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Les Salins aux couleurs de l’Espagne

Dans le cadre de son Grand Tour, L’Orchestre national de France fait escale à Martigues, et met en lumière une compositrice espagnole malheureusement trop peu connue

Fidèle à sa mission de diffusion sur l’ensemble du territoire, l’Orchestre national de France (Orchestre symphonique de Radio France) poursuit son Grand Tour et fait escale au Théâtre des Salins. À la baguette, le chef japonais Yutaka Sado, invité régulier de la formation, dirigera un programme autour d’une Espagne rêvée ou réelle. L’ouverture reviendra au flamboyant Capriccio espagnol de Rimski-Korsakov, partition écrite en 1887 qui emprunte ses thèmes au folklore ibérique. Le public retrouvera ensuite les célébrissimes airs de Carmen : Prélude, Marche des Toréadors, Habanera, Chanson bohème et la vision fantasmée et théâtrale de l’Espagne de Bizet.

Le cœur du concert mettra à l’honneur Joaquín Rodrigo et son Concerto d’Aranjuez, œuvre phare du répertoire pour guitare et orchestre composée en 1939. Le jeune virtuose Thibaut Garcia, Victoire de la Musique 2019, en sera le soliste. Une interprétation attendue, notamment pour son sublime mouvement lent, l’Adagio.

La redécouverte de Maria Rodrigo

Mais la véritable révélation de cette soirée sera sans aucun doute Becqueriana de Maria Rodrigo écrit en 1916 et qui s’inspire des poèmes de Gustavo Adolfo Bécquer. Née à Madrid en 1888, cette compositrice demeure une figure largement méconnue, alors qu’elle fut l’une des premières femmes espagnoles à mener une carrière professionnelle dans les domaines symphoniques et lyriques, à une époque où les compositrices sont rarement programmées.

En 1939, à l’issue de la guerre civile, Maria Rodrigo s’exile en Colombie en raison de ses engagements républicains. Elle y poursuit son activité créatrice jusqu’à sa mort en 1967, loin de sa terre natale. Depuis quelques années, son œuvre bénéficie – et c’est heureux – d’un regain d’intérêt, porté par des recherches musicologiques et une volonté de réintégrer ces partitions injustement oubliées dans les programmes de concert. Avec Becqueriana, l’Orchestre national de France participe à ce mouvement de redécouverte.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le Grand Tour 8 janvier
Les Salins, Scène nationale de Martigues

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