mercredi 29 mai 2024
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Le Printemps des poètes en terre occitane 

L’édition montpelliéraine du Printemps des poètes propose un vaste programme concocté par la Maison de la Poésie Jean Joubert et ses partenaires

Après « L’Ephémère » et « Frontières » le festival de poésie fondé par Jack Lang a choisi, pour sa 25e édition, le thème de « La Grâce ». La manifestation nationale du Printemps des Poètes, soutenue par le ministère de la Culture, se décline régionalement, et Montpellier est le chef-lieu de cette édition, où la Maison de la Poésie Jean Joubert organise de nombreux événements du 9 au 25 mars. Le 9 mars, lors de l’inauguration, l’artiste-peintre Anne Slacik ainsi que les poètes James Sacré et Michaël Glück liront des textes de poétesses avec qui l’artiste a collaboré. Une belle mise en bouche, avant le reste des réjouissances poétiques. 

La poésie est une langue universelle

Quelle que soit la langue d’origine dans laquelle elle s’exprime, toute poésie renvoie à une expérience sensible qui ne se préoccupe pas de frontières. La Maison de la Poésie de Montpellier l’a bien compris et propose un large horizon d’intervenant·e·s et d’actions, tout en se basant sur le réseau local de ses partenaires et de la Région Occitanie. La présentation des poèmes aux racines bretonnes d’Yvon Le Menn (le 20) ainsi que la lecture poétique en occitan par des étudiants (le 22 ) trouvent une place de pareille importance dans la programmation. Le Printemps montpelliérain vogue même au-delà des frontières de l’Hexagone, outre-rhin, en traduisant la langue de Goethe. Dans le cadre d’un partenariat entre la Maison de Heidelberg – centre culturel allemand à Montpellier – et la Maison Jean Joubert, le projet « Expédition Poésie » s’attache à proposer des traductions alternées des poèmes du montpelliérain Joubert et de l’allemande Domin. Le 23 mars, poètes et traducteurs se réuniront pour évoquer les enjeux liés à la traduction, ô combien essentielle pour une transmission internationale. Le Printemps des poètes s’annonce donc riche, malgré les polémiques qui l’entourent. 

Un Printemps défaillant ? 

Le problème le plus évident, c’est Sylvain Tesson, parrain de l’édition 2024. Cette nomination du Président du Printemps des poètes, proche des milieux d’extrême droite, a suscité l’indignation légitime de 1200 acteur·ice·s du monde de la culture. En dehors de cette problématique déjà suffisante pour s’insurger, il y a d’autres raisons qui poussent à interroger cette manifestation poétique. La poétesse marseillaise Luz Volckmann voit les cercles de poésie classiques auxquels s’apparente le Printemps des poètes comme « des cercles bourgeois, blancs, hétérosexuels » qui ne représenteraient donc pas l’ensemble du spectre des versificateurs. Une autre critique d’ordre plus formel concerne le choix d’une thématique. Ce faisant le Printemps des poètes tombe dans l’écueil de la mièvrerie et promeut une vision simplifiée. Quoi qu’il en soit, ce festival est une sensibilisation bienvenue – y compris en milieu scolaire – à la poésie, bien qu’incomplète et critiquable. Pour le reste, le milieu ne manque pas de ressources et ne se résume ni au printemps, ni aux festivals ! 

RENAUD GUISSANI

Printemps des poètes
Maison de la Poésie Jean Joubert, Montpellier 
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