On les a découverts à la fin des années 2010 dans les salles marseillaises et d’ailleurs. Un groupe à l’énergie furieuse naissait, et avait semble-t-il pour mission de décalaminer nos oreilles de leur trans-psychédélique jouée à fond les Twin reverb. Un groupe, un son, une expérience, qui s’est fait un nom, Avee Mana, et s’est imposé comme l’un des fers de lance de la foisonnante scène rock marseillaise.
Une anomalie dans le parcours pourtant. Toujours pas d’album au compteur, malgré presque 7 ans d’exercice, et des centaines de concerts. On avait quand même pu écouter leurs pièces couchées sur bande avec deux premiers EP (en 2019 et 2023), mais les voici enfin avec un premier album, Layers. Un dix-titres qui confirme le virage pop du groupe – même si cette pop avait toujours été là, bien cachée derrière les décibels de la jeunesse.

Exits, par ici l’entrée
L’opus commence par Exits, une première flèche qui donnera le ton du reste de l’écoute. La voix de Rémi Bernard (également à la guitare), droite et cristalline, transperce la rythmique engagée et les nappes de guitares, d’une mélodie accrocheuse, comme ce sera le cas sur tout le reste du sillon. On se perdra d’ailleurs à déceler dans certaines lignes de chant quelques cousinages avec Brian Wilson des Beach Boys.
Derrière la voix, le reste de la formation s’exécute comme la machine parfaitement huilée qu’est devenu Avee Mana. Emmenée par Sylvain Brémont (batterie), Francky Jones (basse) et Julien Amiel (guitare), les titres s’enchaînent avec une impression de puissance et de fluidité. La rugosité rythmique et sonore s’alliant parfaitement avec les notes de légèreté du chant, ou des parties guitares. Avee Mana marque avec ce disque ce qui fait manifestement sa force et son originalité : un son de fer, un rendu de velours.
NICOLAS SANTUCCI
Layers, de Avee Mana
Howlin Banana Records
Album disponible en disque vinyle, CD ou en version digitale.
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