Le festival d’hiver des scènes d’Avignon évolue, dans une certaine idée de la continuité, devenue aujourd’hui marginale. Ainsi Julien Gélas invite Nicolas Pagnol au théâtre du Chêne noir hérité de son père. Les textes de Marcel Pagnol y seront dits par… Vincent Fernandel. Le fils de Gérard Gélas programme aussi sa propre adaptation du Horla de Maupassant, adapté à l’ère de l’I.A.
Un autre père presque fondateur du Off reste aux commandes : Serge Barbuscia (Théâtre du Balcon) est président des Scènes d’Avignon, et propose une édition des 20 ans qui s’attache à rendre hommage : ainsi le 27 janvier une pause déjeuner sera proposée autour d’André Benedetto, dramaturge qui créa le premier festival Off en 1966, dans un élan politique qui annonçait les jolis jours de Mai… et les frictions fécondes du In et du Off.
Mais cette édition de Fest’hiver ouvre aussi largement les portes de la capitale du théâtre à de nouvelles formes, de nouveaux lieux, et des talents qui vivent hors des remparts et de la ville. Ainsi le 23 janvier les ateliers collectifs de la Cie Sortie 23 invitent le public aux Bains Pommer, magnifique lieu patrimonial récemment restauré. La soirée des 20 ans se tiendra à LaScierie, dans l’esprit de ce tiers lieu industriel, avec DJ, rencontres et guinguette bio.
Du théâtre des femmes
Mais l’essentiel à Avignon restera toujours le théâtre ! L’Entrepôt (Cie Mise en scènes) et le Festival d’Avignon sont partenaires des Scènes d’Avignon*, et chacun propose un ou plusieurs spectacles, qui souvent entrent en résonance avec leur dernière ou leur future programmation d’été.
Ainsi le Festival d’Avignon programme La Lettre de Milo Rau à la Fabrica ; Judith Desse, à l’Entrepôt propose Colette au pays du Soleil levant un émouvant quintet écrit dans une maison de retraite, où les danseurs ont les corps recouverts d’argile, qui deviendra poussière.
Les femmes sont aussi beaucoup plus présentes sur les plateaux des Scènes d’Avignon, qui restent majoritairement, mais plus uniquement, dirigées par des hommes. Et les metteuses en scène proviennent de toute la région : ainsi Wilma Levy (Cie marseillaise Des Passages), après Héroïnes, travaille avec Charlie Radix sur la sororité, et le lien de la politique et de l’intime. Eloïse Mercier (Cie toulonnaise Microscopique) joue Les Meutes avec Gauthier Bauxebelt, un duo dans l’air du conte à la prose ciselée, avec Lou, les loups et leurs meutes plus ou moins sauvages. Marie Provence (Cie marseillaise 7e Ciel) reprend La Stupéfaction, où un trio d’êtres cabossés se confronte et s’entraide. Enfin la Cie marseillaise Le Vaisseau propose sa deuxième création, écrite et mise en scène par Nina Ayachi et Clara Chrétien : Le Cabaret des Oiseaux, une lutte conte les portes fermées et la mort, dans un registre pourtant burlesque, aussi…
Agnès Freschel
Fest’hiver
Du 23 janvier au 1er février
Divers lieux, Avignon
*Théâtre des Halles, du Balcon, de Chêne noir, du Chien qui fume, des Carmes et Transversal
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