mercredi 29 mai 2024
No menu items!
spot_img
AccueilNos critiquesFêter Madalena

Fêter Madalena

Dans le cadre des Printemps sacrés, Manu Théron a offert au public marseillais un hymne à Marie-Madeleine jubilatoire.

Les chants s’élèvent au fond de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul puis se rapprochent. A pas lents, la procession des vingt-deux femmes rejoint le chœur. Les choristes portent des robes bleues et vertes, des chaussures dorées, des écharpes à paillettes et de grandes boucles d’oreille colorées. Les maquillages sont flamboyants, les bouches rouge-sang.  Célébrer Marie Madeleine se devait d’être une fête ! Avec Madalena, c’est une ode à la vie que la Compagnie du Lamparo a offert au public dans le cadre des Printemps sacrés du Festival de Vives Voix.

Un cantique interdit
Manu Théron chanteur, compositeur, chef de chœurs et directeur artistique de la Compagnie du Lamparo aime faire vivre la culture occitane. Pour Madalena il a exhumé des archives un cantique en occitan populaire du XIIe  siècle, La Cantilène de Sancta Maria qui témoigne de la dévotion du peuple marseillais à Marie-Madeleine qui, selon la légende, aurait débarqué en Provence pour y diffuser la foi chrétienne. Le chant sera interdit en 1712 par un clergé jugeant impudique cette louange pleine d’allégresse. Disposant du texte mais pas de la partition, perdue, Manu Théron a composé une musique polyphonique.

Sur scène la ferveur est théâtrale, sauvage. Les voix accompagnées de percussions halètent, gémissent et semblent mener à la transe. Les interprètes, habituées de la polyphonie occitane, ont chacune leur moment de solo exprimant avec leur personnalité et leur tessiture leur dévotion à la sainte, soutenue par un chœur qui s’enfièvre. La direction de Théron est vibrante, animale. Il accompagne, encourage, exalte cette frénésie qui semble s’emparer du chœur. La ferveur est théâtrale, charnelle, plus proche des rites païens que religieux. Certaines jouent du tambourin, d’autres agitent des baguettes. Toutes les mains sont levées vers le ciel, incantatoires. Lors du bis, la salle elle aussi est debout, et salue avec les choristes la puissance féminine. 

Anne-Marie Thomazeau

Concert donné le 12 avril
à l’Église St Pierre St Paul
Article précédent
Article suivant
ARTICLES PROCHES
- Publicité -spot_img

Les plus lus