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	<title>Archives des solitude - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des solitude - Journal Zebuline</title>
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		<title>[Berlinale 2026] Moscas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Feb 2026 10:52:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un matin ordinaire pour Olga (formidable Teresita Sánchez) une sexagénaire, qui se réveille, agacée par une mouche, puis par une autre qu’elle tente de supprimer, au risque de s’intoxiquer avec un insecticide. Dans l’appartement où elle vit, solitaire, seuls troublent le silence, le vrombissement des mouches, les gémissements de plaisir de la voisine. Une vie [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Un matin ordinaire pour Olga (formidable <strong>Teresita Sánchez</strong>) une sexagénaire, qui se réveille, agacée par une mouche, puis par une autre qu’elle tente de supprimer, au risque de s’intoxiquer avec un insecticide. Dans l’appartement où elle vit, solitaire, seuls troublent le silence, le vrombissement des mouches, les gémissements de plaisir de la voisine. Une vie vide, meublée de parties de sudoku en ligne, d’émissions de télévision. Ses finances la contraignent à louer une chambre&nbsp;: c’est Tulio (<strong>Hugo Ramírez</strong>) qui la loue et reçoit des consignes très strictes&nbsp;; il n’a pas accès au reste de l’appartement. Une chambre avec vue sur l’hôpital où est soignée sa femme. Il s’occupe de son fils, Cristian (<strong>Bastian Escobar</strong>), 9 ans, qu’il fait entrer en cachette, de nuit. Cristian est un passionné de jeux vidéo comme <em>Cosmic defenders</em>, son refuge. &nbsp;Père et fils sont très proches et tout est prétexte à jouer. Olga qui a découvert la présence de Cristian et n’a pas hésité à augmenter le loyer, se montre froide, agressive souvent. D’autant que Tulio est contraint de partir travailler et laisse son fils dans la chambre. &nbsp;Cristian n’a qu’un souhait, aller voir sa maman à l’hôpital et lui apporter ses pantoufles. Mais l’accès n’est pas autorisé aux enfants. Quand après plusieurs tentatives infructueuses, Cristian demande à Olga de l’accompagner, le cœur de cette dame blessée par la vie, s’ouvre…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tourné en noir et blanc, plus organique, le cinquième long métrage du réalisateur mexicain, <strong>Fernando Eimbcke</strong>, parle des rapports père/ fils, des difficultés de la vie, mais aussi de la force de l’enfance. Eimbcke s’attache aux détails, filmant une main qui rassure, une mouche sur un rideau, le visage d’Olga comme un paysage qui se transforme au fil du temps. La caméra de la directrice de la photo <strong>Maria Secco</strong> suit Cristian qui court dans les rues, filme en gros plan ses yeux fixés sur le jeu où il détruit les Invaders, question de vie ou de mort&nbsp;: c’est par ce jeu que son père lui a expliqué la prolifération des cellules cancéreuses dans le corps humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bastian Escobar</strong> qui incarne Cristian est «&nbsp;craquant&nbsp;» de sincérité. Il dit s’être bien amusé sur le tournage. Eimbcke, lui, précise avoir été inspiré par <em>Le Voleur de bicyclette</em> et <em>Le Kid</em> et avoir travaillé sur ce film comme un documentaire&nbsp;: le casting a été fait dans la cité où il a tourné. «&nbsp;<em>J’aime le mélodrame où se mêle l’humour.</em>&nbsp;» confie-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Moscas </em>qui doit son titre aux mouches, motif récurrent et symbolique, est un film très réussi dont on sort les larmes aux yeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>
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		<title>Écrire est un métier manuel  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 08:15:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À pied d’œuvre :&#160; être prêt à travailler, à commencer une tâche. C’est aussi le titre d’un roman autobiographique de Franck Courtès, publié en&#160;2023, que Valérie Donzelli a décidé d’adapter. &#160;Paul marquet, 42 ans, un photographe reconnu, gagnant bien sa vie&#160;: de 3000 à 8000 euros selon les mois, a décidé d’abandonner cet emploi confortable pour [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À pied d’œuvre :</em></strong>&nbsp; être prêt à travailler, à commencer une tâche. C’est aussi le titre d’un roman autobiographique de <strong>Franck Courtès</strong>, publié en&nbsp;2023, que <strong>Valérie Donzelli</strong> a décidé d’adapter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Paul marquet, 42 ans, un photographe reconnu, gagnant bien sa vie&nbsp;: de 3000 à 8000 euros selon les mois, a décidé d’abandonner cet emploi confortable pour se consacrer à l’écriture. Il a la chance d’avoir publié trois romans qui ont eu un succès critique, mais aucun succès commercial. Pour son nouvel opus, son éditrice, Alice (<strong>Virginie Ledoyen</strong>) attend de lui qu’il signe enfin son grand roman. Là, il doit quitter l’appartement où il vivait&nbsp;: son ex-femme part avec leurs enfants, à Montréal. Il se retrouve dans un minuscule studio en sous -sol. Il lui faut aussi trouver un job pour subvenir à ses besoins, ce qu’il va faire en installant sur son téléphone «&nbsp;jobbing&nbsp;», une application qui fonctionne selon un algorithme&nbsp;:&nbsp; être le premier à répondre tout en proposant le prix le plus bas pour décrocher un petit boulot manuel. Il espère ainsi avoir assez de temps libre pour pouvoir écrire. Il va ainsi enchainer des missions ingrates comme tondre une pelouse… avec des ciseaux &nbsp;&nbsp;sic), démonter une mezzanine très lourde, déraciner des buis résistants sur un balcon et bien d’autres tâches éreintantes payées une misère&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;J’ai pris conscience que je devenais pauvre&nbsp;»</em> Une voix off scande le film, comme une trace de la plume de Courtès.&nbsp;» « <em>Le métier d’écrivain consiste à entretenir un feu qui ne demande qu’à s’éteindre. Achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n’augure aucune fortune.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Appels vidéo avec ses enfants et son ex- femme à des kms de ce qu’il vit. Courses avec la voiture paternelle qu’il a récupérée, devenue taxi. Paroles très dures de son père (<strong>André Marcon</strong>) qui ne le comprend pas et lui reproche même de «&nbsp;rater sa vie de pauvre&nbsp;», compte tenu de son inaptitude au travail manuel. Moments de solitude dans son logement exigu entre découragement et volonté d’aller au bout de son chemin. Un homme qui ne veut pas se trahir lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Bastien Bouillon</strong> incarne avec intensité cet homme qui parle peu, note, semblant observer les autres, ceux qu’il n’aurait jamais croisés dans sa vie précédente. La caméra de la directrice de la photo, <strong>Irina Lubtchansky, </strong>filme les gestes de cet homme sur la pente de la précarité : se lever, effectuer la tâche qu’il a gagnée en baissant le prix, écrire, compter chaque dépense en l’inscrivant sur son carnet…Un homme pauvre qui a faim et en arrive même à dépecer et cuisiner un chevreuil …</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;«&nbsp;<em>Je voulais être totalement sincère sur ce que je savais : c’est mon point de vue sur le monde. Je ne voulais pas tricher, pas une seule seconde. Ce film devait être honnête. J’ai cherché ça tout le temps, partout : dans chaque plan, chaque détail sur le tournage. Il y a beaucoup de travail derrière tout ça, mais j’espère que ça a l’air simple, oui. Et pur&nbsp;» </em>a précisé la réalisatrice<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pari réussi&nbsp;: même si au départ du film on a du mal à être en empathie avec son personnage qu’on peut trouver un peu «&nbsp;bobo&nbsp;» Valérie Donzelli a réussi au fil du film à nous le rendre attachant et à nous faire poser la question&nbsp;: c’est quoi un écrivain aujourd’hui&nbsp;? Quelle valeur accordons-nous à une vie animée par une passion silencieuse, irrésistible : le besoin de créer, quoi qu’il en coûte&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Annie Gava</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>À pied d’œuvre</em>, de <strong>Valérie Donzelli</strong><br>En salles le 4 février<br><br><strong>Le film a obtenu le prix du meilleur scénario à la 82<sup>e</sup> Mostra de Venise.</strong></p>
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		<title>Les rêveries d’un escort solitaire </title>
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		<pubDate>Wed, 04 Dec 2024 08:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Le géant n’avait peur de rien. Avec sa force, il détruisait tout sur son passage. Quand il rugissait toute la ville tremblait… Personne ne pouvait l’arrêter. Il allait conquérir le monde.&#160;»Une voix off de fillette sur un plan fixe de coucher de soleil. C’est ainsi que commence&#160;Cent mille milliards,&#160;le dernier film de&#160;Virgil Vernier&#160;qui avait déjà [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Le géant n’avait peur de rien. Avec sa force, il détruisait tout sur son passage. Quand il rugissait toute la ville tremblait… Personne ne pouvait l’arrêter. Il allait conquérir le monde.&nbsp;</em>»Une voix off de fillette sur un plan fixe de coucher de soleil. C’est ainsi que commence&nbsp;<em>Cent mille milliards,</em>&nbsp;le dernier film de&nbsp;<strong>Virgil Vernier</strong>&nbsp;qui avait déjà réalisé <em>Mercuriales</em> (2014) et&nbsp;<em>Sophia Antipolis&nbsp;</em>(2018). Et c’est à partir d’un lieu, à nouveau, que&nbsp;<strong>Virgil Vernier </strong>déploie son histoire. Ici, c’est Monaco au moment de Noël&nbsp;qui nous offre ses rues luxueuses,&nbsp;brillant de mille couleurs, qu’on parcourt en de longs travellings, superbement filmés&nbsp;par la directrice de la photo,&nbsp;<strong>Jordane&nbsp;Chouzenoux</strong>. Ses appartements ou ses hôtels où logent les ultras privilégiés de la société. Un univers clinquant qui connaît sa face sombre, où des moins bien lotis louent leur jeune corps, aspirant à passer de l’autre côté du miroir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>«&nbsp;Quelque chose de très grave&nbsp;»</strong></mark></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi&nbsp;eux,&nbsp;Afine&nbsp;(<strong>Zakaria&nbsp;Bouti</strong>),&nbsp;un&nbsp;escort&nbsp;de 17 ans qui se retrouve seul quand ses colocataires partent à&nbsp;Dubaï. Et c’est lui que l’on va suivre, accompagnant une quinquagénaire que ses enfants délaissent, dans les boutiques de luxe, portant ses achats, partageant son Noël. Deux solitudes. Il va ensuite se rendre dans une villa, où il tient compagnie à une jeune baby-sitter serbe, Vesna (<strong>Mina&nbsp;Gajovic</strong>), qui s’occupe d’une pauvre petite fille riche,&nbsp;délaissée par&nbsp;des&nbsp;parents trop occupés à construire une île pour les super privilégies.&nbsp;Une préadolescente&nbsp;de 11 ans,&nbsp;Julia (<strong>Victoire Kong</strong>)&nbsp;qui vit dans un pensionnat très huppé auquel elle a déjà mis le feu. Trois solitudes qui peu à peu se rapprochent.&nbsp;Vesna&nbsp;a pour but d’ouvrir un salon&nbsp;d’énergéticienne à Nice&nbsp;et&nbsp;pose sur le corps des pierres «&nbsp;<em>qui nettoient toutes les taches noires du&nbsp;cerveau</em>. » Julia confie un secret&nbsp;à Amine&nbsp;: «&nbsp;<em>L’an prochain, il va se passer quelque chose de très grave. Il n’y aura presque pas de survivants…&nbsp;</em>»&nbsp;Une nuit passée à parler, à rêver jusqu’à l’épuisement. Pour&nbsp;Afine, rien ne sera plus pareil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce&nbsp;film,&nbsp;envoûtant,&nbsp;nous&nbsp;emmène dans le monde du conte, grâce à la magie des éclairages, à la voix de la jeune adolescente. Un film poétique qui nous fait réfléchir sur ce monde où chacun est renvoyé à sa solitude, où tout risque de s’écrouler. Les images du chantier de l’extension de Monaco&nbsp;filmé la nuit quasiment apocalyptiques rappellent le réel, comme un écho à la solitude d’Afine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cent mille milliards</em>, de <strong>Virgil Vernier</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>En salles le 4 décembre</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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