samedi 29 mars 2025
No menu items!
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
Plus d'infos cliquez ci-dessousspot_img
AccueilCinéma« Our Lady of the Chinese Shop », un conte angolais

« Our Lady of the Chinese Shop », un conte angolais

Africapt présentait le premier long-métrage d’Ery Claver. Un récit éclairant sur un pays tiraillé par son passé colonial, la religion et l’emprise commerciale de la Chine

Une voix off en mandarin, commente, accompagne ce qu’on découvre à l’écran : une femme transporte des seaux de haut en bas des escaliers de sa maison alors que l’eau s’infiltre à travers les murs, y creusant des fissures. Alors que des ouvriers ont été appelés pour réparer, ils sont chassés par une voisine « c’est la maison qui pleure ! » affirme t-elle. Le chagrin de cette demeure, c’est celui de Domingas (Cláudia Púcuta), la maitresse de maison, qui s’occupe à contre cœur de son mari, Bessa (David Caracol) malade mais toujours tyrannique. Ce sont deux des personnages du premier long métrage d’Ery Claver, membre du collectif de cinéastes  « Génération 80 ». Ils essaient de nouvelles formes cinématographiques qui  peuvent désorienter certains spectateurs, comme l’a fait remarquer l’un d’entre eux lors de la projection à Apt.

Des Vierges et un barbier

Peut-être suffit-il de se laisser em-porter et de suivre chacun des quatre personnages de ce film choral. Ne pas s’étonner si le prologue arrive aux deux tiers du film, après le deuxième chapitre, donnant à voir une conférence – banquet, satirique, destinée aux dirigeants et notables de Luanda – dont Bessa – dans un stade où les spectateurs sont remplacés par des vêtements suspendus aux gradins. Un prologue qui donne quelques clés et éclaire un peu ce qu’on pouvait trouver insolite. On peut encore se laisser guider cette voix qui murmure des vers énigmatiques d’une grande poésie ; peut-être celle de ce Chinois qui, figure récurrente, de sa terrasse regarde les autres en bas, ou qui, dans le quartier chinois éclairé au néon, vend des statuettes en plastique de la Vierge, censées soulager tous les maux. On peut compatir au chagrin du jeune Zoyo (Willi Ribeiro) parcourant les rues de Luanda à la recherche de son chien Tobias. Sourire devant un barbier mégalomane admirant une des statues de la Vierge, en plastique et s’exclamant « les Chinois font de belles choses ! » Et surtout espérer que Domingas se remette de la mort de sa fille dont elle juge son mari responsable et trouve sa voie.

À travers cette galerie de personnages, c’est le fossé qui existe entre les cultures et les classes sociales, les traces du passé portugais et de la religion, l’emprise commerciale de la Chine sur l’Angola dont parle ce conte urbain dont les séquences, inattendues, nous font parfois sourire mais surtout nous font réfléchir.

ANNIE GAVA

Our Lady of the Chinese Shop, d’Ery Claver a été présenté lors de la 21e édition des Festival des cinémas d’Afrique du Pays d’Apt qui s’est tenue du 9 au 14 février

ARTICLES PROCHES
- Plus d'infos, cliquez ici -spot_img

« Deux Sœurs » : Entre rires et larmes

54 ans après Bleak Moment (Léopard d’or en 1971), plus de 30 ans après Naked (prix de la mise en scène à Cannes en...

Comme un chant de Victoires

Le 5 mars dernier, le petit monde la musique était en effervescence. Beaucoup d’artistes étaient derrière leurs écrans pour suivre les Victoires de la musique classique. À Marseille, la fébrilité est montée d’un cran au moment de...