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	<title>Archives des Stephan Pastor - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Stephan Pastor - Journal Zebuline</title>
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		<title>À ce qu’il paraît, c’était super !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Dec 2024 11:56:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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<p>Depuis bientôt 30 ans, le <strong><a href="https://begat.org">Begat Théâtre</a></strong> ne joue jamais ses spectacles sur des scènes de théâtre, mais dans l’espace public, qu’il soit urbain, naturel ou entre les deux. Et Askip (À ce qu’il parait), crée en 2018, texte de Patrick Goujon, ne se joue que dans les collèges. Réunis dans le CDI du Collège de la Belle de Mai, les élèves d’une classe de 5<sup>ème</sup> sont répartis en trois groupes : Marqueur, Pochette, Pince. <strong>Karin Holmström</strong>, la metteure en scène, explique : « <em>Au cours du spectacle, qui va se dérouler un peu partout dans le collège, ces objets vont vous apparaître. Il s’agira pour chaque groupe de suivre le sien, où qu’il aille, comme des souris invisibles et discrètes</em>. » Le groupe Marqueur est amené jusqu’aux sanitaires. Derrière une porte de toilette, une voix féminine tonitruante prépare le vol d’une fusée interstellaire, qui décolle dans un vacarme de chasse d’eau. La porte s’ouvre, et Eliza (<strong>Clémentine Ménard</strong>) apparaît, petite teigne brune, en bonnet et sac Eastpack, un marqueur bleu à la main. Elle trace rapidement des constellations en Z sur les carreaux blancs au-dessus des lavabos, avant de se propulser en bougonnant à travers cour, escaliers, coursives extérieures, jusqu’à la salle de classe où l’attend, scruté par le groupe Pochette, Fréderic Maran (<strong>Stephan Pastor</strong>), professeur de français, « <em>à qui il manque un R et un T</em> », en veste et col roulé. Quelques minutes plus tard apparait Bruno (<strong>Jean-Marc Fillet</strong>), agent de maintenance en combinaison de travail, suivi de près par le groupe Pince. C’est son dernier jour avant la retraite, il vient pour une réparation dans le faux-plafond de la classe. Entre les trois, des échanges brefs, faits d’indifférence plus ou moins polie et de préjugés réciproques, semblent donner le ton. Mais rapidement, des monologues intérieurs, prononcées à haute voix, s’insèrent dans ces dialogues, troublant les contours des personnages, esquissant leur fragilité, leur solitude. Eliza, Frédéric et Bruno vont reprendre chacun leur chemin, puis, dans des espaces ouverts, fermés ou dérobés du collège se croiser à nouveau. Discrètement, marqueur, pochette, pince vont changer de mains. Chacun découvrira, à la dérobée, chez les autres, une proximité inattendue, des échos de ses propres fêlures intimes. Accélérations, ralentissements, hésitations, arrêts. Au-delà d’un spectacle, l’expérience d’une écriture et d’une mise en scène mêlant distance et empathie, liberté et précision, portée par des comédiens au diapason. Et les petites souris, à la fin, les yeux brillants, redevenues collégien(ne)s, s’écrieront : « <em>C’était super ! </em>».</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Askip</em> par le <strong>Begat Théatre</strong> était présenté au <em>Collège de la Belle de Mai</em> du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">26 au 29 janvier 2021</mark>, programmé par le <strong><a href="https://www.theatremassalia.com">Théâtre Massalia</a></strong><br><br>Un spectacle programmé par le <a href="https://www.theatrejoliette.fr">Théâtre de la Joliette</a> au Collège du Vieux-Port du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">11 au 13 décembre 2024</mark></pre>



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		<title>Invitation à dîner</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jan 2024 17:32:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>C’est la création de <em>Nous</em> qui était prévue en ce mois de janvier 2024 à La Criée par <strong>François Cervantès</strong> et sa compagnie <strong>L’entreprise</strong>. <em>Nous</em>&nbsp;? L’ambition de faire écho à l’état du monde, un monde qui n’est fait que de liens, mais où&nbsp;«&nbsp;<em>nos liens ont été tellement coupés que nous en sommes devenus malades, dans une incapacité de comprendre le monde qui nous entoure</em> ». Il s’agissait de mettre en scène une centaine de personnages, inspirés de rencontres réelles, joués par neuf artistes. Mais <em>Nous</em> ne peut pas exister, pour l’instant. Car des questions liées à la représentation des racisés dans une «&nbsp;<em>distribution exclusivement blanche&nbsp;</em>» n’ont pu être résolues, explique François Cervantès.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La culture comme relation</mark></strong></p>



<p>S’il faut donc se passer de <em>Nous</em>, <em>Le repas des gens</em> ne s’éloigne pas de cette question des liens que François Cervantès met au cœur de sa démarche artistique, arrimée à l’exigence éthique, esthétique et politique d’adresser ses créations à tout le monde, tout en sachant que tout le monde ne va pas au théâtre. C’est pour cela qu’il a implanté depuis 2004 sa compagnie à la Friche la Belle de Mai, y menant l’aventure d’une troupe, d’un répertoire, et d’une relation longue avec le public. Avec des acteurs aussi formidables que <strong>Catherine Germain</strong>, <strong>Stephan Pastor</strong>, <strong>Laurent Ziserman</strong>, <strong>Nicole Choukroun, Dominique Chevallier</strong>, <strong>Bonaventure Gacon</strong>. On a ainsi pu rencontrer le merveilleux clown Arletti dans <em>Le 6</em><em><sup>e</sup></em><em> jour</em>, s’embarquer dans <em>Le voyage de Penazar</em>, <em>Le concert</em>, <em>Une île</em>, <em>La distance qui nous sépare</em>, <em>Le rouge éternel des coquelicots</em>, et assister, en 2021, en jauge réduite, aux <em>Cabaret des absents</em>, adressé à tous·tes celles et ceux qui ne vont pas au théâtre, présenté sur la scène d’un Théâtre du Gymnase juste avant sa fermeture pour travaux.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">À table !</mark></strong></p>



<p>Si <em>Nous</em> souhaitait justement faire suite à ce <em>Cabaret des absents</em>, <em>Le repas des gens</em> tire aussi son origine de ce précédent spectacle, plus précisément d’une scène à la situation fantaisiste, que François Cervantès a développé, tout en considérant le public une nouvelle fois comme le rôle principal de la pièce. Un couple, qui n’est jamais allé au théâtre, a invité un lointain cousin, directeur de théâtre, à dîner chez eux, moment rituel où tout le quartier a pris l’habitude de passer, pour discuter. Fortement marqué par cette soirée, le cousin invite alors le couple à dîner, mais au théâtre, sur scène, et y rencontrer le public. Leur hospitalité naturelle transforme le spectacle en soirée, devenant une rencontre joyeuse et émouvante avec l’essence du théâtre.&nbsp;</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Le repas des gens</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 16 au 27 janvier<br></mark>La Criée, théâtre national de Marseille<br><a href="http://theatre-lacriee.com">theatre-lacriee.com</a></pre>
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		<title>Du théâtre ou de la fabrication du mythe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Feb 2023 11:39:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Aix-en-Provence]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Antoine Vitez]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peu importe si Copi n’avait pas conçu son texte pour le théâtre. Stephan Pastor donne merveilleusement vie à L’Uruguayen, longue lettre-journal adressée à un certain «&#160;maître&#160;» ou «&#160;connard&#160;»&#8230; Le comédien se glisse avec intelligence au cœur des articulations du récit, nous entraîne dans sa folie surréaliste (on se croirait parfois plongés dans un poème de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Peu importe si Copi n’avait pas conçu son texte pour le théâtre. <strong>Stephan Pastor</strong> donne merveilleusement vie à<em> L’Uruguayen</em>, longue lettre-journal adressée à un certain «&nbsp;maître&nbsp;» ou «&nbsp;connard&nbsp;»&#8230; Le comédien se glisse avec intelligence au cœur des articulations du récit, nous entraîne dans sa folie surréaliste (on se croirait parfois plongés dans un poème de Leiris), sa luxuriance de paysages d’atmosphères que nous pouvons interpréter à notre guise&nbsp;: dénonciation politique de la dictature, introspection, autofiction, métaphysique de l’écriture… La mise en scène permet l’éclosion du jeu grâce à son évidente simplicité. D’emblée, la lumière éclaire alternativement les joues, le front du protagoniste, comme pour décrire le passage inéluctable des jours. Le comédien se voit enserré dans un carré esquissé par quatre longs câbles venus des cintres, où se concentrent tous les gestes du quotidien&nbsp;: se laver, s’habiller, manger, dormir, bouger… Tandis que quatre chutes de sable créant au sol des cercles parfaits dessinent un espace plus grand (symbolique d’un carré terrien et d’un cercle mystique&nbsp;?). Ces limites seront franchies, transgression du corps qui s’affranchit des frontières à l’instar des mots qui repoussent leurs propres contours.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le narrateur fait des miracles</mark></strong><br>Tout semble dissimuler un autre sens. Les mots sont mis en doute ; le langage crée depuis le néant, lui accorde une existence, mais la capacité à percevoir hors du langage nous est interdite. La fiction est autant la matérialisation de l’abstraction qu’une réécriture fantasque qui nous ouvre de nouveaux territoires. Les rues changent de place, la mer disparaît, tous les habitants meurent, puis ressuscitent. Le narrateur fait des miracles. Et ne parlons pas de ce qui arrive au Président de l’Uruguay ! Les mimiques, les gestes, les déplacements, les grimaces, les syllabes exacerbées (« Ra, ra, ra… Rat ? »), le visage qui se tord, en une respiration qui se cherche, sont menés au cordeau. Le texte, puissamment rythmé, est articulé en des variations qui vont de la poésie à l’humour et l’ironie glaçante. On suit le conteur au fil de son imagination foisonnante. Le théâtre devient mythe au sens premier du terme, fable, récit. Et si les mots nous fuient à l’instar du sable que nous ne pouvons retenir, reste l’art du théâtre qui gagne ici un nouveau fleuron.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’Uruguayen</em> a été joué le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 février,</mark> au Théâtre Antoine Vitez, Aix-en-Provence</pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/du-theatre-ou-de-la-fabrication-du-mythe/">Du théâtre ou de la fabrication du mythe</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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