lumière rouge et stroboscopique d’une boîte succède à celle un peu blafarde du jour, les néons des avenues de Tapei, au soleil d’une escapade amoureuse. En cut ou fondus, on passe d’une ambiance à l’autre. D’une pulsation à l’autre. Le visage de Zhong-han en clair-obscur semble parfois un Caravage.</p>



<p>Keff brosse ici le portrait de la jeunesse taïwanaise. Celle dorée des héritiers que les gangsters dépouillent, celle corvéable à merci, qui trime et ne peut pas faire d’études, celle qui verse dans la violence, se rêve en «&nbsp;Robins des bois&nbsp;» mais se fait manipuler par des politiciens associés à des hommes d’affaires et à des parrains. Celle qui manifeste dans les rues ou celle qui s’intéresse davantage à l’ouverture d’une pâtisserie branchée et à ses followers sur Insta qu’au destin de l’île. On est en juin 2019. De nuit comme de jour, les écrans télé retransmettent les images des émeutes de Hong-kong. C’est une phrase de Martin Luther King qui ouvre le film&nbsp;: «&nbsp;<em>Les émeutes, c’est le cri des sans voix</em>&nbsp;». Les élections se préparent à Taïwan et divisent la population. La Chine menace. Et la fin imminente d’une époque s’immisce dans les esprits.</p>



<p>La caméra ne s’appesantit jamais et le scenario n’explique rien. Une rétention qui fait sens comme le mutisme désespéré de Zhong-Han.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<p><em>Gangs of Taïwan</em>, <strong>Keff</strong></p>



<p>En salles <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 30 juillet</mark></p>
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		<title>« Des Preuves d&#8217;amour » : deux mères et un couffin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jun 2025 13:29:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 23 avril 2013, le parlement adopte par 331 voix contre 225, la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, promulguée le 17 mai suivant. C’est sur cette archive sonore que s’affiche le générique initial du premier long métrage d’Alice Douard, Des Preuves d’amour. Si cette reconnaissance officielle du droit à [&#8230;]</p>
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<p>Le 23 avril 2013, le parlement adopte par 331 voix contre 225, la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, promulguée le 17 mai suivant. C’est sur cette archive sonore que s’affiche le générique initial du premier long métrage d’<strong>Alice Douard</strong>, <em>Des Preuves d’amour</em>.</p>



<p>Si cette reconnaissance officielle du droit à la famille pour tous, marque une étape décisive pour beaucoup d’homosexuels, elle ne leur évite pas tous les écueils discriminatoires dans leurs démarches pour fonder un foyer.</p>



<p>On est au printemps 2014. A Paris. Céline (<strong>Ella Rumpf</strong>) et Nadia (<strong>Mona Chokri</strong>) se sont mariées et attendent leur premier enfant conçu par PMA au Danemark – la PMA ne sera autorisée en France qu’en 2021. C’est Nadia, 37 ans, qui porte le bébé. Céline, plus jeune, portera le deuxième, elles se le sont promis. Nadia est dentiste. Céline DJ. Elles s’aiment et partagent l’expérience de cette gestation comme tous les parents. Entre échographies, séances de préparation à l’accouchement, discussions avec ceux qui sont passés par là, elles s’émerveillent, s’angoissent, doutent&nbsp;… Attendre un enfant est une aventure banale et extraordinaire&nbsp;! Universelle et unique. Nadia ne rentre plus dans ses vêtements, panique devant les difficultés professionnelles et financières que sa maternité va générer mais garde son humour et sa radieuse solidité. Céline, dont on épouse le point de vue, plus fragile, plus grave et sans lien génétique avec sa fille à naître, doit trouver sa place et sa légitimité.</p>



<p>Nourri par l’expérience de la réalisatrice, dont le court métrage césarisé <em>L’Attente</em> abordait déjà le sujet, le film suit la grossesse de Nadia et les étapes de la constitution du dossier. Il sera soumis à la décision du juge des affaires familiales&nbsp;qui permettra à Céline d’adopter le bébé. Il va falloir donner «&nbsp;des preuves d’amour&nbsp;», collecter photos et témoignages des &nbsp;parents et amis – en veillant à ne pas choisir que des copines lesbiennes (sic). Il s’agira d’ attester de la solidité du couple, de sa capacité à accueillir l’enfant.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>La preuve par trois</strong></mark></p>



<p>Sans taire l’homophobie et les préjugés, se moquant des maladresses des hétéros (qui sentent le vécu) , Alice Douard ne réduira jamais son film à une dénonciation. Il sera lumineux, bienveillant et joyeux. Le parcours administratif et médical, émaillé de vraies scènes comiques, s’associe à un cheminement plus intime. Plus particulièrement pour Céline. Sur le point de devenir mère, la jeune femme est confrontée à sa propre enfance, marquée par la mort de son père, l’absence de sa « mauvaise » mère (impeccable <strong>Noémie Lvovsky</strong>), pianiste internationale qui a placé sa carrière avant sa maternité. Mère et fille, musiciennes dans des registres différents, si loin, si proches. La pulsation techno, tout comme les envolées de Chopin et de Beethoven, se font écho de cet élan d’amour, de confiance, au-delà du chaos profond que chacune porte en elle. Les actrices, selon le vœu de la réalisatrice, existent aussi bien indépendamment qu’ensemble dans une indéniable alchimie.</p>



<p>&nbsp;Alice Douard voulait «&nbsp;<em>un film populaire et fédérateur</em>&nbsp;» et c’est réussi&nbsp;!</p>



<p>Quand, après l’accouchement et une dernière hésitation à l’image, entre flou et net, Nadia et Céline, mères ravies et apaisées, se retrouvent dans le même plan, leur petite fille contre la peau de Céline, la preuve par trois est évidence.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>
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		<title>« Tiger Stripes », un tigre sous le voile</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Mar 2024 08:03:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En présentant au cinéma La Baleine, Tiger Stripes, Grand Prix de la Semaine de la critique 2023, dans le cadre de la reprise de la Sélection cannoise, la déléguée générale Ava Cahen, a affirmé que récompenser le film d’Amanda Nell Eu, était un choix audacieux. Premier long métrage de la réalisatrice malaisienne, film de genre(s), [&#8230;]</p>
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<p></p>



<p>En présentant au cinéma La Baleine, <em>Tiger Stripes</em>, Grand Prix de la Semaine de la critique 2023, dans le cadre de la reprise de la Sélection cannoise, la déléguée générale <strong>Ava Cahen</strong>, a affirmé que récompenser le film d’<strong>Amanda Nell Eu</strong>, était un choix audacieux. Premier long métrage de la réalisatrice malaisienne, film de genre(s), métissé entre le <em>teen movie</em>, le gore, le cinéma fantastique, et la parabole politique. Sous les auspices d’<strong>Apichatpong Weerasethakul</strong> et de <strong>Julia Ducournau</strong>, a-t-on dit.&nbsp; Si <em>Tiger Stripes</em> n’a pas la puissance poétique du premier ni la radicalité de la seconde, il s’affirme par son originalité décomplexée. C’est un film libre, tonique, et en un mot… rugissant.</p>



<p>Zaffan (<strong>Zafreen Zairizal</strong>) a 12 ans, vit dans un village de Malaisie. Fille unique de parents décontenancés par la fougue de son adolescence frondeuse. À l’école, ses copines et elle forment un clan de joyeuses larronnes. Danses, vidéos TikTok, pieds de nez à l’autorité scolaire, premier soutien-gorge clandestin partagé, elles s’éclaboussent d’eau et de rires, jusqu’à ce qu’entre les jambes de Zaffan, le sang de ses premières menstrues ne la rendent différente. Dès lors, ostracisée par ses anciennes amies encore impubères, la jeune fille va d’abord essayer de cacher les mutations d’un corps qu’elle ne maîtrise plus, et dont toute la société lui renvoie la monstruosité. Sa mère, les institutions, la religion, la vieille légende rurale d’une femme aux règles surnaturelles qui aurait disparu dans la jungle et reviendrait en apparition menaçante, tout parle de cette monstruosité à Zaffan, de cette honte d’être «&nbsp;impure&nbsp;».</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Liberté sauvage</mark></strong></p>



<p>D’un côté la contrainte&nbsp;: l’uniforme blanc des jeunes filles, l’encadrement de leur visage juvénile par le voile islamique, les séances où sagement assises en tailleur sur le sol de la cour de l’Institution non mixte, elles écoutent sous le soleil plombant, les sermons de la directrice, distribuant bons ou mauvais points, les ateliers périscolaires où elles se mettent au garde à vous. De l’autre, le refuge des toilettes – espace exigu où explose l’énergie des filles, l’exubérance de la jungle tropicale, les eaux jaillissantes des cascades, et le tigre que les chasseurs guettent. La civilisation avec ses charlatans et ses certitudes face au mystère de la vie, de la nature, des femmes. Le film voyage du monde contraint aux espaces de liberté sauvage, glissant peu à peu dans le surnaturel par les mutations du corps de Zaffan, les discordances sonores, l’assombrissement&nbsp; de la lumière (excellent travail du chef op espagnol <strong>Jimmy Gimferrer</strong>). On passe de la saturation de couleurs pastel aux ténèbres de la jungle tropicale. Amanda Nell Eu ne cherche ni à faire peur, ni à faire «&nbsp;sexy», la fille-tigre n’obéit pas à des critères de beauté ou d’horreur. Non sans humour, la jeune réalisatrice donne des coups de griffes à tous les préjugés, et c’est bougrement réjouissant&nbsp;!</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<p><em>Tiger Stripes</em>, de <strong>Amanda Nell Eu </strong>Grand Prix de la Semaine de la critique 2023 sort en salles le 13 mars 2024</p>



<p>@Jour2Fete</p>
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		<title>A bas le patriarcat, inchallah !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Mar 2024 08:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Plan d’ensemble d’un quartier de Amman. Petits immeubles de béton gris&nbsp;; profusion de fils électriques&nbsp;; terrain vague. La caméra se resserre sur un soutien gorge rose accroché à des branchages. Une femme derrière une fenêtre grillée cherche à le récupérer sans se faire voir avec un balai. Première séquence surprenante&nbsp;: glissement du général au particulier, intrusion incongrue d’un objet intime sur la voie publique comme une transgression involontaire. Le cinéaste l’affirme&nbsp;: son film racontera «&nbsp;<em>une histoire de survie, d’émancipation, d’espoir contre la domination d’un patriarcat oppressif&nbsp;</em>»<em></em></p>



<p>Nawal, trentenaire, mère d’une fillette, perd brutalement son mari. En l’absence de fils, les biens du couple, maison, et pick-up acheté à crédit, reviennent de droit à la famille du défunt. Qu’importe si Nawal a participé à leur acquisition par sa dot et son salaire d’aide-soignante. Qu’importe si elle se retrouve sans toit, si Rufqi (<strong>Haitham Omari</strong>) l’oncle paternel lui enlève sa fille&nbsp;: «&nbsp;<em>quand une</em> <em>femme perd son mari, elle perd tout&nbsp;</em>» lui rappelle une des femmes en tchador – semblable à un agent de la police des mœurs iranienne. Elle n’oublie pas au passage de lui lister les interdits liés à son nouveau statut. Mais Nawal qu’on aimerait soumise à son destin, donnant le bon exemple à sa fille, va se rebeller. D’abord en douceur, sans élever la voix, puis de plus en plus violemment, à mesure que les injustices se dressent devant elle. Abandonnée par un frère lâche et veule, harcelée par un beau-frère cupide.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Chrétiens, musulmans : mêmes coups bas</mark></p>



<p>Le film d’une veine farhadienne, inspiré par le vécu des Jordaniennes, soignant le naturel des dialogues (co-écrits par deux femmes, <strong>Rula Nasser</strong> et <strong>Delphine Agut</strong>), devient alors un suspense au rythme soutenu, une course contre la montre et une descente aux enfers pour l’héroïne superbement interprétée par la Palestinienne <strong>Mouna Hawa</strong>. Le réalisateur &nbsp;privilégie les lieux clos, refuges ou prisons. La maison de Nawal aux pièces exiguës, dans un quartier populaire où tout le monde surveille l’autre. La maison bourgeoise des quartiers Ouest où Nawal s’occupe d’une grand-mère impotente, subit le mépris de classe de sa patronne et la mauvaise humeur de sa fille Lauren (<strong>Yumna Marwan</strong>). Deux mondes en opposition et en écho.</p>



<p>La riche famille chrétienne dont on ne voit que les femmes, sur trois générations – grand-mère, mère et fille – et la famille musulmane de Nawal, partagent les mêmes lois « <em>tordues</em> ». Lauren ne peut pas divorcer d’un mari infidèle qu’elle n’aime plus, ne peut pas avorter d’un enfant qu’elle ne désire pas. Malgré son argent et ses cheveux au vent, elle n’est pas plus libre que Nawal. L’une ne veut pas enfanter, l’autre a besoin d’enfanter. Aucune ne possède vraiment son corps. Leur complicité de circonstance ne peut être amitié mais elles sont toutes deux, les victimes de règles patriarcales soutenues par la justice religieuse et gouvernementale, admises comme une normalité. Des règles intériorisées par les femmes elles-mêmes qui les transmettent. La liberté au féminin c’est <em>haram</em> ! En revanche, tolérer l’infidélité et la violence des maris, la spoliation d’un beau-frère cupide, tout supporter sans faire de vagues, c’est s’en remettre à la volonté divine, invoquée à tout bout de champ.  </p>



<p>En jouant la montre pour retarder son expulsion, Nawal goûte à des victoires fragiles et provisoires – dont, et ce n’est pas la moindre, apprendre à conduire avec un kiné amoureux. Comme le réalisateur, elle donne quelques coups de griffes au système, sans entamer son pouvoir de nuisance. Car au bout du compte c’est bien Allah qui décidera si Nawal peut avoir un fils et garder son héritage. Inchallah&nbsp;!</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<p><em>Inchallah un fils</em>, de <strong>Amjad Al Rasheed</strong></p>



<p>Festival de Cannes 2023, Semaine de la Critique, Prix Fondation Gan à la diffusion</p>



<p>En salles le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">6 mars</mark></p>
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