jeudi 1 décembre 2022
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Déesses et divas divines

L’adaptation des Métamorphoses d’Ovide par Malte Schwind nourrit le corps comme l’esprit

Instant magique dans l’été 2021 : la compagnie En devenir 2 avait donné une forme réduite des Métamorphoses d’Ovide. Étoffé, ce travail offre un moment de partage amical de plus de trois heures dans le cadre d’un banquet. Le metteur en scène Malte Schwind a voulu servir un repas, offrant ainsi des temps de pause au public et aux comédiennes. Devant une immense toile de fond de Simon Bouillaud, toute en tons mordorés, les deux comédiennes évoluent, parées comme des divas, alourdies de bijoux, perchées sur des chaussures scintillantes. Divines Naïs Desiles et Yaëlle Lucas. Des deux côtés de la scène, une chaise, une table avec miroir et fards offrent à chacune de rares moments de respiration et de repos. Le public, lui, est installé selon un dispositif tri-frontal devant le plateau vide qu’elles occupent magnifiquement, avec une énergie exceptionnelle, pour nous transmettre ces récits venus d’un autre temps, pleins de passions et de terreur. Le destin tragique d’Actéon qui, ayant aperçu Diane prenant son bain, se voit changé en cerf et dévoré par ses propres chiens. Tirésias qui fut alternativement femme et homme et obtient le pouvoir de lire dans l’avenir après avoir été rendu aveugle par la coléreuse Junon. Persée tranche la tête de Méduse, la met dans un sac et la fait circuler dans le public. Orphée descend aux enfers pour chercher Eurydice mais la perd une seconde fois : ici Yaëlle Lucas interprète merveilleusement le chant de Gluck. Mais aussi l’histoire terrible de l’incestueuse Myrrha, amoureuse de son père, changée en arbre pleureur qui offre sa résine, la myrrhe (un morceau en circule alors de main en main). Entre tous ces récits fabuleux, c’est Malte Schwind qui sert les victuailles, lasagnes délicieuses dans des assiettes qu’il a lui-même tournées. Trinquons donc ensemble à la santé de Bacchus ! Les comédiennes ont changé de costume et actionné le rideau de fond de scène qui vire or et argent. Et de se lancer dans une danse effrénée. Des musiques populaires, dont des chansons de l’italienne Mina, ancrent ces récits dans notre époque. On en sort nourri dans tous les sens du mot.

CHRIS BOURGUE

Les Métamorphoses ont été jouées les 19 et 20 octobre au théâtre Antoine Vitez, Aix-en-Provence
À venir
9 et 10 novembre
Théâtre du Bois de l’Aune
Aix-en-Provence
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