mercredi 14 janvier 2026
No menu items!
Cliquez sur l'image pour vous abonnerspot_img
AccueilScènesAvant le soir s’ouvre en jovialité

Avant le soir s’ouvre en jovialité

Pendant tout l’été, la programmation culturelle de la mairie des 1er et 7e arrondissements de Marseille propose des spectacles gratuits dans l’espace public. Elle s’ouvrait ce 4 juillet avec Jouir de la Cie Notre Insouciance

Première date avant une série de trente-six représentations attendues cet été, Jouir a rassemblé un public nombreux, éclectique et enthousiaste dans le square Bertie-Albrecht. Et ce malgré la profusion de propositions culturelles à l’orée de l’été, ainsi qu’une chaleur particulièrement écrasante. Il faut dire que la compagnie Notre Insouciance n’y est pas exactement une nouvelle venue : Joseph Lemarignier et Camille Dordoigne étaient déjà présents sur la première édition du festival, et y sont depuis revenus le temps de prologues, et de leur joli duo Salut !. Plus conséquent, et présenté ici dans un format réduit, Jouir tire pleinement parti de leur aura solaire, de leur humour à toute épreuve et de leur énergie débordante. 

On (re)découvre chez l’un de vrais talents de musiciens, et un joli brin de voix ; chez l’autre, une capacité à faire rire du moindre mot, et un flow plutôt convaincant sur le bien-nommé « rap du clito ». Écrit et mis en scène par la comédienne Juliette Hecquet, le spectacle évoque avec humour, intelligence, et ce savant mélange entre crudité et pudeur le rapport des femmes à leur propre corps, et les obstacles sociétaux et psychologiques en tous genres se dressant entre tout·e un·e chacun·e et son accès à la jouissance. On y croise, sous les traits d’Emma Evain, une Lilith fort chagrine – et hilarante ; chez Florie Toffin une belle présence, nourrie de grâce mais aussi d’inquiétude. Chez Arthur Raynaud, c’est la douceur qui domine, de même que dans les interventions d’une maîtresse de cérémonie campée avec tendresse par Marcelle Alleaume. Le public, interpelé, se révèle très à l’écoute de ce spectacle aussi réjouissant que courageux.

SUZANNE CANESSA

Jouir a été joué les 4, 6 et 7 juillet dans les 1er et 7e arrondissements de Marseille.

Retrouvez nos articles Scènes ici

Suzanne Canessa
Suzanne Canessa
Docteure en littérature comparée, passionnée de langues, Suzanne a consacré sa thèse de doctorat à Jean-Sébastien Bach. Elle enseigne le français, la littérature et l’histoire de l’Opéra à l’Institute for American Universities et à Sciences Po Aix. Collaboratrice régulière du journal Zébuline, elle publie dans les rubriques Musiques, Livres, Cinéma, Spectacle vivant et Arts Visuels.
ARTICLES PROCHES
Participez à l'indépendance de la presse

Zoom sur la nature

La région regorge de trésors cachés. À travers leurs clichés, visibles jusqu’à fin janvier, Maxime Briola, Franck Follet, Annabelle Chabert et Laurent Fiol donnent...

Feydeau, la tête dans le sable

M. Pinglet, mécontent en mariage, fait des avances à la femme de son ami, Mme Paillardon, qui se sent également délaissée par son mari....