mercredi 4 mars 2026
No menu items!
cliquez sur l'image pour faire un donspot_img
AccueilÀ la UneFaire vivre la tradition du séan-nos

Faire vivre la tradition du séan-nos

Le duo Séamus et Caoimhe Uí Fhlatharta, se produiront à la Cité de la Musique ce 7 mars. L’occasion de découvrir la tradition irlandaise du chant sean-nós

Zébuline. Pouvez-vous expliquer au public français ce qu’est la tradition du séan-nos et ce qu’il représente pour vous ?
Séamus.
Nous avons grandi dans le Connemara, une région irlandophone. Nous avons donc été élevés en parlant l’irlandais comme langue maternelle, et nous n’avons appris l’anglais que plus tard. Une grande partie de notre quotidien était enracinée dans la musique irlandaise, dans la langue irlandaise, et dans le chant sean-nós, qui est la plus ancienne forme de musique orale encore pratiquée aujourd’hui sur l’île. Le terme signifie « l’ancien style », et il englobe à la fois la tradition du chant et celle de la danse. C’est une forme d’art extrêmement riche, avec une grande diversité de mesures, de tonalités, de rythmes, de tempos, d’intensités et de récits — des chants d’amour et de célébration jusqu’aux complaintes. Elle préserve une grande part de ce que nous sommes en tant que peuple et permet de maintenir vivantes ces histoires et ces traditions.

Vous avez une chanson sur votre EP intitulée Caisléan an tSléibhe. Une chanson qui a un lien avec votre famille.
Caoimhe. L’une des raisons pour lesquelles la tradition du sean-nós est vraiment dans notre sang, c’est que deux de nos arrière-grands-oncles étaient compositeurs et poètes. L’un d’eux, Michéal, a écrit Caisléan an tSléibhe. Cette chanson est très spéciale pour nous, c’est une fenêtre sur leur manière de vivre qui capture un moment de leur jeunesse où ils allaient à des fêtes et écoutaient la musique de l’époque.

S. Il y avait aussi une autre chanson sur les grands bateaux à vapeur qui arrivaient dans la région, et sur les équipages — principalement venus d’Écosse — qui s’y installaient, créant un échange entre ces deux pays. Ce qui est fascinant, c’est que nous pouvons comprendre cela sans lire de livres ni consulter d’archives : nous l’apprenons à travers la chanson, les paroles et la mélodie.

Vous avez aussi appris beaucoup de chansons auprès du poète Micheál Ó Cuaig ?
S. Micheál Ó Cuaig, ainsi que d’autres enseignants que nous avons eus pendant notre enfance — dont l’un était un descendant de Joe Heaney, un chanteur renommé de notre région — ont joué un rôle déterminant. Nous avons d’abord appris les chansons, leurs histoires, et la manière de les interpréter en solo. La chanson prime sur le chanteur : tout repose sur la façon dont on transmet le message et l’émotion. Quand nous étions plus jeunes, nous chantions souvent en harmonie — en canon, en rondes, à trois voix — et nous nous sommes demandé si nous pouvions intégrer cela au sean-nós, qui se joue en solo normalement.

Avec nos arrangements — harmonies et instruments — nous cherchons à transmettre le message de la chanson à des publics qui ne comprennent pas forcément les paroles. Nous voulons que le public sente qu’il peut aussi trouver sa place dans la culture et la musique irlandaise. Je trouve magnifique que chacun puisse affirmer son identité dans son propre territoire, mais aussi à travers d’autres traditions et cultures.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LAVINIA SCOTT

Séamus et Caoimhe Uí Fhlatharta
7 mars
Cité de la Musique, Marseille

Retrouvez nos articles Musiques ici

ARTICLES PROCHES
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img

Un Voyage accidentel et musical

Comment transposer un traumatisme collectif tel que les effondrements de Noailles le 5 novembre 2018 en une geste artistique ? Sharon Tulloch s’est assurément posé...

Punition défaillante

Plus encore que d'habitude durant cette 5e saison des Procès du siècle, la session du 2 mars s'est avérée frustrante. Non par manque d'intérêt !...