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	<title>Archives des ville - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des ville - Journal Zebuline</title>
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		<title>[MUSIC &#038; CINEMA] Don’t let the sun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 09:23:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un lever de soleil. Il est 18h 55 et la température est de 49 degrés. Une ville se couche. Rues désertes, dans une lumière blanche. Une voix appelle la population à rester enfermée dès que le soleil se lève. Don’t let the sun…C’est ainsi que commence le premier film de fiction de Jacqueline Zünd, sélectionnée [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Un lever de soleil. Il est 18h 55 et la température est de 49 degrés. Une ville se couche. Rues désertes, dans une lumière blanche. Une voix appelle la population à rester enfermée dès que le soleil se lève. <em>Don’t let the sun…</em>C’est ainsi que commence le premier film de fiction de <strong>Jacqueline Zünd,</strong> sélectionnée à Locarno en section <em>Cinéastes du présent</em>. Un film qui nous donne à voir un monde menacé par un désastre écologique imminent,  un désastre qui est peut être déjà arrivé. La chaleur a déplacé les rythmes, transformé les villes, réduit les gestes à leur stricte nécessité. On vit la nuit, on attend, on s’économise et dans les appartements, l’air semble manquer. La catastrophe n’est pas seulement météorologique ; elle est relationnelle. À mesure que la température monte, quelque chose se retire des rapports humains. Cleo (<strong>Agnese Claisse</strong>) qui vit seule avec sa fille, Nika (<strong>Maria Pia Pepe), </strong>9 ans, s’adresse à une agence de location de personnes pour jouer le rôle de gens absents, combler une solitude. C’est Jonah (excellent <strong>Levan Gelbakhiani)</strong> qui lui est proposé pour servir de père à Nika. Les premières rencontres ne se passent pas très bien malgré les efforts de Jonah ; il lui achète un skate, l’emmène à la fête foraine, au musée des animaux à présent disparus… « <em>Je n’ai pas besoin d’un père !</em> » répète Nika. C’est dans un labyrinthe des glaces que la glace va se briser entre eux…et donner un peu d’espoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu de dialogues dans ce film où le silence est un outil narratif essentiel .La musique du compositeur <strong>Marcel Vaid</strong>  accentue la chaleur qui pèse sur la ville blanche, sur les rues vides dont le  directeur de la photo <strong>Nikolai von Graevenitz</strong> a réussi à faire ressentir la poussière et le poids  accablant. Mention spéciale pour le choix des décors, en particulier pour l’immeuble et la cage d’escalier, superbes, d’un architecte milanais. Les plans récurrents de la ville vue de haut, des séances d’entrainement d’un sport de combat où les corps se rapprochent puis se repoussent, très symboliques, les appels journaliers à se confiner dés le lever du soleil,  enferment le spectateur dans ce monde dystopique : quand tout devient invivable, ce n’est pas seulement la lumière qui manque, c’est la possibilité de se tenir encore les uns auprès des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un film très maitrisé qui préfère l’atmosphère au récit, la sensation au discours mais qui peut refroidir certains…. malgré la chaleur</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>
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		<title>Alexandrie, un phare à travers les siècles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Feb 2023 11:35:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Morsi]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On vous épargnera l&#8217;allusion à Claude François&#160;: l&#8217;exposition qui s&#8217;ouvre au Mucem est de toute façon fort éloignée des paillettes et déhanchés du disco. Il s&#8217;agit plutôt, selon l&#8217;un des commissaires, Arnaud Quertinmon, de «&#160;gratter le vernis d&#8217;Alexandrie&#160;». De s&#8217;immerger dans l&#8217;historicité de cette ville depuis sa fondation par Alexandre le Grand en 331 av. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On vous épargnera l&rsquo;allusion à Claude François&nbsp;: l&rsquo;exposition qui s&rsquo;ouvre au Mucem est de toute façon fort éloignée des paillettes et déhanchés du disco. Il s&rsquo;agit plutôt, selon l&rsquo;un des commissaires, Arnaud Quertinmon, de «&nbsp;<em>gratter le vernis d&rsquo;Alexandrie</em>&nbsp;». De s&rsquo;immerger dans l&rsquo;historicité de cette ville depuis sa fondation par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C., à travers les périodes antique, médiévale, moderne et contemporaine. Un processus qui peut s&rsquo;avérer frustrant, souligne le conservateur des antiquités égyptiennes et proche-orientales au Musée royal de Mariemont (Belgique)&nbsp;: «&nbsp;<em>La réalité des sciences historiques est ce qu&rsquo;elle est, fragmentée, incomplète.</em>&nbsp;» Peu de vestiges architecturaux ont passé les siècles&nbsp;: en l&rsquo;an 365, un tsunami colossal ravageait le site, provoquant un effondrement et une salinisation des sols.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="976" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/Tete-colossale-dune-statue-royale-305-222-av-J.-C..jpg?resize=696%2C976&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-118301" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/Tete-colossale-dune-statue-royale-305-222-av-J.-C..jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/Tete-colossale-dune-statue-royale-305-222-av-J.-C..jpg?resize=214%2C300&amp;ssl=1 214w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/Tete-colossale-dune-statue-royale-305-222-av-J.-C..jpg?resize=150%2C210&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/Tete-colossale-dune-statue-royale-305-222-av-J.-C..jpg?resize=300%2C421&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/Tete-colossale-dune-statue-royale-305-222-av-J.-C..jpg?resize=696%2C976&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/Tete-colossale-dune-statue-royale-305-222-av-J.-C..jpg?resize=299%2C420&amp;ssl=1 299w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Tête colossale d&rsquo;une statue royale, 305-222 av J.-C.</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Trésors archéologiques</mark></strong><br>Qu&rsquo;à cela ne tienne&nbsp;! D&rsquo;autres éléments permettent de se faire une idée de l&rsquo;importance de la capitale des Ptolémées, qui y régnèrent trois siècles durant (323–30 av. J.-C.). <em>Alexandrie&nbsp;: futurs antérieurs</em> arrive à Marseille, après plusieurs mois d&rsquo;exposition au Bozar de Bruxelles, forte de quelque 200 œuvres et artefacts prêtés par différentes institutions muséales européennes. Au premier rang desquelles deux belles fresques de Pompéi, <em>Io accueillie par Isis à Canope</em>, inspirées d&rsquo;un modèle alexandrin, témoins du rayonnement de la cité dans l&rsquo;Antiquité, et de l&rsquo;hybridation entre les divinités gréco-romaines et égyptiennes. D&rsquo;autres pièces ne sont que des reproductions, mais pas moins impressionnantes, telles les mosaïques où se démarque un véritable portrait de chien, que l&rsquo;on dirait prêt à sauter de ses tesselles pour venir vous lécher la main, bien qu&rsquo;il ait été réalisé au II<sup>e</sup> siècle av. J.-C. afin d&rsquo;orner la fameuse bibliothèque d&rsquo;Alexandrie. Ou la maquette du tout aussi fameux phare, septième Merveille du monde. Plus discrètes, les pièces de monnaie finement ouvragées, miniatures délicates, ou encore une exceptionnelle bague en or sur laquelle se lit la titulature d&rsquo;Antonin le Pieux (86-161), traduite du latin au grec et gravée phonétiquement en hiéroglyphes, racontent une histoire plurielle dans le creuset méditerranéen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les incursions des commissaires de l&rsquo;exposition dans les périodes ultérieures, l&rsquo;avènement du christianisme, les temps byzantins, arabo-islamiques et modernes&#8230; sont moins fournies. Sans doute parce que Nicolas Amoroso, qui épaulait Arnaud Quertinmont, est lui aussi conservateur des antiquités. Il aurait peut-être fallu choisir une amplitude temporelle plus courte, pour ne pas risquer de laisser les visiteurs sur une frustration.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">GAËLLE CLOAREC</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Alexandrie&nbsp;: futurs antérieurs</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu'au 8 mai<br></mark>Mucem, Marseille<br>04 84 35 13 13&nbsp;<br><a href="http://mucem.org">mucem.org</a></pre>



<pre class="wp-block-verse">Pour aller plus loin, un catalogue qui ravira particulièrement les amateurs d'histoire et archéologie&nbsp;:<br><em>Alexandrie – Futurs antérieurs</em><br>Co-édition Bozar/Mucem/Actes Sud/Fonds Mercator<br>35&nbsp;€</pre>



<h2 class="wp-block-heading">Regards contemporains sur un mythe</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Outre sa dimension archéologique, l’exposition met aussi en lumière des travaux d’artistes contemporains</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le parcours fait la part belle aux artefacts, images et objets premiers, il ouvre également plusieurs parenthèses contemporaines. À travers une sélection d’oeuvres, comme ces trois productions pour le Mucem signées <strong>Wael Shakwy</strong>, <strong>Jasmina Metwaly</strong> et <strong>Mona Marzouk</strong>. Le tout selon un agencement qui alimente le scénario écrit autour de la fondation – histoire et urbanisation – et des pouvoirs d’Alexandrie – intellectuel, religieux, économique, politique. D’origines grecque, libanaise, palestinienne, syrienne ou française, les artistes témoignent du prestige exercé aujourd’hui encore par la cité à travers des œuvres critiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du fantasme au politique</mark></strong><br>Au croisement de l’histoire et du mythe, <em>Untitled (Seaside Diptych)</em> d’<strong>Ahmed</strong> <strong>Morsi</strong> introduit habilement le propos en faisant cohabiter sur la toile figures humaines, poissons et fragments de New York où il vit. Un paysage idyllique pour dire le déracinement, contrecarré par la photographie de <strong>Maha Maamoun</strong> représentant le tourisme nautique ouvert à une population cosmopolite. Shooting décomplexé d’une réalité sans fard apparue dans les années 1970.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/5_Maha_Maamoun_Domestic_Tourism_I_Beach_2005_C-print_%C2%A9_Courtoisie_de_lartiste_et_Gypsum_Galerie.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-118300" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/5_Maha_Maamoun_Domestic_Tourism_I_Beach_2005_C-print_%C2%A9_Courtoisie_de_lartiste_et_Gypsum_Galerie.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/5_Maha_Maamoun_Domestic_Tourism_I_Beach_2005_C-print_%C2%A9_Courtoisie_de_lartiste_et_Gypsum_Galerie.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/5_Maha_Maamoun_Domestic_Tourism_I_Beach_2005_C-print_%C2%A9_Courtoisie_de_lartiste_et_Gypsum_Galerie.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/5_Maha_Maamoun_Domestic_Tourism_I_Beach_2005_C-print_%C2%A9_Courtoisie_de_lartiste_et_Gypsum_Galerie.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/02/5_Maha_Maamoun_Domestic_Tourism_I_Beach_2005_C-print_%C2%A9_Courtoisie_de_lartiste_et_Gypsum_Galerie.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Maha Maamoun, Domestic Tourism I Beach, 2005, C-print © Courtoisie de l&rsquo;artiste et Gypsum Galerie</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans cette même quête de vérité, l’installation <em>Watter-Arm&nbsp;</em>de <strong>Jumana Manna</strong>, composée de tuyaux en céramique et briques, évoque le dysfonctionnement récurrent des infrastructures hydrauliques urbaines. Dénonciation à peine voilée du délabrement généralisé de cette partie du Moyen-Orient. Autre geste politique fort, celui de <strong>Iman Issa</strong> dans sa série <em>Materiel</em>, suite anachronique d’éléments inspirés de monuments égyptiens mais déconnectés des personnages représentés ou glorifiés. Une phrase éloquente faisant écho à chaque pièce, telle celle qui surplombe l’obélisque couché&nbsp;: «&nbsp;Material for sculpture representing a monument erected in the spirit of défiance of a large power&nbsp;» (Matière pour sculpture représentant un monument érigé dans un esprit de défiance envers une grande puissance).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contestataire à sa manière, <strong>Haig Aivazian</strong> puise son inspiration dans la découverte d’objets archéologiques enfouis au centre de Beyrouth, mis à nu à l’occasion d’un projet immobilier de Jean Nouvel. Spéculation financière, réappropriation des objets d’art, urbanisation galopante, <em>Rome is not in Rome</em> est d’une troublante actualité. Il n’y a donc pas de hasard si l’installation occupe le centre de l’exposition, tandis que film et dessin de <strong>Wael Shawky</strong>, <em>Isles of the blessed (Oops&nbsp;!&#8230; I forgot Europe</em>) clôture de la plus belle manière qui soit l’exposition.En nous interrogeant avec la poésie et le savoir qui caractérisent son œuvre, sur l’histoire des fondements de l’Europe, et, à travers elle, sur le «&nbsp;sempiternel cliché orientaliste de l’imaginaire européen&nbsp;».<br><br>MARIE GODFRIN-GUIDICELLI</p>
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