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Carlissimo c’est parti

La saison des concerts du lundi du Conservatoire de Marseille a débuté avec un très beau duo : Camille Roux à la harpe et Clara David à la flûte traversière

Top départ pour les Carlissimo, qui sont devenus un rendez-vous attendu des mélomanes marseillais. Nicolas Journot, Directeur Adjoint du Conservatoire s’en félicite : « Les concerts du lundi ont d’abord une visée pédagogique : permettre aux élèves et à leurs parents d’entendre leurs professeurs en tant qu’artistes. Ces derniers se produisent pour la plupart dans toute la France et même à l’international. Il n’était pas concevable qu’ils ne puissent pas se faire entendre chez eux, dans leur propre maison. Ensuite, nous voulions offrir aux marseillais des concerts gratuits afin que tout le monde puisse venir ». 

Le duo entre la harpiste Camille Roux et de la flûtiste Clara David a conquis le public avec un programme éclectique allant du 17e siècle à nos jours. C’est avec les sonorités baroques de Marin Marais que les deux musiciennes ouvrent la soirée, emmenant les spectateurs dans Les Folies d’Espagne, avec son thème et ses nombreuses variations. Elles abordent ensuite La danse lente de Joseph Jongen, compositeur belge de la fin du 19e siècle. L’occasion de découvrir une pièce subtile faisant la part belle aux glissandos féériques de la harpe. Avec la Fantaisie de Camille Saint-Saens, les deux musiciennes offrent un florilège de sensations. Dans la première section, aérienne, la flûte s’envole dans les aigus. Puis harpe et flûte se marient et partent dans une course haletante et endiablée que l’on imagine bucolique. Un dialogue s’installe ensuite entre les deux artistes à la complicité évidente. La flûte commente la harpe répond, dans un badinage virtuose. Bien que défini comme post-romantique, on entend dans cette Fantaisie de Saint-Saëns des constructions qui rappellent le baroque et parfois le Jazz. 

Après le très célèbre Clair de Lune de Debussy les deux artistes nous emmènent en voyage dans l’aube enchantée de Ravi Shankar, le maître du Sitar indien. « il s’agit d’un Raga, explique la flûtiste, c’est-à-dire un morceau lié à une émotion, à un moment du jour. Ici, le lever du soleil ». Et en effet, la montée musicale remplace peu à peu la quiétude. Les oiseaux s’éveillent, la nature frémit, les activités humaines débutent. La harpe, rythmique, indique le temps qui avance tandis que la flûte dessine les courbes de la vie qui s’éveille dans cette aube véritablement enchantée et enchantante.

Anne-Marie Thomazeau

Le concert s’est déroulé le 30 septembre au conservatoire Pierre Barbizet, Marseille

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