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Nature et expérimentation

Le festival Jest proposait un double concert ce 20 novembre avec la Forêt de Georgia Creek et le groupe de jazz Marsavril

Le festival Jest proposait un double concert ce 20 novembre avec la Forêt de Georgia Creek et le groupe de jazz Marsavril

La soirée intimiste et singulière, dans la salle du Théâtre de l’Œuvre, commençait avec La Forêt de Georgia Creek. Après quatre semaines de résidence avec l’AMI – Aide aux Musiques Innovatrices – Antoine-Aurèle Cohen-Perrot et Max Parato présentaient leur projet de recherche-création. À l’entrée, le public découvre un article intitulé Lutter Ensemble pour des Forêts vivantes écrit par Cohen-Perrot, Antoine Chopot et Camille Besbombes annonçant ainsi le propos du concert : l’état actuel des forêts en France, et le militantisme pour des forêts dites vivantes.

La Forêt de Georgia Creek est une création audiovisuelle mêlant des images tournées dans la forêt de la Sainte-Baume à des montages vidéo, qui suit un personnage fictif – Georgia Creek – animé par Marina Konther. Comme lors d’un ciné-concert, la musique suit les images, débutant par exemple avec le bruit de pas du personnage produit par la contrebasse. Ou ce synthé aux sonorités fantastiques pour accompagner les animations tantôt calmes, tantôt inquiétantes.

On observe une dystopie de déforestation massive, les panneaux solaires, les forêts mortes, les monocultures, le manque de vie. Ce chaos est restitué par des bruits métalliques et durs, notamment avec la batterie qui tape sur des cymbales smack stack. Même si la musique semble parfois manquer de substance pour traduire l’émotion et la gravité du sujet.

Place au jazz

La deuxième partie, distincte, vire au jazz avec les lauréats de Jazz Migrations #10 Marsavril. Le groupe formé en 2022 est composé de Mathieu Bellon (saxophone et claviers), Pierre Guimbail (guitare), Jasmine Lee (basse) et Benjamin François (batterie).

La formationest abondante de textures et d’effets qui rejoignent – bien que sans l’avoir voulu – le chaos des images de la première partie. Les chansons suivent un format similaire, planants au départ, presque minimalistes : des rythmes simples, l’utilisation du balai à la batterie, un saxophone mélancolique. Puis, le quatuor va crescendo vers un chaos contrôlé jusqu’à l’apothéose lors du dernier morceau.

LAVINIA SCOTT

Concerts donnés le 20 novembre
au Théâtre de l’Œuvre, Marseille.

Retrouvez nos articles On y était ici

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