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Les griots reviennent à Marseille

Du 3 au 10 avril à Marseille, La Nuit des Griots raconte en danse et en mots la diversité et la richesse des cultures africaines

En Afrique de l’Ouest, les griots jouent un rôle social, politique et spirituel. On est griot par le sang : dès sa naissance, le griot est formé au sein de son foyer. Médiateur, historien et poète, il transmet par les mots et la musique le patrimoine immatériel de son peuple. Issiaka Kouyaté, créateur et directeur du festival, vient d’une longue lignée de Griots aujourd’hui engagée dans culture internationale. Né à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, il est musicien, mais aussi programmateur de musique et activiste culturel à Marseille.

La Nuit des Griots s’ouvre avec Ellé, chanteuse franco-nigérienne née d’un père français et d’une mère peule wodaabe. Chantant en anglais et en peul, elle invente un genre aux influences contemporaines et ancestrales, entre blues touareg et folk américaine. Ses compositions aériennes séduisent la communauté touarègue et très vite, elle se fait une place sur la scène nigérienne (La Paillote, le 3 avril).

Le lendemain, l’association Âme Dambé propose une journée d’exploration des danses maliennes et sambar : deux cours suivis d’un échange avec les intervenants puis d’un moment convivial (CMA Sénac). De la danse, il y en aura aussi le 8 avril, avec un atelier ludique d’initiation aux danses africaines accompagné de percussions jouées en live (CMA Conception).

L’Espace Julien accueillera le 4 avril Sona Jobarteh, descendante d’Amadu Bansang Jobarteh, icône de l’histoire culturelle et musicale gambienne. Elle est la première femme joueuse professionnelle de kora issue d’une famille de griots. Sona en fait un instrument féminin, qu’elle enveloppe de sa voix captivante.

Rencontres et musique

C’est ensuite au Makeda que se donnera la table ronde « L’Art comme outil de conservation et de réparation mémorielle » (le 8 avril). Ali Diallo, Bonas Fotio, Anass Zine et Francine Ouedraogo exploreront ce qui se transmet à travers la musique et les arts, ce qui se retrouve et se répare. Ils parleront d’une histoire individuelle et collective, marquée par la colonisation, l’exil et les violences que subissent aujourd’hui les peuples africains.

Toujours au Makeda, un mariage entre la Bretagne et le Mali donne Yeko, « la façon de voir » en bambara. Le show dessine le portrait de chaque artiste que réunit le breton Yohann Le Ferrand, du reggae au hip-hop en passant par une balade (le 9 avril).

Les nuits s’achèvent à la Cité de la musique avec un concert en deux parties : d’abord Joys Sa’a, chanteuse et actrice camerounaise. Ses chansons en langue Yemba transmettent des messages de paix, de respect et d’identité culturelle. Elle sera suivie de Sahel Roots, un blues porté par la voix envoutantes d’Alassane Samaké Djourou et la virtuosité d’Adama Sidibé. Le groupe malien crée des ponts entre rythmes traditionnels du Sahel et sonorités modernes, et chante la vie quotidienne au Mali.

PAULINE LIGHTBURNE

La Nuit des Griots

Du 3 au 10 avril

Divers lieux, Marseille

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