Animé par Yassine Laroussi, le groupe Zawia Fama s’est formé autour de musiciens venus de divers horizons, leur point commun est la ville de Marseille comme port d’attache. Empruntant son nom aux zawias, confréries ancestrales qui rassemblent des disciples autour de pratiques mystiques et de rituels collectifs, le groupe conjugue fraternité et diversité.
L’autre partie du nom, Fama, est un prénom donné principalement en Afrique de l’Ouest, lié aux langues et culture mandingues comme le bambara, où il signifie « reine » ou « celle qui est honorée ». Fama est aussi un hommage à la grand-mère de Yassine auprès de laquelle il apprend les valeurs d’hospitalité et de dignité.
Musique gnawa et soin des âmes
Le répertoire gnawi, ou musique gnaoua, puise ses racines dans le lien historique et culturel entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Introduite au Maroc et en Algérie dès le XVe siècle par des esclaves originaires du Ghana, de la Guinée et du Mali, cette tradition musicale reflète un syncrétisme entre les rythmes hypnotiques et polyrythmiques subsahariens, les pratiques animistes et les influences soufies maghrébines arabes et amazighes.
Les Gnaouas, musiciens nomades, ont développé ce répertoire d’une zaouïa à l’autre, parcourant les confréries mystiques, mêlant invocations aux djinns et saints aux rythmes des percussions et chants d’Afrique de l’Ouest. Le guembri (luth à trois cordes), les qaraqeb (crotales métalliques) et le tbel (tambour) incarnent cette hybridité, où les polyrythmies ternaires et binaires du golfe de Guinée se superposent à des structures nord-africaines.
Pour Yassine Laroussi, animateur du groupe « chacun est porteur de sa culture et de ses influences musicales. Zawia Fama est comme un mausolée imaginaire qui permet d’abriter cette diversité et permet son harmonisation et son alchimie. Au croisement d’emprunts musicaux circulants, il en sort un cocktail au groove percutant et une invitation dans l’univers de la transe. »
Une identité musicale hybride qui se construit au fil du parcours entre le Maroc et Marseille comme un carnet de voyage. Par essence, les musiciens de Zawia Fama sont un peu troubadours, porteurs et transmetteurs de culture, la musique gnawie est leur point central. Cette musique de liberté se nourrit des rythmiques africaines se sublime par des expressions de transes corporelles et d’un imaginaire très coloré.
Avec des titres emblématiques comme Yemma ou Amazighia, le voyage est assuré jusqu’à Tiznit (Maroc), haut lieu de la culture amazighe. À l’occasion de Yennayer, Nouvel An amazigh 2976, cette chanson célèbre la fierté d’une identité amazighe affranchie d’un monde mortifère cerné par les frontières, celles dressées par les États-nations comme celles, plus bruyante que jamais, des velléités de guerre.
La scène marseillaise occupe une place particulière pour le groupe qui s’y produit régulièrement, la prochaine date du 23 janvier à la brasserie Zoumaï, sera de nouveau l’occasion de retrouver un public fidèle et de partager la nouvelle année, sous le signe de la paix et de la tolérance.
SAMIA CHABANI
Zawia Fama
23 janvier
Brasserie Zoumaï, Marseille
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