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Comme chez Zimmermann

L’esprit du café de Leipzig, cher à Bach et Telemann revit à Aix-en-Provence

L’ensemble Café Zimmermann, en résidence au théâtre du Jeu de Paume, a accueilli le public aixois pour une soirée qui a fait revivre le Leipzig du 18e siècle. Comme dans le célèbre café de Gottfried Zimmermann où Jean-Sébastien Bach dirigea son Collegium Musicum de 1729 à 1741, animant, dans une grande liberté, les concerts hebdomadaires du vendredi soir, les spectateurs se sont installés pour savourer un programme alternant des œuvres du Maître mais aussi de Telemann – considéré de son vivant comme le compositeur le plus célèbre d’Allemagne- dans l’atmosphère culturelle et conviviale qui caractérisait ce lieu si emblématique.

Fondé en 1999 par la claveciniste Céline Frisch et le violoniste argentin Pablo Valetti, l’ensemble Café Zimmermann s’est imposé comme l’un des ensembles baroques majeurs en Europe.

Le programme a révélé toute la richesse de la formation, avec ses deux flûtistes remarquables : Karel Valter au traverso et Michael Form à la flûte à bec, spécialiste recherché pour le répertoire brandebourgeois. Leur dialogue gai, fusionnel et véloce dans le Double concerto en mi mineur de Telemann a parfaitement illustré la joyeuse complicité musicale qui anime l’ensemble.

Pablo Valetti, habité par la superbe partition, a brillé dans le Concerto pour violon en la mineur de Bach, déployant toute sa sensibilité, tandis que le Concerto pour 4 violons de Telemann, pièce très originale sans basse continue, a offert au public un moment de virtuosité collective. Balázs Máté, violoncelliste inspiré, s’est avéré aussi tout à fait remarquable dans le Concerto en la majeur de Telemann aux côtés du traverso et du violon ; ces trois-là ont dialogué dans une mélancolique allégresse, caractéristique du style galant de Telemann. Mais c’est Céline Frisch qui a subjugué l’auditoire dans le Brandebourgeois n°5, où Bach confie au clavecin une longue cadence sans précédent dans l’histoire du concerto. Ses doigts volaient littéralement sur le clavier, révélant toute la modernité et l’audace de Bach capable de transformer un instrument, alors destiné à l’accompagnement, en soliste éclatant.

Le concert s’est achevé avec le Brandebourgeois n°4, discours lumineux entre les deux flûtistes et le violon, conclusion parfaite d’une soirée où excellence musicale, esprit de convivialité et intelligence de l’interprétation ont cheminé de concert.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le concert s’est déroulé le 10 février au théâtre du jeu de Paume (Aix en Provence)

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