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	<title>Archives des Théâtre Vitez - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Théâtre Vitez - Journal Zebuline</title>
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		<title>Uppercut théâtral</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 09:04:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Partout le feu a quelque chose du petit bijou théâtral parfait, porté par une conjugaison de talents. Le texte d’Helen Laurain, la mise en scène d’Hubert Colas, le jeu de Stéphanie Aflalo, complètement traversée par son rôle. Pourtant extrêmement complexe. Car son personnage,&#160;Laeti,&#160;activiste écologique, est&#160;née, temporellement et symboliquement, avec Tchernobyl. Elle est victime d’une éco-anxiété&#160;radicale qui&#160;l’empêche de vivre, l’enferme [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Partout le feu</em> a quelque chose du petit bijou théâtral parfait, porté par une conjugaison de talents. Le texte d’Helen Laurain, la mise en scène d’<strong><a href="https://www.instagram.com/hubertcolas/?hl=fr">Hubert Colas</a></strong>, le jeu de <strong>Stéphanie Aflalo</strong>, complètement traversée par son rôle. Pourtant extrêmement complexe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car son personnage,&nbsp;Laeti,&nbsp;activiste écologique, est&nbsp;née, temporellement et symboliquement, avec Tchernobyl. Elle est victime d’une éco-anxiété&nbsp;radicale qui&nbsp;l’empêche de vivre, l’enferme dans sa cave et des amours&nbsp;instables, la coupe de sa sœur&nbsp;jumelle,&nbsp;conformiste, qu’elle&nbsp;maltraite&nbsp;méchamment. Son désespoir&nbsp;est&nbsp;le moteur de son engagement&nbsp;écologique contre les pollueurs du sol lorrain, la surveillance policière et&nbsp;le système capitaliste. Il&nbsp;se nourrit de causes universelles mais&nbsp;du deuil de sa mère, de dépit amoureux&nbsp;mais&nbsp;de sensualité magnifique, de lucidité politique mais&nbsp;d’aveuglement personnel.&nbsp;Des ambiguïtés qui la rongent comme l’exéma qui gagne peu à peu toute sa peau, et qui la pousseront à une immolation spectaculaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un je de nuances </mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La complexité de ce personnage, porté pourtant dans le roman par&nbsp;le&nbsp;seul&nbsp;point de vue interne de&nbsp;Laeti,&nbsp;avait tout&nbsp;pour captiver le metteur en scène spécialiste des écritures contemporaines, et en particulier des monologues&nbsp;:&nbsp;l’oralité&nbsp;explosive, l’engagement politique, les références musicales à Nick Cave et&nbsp;Nina Simone,&nbsp;mais surtout l’ambiguïté&nbsp;portée&nbsp;par ce personnage&nbsp;perdu qui a raison pourtant, et envers lequel le spectateur ne peut qu’éprouver des sentiments complexes, entre empathie et réprobation, en passant par toutes les nuances de l’identification et de l’agacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Stéphanie Aflalo joue de tous les espaces que lui offre le metteur en scène : renfermée à sa table au micro pour dire le premier assaut d’une centrale nucléaire, occupant magnifiquement l’avant scène, cheveux défaits et débarrassés de son jogging vague pour danser, la fête et la joie, cachée derrière l’écran lorsqu’elle est enfermée dans sa cave et filmée en très gros plans déprimés. Sans une faute de texte, sans un seul décrochage dans une prose poétique exigeante qu’elle porte seule, elle danse, et chante, plus sublime encore ; si bien qu’on aimerait vraiment la sauver d’elle même et qu’un réel soulagement survient quand Stéphanie Aflalo resurgit, intacte, des cendres de Laeti. Au théâtre la vie gagne, plus sûrement qu’à la fin du roman.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em><strong>Partout le Feu</strong></em> a été créé au <a href="https://www.104.fr">104</a> (Paris) pour l’ouverture du festival <em><a href="https://les-singulieres.fr">Les singulièr.e.s</a></em> et joué au <a href="https://www.theatrejoliette.fr">Théâtre Joliette</a> (Marseille) en coacueil avec le <a href="https://theatre-vitez.com">Théâtre Vitez</a> (Aix-en-Provence) <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">du 2 au 4 avril.</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’Aire poids-lourds : Élevées au pop porn</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 15:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’écriture scénique rejoint, magistrale, celle du texte de Lachlan&#160;Philpott. On sait, d’entrée, que quelques chose de grave est arrivé à ces adolescentes. On les découvre&#160;avant et après le point de rupture, qui sera révélé à la fin : comme dans un film à suspense l’intrigue vous amène au dénouement, à la révélation qu’on soupçonnait sans [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’écriture scénique rejoint, magistrale, celle du texte de Lachlan&nbsp;Philpott. On sait, d’entrée, que quelques chose de grave est arrivé à ces adolescentes. On les découvre&nbsp;avant et après le point de rupture, qui sera révélé à la fin : comme dans un film à suspense l’intrigue vous amène au dénouement, à la révélation qu’on soupçonnait sans l’admettre tout au long. Ces adolescentes, australiennes mais qui pourraient être d’ici, sont d’une inconséquence sidérante : racistes, fières d’êtres des «&nbsp;pouffes&nbsp;», nourries de clip sexuellement dégradants et de porno, mentant sans cesse aux parents, s’assénant des «&nbsp;vérités&nbsp;» caricaturales, des «&nbsp;actions&nbsp;» dégradantes, elles méprisent les adultes, entourées de familles déconnectées ou démissionnaires, et se maltraitent entre elles sans retenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au cordeau&nbsp;</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La maitrise de la scène de <strong>Carole Errante</strong> <em><a href="https://journalzebuline.fr/carole-errante-presente-laire-poids-lourds/">[Voir notre entretien ici]</a></em> impressionne : on passe d’un temps à l’autre, d’un espace à l’autre, par des balances brutales de lumière et de son (la régisseuse est présente sur scène). Un mot : « avant », « maintenant », suffisent. La metteuse en scène sait aussi parfaitement diriger des comédiennes qui incarnent l’adolescence avec une vérité subtile mais entière : <strong><strong>Alia Cosman</strong></strong>,  campe une gamine de 14 ans provocatrice, autoritaire, perdue, révoltée contre tout et sans interdit. <strong>Annaelle Hodet</strong> joue sa copine, plus enfantine, portant une douleur et une douceur anciennes, obéissante. <strong>Elisa Girard</strong> subit leur racisme et se soumet pourtant, voulant elle aussi échapper au poids de sa famille, immigrée et pauvre. Elle s’échappera de l’étau à temps, peut être parce que sa mère l’aime ? Ou par hasard…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anne&nbsp;</strong><strong>Naudon</strong>&nbsp;joue toutes les adultes. Toutes les mères, la proviseure, les psys, les médecins, auprès desquelles ces adolescentes vont se reconstruire. Car «&nbsp;après&nbsp;» la rupture&nbsp;<em>L’Aire poids-lourds&nbsp;</em>raconte aussi une reconstruction, une prise de conscience progressive, et la faculté de résilience. &nbsp;Nous suggérant comment sortir nos ados d’un piège dont peu d’adultes mesurent la violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNES FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’Aire poids-lourds</em>&nbsp;a été créé au <a href="https://www.google.com/search?client=safari&amp;rls=en&amp;q=Th%C3%A9%C3%A2tre+Vitez&amp;ie=UTF-8&amp;oe=UTF-8">Théâtre Vitez&nbsp;</a>(Aix en Provence) les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">16 et 17 janvier</mark> et au <a href="https://www.chenenoir.fr">Chêne noir </a>(Avignon) &nbsp;les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">24 et 25&nbsp;janvier</mark></pre>



<pre class="wp-block-verse"><strong>À&nbsp;venir &nbsp;</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 4 au 8 février</mark><br><a href="https://www.theatrejoliette.fr">Théâtre Joliette</a>, Marseille<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 1<sup>er</sup>&nbsp;au 3 avril</mark><br>Scène nationale de <a href="https://www.chateauvallon-liberte.fr/">Châteauvallon</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/critiques/"><em>On y était </em>ici </a></p>
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		<title>Les couches multiples du silence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Mar 2024 13:38:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que sait-on de l’Afghanistan ? Le nom de ce pays nous est familier par des informations de guerres sans fin, d’abolition des droits les plus élémentaires, le trafic d’opium et les forces opposées, britanniques, russes, américaines et talibanes… Mais la culture de cette région du monde, étouffée par les occupations successives ne nous est guère familière. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Que sait-on de l’Afghanistan ? Le nom de ce pays nous est familier par des informations de guerres sans fin, d’abolition des droits les plus élémentaires, le trafic d’opium et les forces opposées, britanniques, russes, américaines et talibanes… Mais la culture de cette région du monde, étouffée par les occupations successives ne nous est guère familière. Pourtant, point de passage incontournable de la route de la soie dans l’antiquité, ses reliefs furent le centre de grands empires, dont la Bactriane ou l’empire Kouchan. Aujourd’hui, on ne perçoit plus que l’ombre. Aussi, la représentation d’une pièce écrite de nos jours par un auteur issu de ce pays est à marquer d’une pierre blanche. Durant plus de vingt ans la scène artistique et culturelle s’était tue (de 1979 à 2001, occupation soviétique, puis guerre civile et enfin gouvernement des talibans, hostile à la pratique artistique et à toute forme de représentation). « <em>Le pays s’est retrouvé coupé du monde, l’éducation a été interrompue et des millions d’afghans ont migré à l’étranger</em>, explique <strong>Guilda Chahverdi</strong>, <em>les salles de spectacle se sont transformées en espaces de refuge, en terrains de combat ou en salles de torture </em>». Si en 2001 avec la chute des talibans, une certaine effervescence intellectuelle s’est dessinée, l’attentat suicide dans la salle de spectacle de l’Institut français d’Afghanistan à Kaboul du 11 décembre 2014, année du début de l’écriture de <em>La Valise vide</em>, marque un tournant tragique : la scène culturelle et artistique qui résistait encore disparaît quasiment en Afghanistan. Depuis le retour des talibans au pouvoir, en 2021, la culture a totalement cessé d’exister publiquement. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un fragment d’histoire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sujet de l’œuvre de&nbsp;<strong>Kaveh Ayreek</strong>&nbsp;s’inspire des exils des Afghans. L’arrivée des talibans a suscité une vague de départs. Les parents de Maryam et Hamid, les deux protagonistes de la pièce, s’étaient réfugiés en Iran lors de la longue série des guerres afghanes. Les jeunes gens nourris par les images d’un Afghanistan fantasmé, d’abondance, de joie, de jardins paradisiaques, d’eaux vives et libres, de raisins mûrs aux «&nbsp;cent-vingt-et-unes variétés&nbsp;», de grenades gorgées de jus, décident de retourner à Kaboul d’où leurs familles sont originaires. Malgré les mises en garde des parents, le couple part. Peu à peu la violence s’installe, -un jeune homme exécuté devant eux lors du voyage en car, la vision des maisons détruites par la guerre, l’expulsion de leur maison pour y faire loger un «&nbsp;personnage important&nbsp;» que même la police ne peut empêcher-, s’immisce dans le quotidien, pervertit les esprits, détruit lentement les relations de confiance, la spontanéité. La dernière scène scelle le départ et la séparation&nbsp;: désormais deux personnes et deux valises vides…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Naissance d’un nouveau théâtre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte, tout de tension, est très court, une vingtaine de pages. Il nous livre des fragments, utilisant un vocabulaire dépouillé, en une prose qui s’appuie sur des faits simples, concrets. Les douze scènes de la pièce sont autant de tableaux, chacun baigné dans une lumière particulière, crue, ombrée, flirtant avec le clair-obscur. Les gestes des personnages sont symboliques, marche ralentie, courses, regards qui suivent le même mouvement… On croirait voir émerger ces couples des portraits flamands du XVème au XVIIème siècle, unis parfois sans se toucher, et d’une infinie complicité.&nbsp;&nbsp;Les deux acteurs, magnifiques&nbsp;<strong>Alice Rahimi</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>Shahriar Sadrolashrafi</strong>, interprètent aussi les rôles de la grand-mère, de la mère, du père des jeunes voyageurs. Ils avertissent en vain&nbsp;: «&nbsp;<em>ton identité, c’est ta pensée pas cette terre de mépris. Là-bas, la terre est devenue sale&nbsp;</em>». Les dialogues sont peu nombreux cependant. Maryam et Hamid se racontent, font la narration de leurs états d’âme, de leurs vies, face au public, entrelaçant leurs récits. Si la jeune femme s’enthousiasme au début&nbsp;: pas d’eau courante, pas d’électricité, seulement des bougies&nbsp;? «&nbsp;Comme c’est romantique&nbsp;!&nbsp;», elle devient rapidement celle qui doit prendre des décisions pour survivre, jusqu’à vendre en cachette les tableaux de son compagnon et les présenter sous son nom… La peur qui règne autour d’eux s’infiltre dans leur relation. L’écriture accorde une place essentielle aux silences. Ils nimbent les moments de parole, accordent aux mots de nouvelles résonances, soulignant la chappe de plomb qui jugule les êtres. La lenteur liée aux silences laisse émerger les fragments de scènes, de textes, comme un puzzle que le spectateur doit reconstituer. Se compose ainsi un long poème empli de vides, d’ellipses, d’absences, de dilatations du temps. Pas de pathos ou de digression enflammée mais une tentative très aboutie pour narrer l’histoire d’un peuple sous le joug. Magistralement beau et bouleversant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 21 février, théâtre Vitez, Aix-en-Provence</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Valise vide</em>, Kaveh Ayreek, texte traduit par Guilda Chahverdi, publié aux éditions L’Espace d’un instant</p>
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		<title>De notre capacité d’émerveillement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 09:39:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est toujours assez drôle de fouiller du côté des étymologies lorsqu’un titre nous intrigue. Entre la matérialité concrète du pistage et l’impossibilité physique du «&#160;fabuleux&#160;» qui par ses capacités sort justement de l’ordinaire, nous sommes titillés par l’intitulé de la «&#160;conférence performée&#160;» proposée par la Compagnie L’Imaginarium, Pister les créatures fabuleuses. «&#160;Pister&#160;» vient de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il est toujours assez drôle de fouiller du côté des étymologies lorsqu’un titre nous intrigue. Entre la matérialité concrète du pistage et l’impossibilité physique du «&nbsp;fabuleux&nbsp;» qui par ses capacités sort justement de l’ordinaire, nous sommes titillés par l’intitulé de la «&nbsp;conférence performée&nbsp;» proposée par la <strong>Compagnie L’Imaginarium</strong>, <em>Pister les créatures fabuleuses</em>. «&nbsp;Pister&nbsp;» vient de «&nbsp;broyer, piler&nbsp;» (d’où le célèbre «&nbsp;pistou&nbsp;» provençal), avant de nommer les lignes provoquées par les empreintes des pieds des chevaux sur le sol d’un manège. «&nbsp;Créature&nbsp;» est une «&nbsp;chose créée&nbsp;» (du latin creatura). Enfin, «&nbsp;fabuleux&nbsp;», dérivé de «&nbsp;fabula&nbsp;» (l’ancêtre de la fable), composé à partir du verbe «&nbsp;fari&nbsp;», c’est-à-dire parler puis raconter. Le «&nbsp;fabuleux&nbsp;» est donc quelque chose qui se raconte, bref, déjà littéraire par nature. Les créatures fabuleuses résident d’abord au cœur des récits, créées par eux, malaxées par le langage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Sur la piste animale</mark></strong></em><br>C’est en littéraire et en passionné de l’univers du vivant que <strong>Baptiste Morizot</strong>, maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille, réfléchit dans son ouvrage <em>Sur la piste animale</em> (paru en 2018) sur les animaux qui hantent les contes pour enfants, la construction de leurs représentations. Peu de personnes peuvent se vanter d’avoir vu dans leur espace naturel loups, ours polaires ou grizzlys, seules leurs traces restent à la portée des observateurs. Que n’imagine-t-on pas à partir d’elles ? Comment les décrypter, reconstituer physionomies, activités, état d’esprit ? De ce livre passionnant, la compagnie L’Imaginarium a concocté un spectacle prenant dans une adaptation et mise en scène de <strong>Pauline Ringeade</strong>. Peu à peu, la conférence s’illustre de sons, de courses, d’élans, de détours, d’arrêts brusques, de pas précautionneux, de sauts, de rires, de chuchotements, nimbés des variations de la luminosité. Traces découvertes de jour, exploration des cacas (ah ! que d’informations ne livrent-ils pas !), veilles à l’affut, jumelles de vision nocturne, attentes, échecs, patience, voyages jusqu’au Canada ou en Australie… Tout un paysage se déploie, rend sensible l’invisible en enquêtes que ne renierait pas Sherlock Holmes. L’imagination est rejointe par le raisonnement, l’intuition s’aiguise au filtre de la science, le fantastique est le réel finalement. <strong>Eléonore Auzou-Connes</strong> nous entraîne à sa suite, voici renards, oiseaux, loups, surtout des loups. On les suit au bord d’une rivière, on les voit pêcher les écrevisses, flirter, jouer, transmettre leur savoir à leurs enfants. Des êtres fabuleux font aussi leur apparition, aujourd’hui, en raison du changement climatique. Croisement entre ours polaire et grizzli, le Pizzli est une nouvelle créature que les Inuits ont baptisée Nanulak (combinaison de Nanuk, ours polaire, et Aklak, grizzli). Quoi ? Eléonore Auzou-Connes est une comédienne ! C’est ce que les enfants de l’assistance découvrent lors du bord de scène au cours duquel ils se passionnent. La magie ne s’éteint pas pour autant. Vive la curiosité !</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<pre class="wp-block-verse">Conférence performée donnée <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 26 octobre</mark> au Théâtre Vitez, Aix-en-Provence, dans le cadre de <em>Mômaix</em></pre>
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