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	<title>Archives des Annie Ernaux - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Annie Ernaux - Journal Zebuline</title>
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		<title>Notre histoire dans l’Histoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 07:55:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’ICC aime Les héritages infidèles, et a initié un cycle autour des films d’Ettore Scola qui travaillent, infidèlement, la mémoire de ses films.Le 21 mai, il était question du Bal. Jean-Claude Penchenat avait créé la pièce avec le Théâtre du Campagnol en 1981, Ettore Scola en a fait un film avec les mêmes acteurs en [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’ICC aime <em>Les héritages infidèles</em>, et a initié un cycle autour des films d’Ettore Scola qui travaillent, infidèlement, la mémoire de ses films.Le 21 mai, il était question du<em> Bal</em>. Jean-Claude Penchenat avait créé la pièce avec le Théâtre du Campagnol en 1981, Ettore Scola en a fait un film avec les mêmes acteurs en collaboration avec Penchenat en 1983, Ours d’argent à Cannes en 1984. Sans texte et en musique et chansons, sous la direction de <strong>Vladimir Cosma</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film présente près de 40 ans de l’histoire de notre pays depuis le Front populaire jusqu’aux années 70 en passant par la période de la guerre et l’Occupation, la Libération et l’arrivée des américains, la guerre d’Algérie et le racisme, puis mai 68 et le rock and roll. Les différentes séquences se passent dans une salle de bal où se rendent hommes et femmes en quête de rencontres amoureuses. Les comédiennes et comédiens sont exceptionnels, les situations cocasses ou dramatiques. Un vrai régal&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Autobiographie collective</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Ernaux, quand elle commençait l’écriture de <em>Les années</em> (2008), a vu le film en dvd. Elle y a senti une parenté avec son récit, qui s’attache à 60 ans de la vie française et a changé la notion d’autobiographie en la rendant collective. Lors de la rencontre, l’autrice évoque aussi d’autres héritages, sa proximité avec l’œuvre de Louis Guilloux, d’Edouard Louis et rend hommage à Pierre Bourdieu dont la lecture a été pour elle, qui était boursière, une révélation. La lecture du sociologue lui a permis de comprendre que son parcours et son histoire étaient aussi ceux de la société et de ses clivages. C’est avec beaucoup d’émotion qu’elle explique qu’encore maintenant elle adopte le point de vue de ses parents, qui est leur seul héritage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis elle réaffirme son amour de la littérature qui&nbsp;«&nbsp;brise la solitude dans laquelle nous sommes tous&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>Annie Ernaux rencontre Scola</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 13:28:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Institut culturel italien de Marseille accueille une invitée de prestige : Annie Ernaux, prix Nobel de littérature 2022. Figure majeure des lettres françaises, l’autrice est connue pour une œuvre autobiographique et sociologique dans laquelle mémoire collective, sociale et intime se confondent. Son livre Les Années, fresque d&#8217;une génération racontée à travers le prisme du temps [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Institut culturel italien de Marseille accueille une invitée de prestige : Annie Ernaux, prix Nobel de littérature 2022. Figure majeure des lettres françaises, l’autrice est connue pour une œuvre autobiographique et sociologique dans laquelle mémoire collective, sociale et intime se confondent. Son livre <em>Les Années</em>, fresque d&rsquo;une génération racontée à travers le prisme du temps qui passe, fait écho direct au cinéma d&rsquo;Ettore Scola.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce soir-là, dans le cadre du cycle <em>Les Héritages infidèles d&rsquo;Ettore Scola</em>, sera projeté <em>Le Bal</em> (1983), couronné de trois César. Sans un seul dialogue, ce film singulier est entièrement porté par la musique et la danse, laissant aux corps le soin de raconter l&rsquo;Histoire, la solitude et le désir sur une période de 50 ans. Une rencontre littéraire et cinématographique exceptionnelle modérée par Annalisa Romani, responsable de la rétrospective Scola. </p>



<pre class="wp-block-verse">A.-M.T.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">21 mai<br></mark>Institut culturel italien, Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/rencontres/" type="link" id="https://journalzebuline.fr/category/societe/rencontres/">Idées et rencontres</a> ici</p>
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		<title>Été 1958 : des histoires contemporaines</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 09:04:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La littérature et le théâtre ont toujours été des espaces privilégiés pour dire l’intime jusqu’à toucher à l’universel. Mémoire de fille est le récit au scalpel de celle que l’autrice nomme « la fille de l’été 58 ». Annie Ernaux y explore les souvenirs de ses dix-sept ans, ceux d’une jeune femme projetée hors de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La littérature et le théâtre ont toujours été des espaces privilégiés pour dire l’intime jusqu’à toucher à l’universel. <em>Mémoire de fille</em> est le récit au scalpel de celle que l’autrice nomme « <em>la fille de l’été 58</em> ». Annie Ernaux y explore les souvenirs de ses dix-sept ans, ceux d’une jeune femme projetée hors de son milieu lors d’une colonie de vacances. Elle y connaît sa première expérience sexuelle qui la fige dans le regard des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès l’entrée dans la salle, le public découvre une scénographie composée autour d’un vaste miroir modulable qui sera tour à tour miroir social, miroir du souvenir, miroir du corps scruté. Lorsque <strong>Suzanne de Baecque</strong> entre en scène, comme un écho contemporain de la fille de 1958, elle évoque ses complexes, son corps de femme et de comédienne sans cesse évalué et jugé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Effacer les frontières</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant 1h40, elle impose sa présence magnétique, jouant, riant et dansant. Au micro, elle fait surgir des récits d’autres femmes avant de revenir à la sienne, créant un chœur dont elle serait le coryphée. Puis revient le récit de l’été 1958 : celui des « sur-pats », de Brigitte Bardot, des chansons de Dalida diffusées à la radio. Ce décor d’époque contraste avec la modernité brûlante du propos. Achevé par Annie Ernaux à l’âge de 76 ans, le texte résonne aujourd’hui avec une acuité troublante. Il décrit avec une précision clinique les traumas des premières expériences sexuelles, la violence diffuse de la domination patriarcale, la honte d’être née femme dans un monde qui observe, classe et condamne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, loin de se réduire à une dénonciation, le spectacle laisse vibrer la voix de l’écrivaine dans toute sa justesse et sa valeur inestimable. En effaçant les frontières entre littérature et théâtre, cette équipe de femmes réussit un geste artistique fort : porter sur scène une lauréate du prix Nobel et faire du plateau un espace de mémoire, de réparation et de puissance. À ce titre, le spectacle est une véritable réussite. Le théâtre accomplit pleinement sa mission : faire entendre ce qui fut tu, rendre visible ce qui fut enfoui, et rappeler que l’intime, lorsqu’il est dit avec cette exigence, devient une affaire collective.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br> Spectacle donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 février</mark> au <a href="https://les-salins.net/" type="link" id="https://les-salins.net/">Théâtre des Salins</a>, Scène nationale de Martigues.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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		<title>Annie Ernaux, JE est une autre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Oct 2022 08:07:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Annie Ernaux]]></category>
		<category><![CDATA[Prix Nobel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parce qu’Annie Ernaux, lorsqu’elle écrit, décrit toujours le monde à travers son propre point de vue, parce qu’elle parle de ce qu’elle sent, toujours, à la première personne ou à la troisième, féminine, JE commencerai par parler non de moi, mais depuis moi. Depuis l’enfance, j’ai appris, comme toutes les femmes de mon âge, plus [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’<strong>Annie Ernaux</strong>, lorsqu’elle écrit, décrit toujours le monde à travers son propre point de vue, parce qu’elle parle de ce qu’elle sent, toujours, à la première personne ou à la troisième, féminine, JE commencerai par parler non de moi, mais depuis moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’enfance, j’ai appris, comme toutes les femmes de mon âge, plus encore les plus âgées, et guère moins les plus jeunes, à lire des récits masculins. Pas forcément masculinistes, mais les auteurs hommes racontent le désir, le rapport à leur mère, fusionnel, à leur père, conflictuel, à leurs enfants (rarement&nbsp;!), à l’intime, au corps, au vieillissement, à la beauté, à la guerre, à tout ce qui s’érige ou tout ce qui se fend, au progrès ou au cycle… comme les hommes le perçoivent et le vivent. Ils sont socialement et historiquement conditionnés, malgré eux, comme cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que j’ai toujours adoré lire, comme toutes les femmes de ma génération, j’ai appris à faire avec cette discordance entre ce que je lisais et ce que j’étais. À m’identifier plutôt aux personnages masculins qui désirent, à repérer les auteurs gays qui décrivent la beauté des hommes, puis à être enfin sidérée, soulagée, par le sentiment de familiarité dans les nouvelles de Colette, parfois dans George Sand, Simone de Beauvoir aussi, même si ses carcans étaient plus bourgeois que les miens, et bien sûr dans Duras. À chaque page, son JE fut un moi qui m’a construite : ses amants, ses couples, ses phrases mêmes, coupées, ressassantes, et cette Histoire qui balaye si particulièrement les femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après cela bien sûr il y a eu Sarraute, Nathalie. Son <em>Enfance</em>, et la plongée dans l’éveil au monde d’une petite fille, son regard dédoublé. Puis, très vivement, Annie Ernaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1983, <em>La Place.</em> Elle est une autre, plus âgée que moi, ses souvenirs ne sont pas les miens, je n’ai pas ce rapport-là à mon père, ni à sa mort. Pourtant, oui, tout me parle de moi, enfin, avec cette limpidité d’évidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La suite ne me décevra jamais. Dans <em>Les Années</em>, publié presque vingt ans plus tard, elle décrit ses souvenirs à partir de photos, dans une quête de vérité qui fait immanquablement penser à Nathalie Sarraute, parce qu’elle travaille page après page à définir la notion même de souvenir, et la façon qu’on a d’être aussi, au fond de soi, tous les autres qu’on porte en soi. <em>Les armoires vides </em>qui font écho à<em> La Place</em>, <em>L’événement </em>publié juste après <em>Les Années</em>, et <em>Le jeune homme</em> tout récemment, racontent comment un avortement a marqué son existence, et modifié son désir, sa relation à ses parents, puis aux jeunes hommes. Comment un homme pourrait-il écrire cela&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nul besoin d’avoir vécu ce qu’elle décrit pour éprouver cette familiarité, jusque dans son rapport intime au politique. Je n’habite pas Cergy mais je transpose naturellement vers la cité marseillaise de mon enfance le film de Régis Sauder <em>J’ai aimé vivre là</em>. Parce qu’elle y raconte comment on peut être heureux dans une ville nouvelle où l’on veut encore faire cité commune. Et c’est en lisant <em>Les Années</em> que j’ai compris comment la violence de la consommation s’exerce particulièrement sur la conscience des femmes, ménagères chargées du foyer et de l’en-commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis <em>Les Années</em>, publié en 2000, le rapport des Français aux autrices a changé. On a vu timidement, marginalement, quelques textes de femmes apparaître dans les programmes du bac. Aujourd’hui, dans les rencontres littéraires, 80% du public est féminin, et enfin des autrices écrivent des romans qui ne parlent pas forcément de leurs amours ou de leur enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui enfin, une femme française est prix Nobel de littérature. C’est une magnifique victoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, je peux expliquer pourquoi lire des femmes me repose de la lecture de ces centaines de milliers de pages écrites par des hommes qui se croient universels. De Houellebecq, qui fait dire à Christine dans Les Particules élémentaires&nbsp;: «&nbsp;<em>J’ai jamais pu encadrer les féministes. En quelques années, ces salopes réussissaient à transformer les mecs de leur entourage en névrosés impuissants et grincheux.&nbsp;». </em>Non, jamais une femme ne dirait cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, je n’ai plus envie de TE lire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>
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