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	<title>Archives des boycott - Journal Zebuline</title>
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		<title>Censure et boycott à Marseille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 08:03:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Rencontres à l’échelle, posent avec acuité les questions du rapport politique entre les États et les peuples, et la concurrence des récits ; le Festival de Marseille, dont nous présentons la programmation dans les pages suivantes, propose de visiter la diversité du monde depuis ses quartiers, et fabrique un festival populaire avec les Marseillais·es ; [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Rencontres à l’échelle</em>, posent avec acuité les questions du rapport politique entre les États et les peuples, et la concurrence des récits ; le <em>Festival de Marseille</em>, dont nous présentons la programmation dans les pages suivantes, propose de visiter la diversité du monde depuis ses quartiers, et fabrique un festival populaire <em>avec</em> les Marseillais·es ; la ville bouillonne de langues du nord et du sud, de touristes et de « venants », de réfugié·es et d’exilé·es. Pourtant, au même moment, la censure et le boycott des artistes et de la presse resurgissent et mettent en danger la démocratie culturelle dans sa diversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une balle dans le pied</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FID Marseille avait invité le cinéaste israélien, habitant en France, critique sans ambiguïté de la politique nationale et internationale d’Israël, Nadav Lapid. Il devait faire une masterclass à propos de son film, <em>Oui</em>, qui lui a valu les foudres du Gouvernement israélien, qu’il qualifie très clairement de fasciste, et dont il combat la politique colonialiste et génocidaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La commission européenne avait d’ailleurs refusé de financer son projet de film, qu’elle a jugé «&nbsp;antisémite&nbsp;». Mais cela importe peu&nbsp;: il s’agit pour quelques cinéastes programmés par le FID de boycotter tout le cinéma israélien. Pas de s’en prendre au Crif ou à l’ambassade d’Israël, aux relais médiatiques de la propagande israélienne, aux produits israéliens, aux États qui le soutiennent, mais aux artistes. Censure insensée&nbsp;: le Gouvernement israélien se réjouit du revers de son opposant, à qui cette polémique donne d’ailleurs une visibilité que le FID était loin de lui offrir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à ses détracteurs boycotteurs, ils portent la responsabilité de l’escamotage qui s’opère, et détourne les regards des nécessaires sanctions contre l’état génocidaire, au profit de querelles franchouillardes qui crispent les positions dans une binarité délétère. Plus grave, ils désignent des boucs émissaires à la vindicte de celles et ceux qui s’identifient à la juste cause palestinienne. Si l’accusation d’antisémitisme, qui sert d’outil politique contre LFI, est la plupart du temps ridicule et extensible, les actes antisémites réels, les agressions, ne cessent d’augmenter, y compris dans les cours d’écoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Censurer la presse</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre établissement marseillais pratique la censure, dans un contexte plus anodin, et moins urgent. Il révèle pourtant la même volonté de faire taire les voix discordantes qui militent pour la diversité culturelle et la représentation de toustes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Opéra de Marseille refuse désormais la venue des journalistes de <em>Zébuline</em>, du moins à ses grosses productions contestables. Il faut dire que celles-ci se permettent d’être critiques de son fonctionnement, même si c’est aujourd’hui le seul opéra de France qui ne programme aucune femme cheffe, aucune compositrice, aucune musique contemporaine ou de création.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas question non plus d’être critique de ses productions dispendieuses, qui ne tournent pas. Ni de remettre en cause ses mises en scène qui n’interrogent jamais les rapports coloniaux, la domination masculine, les préjugés de classe pourtant si présents, et si problématiques, dans les opéras du XIX<sup>e</sup> siècle. Qui constituent la quasi-totalité de ce que propose la maison marseillaise. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une journaliste émet un doute sur ces représentations problématiques du répertoire et ce refus caricatural de la parité&nbsp;? L’Opéra de Marseille lui ferme les portes, et préfère inviter les critiques dithyrambiques qui ne parlent que des voix, et jamais de ce qu’elles chantent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les valeurs réactionnaires qu’elles trimballent perpétuent, à grand renfort d’argent public, une culture de classe, patriarcale, dépassée. Qu’il ne s’agit pas de censurer, mais de remettre en cause, en débats, pour qu’elle évolue et se partage. Parce qu’à <em>Zébuline</em>, vraiment, on adore l’opéra…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici </a></p>
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		<title>Festival d’Angoulême : La bulle va-t-elle éclater ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Nov 2025 12:54:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un festival à bout de nerf. Pas un jour sans qu’une nouvelle information ne vienne rebattre les cartes sur la tenue de sa prochaine édition. Libération, dans un article du 19 novembre, l’affirme : « Le festival 2026 n’aura pas lieu ». Dans la foulée, ou dans le déni, le festival dément. Puis c’est au tour du [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est un <a href="https://www.bdangouleme.com">festival</a> à bout de nerf. Pas un jour sans qu’une nouvelle information ne vienne rebattre les cartes sur la tenue de sa prochaine édition. <a href="https://www.liberation.fr/culture/bd/le-festival-dangouleme-naura-pas-lieu-en-2026-20251119_CIJW2TTRYFGPJL24TTWYQWO3HM/"><em>Libération</em>, dans un article du 19 novembre</a>, l’affirme : « <em>Le festival 2026 n’aura pas lieu </em>». Dans la foulée, ou dans le déni, le festival dément. Puis c’est au tour du maire d’Angoulême, Xavier Bonnefont, accompagné d’autres collectivités, d’appeler à son annulation : « <em>Il nous apparaît plus que compliqué d’organiser le maintien de l’édition 2026</em> ». Un impasse provoquée par la reconduction de la société 9eArt+ à la tête du festival. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En février 2025 déjà, le festival s’était terminé en eau de boudin. Un vent de révolte avait soufflé sur la remise des prix, où presque tous les primés avaient dénoncé le comportement de cette société organisatrice, et de son directeur-fondateur Franck Bondoux. La raison&nbsp;: la publication d’un article dans <em>L’Humanité</em> quelques semaines plus tôt, qui levait le voile sur la direction mercantile du rendez-vous, son opacité financière, et surtout, la gestion inique d’un cas de viol dénoncé par une de ses salariés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assez pour faire table rase du passé et relancer le <em>Festival d’Angoulême</em> sur de nouveaux rails&nbsp;? C’est ce que beaucoup espéraient. Dès le printemps, une pétition d’appel au boycott des auteurs·ices avait réuni plus de 2500 signatures, dont celle d’Anouck Ricard, Grand Prix 2025. Pas suffisant pour l’association du Festival d’Angoulême, qui avait reconduit la société 9eArt+ pour les dix prochaines éditions. Plusieurs appels au boycott et prises de positions politiques plus tard, la situation semble de plus en plus compromise pour l’édition 2026, et peut-être au-delà.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Chloé on te croit »</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pourtant pas la première polémique qui touche <em>Festival d’Angoulême </em>version 9eArt+. En 2016, le rendez-vous affichait une liste de 30 noms composée uniquement d’hommes pour son Grand Prix&#8230; Quelques années plus tard, il offrait une grande exposition au dessinateur Bastien Vivès, accusé de faire l’éloge de la pédopornographie. Mais l’article de Lucie Servin, paru le 24 janvier 2025 dans <em>L’Humanité</em>, avait fini de jeter le trouble sur la gestion toxique de ce festival.&nbsp; &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’article racontait l’histoire de Chloé*, salariée du festival en 2024, qui, soupçonnant avoir subi un viol chimique de la part d’un collègue, avait cherché de l’aide auprès de sa direction. En réponse, la DRH lui avait conseillé de prendre une pilule du lendemain, et un mois plus tard, Franck Bondoux l’avait convoquée pour la licencier pour faute lourde. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Tout le monde dans le public n’avait pas lu l’article de</em> L’Humanité<em>, alors dans l’espace des éditeurs indépendants, des pancartes </em>“Chloé on te croit”<em> avait été accrochées sur les stands</em>&nbsp;» se rappelle Camille Potte, autrice marseillaise et lauréate du Fauve de la révélation en 2025 à Angoulême.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces tensions qui animent les allées doivent trouver leur caisse de résonnance finale à la grande soirée de remise de prix. «&nbsp;<em>Pendant la cérémonie, quasiment toutes les personnes lauréates se sont positionnées contre 9</em><em><sup>e</sup></em><em>Art+, contre Franck Bondoux et en soutien à Chloé&nbsp;</em>», explique Camille Potte, elle aussi sur scène ce soir-là. Le Jury, présidé par le dessinateur Jul, avait également tenu à prendre la parole pour exprimer son trouble. Mais, surprise&nbsp;: pas de retransmission en direct de la cérémonie cette année-là…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Dérive mercantile</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre l’effarement devant la gestion du viol présumé de Chloé, beaucoup d’auteurs·ices et de syndicats dénoncent la dérive mercantile du festival, qui a trouvé son point d’orgue dans le partenariat signé avec une enseigne de fast-food. Le logo est accolé à celui du festival, et dans les rues d’Angoulême, on pouvait voir Lucky Luke en train de manger des burgers&#8230; &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>Festival d’Angoulême</em>, une machine à fric qui se goinfre, quand dans le même temps les auteurs·ices de BD connaissent une grande paupérisation&nbsp;? «&nbsp;<em>Le festival ne prend pas en compte que sans les auteurs·ices, il n’y a pas de festival.</em>&nbsp;<em>Iels ne sont pas du tout rémunéré·es, sinon des clopinettes pendant les rencontres avec le public</em> », regrette Camille Potte. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une édition annulée</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que l’annulation du festival 2026 aura des conséquences certaines pour les auteurs·ices. «&nbsp;<em>Pour ceux qui ont des livres en sélection c’est dur. J’ai eu un prix l’année dernière, et je vois l’impact que ça peut avoir sur les ventes et sur le reste de ta carrière. On connaît ton nom, on t’appelle pour d’autres projets…</em>»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les maisons d’édition connaissent la précarité également&nbsp;: «&nbsp;<em>C’est une situation difficile pour les éditeurs aussi. Je pense à des éditeurs ultra-marins qui avaient déjà réservé leurs billets d’avions, les locations…&nbsp;</em>», poursuit l’autrice marseillaise.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’édition 2026 est déjà dans l’impasse, c’est la survie du festival lui-même qui est en jeu. Les syndicats des auteurs préviennent&nbsp;: si le festival ne repart par sur «&nbsp;<em>un nouveau projet […] les auteurs ne reviendront pas, même en 2027.</em>&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">NICOLAS SANTUCCI</p>



<p class="wp-block-paragraph">*Son prénom avait été modifié au moment de l’article. Il s’agit d’Élise Bouché-Tran, ancienne responsable de la communication du Festival, qui a depuis pris la parole publiquement. &nbsp;</p>



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