mardi 3 mars 2026
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Wildproject, championne marseillaise des maisons d'édition sur les pensées de l'écologie

Pour Baptiste Lanaspèze, fondateur et gérant de la maison d’édition Wildproject, « la pensée écologique est le grand enjeu de notre temps ». Raison pour laquelle, depuis dix-huit ans, il s’est attaché avec son équipe à l’aborder sous tous les angles dans un catalogue impressionnant. Le 2 février dernier, ils présentaient aux médias et aux acteurs du livre leur programme de publications pour le premier semestre 2026. Du manuel de réemploi très pratique, 20 petites leçons d’économie de matière, pour les constructeurs professionnels ou amateurs (Victor Meesters Vincent Laureau, sorti en janvier), aux grands noms de la discipline, comme Vandana Shiva (Régénérer ou dégénérer, dénonciation implacable de l’agriculture high tech, à paraître en mars) ou Murray Bookchin (La liberté dans la nature, en mai).

Des essais à la littérature

Wildproject fait figure de pionnière dans un paysage éditorial qui déborde désormais de titres sur l’écologie. Comme le formulait Georgia Froman, éditrice chargée des relations avec les librairies, la maison a, durant sa première décennie, plus axé ses publications sur la recherche, « pour gagner en crédibilité », avec des auteurs comme le philosophe Baptiste Morizot, ou des classiques, Rachel Carson, Henry David Thoreau…

Forte à présent de plus de 130 ouvrages, elle entend « mettre en œuvre les sociétés écologiques de demain » et pour cela cherche à accompagner la transformation sociale et culturelle sans laquelle l’humanité va droit dans le mur des limites planétaires. Un changement d’orientation qui passe par l’ouverture du catalogue à des titres moins cérébraux, plus sensoriels. On se souvient de l’excellent Pastorales de Violaine Bérot, Florence Debove et Jean-Christophe Cavallin, qui inaugurait en 2024 la collection Littératures. En 2026, place au roman graphique avec le premier livre d’Abigaël Lordon, une autrice retraçant son périple sur le GR2013, parcours de randonnée périurbain né au moment où Marseille était capitale européenne de la culture.

Faire école

Wildproject se lance prochainement dans l’accueil de résidences de création, avec l’ouverture d’un « cabanon en ville ». Mais cherche aussi, progressivement, à constituer une école de l’écologie, qui se décline pour le moment dans différents formats de formation. Des interventions en collège et lycée, par exemple. Un module sur un ou deux jours, créé avec l’Association pour l’écologie du livre et destiné aux professionnels de la lecture (« qui s’y perdent un peu dans la déferlante des publications », dixit Baptiste Lanaspèze), pour apprendre comment, dans une librairie ou une bibliothèque, bâtir un bon rayon Écologie, et contribuer à renforcer l’écoresponsabilité d’une filière à l’impact lourd. Ou encore un parcours d’enseignement sur un an, conçu avec l’Agence française de développement, Vers les sociétés écologiques de demain, qui sera cette année proposé gratuitement en ligne, sous forme de Mooc.

GAËLLE CLOAREC

Une bibliothèque de l'écologie

Lors de la conférence de presse de présentation des publications à venir, l'équipe de Wildproject a glissé dans son propre dossier un communiqué de soutien à un projet de bibliothèque de l'écologie porté par Roland de Miller. L'écrivain a rassemblé durant des décennies 50 000 ouvrages sur la question, et cherche un lieu à Marseille pour accueillir ce fonds exceptionnel, ouvert au public et aux chercheurs.
Baptiste Lanaspeze, le fondateur de WP. À droite Georgia Froman, éditrice chez Wildproject © A.-M.T.
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