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	<title>Archives des Agnès Jaoui - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Agnès Jaoui - Journal Zebuline</title>
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		<title>Don Giovanni, un gosse de riche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 13:24:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une des productions lyriques les plus attendues de la saison française, produite par cinq grandes maisons d’opéra&#160;: créé au Capitole de Toulouse, donné en avril à Dijon, il a passionné l’immense Corum de Montpellier, et ouvrira la saison lyrique de Marseille avant de finir sa tournée à Tours.&#160; Chacune de ces maisons accueille la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est une des productions lyriques les plus attendues de la saison française, produite par cinq grandes maisons d’opéra&nbsp;: créé au Capitole de Toulouse, donné en avril à Dijon, il a passionné l’immense Corum de Montpellier, et ouvrira la saison lyrique de Marseille avant de finir sa tournée à Tours.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacune de ces maisons accueille la production avec son propre chef, son orchestre et ses chœurs, et une distribution qui lui est propre. Donc que les Marseillais se réjouissent&nbsp;: <strong>Lawrence Foster</strong> sera à la baguette, et le casting propose une belle palette de voix dans cet opéra singulier où tous les hommes, sauf Ottavio (<strong>Cyrille Dubois</strong>, ténor) sont des basses plus ou moins profondes et toutes les femmes sont des sopranos plus ou moins dramatiques. Quant au rôle-titre (<strong>Dario Solari</strong>) il chante peu, court beaucoup, poursuivant celles qu’il veut séduire, et poursuivi par celles qu’il a violées, leur famille, et l’ombre du Commandeur (<strong>Misha Schelomoanski</strong>) qu’il a tué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La modernité est dans l’œuvre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Jaoui, qui dit son admiration sans limite pour la partition, décrit Don Giovanni comme «&nbsp;<em>un gosse de riche qui se croit tout permis</em>&nbsp;». Un violeur, un prédateur. Mais elle n’impose pas, pour autant, une condamnation schématique&nbsp;: sa direction d’acteurs, de chanteurs, repose sur une compréhension des personnages «&nbsp;<em>mêmes les plus odieux</em>&nbsp;». Ainsi sa mise en scène classique, sans surprise, porte un regard féminise subtil sans récrire l’opéra. Pas besoin de «&nbsp;<em>moderniser&nbsp;</em>» dit-elle, Don Giovanni, «&nbsp;<em>ça parle encore</em>&nbsp;» parce que «&nbsp;<em>ces rapports de domination existent toujours</em>&nbsp;». &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le désir des femmes s’affirme dans cette mise en scène doucement subversive&nbsp;: Zerline la paysanne (<strong>Florence Hasler</strong>) désire Don Giovanni, tout comme Donna Elvira (<strong>Margaux Poguet</strong>), qui n’est pas une folle aveuglée comme on le voit souvent, mais une amoureuse épousée et abandonnée. Quant au viol de Donna Anna (<strong>Salome Jicia</strong>) il est explicite, tout comme sa force et sa dignité. Ces trois femmes victimes ne sont jamais ridicules, comiques, rabaissées, une sororité se tisse entre elles contre l’emprise des hommes, Don Giovanni bien sûr, mais aussi Leporello le valet (<strong>Marc Barrard</strong>) qui humilie Elvire, et Ottavio qui agit peu et veut surtout s’assurer qu’Anna va rapidement se remettre et l’épouser.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor, conçu par <strong>Éric Ruf</strong>, se situe, comme les costumes, dans une Espagne baroque qui est celle de l’écriture du premier <em>Don Juan</em>, celui de Tirso de Molina, sous-titré <em>L’Abuseur de Séville</em>. Un décor très sombre (trop&nbsp;?) où les personnages se dissimulent en un éclair&nbsp;: <em>Don Giovanni</em> se déroule en quelques heures, mais accumule les actions – un viol, un meurtre, une noce paysanne, deux apparitions fantastiques, des scènes de poursuite et de séduction.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le comique de ce «&nbsp;dramma giocoso&nbsp;» disparaît, dans ce décor et avec cette empathie pour les victimes, y compris le paysan Masetto (<strong>Louis Morvan</strong>). Don Giovanni apparaît comme l’opéra le plus dramatique de Mozart et Da Ponte&nbsp;: c’est-à-dire le plus théâtral, et le plus brutal sur la proximité du désir et de la mort, du viol et du meurtre, du plaisir et de la liberté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une noirceur profonde, servie par une musique d’une beauté constamment éblouissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Don Giovanni<br></em></strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les 2, 4, 7, 9 et 11 octobre</mark><br>Opéra de Marseille</pre>
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		<title>Autoportrait à cœur battant </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Sep 2024 07:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une mission posthume et une transmission, un dernier pied-de-nez à la camarde, une épitaphe espiègle, une ode au combat pour exister. Présenté à l’ouverture de la Quinzaine des Cinéastes, cet autoportrait d’une quinqua dépressive génialement incarnée par Agnès Jaoui (dans lequel se reconnaîtront beaucoup de femmes), s’est vu décerner le coup de cœur du&#160; [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est une mission posthume et une transmission, un dernier pied-de-nez à la camarde, une épitaphe espiègle, une ode au combat pour exister. Présenté à l’ouverture de la <em>Quinzaine des Cinéastes</em>, cet autoportrait d’une quinqua dépressive génialement incarnée par <strong>Agnès Jaoui</strong> (dans lequel se reconnaîtront beaucoup de femmes), s’est vu décerner le coup de cœur du&nbsp; SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques).</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;PIF&nbsp;», «&nbsp;PAF&nbsp;», «&nbsp;YOUKOU&nbsp;», titrent les trois chapitres qui structurent <em>Ma vie, ma gueule</em>. Trois lieux, trois tonalités et en note continue&nbsp;: l’autodérision, la poésie, le jeu sur les mots, l’instabilité des situations, les soliloques, les commentaires décalés et la quête obstinée de la protagoniste pour s’en sortir parce qu’&nbsp;«&nbsp;<em>elle n’est pas prête du tout à mourir&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Jaoui alias Barberie Bichette, mal surnommée Barbie, publiciste de métier, poétesse du quotidien sera de tous les plans, pas toujours maquillée, négligée, portant le poids de son âge. Le prologue la saisit devant son écran, ses lunettes à la branche cassée incapable de choisir une police de caractère Word entre le sobre «&nbsp;Arial Hebrew&nbsp;» et l’anorexique «&nbsp;Andale Mono&nbsp;», pour écrire le titre du film.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Trois temps </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">PIF&nbsp;: Bichette ne va pas bien. Elle vit seule après un divorce. Ses enfants s’éloignent d’elle. Son miroir ne lui renvoie pas vraiment l’image qu’elle aimerait. Elle s’en prend plein la gueule, la Bichette&nbsp;! Elle a du mal à se blairer. On la suit dans ses habitudes et ses doutes qui butent contre le mutisme de son psy et les certitudes des autres. Comédie de l’absurde. L’incongru surgit dans le trivial. On se laisse surprendre par l’irruption de <strong>Philippe Katerine</strong> qui joue Philippe Katerine. On rit des décalages et des ruptures engendrées par le mal être du personnage.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">PAF&nbsp;: Bichette chancelle. Bichette s’effondre. Un ancien amour qu’elle confond avec la Grande Faucheuse la sauve de justesse. Et là voilà en clinique psy, appelant tout le monde Fanfan. Bouleversante, désarmante et toujours drôle dans sa frontalité et son regard déphasé sur le monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">YOUKOU&nbsp;!&nbsp;: Bichette s’en va en guerre. Elle traverse la Manche et devient quelque part au nord de l’Ecosse, Lady Bichette. Propriétaire d’un mètre carré de terrain marqué d’un piquet bleu dans l’immensité verte, voisine de Philippe Katerine qui réapparaît, contre toute raison, au milieu de ce nulle part et lui compose une chanson, accompagné de son ukulélé. Bichette a survécu et le loup ne l’a pas dévorée&nbsp;!&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Point d’orgue d’une œuvre toute en dissonances et en pas de côté&nbsp;</em>» selon <strong>Anne Villacèque</strong>, <em>Ma vie, ma gueule </em>a l’élégance du désespoir et la force de la poésie des petites choses, qui réactive à l’infini, le désir de continuer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Ma vie, ma gueule</em>, de <strong>Sophie Fillières</strong><br>En salles le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">18 septembre</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>« Sur la branche », une folle comédie</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Jul 2023 08:45:54 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Mimi, une jeune femme (<strong>Daphné Patakia</strong>) lunaire, un peu perdue, suivie par une psychanalyste se présente pour un entretien d’embauche. On lui confie une mission&nbsp;: aller récupérer un document chez un avocat, Paul <strong>(Benoît Poelvoorde</strong>), aussi paumé qu’elle. Elle se met à trier des dossiers et, concentrée sur sa tâche, ne voit pas que la nuit tombe. Quand le téléphone sonne, elle décroche&nbsp;: au bout du fil, un détenu, Christophe <strong>(Raphaël Quenard</strong>, qu’on avait découvert dans <em>Chien de la casse</em>), un petit arnaqueur qui clame son innocence et veut parler à l’avocat. Quand elle s’aperçoit qu’elle est seule dans le bureau et, étant un peu claustrophobe, elle s’affole, se plaint d’être enfermée, c’est Christophe qui la rassure. À partir de là, Mimi, n’a qu’une idée en tête&nbsp;: montrer que Christophe est innocent. Il lui faut donc convaincre Paul qui a quelques ennuis de reprendre le dossier. Son ex-femme et associée, Claire (<strong>Agnès Jaoui</strong>) a porté plainte contre lui, pour sauver leur étude, et il a été radié du Barreau. Mimi lui offre peut-être un moyen de rebondir. Quant à elle, elle va toujours au bout de ses obsessions et semble avoir ainsi trouvé un sens à sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des problèmes psy</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre enquête policière et comédie, le film <em>Sur la branche</em> de <strong>Marie Garel-Weiss</strong>, fourmille de scènes inattendues, souvent filmées en plans séquences, de dialogues étonnants. Il est porté par des acteurs parfaits pour interpréter ces personnages un peu fêlés, qui ont quelques problèmes avec la vie et en sont conscients. À Paul qui lui lance&nbsp;«&nbsp;<em>vous avez un petit problème psy, non&nbsp;?</em>&nbsp;», Mimi répond&nbsp;: «&nbsp;<em>Ben oui&nbsp;!</em>&nbsp;» Quand elle lui reproche son manque d’empathie pour Christophe il lui confie&nbsp;: «&nbsp;<em>C’est comme si j’avais senti que mon cœur se coupait en deux quand j’ai compris que Claire ne m’aimait plus.&nbsp;</em>» Mimi, elle, ressent parfois l’urgence du sexe&nbsp;: quand c’est au parloir où elle doit interroger Christophe, la scène est des plus cocasses. Inattendue aussi la séquence du repas où Mimi et Paul rendent visite la famille bourgeoise dont Christophe ferait partie, fils illégitime, et voient… les mouettes s’y inviter. Touchante celle où Mimi, découragée, abattue, semble dialoguer avec un petit oiseau. Des oiseaux en écho peut être avec le titre du film, <em>Sur la branche,</em> inspiré à la réalisatrice par une chanson des Frères Jacques, <em>La Branche</em> (1973)&nbsp;: «&nbsp;<em>Elle était si fragile /&nbsp;Si ténue, qu&rsquo;elle ployait cette branche / Chaque instant, je croyais / Qu&rsquo;elle allait se briser cette branche.</em>&nbsp;» Comme Mimi, interprétée magistralement par Daphné Patakia.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Annie Gava</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Sur la branche&nbsp;» de Marie Garel-Weiss. En salles le 26 juillet.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le Cours de la vie, une leçon de cinéma </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 May 2023 11:47:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour son cinquième long métrage, le réalisateur belge Frédéric Sojcher adapte Ateliers d’écriture, un essai d’Alain Layrac sur son métier de scénariste, et dont le sous-titre Cinquante conseils pour réussir son scénario sans rater sa vie lie d’emblée fiction et réalité. Le Cours de la vie pourrait s’entendre comme le flux des trajectoires de chacun [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Pour son cinquième long métrage, le réalisateur belge <strong>Frédéric Sojcher</strong> adapte <em>Ateliers d’écriture</em>, un essai d’<strong>Alain Layrac </strong>sur son métier de scénariste, et dont le sous-titre <em>Cinquante conseils pour réussir son scénario sans rater sa vie </em>lie d’emblée fiction et réalité. <em>Le Cours de la vie</em> pourrait s’entendre comme le flux des trajectoires de chacun convergeant dès le générique, en taxi, à pied, à vélo. Ou comme l’écoulement du fleuve-temps qui emporte tout, des existences et des amours, sans jamais se remonter. Ou encore, désigner la leçon dialoguée que va donner le personnage principal sur l’écriture d’un scénario et sur la vie qui le nourrit.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vincent (<strong>Jonathan Zaccaï</strong>) dirige à Toulouse l’Ensav, une école de cinéma – moins prestigieuse que la Femis parisienne ou l’ENS Louis Lumière à Lyon, mais meilleure selon lui. Il a invité Noémie (<strong>Agnès Jaoui</strong>), une scénariste de renom à donner une masterclass à ses étudiants. Dans leur jeunesse, Noémie et Vincent ont étudié et écrit un film d’école ensemble. Ils se sont aimés. Puis Noémie est allée acheter des allumettes et leurs existences se sont séparées. Quel scénariste en a décidé ainsi&nbsp;? Quelle pulsion a poussé Noémie à fuir&nbsp;? Elle suggère à mots couverts&nbsp;: la peur de l’abandon. Quitter les gens avant qu’ils ne nous quittent&nbsp;? Maîtriser le scénario pour ne pas le subir&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une mise en abîme</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film raconte les retrouvailles maladroites des ex-amants, en un lieu, en un jour, respectant la classique règle des trois unités, ménageant une progression dramatique à l’intérieur d’un dispositif qui met en scène à la fois le discours&nbsp;de Noémie aux étudiants et par touches allusives le sous-discours qu’elle adresse à Vincent. En contrepoint, comme leurs aînés avant eux, les étudiants mêlent leurs amours compliquées et leur travail de cinéastes en herbe. Des images de films illustrant le cours de cinéma de Noémie, on ne verra rien. Le réalisateur balaie le visage des élèves qui regardent, éclairés et traversés par la lumière. On entendra les bandes sons, on s’amusera peut-être à reconnaître les œuvres. La captation de la conférence par trois caméras, sous la régie de la belle-sœur de Vincent, Louison (<strong>Géraldine Nakache</strong>), souligne bien sûr la mise en abyme mais saisit également Noémie dans les différentes échelles de plans, révélant ses émotions au fil de la journée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Jaoui, actrice, scénariste, réalisatrice dans la «&nbsp;vraie&nbsp;» vie, habite son personnage autant qu’elle est habitée par lui. Tour à tour, assurée, drôle, grave, capable de mettre à distance des sentiments trop déstabilisants ou désarçonnée par cet ancien amour qui lui revient de si loin, n’étant sans doute jamais parti, rattrapée par le «&nbsp;et si…&nbsp;» qui colle à l’écriture et à la vie. Et, quand, pressée par les étudiants, elle se livre, avec une grande pudeur, racontant le deuil d’un frère, on pense très fort à Bacri, son compagnon de route décédé, ou à n’importe quel être cher que nous avons nous-mêmes perdu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Construction intime</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les films «&nbsp;méta&nbsp;» sur le cinéma prennent le risque d’être jugés à l’aune de ce qu’ils disent de leur sujet. Noémie explique comment écrire un bon scénario, déclare que c’est une démarche qui n’est pas sans points communs avec une thérapie. Observer, extrapoler, s’arrêter avant tout développement pour se demander en quoi cette histoire unique peut être universelle. Puis construire les personnages – le plus précisément, le plus intimement possible, en les choisissant au plus près de soi. Enfin, tout oublier pour les laisser libres d’aller jusqu’à «&nbsp;leur point de démence&nbsp;»selonl’expression de Deleuze. Pari réussi pour <em>Le Cours de la vie</em> qui ne parle que de cinéma (convoquant pour la BO, <strong>Vladimir Cosma</strong>, grand monsieur de l’histoire du septième art) et nous atteint en plein cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le Cours de la vie</em>, de <strong>Frédéric Sojcher</strong><br>En salle depuis le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">10 mai</mark></pre>
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