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	<title>Archives des Amira Ghenim - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Amira Ghenim - Journal Zebuline</title>
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		<title>« Oh les beaux jours » ravive le souvenir d’Omar Sharif, et d’un monde disparu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 07:42:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre de la Saison Méditerranée et du programme Livres des deux rives, le festival Oh les beaux jours ! a réuni au fort Saint-Jean du Mucem cinq écrivain(e)s autour d&#8217;une invitation : monter sur scène avec un texte, une figure, un souvenir autour de la légende d’Omar Sharif. Ni spectacle, ni performance, cet [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de la Saison Méditerranée et du programme <em>Livres des deux rives</em>, le festival <em>Oh les beaux jours !</em> a réuni au fort Saint-Jean du Mucem cinq écrivain(e)s autour d&rsquo;une invitation : monter sur scène avec un texte, une figure, un souvenir autour de la légende d’Omar Sharif. Ni spectacle, ni performance, cet engagement dans une littérature vivante était mis en scène par <strong>Amine Adjina </strong>avec une inventivité remarquable. Omar Sharif est là, bien sûr. Il donne son nom à la soirée. Mais il n&rsquo;en est pas le seul héros. Plutôt le prétexte, le fil conducteur, la porte d&rsquo;entrée vers un monde arabe des années 1960 restitué dans toute sa complexité : radieux et politique, romanesque et douloureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marwan Chahine</strong>, alors qu’il est correspondant du journal <em>Libération</em> en Égypte, se souvient d’avoir croisé l’acteur dans un hôtel du Caire sans reconnaître le <em>«&nbsp;vieux moustachu en peignoir</em>&nbsp;». Ce ratage évolue vers un hommage à l’immense chanteuse Warda, «&nbsp;la Rose&nbsp;», qu&rsquo;il découvrira – pour avoir dû écrire sa nécrologie – le lendemain de sa mort, lui qui avait toute sa vie tenue à distance les mélodies arabes sirupeuses que son père libanais exilé en France écoutait avec mélancolie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’écrivaine <strong>Nassera Tamer </strong>prête sa voix à Faten Hamama, l&rsquo;unique épouse du grand Omar pour laquelle il se convertit à l’Islam.&nbsp;On découvre dans un sublime monologue la passion de celle qui fut ignoré de ce côté de la Méditerranée, la seule pourtant à connaître, derrière le sourire «&nbsp;<em>large comme le Nil&nbsp;</em>» de l’acteur, le clinquant des palaces et des ovations, ses petites lâchetés, sa haine viscérale des injustices et sa blessure jamais guérie de la terre quittée : Alexandrie où il était né et Le Caire qu’il retrouva pour mourir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Époque nostalgisée</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde arabe de ces années-là, c&rsquo;est aussi celui des mères et des enfants pauvres qui regardent les films égyptiens, seules fenêtres sur le monde. Le cinéaste et écrivain <strong>Abdellah Taïa</strong>, dans une prestation à la fois drôle, touchante et enthousiasmante s&rsquo;en souvient. Il fait revivre la petite pièce de la maison de Salé (Maroc) dans laquelle, Ommi (maman), ses sœurs et lui, l’enfant gay, entassés, se passionnent pour la ténébreuse Berlenti Abdel Hamid, éternellement en colère, qui voulait dominer les hommes et refusait la morale officielle de femme dévouée. Un hymne aussi à cette mère insolente et sauvage qui lui a appris à écrire, à résister et à crier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette époque dorée, nostalgisée porte aussi en elle ses propres trahisons. La Tunisienne <strong>Amira Ghenim</strong>,le dit avec force en arabe en convoquant Bourguiba&nbsp;: elle raconte le retour triomphal depuis Marseille et son fort Saint-Nicolas, les cinq premières années de cette immense révolution… Puis décrit le pouvoir qui s&rsquo;éternise et la déchéance&nbsp;: «&nbsp;<em>Pourquoi n&rsquo;as-tu pas été traitreusement assassiné. Tu serais parti comme un grand leader ?</em> » La question que son père murmure le matin du coup d’État de Ben Ali traverse l’espace comme une lame.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’éditrice algérienne <strong>Maya Ouabadi</strong> prolonge cette méditation sur les grandes causes et leurs ombres, en rendant hommage à deux femmes : l’écrivaine algérienne Assia Djebar et Josie Fanon, épouse française de Frantz, devenue militante algérienne. Elle se suicida à Alger en 1989, désillusionnée par le pays pour lequel elle avait tout donné. Sur fond de photos, de musique et d&rsquo;extraits de films, la soirée a porté le deuil d&rsquo;un monde qui fut, ou plus sûrement, de ce qu&rsquo;il aurait pu advenir : brillant, érudit, vivifiant.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br> La soirée s’est déroulée<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> le 21 mai </mark>au Fort Saint-Jean (Mucem).<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ça continue</mark></strong><br>Lectures musicales, rencontres, débats… Oh les Beaux jours continuent jusqu’au 31 mai.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>10 ans, et toujours à la page</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 08:46:14 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Fondé par la libraire Nadia Champesme et l&rsquo;éditrice Fabienne Pavia, <em><strong>Oh les beaux jours&nbsp;!</strong></em> fête ses dix ans. Et pour cet anniversaire, le festival littéraire ne se contente pas de souffler les bougies, il nous emmène au cœur de ce qui fissure, résiste, disparaît et renaît autour de six thématiques&nbsp;: de la «&nbsp;Désintégration&nbsp;»à la «&nbsp;Terra incognita&nbsp;», en passant «&nbsp;Par le corps&nbsp;» les «&nbsp;Contes et légendes modernes&nbsp;», «&nbsp;l&rsquo;Histoire en nous&nbsp;» et les «&nbsp;Vies secrètes&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que se passe-t-il quand les cadres cèdent, les systèmes sociaux et politiques se désintègrent ? <strong>François Bégaudeau</strong>, <strong>Guillaume Poix</strong>, <strong>Cédric Gerbehaye</strong>, <strong>Arno Bertina</strong> ou encore <strong>Clément Camar-Mercier</strong> et <strong>Loïc Hecht</strong> explorent les glissements – carcéraux, guerriers, numériques – d&rsquo;un réel de plus en plus instable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la désintégration n&rsquo;est jamais séparable de ce qui lui résiste et en particulier le corps : <strong>Chowra Makaremi</strong> et <strong>Laurine Roux</strong> montrent comment les émotions et les liens affectifs deviennent des formes de résistance tandis que <strong>Nathacha Appanah</strong> et <strong>Negar Haeri</strong> offrent des mots à des corps révoltés, exposés à la violence extrême. <strong>Marwan Mohammed</strong> et <strong>François Beaune</strong> rappellent que par l&rsquo;éducation populaire – avec laquelle il est urgent de renouer –, d&rsquo;autres chemins d’intégration sont possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La littérature exhume</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension entre brisure, transmission et re-création traverse aussi la façon dont circule l&rsquo;Histoire en nous. De la déportation de Jorge Semprún au destin brisé de Kid Francis – jeune champion de boxe marseillais pris dans la tourmente des rafles du Vieux-Port –, des résonances contemporaines de la peste noire dont nous parle <strong>Patrick Boucheron</strong> à la révolte iranienne portée par Chowra Makaremi, c&rsquo;est cette mémoire blessée qui se raconte y compris par les voix de <strong>Pierre Singaravélou</strong>, <strong>Maylis de Kerangal</strong>, <strong>Neige Sinno</strong> ou <strong>Philippe Sands</strong>. À travers <strong>Marin Fouqué</strong> et <strong>Samira Negrouche</strong>, les héritages entre la France et l’Algérie trouvent une voix. Et c’est avec ses amis musiciens que <strong>Joann Sfar</strong> donne, par le dessin, forme et visage, à un passé en tension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature a ce pouvoir singulier de faire surgir les non-dits, d&rsquo;exhumer. <strong>Véronique Le Normand</strong> réhabilite <strong>Hilma af Klint</strong>, peintre pionnière de l&rsquo;abstraction longtemps invisibilisée. <strong>Jakuta Alikavazovic</strong> et <strong>Christophe Boltanski</strong> sondent les parts d&rsquo;ombre dans les destins familiaux. <strong>Marie Richeux</strong> interroge la persistance des absents, en écho aux voix qu&rsquo;<strong>Amaury da Cunha </strong>fait surgir comme des fantômes, tandis que <strong>Mathieu Simonet</strong> tente de continuer à vivre après la disparition de son mari. Pour la soirée anniversaire, les auteurs·ices sont invité·e·s à dévoiler leurs lectures inavouables, ce moment où la littérature cesse d&rsquo;être une posture pour redevenir un plaisir honteux et vivifiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Apprendre à se perdre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Intemporel, le mythe, lui, irrigue toujours le présent même s’il prend de nouveaux visages. <strong>Marwan Chahine</strong>, <strong>Amira Ghenim</strong>, <strong>Abdellah Taïa</strong> et <strong>Nassera Tamer</strong> composent ensemble sur scène la performance <em>Omar Sharif, ma grand-mère et moi</em>, récit mêlant souvenirs et figures des deux rives. <strong>Atiq Rahimi</strong> transforme l&rsquo;exil en écriture qui sauve, <strong>Louise Rose</strong>, <strong>Kinga Wyrzykowska</strong> et <strong>Camille Potte</strong> déplacent les codes du conte vers des territoires féministes, <strong>Théo Casciani</strong> accède à son île intérieure guidé par la voix d&rsquo;<strong>Aurore Clément</strong>, et <strong>Anthony Martine</strong> transmute le conte en expérience scénique afro-queer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire, c&rsquo;est aussi apprendre à se perdre : de la préhistoire arpentée par <strong>Marc Graciano</strong> et <strong>Pierre Schoentjes</strong> à la Malaisie de <strong>Tash Aw</strong>, de l&rsquo;Albanie de <strong>Marie Charrel</strong> aux labyrinthes intérieurs de <strong>Benoît Coquil</strong>, la Terra incognita est un graal pour les désirs qui cherchent une terre où se dire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> Côté scène, <strong>Vincent Delerm</strong> clôturera le festival entrelaçant chansons et livres de chevet. Le cabaret queer <strong>La Bouche</strong>, <strong>Maissiat</strong> et <strong>JP Nataf</strong> promettent des soirées mémorables. Les siestes acoustiques – très appréciées –, la bande dessinée, la littérature jeunesse la poésie, les lectures musicales et le prix du barreau de Marseille, complètent ce panorama déjà totalement enthousiasmant au sein duquel dans lequel – et c’est un scoop –, Albert Camus devrait venir faire une apparition. De bien beaux-jours en perspective.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br><a href="https://ohlesbeauxjours.fr/" type="link" id="https://ohlesbeauxjours.fr/">Oh les beaux jours !<br></a><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 26 au 31 mai<br></mark>Divers lieux, Marseille</pre>
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		<title>Lettre capitale </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Aug 2024 13:45:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>1935. Dans un pays en pleine ébullition politique se croisent les destins de deux éminentes familles bourgeoises&#160;: les Naifer, conservateurs rétrogrades, et les Rassaa, libéraux et progressistes. Ces derniers confient l’éducation de leurs filles au jeune Tahar Haddad, intellectuel d’origine modeste connu pour son militantisme syndical et ses positions avant-gardistes, notamment en faveur des droits [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">1935. Dans un pays en pleine ébullition politique se croisent les destins de deux éminentes familles bourgeoises&nbsp;: les Naifer, conservateurs rétrogrades, et les Rassaa, libéraux et progressistes. Ces derniers confient l’éducation de leurs filles au jeune Tahar Haddad, intellectuel d’origine modeste connu pour son militantisme syndical et ses positions avant-gardistes, notamment en faveur des droits des femmes – un personnage historique tunisien bien réel à découvrir. Le précepteur idéaliste tombe amoureux de la plus jeune de ses élèves, Zbeida et souhaite l’épouser. Leur amour est réciproque mais le père de Zbeida refuse catégoriquement cette demande en mariage.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire que Tahar n’a pas bonne presse dans le pays. Il vient de publier <em>Notre femme dans la législation islamique et la société</em> et prône des idées que même une famille moderne ne peut cautionner. Ali Rassaa oblige sa fille à épouser le fils d’un autre notable, Mohsen Neifer. Zbeida s’étiole dans ce mariage arrangé un époux auquel elle ne voue aucune passion et une belle famille aux mentalités réactionnaires contre laquelle elle est en conflit permanent. Zbeida prône la lecture, l’émancipation de la femme et les arts, sa belle-famille se confine dans un univers rétrograde. Jusque-là, rien que du classique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les femmes et les notables </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une nuit de décembre, une lettre, écrite de la main de Tahar pour Zbeida est découverte chez les Naifer. C’est le «&nbsp;désastre dans la famille des notables&nbsp;». Lors des décennies suivantes qui entraînent le lecteur de la lutte pour l’indépendance jusqu’à la révolution de 2011, plusieurs membres des deux familles et leurs domestiques reviennent sur les répercussions de cette funeste soirée. Chacun des récits apporte un regard et un éclairage nouveau sur le drame de cette nuit-là, ce qui l’a provoqué et ce qu’il va entraîner. <em>Le désastre de la maison des notables</em>, finaliste de l’Arab Booker Prize en 2021 est le troisième roman de la Tunisienne Amira Ghenim, mais seulement deux sont traduits en français. Dans une écriture psychologique flamboyante et foisonnante de précisions, elle nous fait vivre, à travers ses personnages, l’histoire des combats pour les femmes dans son pays. Il s’agit aussi d’un réquisitoire implacable sur les notables, de Tunis certes, mais qui pourraient être ceux du monde entier, leur arrogance, leur mépris de classe et leur racisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le désastre de la maison des notables</em>, de <strong>Amira Ghenim</strong><br>Éditions Philippe Rey – 25 € <br>Sortie <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 22 août</mark></pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/lettre-capitale/">Lettre capitale </a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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