Franco-mexicaine, écrivaine, éditrice et traductrice, Lætitia Bianchi tisse depuis plusieurs années un dialogue fécond entre littérature, arts populaires et mémoire visuelle. Son œuvre, nourrie par un séjour prolongé au Mexique entre 2013 et 2017, explore avec sensibilité les zones d’interpénétration entre imaginaire collectif, croyances populaires et héritages coloniaux.
À l’occasion de cette rencontre, l’autrice proposera une conversation entre son écriture et la collection d’arts populaires mexicains du musée, un ensemble rare de sculptures, ex-voto, masques et objets votifs qui témoignent de la vitalité des traditions populaires et des continuités entre art et rituel.
Son dernier roman, Bonampak (Verticales, 2025), revisite la découverte d’un site maya en donnant voix aux explorateurs mais aussi aux paysages et aux silences des peuples oubliés. Par une écriture à la fois documentée et poétique, elle interroge les naïvetés néocoloniales de l’archéologie et les imaginaires hérités des explorations scientifiques.
Mémoires des collections
Fondatrice des éditions Mexico (2022), Lætitia Bianchi s’attache à redonner visibilité à l’imagerie populaire, du graveur mexicain José Guadalupe Posada aux louboks russes, tout en traduisant des textes fondateurs, comme Les Oiseaux d’Aristophane (Arléa, 2024).
Cette rencontre s’articule avec le processus de refondation du projet scientifique et culturel du MAAOA, mené par son directeur Benoît Martin et les équipes de conservation, de recherche et de médiation. Elle participe à une réflexion sur la manière dont les musées racontent aujourd’hui les objets hérités des collections coloniales notamment les artefacts amérindiens : parures de plumes, crânes rituels ou objets cérémoniels issus de dons historiques (Heckenroth, Gastaut). Plus que des curiosités, ces œuvres incarnent des usages spirituels et des liens vitaux avec les cultures d’origine, auxquels la littérature peut offrir une voie sensible de résonance.
Entre écriture et ethnographie, fiction et mémoire, Lætitia Bianchi invite ici à repenser la relation entre récit, regard et restitution, un cheminement poétique au cœur des débats actuels sur la représentation des mondes autochtones et les communautés sources dans les musées.
SAMIA CHABANI
28 février,
Centre de la Vieille Charité, Marseille



