Imaginé dans le cadre de la la Saison 2024 de la Lituanie en France, Imaginer le futur et The Softest Hard présentent les œuvres au Carré d’Art de deux artistes lituaniennes de générations différentes : Aleksandra Kasuba est née en 1923 à Ginkūnai en Lituanie, a étudié la sculpture et le textile à l’école des arts de Kaunas et à l’Académie des Arts de Vilnius, a émigré aux Etats-Unis avec son mari sculpteur à la fin de la seconde guerre mondiale, où elle a développé des œuvres à grande échelle dans les espaces publics et des environnements textiles architecturaux. Elle est décédée en 2019 à Albuquerque, Nouveau-Mexique.
Marija Olsauskaite est née en 1989 à Vilnius, et développe un travail de sculpture qui utilise de façon privilégiée le verre (mais aussi le silicone), influencé par les traditions de l’artisanat et de l’ornement des artisans lituaniens, en explorant les thèmes des relations, de l’ouverture, de l’intimité et de l’appartenance.
Sans angles droits
Imaginer le futur est la première rétrospective en France et en Europe d’Aleksandra Kasuba, parfois surnommée « la pionnière du design sans angles droits », une artiste à la pratique pluridisciplinaire au seuil du design, de l’architecture et de l’art, fascinée par les formes organiques, habitée par des visions futuristes de coexistence avec l’environnement naturel. Ses œuvres exposées au Carré d’Art sont complétées par des documents d’archives et ses collaborations avec des artistes tels que Jonas Mekas et George Maciunas. L’une de ses pièces emblématiques, Spectrum, An Afterthought (1975) est une installation lumineuse, où le spectateur explore un univers sans angles, baigné dans des néons et des filtres colorés, la lumière se divisant en couleurs en traversant l’environnement. Une œuvre qui incarne la quête de l’artiste pour créer des espaces sans contraintes géométriques, et favoriser une immersion sensorielle totale. Sous le titre « Laboratory of Environments » sont présentés une série de ses travaux liés à son implication dans le mouvement Experiments in Art and Technology (E.A.T.) aux États-Unis dans les années 1960, notamment des reliefs et des structures en plexiglas (Gateway, 1968). Et sous celui de « Environments for the Soul » sont présentés ses œuvres conçues « pour éveiller l’âme et les sens », réalisées soit au sein de sa propre maison à New York en 1971-1972, soit construits dans différents espaces publics. L’exposition se termine par l’histoire de la construction de sa maison, la Rock Hill House, dans le désert du Nouveau-Mexique (2001-2005), inspirée par ses réflexions sur les liens entre l’humain et la nature.

Verre, charnières
Vue de l’installation de l’exposition Never Act in Haste, PM8/Francisco Salas, Vigo © Francisco Salas
Liquide ou solide ?
The Softest Hard de Marija Olšauskaitė proposé au deuxième étage du Carré dans le Projet Room est une plongée dans un univers artistique qui interroge les frontières entre l’artisanat et la sculpture, et réfléchit sur les transformations des objets dans le temps, à travers des sculptures qui semblent parfois évoluer entre l’état liquide et solide. Sont présentées notamment ses sculptures en silicone (Softeners), un ensemble de grandes sculptures de verre horizontales, réalisées à partir de plaques de verre lituaniennes (Ponds), de grand papiers ressemblant à des vitraux représentent des natures mortes, des vies tranquilles, des souvenirs de la petite enfance (Tranquility Extension).
Une artiste pour qui tous les objets de l’exposition sont dans une dynamique familiale, ont des jumeaux, des frères ou des sœurs, en dialogue les uns avec les autres.
MARC VOIRY
Imaginer le futur - The Softest Hard
Du 25 octobre au 23 mars
Expositions organisées dans le cadre de la Saison de la Lituanie en France 2024
Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes