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	<title>Archives des Valentina Maurel - Journal Zebuline</title>
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		<title>Ton animal maternel, triangle familial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titre du deuxième long métrage de <strong>Valentina Maurel</strong> <em>Ton animal maternel</em> ( <em>Siempre Soy Tu Animal Materno</em>) sélectionné à Cannes 2026 dans la section <strong><em>Un Certain Regard</em></strong>, interroge : qui parle à qui ? Les 105 minutes du film éclaireront la question, explorant dans des dialogues souvent de sourds, la férocité des rapports familiaux et l’impossible intimité avec ses proches qui, même si on les aime, demeurent étranges, voire étrangers. Malgré&nbsp; la force de liens organiques. Loin d’être un havre de paix, un abri rassurant, la cellule familiale est un lieu de pressions et d’entraves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est à San Jose, dans le chaos de la capitale du Costa Rica. Extérieur jour. Effervescence urbaine, concert de klaxons.&nbsp; Elsa ( <strong>Daniela Marin Navarro</strong>) a fait des études d’anthropologie en Belgique. Elle y vit avec un homme qu’elle aime. Elle revient dans son pays natal sous le prétexte d’une démarche administrative et retrouve une famille dysfonctionnelle tout aussi chaotique que la rue costaricaine . D’abord, sa mère, Isabel (<strong>Marina de Tavira</strong>). Lunettes noires cachant les hématomes d’une intervention de chirurgie esthétique, toute à la préparation de la réédition d’un recueil de poèmes érotiques, écrit avant ses maternités: Isabel réclame une vie libérée de la charge mentale maternelle qui l’a empêchée, selon elle, de s’épanouir artistiquement. Ensuite, sa sœur Amalia ( <strong>Mariangel Villegas</strong>) qui a arrêté ses études. Elle occupe la maison familiale dans laquelle Elsa ne peut plus rentrer car sa cadette a changé les clés de la porte. Amalia croit aux esprits, aux Illuminati, voit des pédophiles partout et héberge dans le logement encombré de déchets, des marginaux à chiens qui font pousser de la marijuana dans le jardin. Enfin, son père, Nahuel (<strong>Reinaldo Amien Gutierrez),</strong> divorcé d’Isabel, occupé par ses nouvelles amours avec une jeunette, peu disponible pour ses filles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque personnage veut se constituer un espace à vivre qui exclut l’autre. Pour la mère, le nouvel appartement et le retour à sa vocation de jeunesse. Pour Amalia, le pays de l’enfance et de l’amour d’une «&nbsp;étrangère&nbsp;» nicaraguayenne qui l’a élevée. Elsa, reste dans un entre-deux : le pays qu’elle a laissé et celui qu’elle retrouve. Comme enfermée dehors, elle cherche à se rattacher à quelque chose. Devant la maison familiale, sur un mur, un tag revient aussitôt effacé : PUTA, sans qu’elle sache très bien à qui s’adresse l’invective. Dans le logement provisoire presque vide, au cœur d’une ville bouillonnante qu’elle parcourt, saisie devant ou derrière des grilles, Elsa confronte ses certitudes à une réalité qui lui résiste. Affectivement cassée elle ne peut plus jouir. A peur de l’amour qui engage et piège.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière le trio mère-filles, se devine en contrepoint une autre relation maternelle : celle de Dora la vieille nounou atteinte d’Alzheimer et de sa fille venue du Nicaragua pour s’occuper d’elle;&nbsp; on devine le drame d’une mère migrante par nécessité économique, reportant son amour sur Amalia. La réalisatrice a soin d’ancrer son récit dans un contexte socio-économique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout aussi autobiographique que son premier film <em>Tengo Suños eléctrico</em> qui analysait les rapports père-fille, <em>Ton animal maternel</em> en constitue une suite, d’autant qu’on y retrouve les mêmes interprètes dans les rôles principaux. Le projet est né de «&nbsp;<em>la&nbsp; frustration de ne pas avoir pu développer certains personnages</em>&nbsp;», a déclaré la réalisatrice. C’est chose faite avec, à la clé, un prix d’interprétation pour le formidable trio d’actrices. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ton Animal Maternel</em> de <strong>Valentina Maurel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;En salle le 7 octobre</p>
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