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	<title>Archives des Alexis Nys - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Alexis Nys - Journal Zebuline</title>
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		<title>Saison Méditerranée : Du grand spectacle sur le grand port</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 09:25:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment l’idée d’ouvrir la Saison Méditerranée dans le Grand port de Marseille est-elle née&#160;? &#160; Alexis Nys. C’est la première fois qu’une Saison ne s’inaugure pas à Paris. Julie Kretzschmar, sa commissaire générale, a proposé un événement populaire à Marseille pour montrer toute l’étendue des disciplines artistiques et des mélanges culturels qu’il peut y [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment l’idée d’ouvrir la <em>Saison Méditerranée</em> dans le Grand port de Marseille est-elle née&nbsp;? &nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alexis Nys.</strong> C’est la première fois qu’une <em>Saison</em> ne s’inaugure pas à Paris. Julie Kretzschmar, sa commissaire générale, a proposé un événement populaire à Marseille pour montrer toute l’étendue des disciplines artistiques et des mélanges culturels qu’il peut y avoir dans cette ville, en lien avec la Méditerranée. Elle a voulu profiter de cet événement pour se mettre face à la mer, et construire un grand événement dans cet espace qui est d’ordinaire fermé aux Marseillais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La particularité de cet espace, fermé au public, n’a pas été trop contraignant pour vous&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <em><a href="https://www.institutfrancais.com/fr/programme/aide-projet/saison-mediterranee-2026">Saison Méditerranée</a></em> est impulsée par l’État, et le <a href="https://www.marseille-port.fr/actualites/le-port-souvre-la-saison-mediterranee">Grand Port maritime de Marseille</a> (GPMM) relève lui aussi de l’État, donc il y a eu une fluidification des contacts. On a eu en juin dernier un rendez-vous avec Christophe Castaner [<em>président du conseil de surveillance du port, ndlr</em>], qui nous a affiché son souhait de participer à cet événement et d’ouvrir le port. Assez vite, le GPMM nous a proposé un espace, le Port Center [<em>entre le J4 et le J1, il peut accueillir 5000 personnes, ndlr</em>]. On y a vu une scénographie sur laquelle on pouvait travailler. La difficulté est sur l’artistique, c’est à dire de trouver des compagnies qui sont capables de travailler sur des formats de cette envergure-là. On a pensé à la compagnie Mécanique Vivante – et ses sirènes de pompiers qui évoquent les sirènes de bateaux –, et on a proposé au Conservatoire de Marseille de construire une forme sur-mesure, participative, en mobilisant plus de 200 musiciens amateurs qui vont intervenir pour ce moment-là [lire ci-dessous]. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y aura de la musique mais pas seulement.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La particularité de <a href="https://www.lieuxpublics.com/fr">Lieux Publics</a> est d’être pluridisciplinaire. On embrasse tout le spectre des disciplines à condition que ca ne se joue pas dans un théâtre. Il y aura de la danse avec <em>Danser ma ville</em> et <em>Tarab</em>, du théâtre avec Sébastien Kheroufi sur la digue du Large, et deux grandes installations plastiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Parmi les œuvres plastiques, il y a <em>Re-Lighthouse</em>, un phare qui va prendre place au bout du J4. Que pouvez-vous nous dire sur cette installation&nbsp;?&nbsp;</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="696" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=696%2C696&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136560" style="width:286px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=1024%2C1024&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=768%2C768&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=696%2C696&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=1068%2C1068&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?resize=420%2C420&amp;ssl=1 420w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/credit_shareef_sarhan_.jpg?w=1080&amp;ssl=1 1080w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© Shareef Sarhan</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">C’est une œuvre de Shareef Sarhan qu’on&nbsp; accueille depuis un an à la Cité des arts de la rue avec le programme Pause [<em>programme national d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil</em>]. Il vient de Gaza, mais il a eu la «&nbsp;chance&nbsp;» de ne pas y être au moment du 7-Octobre et de la réponse israélienne. Avec l’aide du collectif marseillais Maam for Gaza artists, on a ciblé Shareef car il avait envie de travailler dans l’espace public. Il avait construit ce phare à Gaza, qui avait été une «&nbsp;illumination&nbsp;» pour lui. Lui qui travaillait habituellement en galerie – pour de la photo notamment –, il a découvert la puissance de l’art en espace public. L’accueillir à la Cité des arts de la rue nous a permis de lui donner plus d’ouvertures sur les possibles de cette pratique, et de l’emmener vers la reconstruction de ce phare.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un phare qui a été détruit par des chars israéliens sur le port de Gaza. On imagine l’émotion pour lui de le voir s’ériger à nouveau.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, il dit qu’il se reconstruit lui-même en même temps qu’il reconstruit ce phare. Le projet c’est ensuite de le démonter et de le déplacer à Bordeaux et Montpellier cet automne, l’exposer à la Cité des arts de la rue, et un jour, quand ce sera possible, on l’emmènera à Gaza. Ce phare porte un récit puissant&nbsp;: l’art peut reconstruire, et il est plus fort que la guerre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR NICOLAS SANTUCCI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Une nuit au Grand Port<br></strong>Ce sera le point d’orgue de la séquence d’ouverture de la <em>Saison Méditerranée</em> à Marseille. Le 23 mai, le port se transforme en une grande scène où se mêleront spectacle vivant, danse et rencontres culinaires. Les mythiques carrioles de la Friche investissent le Grand Port afin d’offrir au public des créations culinaires venues des rives méditerranéennes : slata méchouïa, beignets d’anchois et autres délices. <br>Les arts vivants feront aussi partie intégrante de la fête. L’alliance de <a href="https://www.campusartmediterranee.fr">Campus Art Méditerranée</a> et de la <a href="https://mecanique-vivante.com">compagnie Mécanique Vivante</a> présenteront leur<em> Symphonie portuaire</em>, une «<em> ode à la mer</em> »dans une création musicale plurielle où fanfare intergénérationnelle, orchestre polyphonique, musicien·nes solistes, percussionnistes composent un grand tableau vivant. <br>La soirée se clôturera avec <em>Tarab</em>, de la compagnie Shōnen, réunissant le compositeur Rayess Bek et huit danseur·euses originaires d’Égypte, du Liban et de Palestine. Pas question de rester assis : des danseur·euses complices (ils sont 200 !) embarqueront le public dans des danses sociales participatives, de la dabkeh à la taa’kib, jusqu’au bout de la nuit. C.L.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">23 mai</mark><br><strong>Grand Port Maritime de Marseille</strong>, Marseille </pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136561" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=1920%2C1280&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Symphonie-portuaire-CREDITJeremie-Bernard.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Symphonie portuaire © Jeremie Bernard</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Taoufiq Izzediou va faire danser la ville</strong><br>Le chorégraphe Taoufiq Izzediou est un pionnier de la danse contemporaine au Maroc, son pays natal. Dans le cadre de la Saison Méditerranée, le Théâtre Joliette et Lieux Publics l’invitent à recréer son projet participatif <em>Danser ma ville</em>, créé à l’occasion de la dernière édition de <em>On Marche</em> à Marrakech, cette fois à Marseille et avec des Marseillais·es.  <br>Une création dans l’espace public grand format, puisqu’il réunit près d’une centaine de personnes, de tout âge, toutes origines et tous types de corps sur l’esplanade Gisèle Halimi (à proximité du Mucem). <em>C.M.</em><br><br>16 mai<br><strong>Esplanade Gisèle Halimi</strong>, Marseille </pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="463" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=696%2C463&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136562" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=1024%2C681&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=768%2C511&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=696%2C463&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=1068%2C710&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?resize=632%2C420&amp;ssl=1 632w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/visuel-DANSER-MA-VILLE-%C2%A9-Gabriela-Carvalho-1.jpg-1.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">DANSER MA VILLE © Gabriela Carvalho</figcaption></figure>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici </a></p>
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		<title>« L’art est plus fort que la guerre »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 14:23:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’ouverture de la Saison Méditerranée à Marseille est un événement exceptionnel. D’une part parce que c’est la première fois qu’une de ces «&#160;saisons&#160;» culturelles, concoctées chaque année par le ministère des Affaires étrangères via l’Institut français, concerne un espace international plutôt qu’un pays. Et d’autre part parce que les enjeux ont changé depuis juin 2023. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’ouverture de la <a href="https://www.institutfrancais.com/fr/programme/aide-projet/saison-mediterranee-2026">Saison Méditerranée </a>à Marseille est un événement exceptionnel. D’une part parce que c’est la première fois qu’une de ces «&nbsp;saisons&nbsp;» culturelles, concoctées chaque année par le ministère des Affaires étrangères via l’Institut français, concerne un espace international plutôt qu’un pays. Et d’autre part parce que les enjeux ont changé depuis juin 2023. À cette date, Emmanuel Macron déclarait à Marseille qu’il voulait «&nbsp;<em>mettre en valeur la jeunesse et les diasporas de toutes les rives&nbsp;</em>» de la Méditerranée. &nbsp; Aujourd’hui il s’agit, par des moyens diplomatiques, de maintenir ou rétablir un horizon de paix dans un monde qui s’est enflammé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, cette « Méditerranée » est devenue un euphémisme :  cette Saison a prévu dès son origine de programmer des artistes venus de la rive arabophone de la Méditerranée. Plus précisément du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, d’Égypte et du Liban, c’est-à-dire des pays qui ont un lien historique avec la langue française. Mais depuis le 7-Octobre et la sanglante riposte israélienne, depuis les tensions avec l’Algérie, ou entre l’Algérie et le Maroc, et les violences commises par la Tunisie contre les migrants subsahariens… la question des solutions diplomatiques se pose avec une acuité nouvelle. Plus encore depuis que le sud du Liban subit les représailles disproportionnées et aveugles de l’armée israélienne. Comme le dit Alexis Nys [<a href="https://journalzebuline.fr/saison-mediterranee-du-grand-spectacle-sur-le-grand-port/">Lire ici]</a>, comme l’espère Julie Kretzschmar, commissaire générale de la Saison, le dialogue des cultures et des arts est un outil puissant sinon pour arrêter les guerres, du moins pour soigner les sentiments des peuples. </p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La Méditerranée est ici</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste est donc politique, et c’est d’ailleurs la première fois qu’une Saison ouvre ailleurs qu’à Paris. La Ville de Marseille participe donc au financement de l’ouverture de cet événement «&nbsp;populaire et festif&nbsp;» qui ne s’attache pas aux artistes de la région, pourtant eux aussi méditerranéens. Les Corses, les Espagnols, les Italiens de Marseille sont aussi des Méditerranéens, comme les Provençaux et différents parleurs marseillais. Et les autres diasporas de Marseille, subsahariennes, iliennes, séfarades, ashkénazes, comoriennes, tchétchènes ou arméniennes, russes ou ukrainiennes, sont aussi méditerranéennes quand elles s’installent sur nos rives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, c’est d’ailleurs cela, la Méditerranée. Un espace où les particularismes s’expriment mais où les communautés ont su, souvent,&nbsp; s’entendre et se fondre. Un espace avec ses circulations, ses rencontres, ses échanges de poésie, d’artisanat, d’ornements et de musiques. Sur toutes ses rives, ses terres arides nourrissent difficilement, mais produisent des saveurs et des parfums charpentés et inoubliables.&nbsp; Car cette mer qui ne reflue pas, découpe les côtes en calanques et dessine chacun de nos horizons avec un bleu constant qui rejoint, sans vague, celui du ciel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette Méditerranée commune, séculaire et offerte à tous ceux qui la rejoignent, est aujourd’hui une mer de mort, de bombes et de déchirements. De génocide, de noyade de masse, de guerres sans fin. Un espace qui divise violemment les peuples qui la constituent, qui la traversent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais&#8230; peut-être que les artistes, et tous les exilés de Marseille, peuvent construire ensemble une réponse aux impasses des guerres. Et le Fort Saint Jean redevenir un phare, pour Gaza.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph">PS. Je finis d’écrire cet édito dans le train qui me ramène vers ma ville. Au sortir du tunnel de l’Estaque la rade éclate, la découpe de ses îles, son eau soudaine et ses scintillements. Les genêts et les bruyères mêlent leur rose et or au vert des pins, les coquelicots s’imposent, et les tags sur les murs ocres se joignent aux couleurs inouïes du paysage. Une Américaine assise à mes cotés murmure&nbsp;: <em>It’s so beautiful</em>. Ici, la Méditerranée n’est pas qu’une saison.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/edito/"><em>Société</em> ici </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Tickets et papiers s’il vous plaît </title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jul 2025 14:54:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Danser, chanter, faire la fête, voilà à quoi ressemble un été culturel. Mais cela n’est possible que sous certaines conditions : fouilles des sacs, barrières, agents de sécurité… une situation pesante pour les festivaliers et les organisateurs. Les attentats de 2015 et 2016 ont entraîné un durcissement de la sécurité : 68% des organisateurs de festivals adhérents du Syndicat des musiques actuelles (SMA) notent une hausse des dépenses de sécurité en 2024 par rapport à l’année précédente. Pour une grande structure comme le <em><a href="https://festival-avignon.com/?cat=1001">Festival d’Avignon</a></em>, la directrice administrative Eve Lombard, explique que «<em> la sécurité représente un peu moins de 10% des 5 millions d’euros du budget technique </em>». Soit près de 500 000 euros dédiés à la sécurité, autant qui n’est pas investi dans l’artistique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les lieux fermés, comme les théâtres, la sécurité a aussi un coût. Au <a href="https://theatre-lacriee.com/">Théâtre de La Criée</a>, le budget annuel de sécurité se situe entre 80 000 et 90 000 euros. Un budget qui n’a de cesse d’augmenter depuis l’instauration du plan Vigipirate. «<em> On est toujours en Vigipirate élevé, cela nous a poussés par exemple à mettre en place une vidéosurveillance en 2015 </em>» explique Alexandre Madelin, directeur administratif du théâtre marseillais. Il questionne l’utilité de telles pratiques et assure que « <em>même avec les fouilles, le théâtre n’a jamais refusé un spectateur </em>». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun&nbsp;des organisateurs contactés n’a&nbsp;fait face à des incidents. Pourtant,&nbsp;les réglementations&nbsp;«<em>&nbsp;</em><em>n’ont jamais diminué</em><em>&nbsp;et&nbsp;</em><em>des fiches</em><em>&nbsp;sont</em><em>&nbsp;mises à jour régulièrement par la préfecture mais difficiles à interpréter</em><em>&nbsp;</em>»&nbsp;explique&nbsp;Alexandre Madelin, administrateur du théâtre de La Criée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, deux circulaires ont été mises en place pour réglementer la sécurité des événements dans l’espace public.&nbsp;Une première en 2018 par Gérard Collomb, une deuxième en 2022 par Gérald Darmanin. Elles confèrent notamment le pouvoir aux préfets et aux services de police de décider des dispositifs de sécurité nécessaires, ainsi que leur facturation aux organisations culturelles, augmentant leurs dépenses sécurité.&nbsp;Pour autant, elles ne s’appliquent qu’aux événements à but lucratif.&nbsp;«&nbsp;Lucratif&nbsp;», un terme flou pour la plupart des associations culturelles organisatrices.&nbsp;Certains&nbsp;organisateurs soulignent d’ailleurs la volonté&nbsp;des préfectures, comme celle de&nbsp;Vaucluse, de ne pas appliquer les directives à un monde culturel aux budgets déjà&nbsp;exsangues.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une liberté artistique sous conditions </mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Des réglementations&nbsp;qui mettent parfois en péril la tenue de certains événements. En 2018, le&nbsp;festival&nbsp;<em>Microclimax</em>&nbsp;n’a pas pu tenir&nbsp;sa première édition.&nbsp;Quand il avait un budget&nbsp;total&nbsp;de&nbsp;18 000 euros, la seule sécurité lui&nbsp;en&nbsp;aurait couté 19&nbsp;000.&nbsp;La préfecture&nbsp;voulait déployer 40 gendarmes pour 450 festivaliers&nbsp;– et c’est à l’organisation d’en payer la facture.&nbsp;«<em>&nbsp;</em><em>L’équation est à la limite de l’insoluble. Nous, on veut rester dan</em><em>s une culture accessible à tous, m</em><em>ais la sécurité est plus chère,&nbsp;</em><em>tout comme&nbsp;</em><em>les cachets de</em><em>s</em><em>&nbsp;tête</em><em>s</em><em>&nbsp;d’affi</em><em>che</em><em>&nbsp;</em>»,&nbsp;explique&nbsp;Aurélie Hannedouche, directrice du&nbsp;SMA.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour contourner ces hausses de coûts, certains opérateurs culturels font preuve d’imagination. «<em>On choisit des lieux déjà sécurisés </em>»<em> </em>où les forces de l’ordre sont déjà présentes en permanence, afin de mobiliser moins d’agents de sécurité explique Alexis Nys, directeur de <a href="https://www.lieuxpublics.com/fr">Lieux Publics</a>, spécialiste du spectacle de rue à Marseille<em>.</em> Autre manière de réduire les coûts, «<em> programmer des événements le mardi à 19 h plutôt que le week-end. Cela rassure les autorités car il y a moins de “chances” que le rassemblement dégénère. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour&nbsp;David Mossé,&nbsp;directeur technique indépendant chez De Visu,&nbsp;«<em>&nbsp;</em><em>le théâtre de rue est un acte militant</em><em>&nbsp;</em>», et ces nombreux dispositifs sont un frein à la liberté de création.&nbsp;«<em>&nbsp;</em><em>Le 18 mai pour le&nbsp;</em>Festival Bleue<em>, on me dit au dernier moment qu&rsquo;il faut six personnes de plus pour sécuriser. Il a fallu que je les trouve la veille pour le lendemain et là, on s&rsquo;endette.&nbsp;</em><em>Je ne suis pas</em><em>&nbsp;p</em><em>rêt de refaire une déambulation</em><em>…</em><em>&nbsp;</em>[dans l’espace public]&nbsp;»<em>&nbsp;</em>regrette-t-il.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ces règles sont un poids les organisateurs, il savent aussi qu’en cas de problème, ils seront les premiers tenus responsables : «<em> Du point de vue d’un organisateur qui aime la liberté, c’est trop de sécurité. Mais s’il y a le moindre problème, ça nous retombe dessus, on est responsable donc c’est une position peu évidente</em> » explique Hugues Kieffer, directeur du <a href="https://www.marseillejazz.com/"><em>Marseille Jazz des Cinq Continents</em>.</a></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des budgets sécurité qui augmentent</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes les structures interrogées se voient dans l’obligation de faire appel à des agents de sécurité par le biais d’une entreprise privée pour respecter la législation. Un coût pour les organisateurs qui peut parfois dépasser celui du spectacle en lui-même. En 2023, le budget sécurité de la représentation de <em>Mirage</em> de la <a href="https://www.dyptik.com/la-compagnie/">compagnie Dyptik</a>, donné dans le centre ville de Marseille, « <em>représentait</em> <em>deux fois le prix du spectacle</em> »<em> </em>se rappelle Alexis Nys<em>. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un cas loin d’être unique. Depuis 2003 et jusqu’en mai 2018, Sirène et midi net, également organisé par la Cité des Arts de la rue, a rythmé le parvis de l’opéra. Chaque premier mercredi du mois, au son des sirènes d’alerte,&nbsp;les artistes proposaient des performances artistiques. Mais au fil des années et de l&rsquo;intensification des règles de sécurité, le rendez-vous marseillais s&rsquo;est arrêté.David Mossé était le&nbsp;directeur technique de l’époque&nbsp;:&nbsp;«<em>&nbsp;L&rsquo;artiste va toucher 500 €, alors qu&rsquo;à côté, t&rsquo;en as pour 5 000 € de sécurisation. Donc ça n&rsquo;a plus de sens.</em>&nbsp;»&nbsp;explique-t-il.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des budgets dans la culture qui baissent, des&nbsp;coûts&nbsp;sécuritaires qui augmentent, des&nbsp;délais&nbsp;très courts,&nbsp;et beaucoup d’autorisations qui&nbsp;peuvent décourager&nbsp;la création…&nbsp;Le constat rappelle combien le secteur culturel vit en surchauffe,&nbsp;alors&nbsp;même&nbsp;que la menace&nbsp;n’est pas plus grande pour les&nbsp;événements culturels que&nbsp;dans d’autres lieux accueillant du public.&nbsp;Un&nbsp;paradoxe avec lequel conclue&nbsp;Alexis Nys&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>Un spectacle sur la liberté ne peut pas être encerclé de cage</em><em>.</em><em>&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>LOLA FAORO ET MELYNE HOFFMANN&#8211;BRIENZA</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/">Politique Culturelle ici</a></p>



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