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	<title>Archives des Andranic Manet - Journal Zebuline</title>
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		<title>Ecologie, mon amour</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 05:51:04 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>L&rsquo;Écologie des sentiments, </em>est- ce un nouveau concept philosophique&nbsp;? Non, c’est le titre du premier long métrage d&rsquo;<strong>Alexandre Steiger, </strong>acteur et romancier. Un film qui s’inscrit très naturellement dans la suite de ses courts, <em>Pourquoi j’ai écrit la Bible</em> et <em>De longs discours dans vos cheveux.</em> Une exploration des sentiments dans un monde en crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Raconter une histoire de gens que rien ne prédestinait à se rencontrer et qui vont se découvrir. Félix (<strong>Andranic Manet</strong>) le réceptionniste d&rsquo;un petit hôtel parisien, introverti, rêveur, timide, sur couvé par son père, Serge et Lola (<strong>Salomé Rose Stein),</strong> jeune militante écologiste, éprise de liberté, indignée devant un monde qui ne lui convient pas et qu’elle voudrait changer. Lola est venue à Paris pour retrouver des activistes du collectif « Anima » et préparer une action au Salon de l’Agriculture. Et c’est ainsi qu’elle réserve une chambre, si possible écolo, dans l’Hôtel du 1<sup>er</sup> Consul, un hôtel hors du temps, au décor désuet, aux longs couloirs, que tient Serge, le père de Félix. Un hôtel, lieu de tous les possibles, où une erreur d’attribution de chambre peut vous faire découvrir dans la salle de bain, un homme allongé dans la baignoire. Où une panne d’électricité peut provoquer une étincelle et faire se confier deux êtres que tout sépare. Mots qui s’esquissent, gestes maladroits de Félix : voulant éclairer la chambre de Lola avec des bougeoirs, il met le feu aux petits tableaux qu’elle avait peints sur… du papier toilette. Si Félix est timide et malhabile, le « chef » du collectif, Abraham (<strong>Abraham Wapler</strong>), sûr de lui, n’hésite pas à venir retrouver Lola dans sa chambre. « <em>Tu diriges un collectif animaliste ou un collectif de drague ? Je préfère être celle qui drague !</em> lui lance -t-elle, le mettant dans son lit.   Il y a aussi Hélène (<strong>Florence Janas</strong>), la mère de Félix qui s’enferme régulièrement dans un placard ; Corinne (<strong>Charlotte Laemmel)</strong> la femme de ménage, qui allongée dans une chambre, regarde la télé ! Il y a les agriculteurs logeant dans le même hôtel qui boivent et font la fête. Tous dansent, bourrés, au rythme de <em>Cambodia </em>de Kim Wilde même Felix qui tient une vache gonflable. <strong>Alexandre Steiger</strong> filme ses personnages avec douceur.  Son regard ne juge pas, n&rsquo;explique pas. La mise en scène privilégie les circulations, les hésitations, les moments suspendus. Rien ne presse. On sent que ce qui se crée entre Lola et Félix s’inscrit dans ce monde fragile ; ils cherchent une manière plus juste d’y vivre mais aussi de cohabiter avec leurs propres fragilités. Cette double recherche donne au film une tonalité singulière, à la fois légère et mélancolique. « <em>J’ai toujours défini ce film comme un Labiche dans un Rohmer ou un Rohmer dans un Labiche. Dès le début, j’avais le désir de mélanger les tons. À la fois dans l’écriture, mais aussi à l’image »</em> précise le cinéaste <strong>Alexandre Steiger</strong> qui interprète Serge. Tous les acteurs sont excellents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’Ecologie des sentiments</em> est un film qui fait dialoguer la question écologique et la question sentimentale, non pas sur le mode du manifeste, mais à travers les comportements, les maladresses et les contradictions du quotidien. Un film qui ne cherche pas à convaincre, mais à déplacer, peut-être un peu, notre manière de regarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il sort en salles le 8 juillet</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>
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		<title>[Berlinale 2025] : « ARI », portrait d&#8217;un jeune homme d&#8217;aujourd&#8217;hui</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 13:35:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Léonor Serraille</strong> est une portraitiste. De trentenaires qui se cherchent et d’une certaine contemporanéité. On se souvient de la dérive parisienne de Paula ( <strong>Lætitia Dosch</strong>) dans <em>Jeune Femme</em>, Caméra d’Or à Cannes en 2017,&nbsp; mise à la porte par son compagnon, se reconstruisant au fil des rencontres. Avec <em>Ari</em>, présenté à la 75è Berlinale, on retrouve ce même schéma. Un jeune homme de&nbsp; 27 ans est chassé du logis familial par son père ( <strong>Pascal Rénéric</strong>), erre dans la ville (ici Lille et Roubaix) et d’ami en ami, de conversations en conversations, chemine vers le statut d’adulte que son âge lui donne, et apprend à devenir celui qu’il est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film commence par la voix et les caresses d’une Absente&nbsp;: la mère défunte. Dans la lumière poudrée d’un souvenir fondateur&nbsp;: Ari s’appelle Ari comme le deuxième fils d’Odile Redon, né après le décès de son frère aîné. Avec lui, les tableaux du peintre s’éclairent, dit la voix. Et Ari a grandi. Le voilà professeur des écoles stagiaire, essayant maladroitement d’apprendre <em>L’Hippocampe</em> de Desnos à des enfants de CP qui n’écoutent pas ce maître bégayant au discours inadapté. C’est drôle et poignant. <em>«&nbsp;Je ne suis pas à la hauteur</em>&nbsp;» conclut Ari qui pense démissionner. Au grand dam de son père, peintre en bâtiment, qui ne comprend pas «&nbsp;<em>cette génération de merde&nbsp;</em>». Mais avec les enfants qui est à la hauteur&nbsp;? Ils voient tout, comprennent tout, s’engouffrent dans les failles. Et Ari en a plein de failles. Fragile, incertain. Au musée,&nbsp; il s’identifie à <em>l’homme endormi</em> de Carolus–Duran, voyant dans la fleur rouge posée à côté du personnage, un cœur sanglant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ari est en décalage avec tous les amis qui l’hébergent. Clara, la copine lesbienne (<strong>Eva Lallier Juan</strong>) toujours en colère qui se sent déjà abimée par la vie, ne travaille pas, ne veut pas d’enfants et attend l’apocalypse. Le copain de jeunesse devenu financier (<strong>Théo Delezenne</strong>) qui ne jure que par la réussite matérielle et l’argent dont il a hérité, qui méprise les loosers et les assistés. Ryad (<strong>Ryad Ferrad</strong>) le pote beur, qui a renoncé à ses rêves d’écriture, vit chez sa mère, et pense qu’il n’est pas né ni au bon moment, ni au bon endroit. Comme dans <em>Chronique d’un été</em> de Jean Rouch et Edgar Morin, Ari veut savoir comment les gens qu’il interroge, s’y prennent avec l’existence et s’ils sont heureux. Il y a tant de façons de rater sa vie&nbsp;! Et on s’habitue si vite à des choses insupportables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ari a des visions. Il voit ce que ses amis ne s’avouent pas, ne perçoivent pas. L’invisible et les détails qui sont l’essentiel bien sûr. Ari est un révélateur. <em>Les baladins</em> d’Apollinaire l’accompagnent, comme les notes qui s’égrènent à la guitare ou au piano, jusqu’à une fin que la réalisatrice ose heureuse. « <em>Tu vas voir la vie c’est super ! </em>» dit le jeune homme au bébé de son ami qu’il tient maladroitement dans ses bras. Dans le rôle titre, <strong>Andranic Manet</strong> avec <em>son grand corps bizarre</em> (comme il le dit) et ses yeux d’un bleu indéfini, est bluffant. Il laisse affleurer la vibration des émotions, sous la caméra sensible du chef op <strong>Sébastien Buchmann.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Inséré dans une collection fondée sur des scenarii écrits en ateliers au Conservatoire National de Paris, le film de Léonor Serraille, fait un bien fou&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>
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