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Forbon N’Zakimuena hybride le théâtre

Après Babel Minots et avant la Biennale des écritures du réel à Marseille, Zola… pas comme Emile a fait un passage remarqué au Théâtre des Halles d’Avignon

Le théâtre gagnerait-il à être hybridé par le rap ? Les MC, maitres de cérémonies plus parleurs que chanteurs en France, ont de fait beaucoup en commun avec les Prologue, Choeur, narrateur, Jiutai et autre récitant-bateleur qui racontent et commentent l’action dans les traditions théâtrales du monde. La culture hip-hop, venue de la contre-culture pop américaine, irrigue aujourd’hui toutes les cultures populaires urbaines du monde. Adaptant ses rythmes et ses modes aux spécificités locales, les déclinaisons du rap reposent sur un universel : celui d’une réponse, en rythme, en mots, en corps, à l’oppression sociale, raciste et colonialiste.

Jouer, chanter, danser

Le solo de Forbon N’Zakimuena ne prend pas de gants. Il diffuse d’abord les ignobles propos de Zemmour sur les prénoms français – il voulait qu’Hapsatou Sy s’appelle Corinne – puis raconte sa propre histoire. Celle d’un enfant né en France mais qui doit justifier, à 13 ans, du fait qu’il est français, et même de « pourquoi il veut devenir français », devant une juge. Son projet était tout autre. Il voulait retrouver son prénom complet : il s’appelle Zola-Forbon. Or « devenir » français signifie pour lui renoncer à ce Zola, remplacer ce Forbon qui n’est pas dans le calendrier. Ce qu’il refuse, parce que ce qu’il est, son identité, doit aussi à ses parents congolais, aux mots de son père, aux chansons qu’il fredonne sans cesse. À ce Zola, à ce Forbon.

Le rappeur joue les scènes au tribunal, son solo se ponctue de trois très beaux moments de rap qui finissent poing levé. Il affirme son droit à occuper l’espace, à le danser, habillé de lumière, rappelant « Je suis seul devant ils sont nombreux derrière. »

Dans chaque ville où le rappeur passe, son ghetto blaster diffuse les témoignages de ces Français aux prénoms venus d’ailleurs. Qui sont toujours en butte au même racisme colonial, inscrit dans la loi française depuis 1993. Celle qui remit en cause le droit du sol, et qui grignote aujourd’hui les droits des français racisés.

AGNÈS FRESCHEL

Zola pas comme Émile !!! a été joué le 11 mars à Babel Minots, Marseille et le 31 mars au Théâtre des Halles, Avignon.

À venir

23 et 24 avril

Friche la Belle de Mai, Marseille

Dans le cadre de la Biennale des écritures du réel

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