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	<title>Archives des Catherine Marnas - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Catherine Marnas - Journal Zebuline</title>
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		<title>À livre ouvert</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 13:50:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Julien Sorel est-il le modèle littéraire des transfuges de classe&#160;? L’entrée en matière par la fin du roman, le discours de Julien Sorel à l’issue de son procès, le suggère&#160;: «&#160;Messieurs, je n&#8217;ai point l&#8217;honneur d&#8217;appartenir à votre classe, vous voyez en moi un paysan qui s&#8217;est révolté contre la bassesse de sa fortune.&#160;» D’entrée [&#8230;]</p>
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<p>Julien Sorel est-il le modèle littéraire des transfuges de classe&nbsp;? L’entrée en matière par la fin du roman, le discours de Julien Sorel à l’issue de son procès, le suggère&nbsp;: «&nbsp;<em>Messieurs, je n&rsquo;ai point l&rsquo;honneur d&rsquo;appartenir à votre classe, vous voyez en moi un paysan qui s&rsquo;est révolté contre la bassesse de sa fortune.&nbsp;»</em></p>



<p>D’entrée la lecture romantique de Stendhal est mise à mal, pour une vision plus complexe, réaliste voire matérialiste, du personnage et de l’époque. Le lien amoureux y dépend des rapports de classe et du poids du clergé, des hiérarchies qu’impose la vieille aristocratie dans une société réactionnaire&nbsp;: on est 1830, en pleine Restauration, réaction au sens propre à la Révolution et à l’Empire.&nbsp;</p>



<p>Lecture historique, l’adaptation de&nbsp;<strong>Catherine Marnas</strong>&nbsp;ne cherche pas à moderniser l’intrigue, mais parle pourtant de notre époque à chaque instant. Par la liberté des personnages féminins, leur sensualité, leur soif de jouissance et de liberté&nbsp;; par la critique appuyée du clergé et de la religion&nbsp;; par les motivations d’ascension sociale qui sont autant de tentatives de sortir de la&nbsp;pauvreté&nbsp;et d’affirmer l’égalité.&nbsp;<em>Le Rouge et le Noir</em>, classique de la littérature, retrouve sa force, à livre ouvert. Le scandale de sa parution, rappelé au début du spectacle, en est comme ravivé.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Sans réserve </mark></strong></h3>



<p>Il est rare qu’un spectacle vous laisse sans réserve et se déroule, plus de deux heures durant, sans fausse note ni moments faibles. Là tout est juste et fort : la scénographie sans ostentation de <strong>Carlos Calvo</strong>, avec un proscénium et de simples projections sur des pendrillons translucides, décline les espaces, de la ferme paternelle à la prison en passant par le riche décor de la maison aristocratique ou de la chambre bourgeoise. Les comédiens sont tous les cinq formidables, drôles, émouvants, jamais convenus, surprenants, profonds. <strong>Jules Sagot</strong> campe un Julien Sorel qui se veut froid mais sans cesse, à fleur de peau, laisse voler ses mains et couler ses larmes. <strong>Bénédicte Simon</strong> est une madame de Rénal débordante de tendresse et de sensualité, constamment émouvante. <strong>Laureline Le Bris </strong>invente une Mathilde féministe, loin des caricatures cérébrales qu’elle pourrait susciter. <strong>Simon Delgrange</strong> et <strong>Tonin Palazzotto</strong> incarnent tous les autres, monsieur de Rénal, le père Sorel, le père de la Mole, les curés, avec une souplesse et une drôlerie constante.</p>



<p>Car on s’amuse beaucoup des travers de cette société si artificielle, de ses valeurs et rigidités qui empêchent de vivre l’amour. La critique sociale, matérialiste, n’empêche ni le rire, ni les sentiments de vibrer d’un bout à l’autre du spectacle. Surdoué, frustré, sans mère, Julien est un hypersensible qui s’ignore, qui ne reconnaît pas l’amour qu’il éprouve, qui ne voit pas celui qu’il suscite chez deux femmes follement éprises. Sa mort, tragique, inspirée d’un fait réel, dit autant l’impossibilité de changer de classe que celle d’aimer et de jouir.&nbsp;Éloge des sens très elliptique dans le roman, que la mise en scène et la présence des corps fait éclater d’évidence.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le Rouge et le Noir</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les 6 et 7 mai</mark><br><strong><a href="https://tmsete.com">Théâtre Molière</a></strong>, Scène Nationale de Sète</pre>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le Rouge et le Noir</em>&nbsp;a été créé au Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine le 7 novembre 2023</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes ici</a></p>



<p></p>
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		<title>AVIGNON OFF : Pourquoi imposer un sexe ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jul 2024 09:38:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le questionnement sur le genre a une histoire. Un de ses pans passe par la découverte, par Michel Foucault, du récit autobiographique d’Herculine Barbin, écrit en 1868. Récit qui donna naissance au questionnement du philosophe sur le «&#160;vrai sexe&#160;», à l’idée, reprise par Judith Butler, qu’il est possible, souhaitable, envisageable, de renoncer à l’assignation binaire [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le questionnement sur le genre a une histoire. Un de ses pans passe par la découverte, par Michel Foucault, du récit autobiographique d’Herculine Barbin, écrit en 1868. Récit qui donna naissance au questionnement du philosophe sur le «&nbsp;vrai sexe&nbsp;», à l’idée, reprise par Judith Butler, qu’il est possible, souhaitable, envisageable, de renoncer à l’assignation binaire d’un sexe F ou M à la naissance.&nbsp;</p>



<p><em>A-t-on vraiment besoin d’un vrai sexe&nbsp;?</em> demande le sous-titre du spectacle, reprenant la préface de Michel Foucault. La question est posée à travers une invitation empathique à partager un récit d’expérience, ouvrant ainsi les portes de l’évidence à celleux qui n’auraient pas compris les souffrances intimes que produisent les assignations inadéquates ou forcées<em>.&nbsp;</em></p>



<p>Herculine, qui s’appelle Camille dans les <em>Souvenirs</em> qu’iel a laissé avant de se suicider, ne vivait pas dans un corps impossible, mais dans une société inapte à admettre l’hermaphrodisme, l’indécision sexuelle. Une société tout aussi inapte à imaginer qu’une femme, puisqu’il avait été décidé qu’iel en était une, puisse en aimer et en désirer une autre. Plutôt décider qu’il y avait eu erreur et qu’Herculine était en fait Abel, un homme. Une transition et un choix imposé, qui l’a tué·e.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un travail d’orfèvre</mark></strong></p>



<p>Mettre en scène le récit d’Herculine Barbet 150 ans plus tard nécessite toujours de la délicatesse. Ses <em>Mémoires</em> ont donné lieu à des adaptations romanesques ou cinématographiques qui en manquaient singulièrement, légitimant l’autodétermination de&nbsp; genre et la non-binarité par une «&nbsp;anomalie&nbsp;» physiologique, un hermaphrodisme génital. Adaptations qui rendent aujourd’hui la tâche peu aisée, alors que les trans et les queers revendiquent de tenir une parole située, qu’iels détiennent.</p>



<p>Face à ces difficultés, la mise en scène de <strong>Catherine Marnas</strong> fait dans la dentelle la plus subtile. La plus solide aussi, portée par une scénographie et une création sonore qui font vibrer l’espace de sensations fugitives. Les deux acteurs sont remarquables. <strong>Yuming Hey</strong> incarne celle qui s’appelle Alexina parfois, Camille souvent, puis Abel, avec tout l’art d’un comédien d’exception. Genderfluid, il rend sensible les émois de cette jeune fille qui ne se connaît pas, aime, au cœur des couvents où elle est élevée, puis de l’école où elle est institutrice, la compagnie de ses compagnes… qu’elle désire. Iel danse ses découvertes et ses élans, ses défaites, jouissances et évanouissements, ses terreurs, ses douleurs. Chaque murmure, inflexion, nuance est délivré comme un joaillier dépose ses feuilles d’or, comme un musicien travaille ses phrases. L’écriture d’Herculine Barbin est précieuse et belle et le récit, au souffle puissant, donne cops à des personnages et devient dramatique dans les bras de <strong>Mickael Pelissier</strong>, qui accompagne <em>Camille</em>, joue sa mère, son amante, les religieuses et les collégiennes, le médecin et le juge, portant Yuming Hey, l’enserrant, le soutenant, le regardant sans cesse, donnant à Herculine la visibilité qui lui a tant manquée avec une attention qui avive celle du spectateur, une empathie qui se diffuse, une justesse qui lui fait croire qu’il est Lisa puis Sara, les jeunes filles tant aimées.</p>



<p>Puis les draps blancs, fluides et doux, protecteurs, disparaissent, laissant place à un déguisement d’homme, comme une absurde castration. Vraiment, décider d’un vrai sexe est une aberration…&nbsp;</p>



<p>AGNÈS&nbsp; FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Herculine Barbin </em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 29 juin au 21 juillet à 17h30</mark><br>Le Palace, Avignon</pre>
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		<title>Catherine Marnas, retour au pays</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Nov 2023 17:51:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ses mises en scène de Brecht, Nancy Huston, Dubillard, Copi ou Koltès restent dans la mémoire des spectateurs de la région&#160;: elle fait partie de ces grands artistes que Marseille n’a pas su garder.&#160; Son histoire avec la deuxième ville de France est rocambolesque, et douloureuse. Après l’avoir nommée directrice de La Criée en 2013 [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ses mises en scène de Brecht, Nancy Huston, Dubillard, Copi ou Koltès restent dans la mémoire des spectateurs de la région&nbsp;: elle fait partie de ces grands artistes que Marseille n’a pas su garder.&nbsp;</p>



<p>Son histoire avec la deuxième ville de France est rocambolesque, et douloureuse. Après l’avoir nommée directrice de La Criée en 2013 puis remplacée brutalement par Macha Makeïeff, le Ministère et la Ville de Marseille lui avaient construit le théâtre de la Friche de la Belle de Mai en compensation… sans lui donner les moyens de le faire fonctionner.&nbsp;</p>



<p>Attachée à Marseille, c’est avec enthousiasme mais le cœur serré qu’elle était partie à Bordeaux prendre la suite de Dominique Pitoiset à la direction du l’Ecole Supérieure Nationale et du CDN. Qu’elle a profondément changé, en démocratisant et rajeunissant spectaculairement le public, en programmant les grands metteurs en scène français, et énormément de femmes et de jeunes qu’elle aidait en production, remettant ainsi Bordeaux dans le circuit national des scènes publiques.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En compagnie</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Portrait-Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpg?resize=683%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-121613" style="width:283px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Portrait-Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpg?resize=683%2C1024&amp;ssl=1 683w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Portrait-Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Portrait-Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpg?resize=150%2C225&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Portrait-Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpg?resize=300%2C450&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Portrait-Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpg?resize=696%2C1044&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Portrait-Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpg?resize=280%2C420&amp;ssl=1 280w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Portrait-Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption class="wp-element-caption">Catherine Marnas © Frédéric Desmesure</figcaption></figure>
</div>


<p>Dix ans après, à 68 ans, il n’est plus question de reprendre la direction d’un lieu, fonction qui selon elle doit «&nbsp;<em>obéir au droit du travail&nbsp;</em>», et cesser à l’âge de la retraite. Laisser la place aux nouvelles générations d’artistes et d’auteurices est pour elle essentiel, et sa programmation dans son Centre Dramatique l’a suffisamment démontré. &nbsp;</p>



<p>Elle «&nbsp;<em>réactive</em>&nbsp;» donc sa Compagnie Parnas, avec 150 000 euros de subventions annuelles de l’État, attribués aux artistes qui quittent la direction d’un CDN et dont le répertoire tourne. Car elle revient avec des idées plein la tête&nbsp;et des spectacles déjà produits, dont <em>Le Rouge et le Noir</em> et <em>Herculine</em>. Dans ses bagages des décors, des comédiens fidèles, une expérience de pédagogie de l’acteur irremplaçable, un attachement et une connaissance des opérateurs, des scènes et des publics de la région.&nbsp;</p>



<p>Espérons que, dix ans après, à l’heure où les femmes artistes ont enfin un peu plus de places et de financements, le territoire qu’elle a adopté – elle se définit comme «&nbsp;<em>rurale et ardéchoise&nbsp;</em>» – saura l’accueillir à la hauteur de son talent.&nbsp;</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>À livre ouvert</strong></h1>



<h4 class="wp-block-heading"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Le Rouge et le Noir adapté à la scène par Catherine Marnas est une grande relecture du chef d’œuvre de Stendhal. Totalement fidèle, et complètement personnelle</em></mark></h4>



<p>Julien Sorel est-il le modèle littéraire des transfuges de classe&nbsp;? Une citation d’Édouard Louis projetée avant l’ouverture du spectacle le suggère, comme l’entrée en matière par la fin, le discours de Julien Sorel à l’issue de son procès&nbsp;: «&nbsp;<em>Messieurs, je n&rsquo;ai point l&rsquo;honneur d&rsquo;appartenir à votre classe, vous voyez en moi un paysan qui s&rsquo;est révolté contre la bassesse de sa fortune.&nbsp;»</em></p>



<p>D’entrée la lecture romantique de Stendhal est mise à mal, pour une vision plus complexe, réaliste voire matérialiste, du personnage et de l’époque. Les rapports amoureux y dépendent des rapports de classe et du poids du clergé, des hiérarchies qu’impose la vieille aristocratie dans une société réactionnaire&nbsp;: on est 1830, en pleine Restauration, réaction au sens propre à la Révolution et à l’Empire.&nbsp;</p>



<p>Lecture historique, l’adaptation de Catherine Marnas ne cherche pas à moderniser l’intrigue, mais parle pourtant de notre époque à chaque instant. Par la liberté des personnages féminins, leur sensualité, leur soif de jouissance et de liberté&nbsp;; par la critique appuyée du clergé et de la religion&nbsp;; par les motivations d’ascension sociale qui sont autant de tentatives de sortir de la pauvreté et d’affirmer l’égalité. <em>Le Rouge et le Noir</em>, classique de la littérature, retrouve sa force, à livre ouvert. Le scandale de sa parution, rappelé au début du spectacle, en est comme ravivé.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Sans réserve </mark></strong></p>



<p>Il est rare qu’un spectacle vous laisse sans réserve et se déroule, plus de deux heures durant, sans fausse note ni moments faibles. Là tout est juste et fort&nbsp;: la scénographie sans ostentation de <strong>Carlos Calvo</strong>, avec un proscénium et de simples projections sur des pendrillons translucides, décline les espaces, de la ferme paternelle à la prison en passant par le riche décor de la maison aristocratique ou de la chambre bourgeoise. Les comédiens sont tous les cinq formidables, drôles, émouvants, jamais convenus, surprenants, profonds. <strong>Jules Sagot</strong> campe un Julien Sorel qui se veut froid mais sans cesse, à fleur de peau, laisse voler ses mains et couler ses larmes. <strong>Bénédicte Simon</strong> est une madame de Rénal débordante de tendresse et de sensualité, constamment émouvante. <strong>Laureline Le Bris </strong>invente une Mathilde féministe, loin des caricatures cérébrales qu’elle pourrait susciter. <strong>Simon Delgrange</strong> et <strong>Tonin Palazzotto</strong> incarnent tous les autres, monsieur de Rénal, le père Sorel, le père de la Mole, les curés, avec une souplesse et une drôlerie constante.</p>



<p>Car on s’amuse beaucoup des travers de cette société si artificielle, de ses valeurs et rigidités qui empêchent de vivre l’amour. La critique sociale, matérialiste, n’empêche ni le rire, ni les sentiments de vibrer d’un bout à l’autre du spectacle. Surdoué, frustré, sans mère, Julien est un hypersensible qui s’ignore, qui ne reconnaît pas l’amour qu’il éprouve, qui ne voit pas celui qu’il suscite chez deux femmes follement éprises. Sa mort, tragique, inspirée d’un fait réel, dit autant l’impossibilité de changer de classe que celle d’aimer et de jouir. Eloge des sens très elliptique dans le roman, que la mise en scène et la présence des corps fait éclater d’évidence.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le Rouge et le Noir</em> a été créé au Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine du<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 7 au 17 novembre.</mark> Il sera joué dans les CDN de Tours, Angers, Béthune… </pre>
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		<title>Dans l’antichambre de l’irresponsabilité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 May 2023 10:26:04 +0000</pubDate>
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<p>«&nbsp;L’histoire ne se répète pas, elle bégaie&nbsp;», aurait dit Karl Marx. En sortant de la représentation de <em>A bright room called day </em>(<em>Une chambre claire nommée jour</em>), on aimerait ne pas y croire. Malheureusement la pièce écrite en 1985 par <strong>Tony Kushner</strong>, si elle ose un parallèle dérangeant entre l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler dans l’Allemagne des années 1930 et l’élection de Ronald Reagan aux États-Unis, ne peut que nous convaincre de la permanence du danger nationaliste voire totalitaire. L’auteur d’<em>Angels in America</em> en est d’ailleurs tellement convaincu qu’il a remanié sa pièce pour cette création mise en scène par <strong>Catherine Marnas</strong>, y intégrant l’épisode plus récent encore de la présidence Trump. Comment une société perçue comme progressiste peut-elle se livrer à un dirigeant extrémiste dans le cadre d’institutions dites démocratiques&nbsp;? C’est ce glissement vers un régime liberticide qui est observé ici. Un basculement dont les étapes s’enchaînent de la manière la plus sournoise tel un engrenage irréversible vers un autoritarisme qui annihile les droits que l’on pensait inviolables.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">D’aveuglement en résignation</mark></strong></p>



<p>Dans le salon d’Agnès, une bande d’ami·es à haut capital culturel et politique – la plupart baignent dans le milieu artistique et se disent proches des idées communistes – sont les témoins impuissants des événements qui entre 1932 et 1933 conduisent à l’avènement du nazisme. L’alcool, l’opium et les chansons égayent leurs soirées, entre insouciance et bonne conscience. En quelques mois, d’aveuglement en résignation, ces intellectuel·les sont mis·es devant le fait accompli. Le pire n’est plus une menace mais l’actualité face à laquelle ils et elles se trouvent désemparé·es, piégé·es. Côté jardin, devant un écran où défilent photographies et chronologie des faits marquants de l’ascension hitlérienne, Zillah, rockeuse libertaire des années Reagan remarquablement incarnée par <strong>Sophie Richelieu</strong>, assiste au délitement idéologique et moral de la petite troupe berlinoise. Elle sait bien que la bête n’est pas morte mais tombe des nues, et éclate de rire, quand Xillah – piquant <strong>Gurshad Shaheman</strong>, avatar de l’auteur de la pièce, lui apprend l’élection d’un certain Donald Trump… De cette double voire triple strate narrative surgissent d’autres personnages, rappelant que, malgré la légèreté qui se dégage parfois de l’entre-soi des convives, le cauchemar devient réalité&nbsp;: une femme fantôme que l’on imagine victime du nazisme, la marionnette du Fürher, le diable en personne.</p>



<p>Se risquer à comparer les anciens présidents états-uniens avec le dictateur nazi n’est pas du tout le sujet de <em>A bright room called day</em>. La pièce rappelle d’abord certains errements politiques, que l’on a tendance à oublier, comme le refus des communistes allemands, téléguidés par Moscou, de toute alliance avec une force de gauche non révolutionnaire, en l’occurrence la social-démocratie, pour former une coalition en capacité d’accéder au pouvoir. Mais la force du tandem Kushner/Marnas est de montrer de manière éclatante, et talentueuse, la frontière ténue entre indifférence et complaisance.</p>



<p>LUDOVIC TOMAS</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Une chambre claire nommée jour</em> a été joué le 4 mai aux Salins, scène nationale de Martigues et le 16 mai au Liberté, scène nationale de Toulon</pre>
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		<title>Juste avant la plongée obscure</title>
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		<pubDate>Wed, 10 May 2023 17:07:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Catherine Marnas]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Les Salins]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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<p><strong>Zébuline.</strong> <strong>Comment vous est venue l’idée de monter ce texte américain&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p><strong>Catherine Marnas.</strong> Je cherchais une pièce qui parle de ce que nous sommes à mon sens en train de vivre, cette bascule démocratique. C’était avant le Covid, mais on la sentait déjà. Je pensais à Brecht bien sûr, à <em>La Résistible ascension d’Arturo Ui</em>, mais je voulais un texte plus contemporain. J’avais adoré <em>Angels in America</em> de Tony Kushner, et je savais que son tout premier texte, avant qu’il reçoive le prix Pulitzer, avait été mal reçu. Que le parallèle qu’il établissait entre Reagan et Hitler passait mal. Je l’ai lu, et immédiatement j’ai contacté Tony Kushner pour le monter. Il m’a dit «&nbsp;OK, mais je le réécris. On ne peut plus parler de ça sans parler de Trump&nbsp;». Donc il a ajouté une strate à sa narration, sur Trump. Et il a voulu le monter aussi. <em>A Bright Room Called Day</em> a été créé en même temps en français à Bordeaux et en anglais à Broadway.&nbsp;</p>



<p><strong>Qu’est ce qui vous a tant plu dans ce texte&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>J’aime que le théâtre raconte des histoires, qu’il y ait une préoccupation de la narration, et qu’il nous plonge dans les perspectives politico-historiques qui résonnent avec notre présent. Tony Kushner a quelque chose d’un Brecht, avec aussi un sens du scénario, des histoires, du rebondissement, du suspens…&nbsp; très contemporain. Et très politique. Les critiques américains reprochent clairement à Spielberg d’avoir un scénariste communiste. Dès cette première pièce, il montre la dégradation progressive de la république de Weimar, à travers des personnages qui ne sont pas où on les attend. La plus politisée ne sera pas celle qui accomplira le geste de bravoure. Ces personnages, dans le Berlin des années 1930, nous ressemblent. Ils nous interrogent sur notre degré d’aveuglement ou de conscience, de résistance ou d’acceptation. Faut-il rester lorsque la démocratie bascule et que les génocides se préparent ? Fuir, résister, s’allier&nbsp;?</p>



<p><strong>Cette bascule démocratique est en jeu aussi pour la réélection de Reagan&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>C’est ce qui est interrogé. Cinquante ans après Weimar, en 1985, une jeune femme bombe sur les murs de New York&nbsp;: «&nbsp;Reagan = Hitler, Weimar aussi avait une constitution&nbsp;». On oublie trop que Hitler a été élu démocratiquement, qu’il a gagné le pouvoir par une alliance avec la droite, contre la gauche, qui n’a pas su s’allier. Zillah rappelle tout cela, l’incendie du Reichstag attribué aux communistes, la droite capitaliste qui pense qu’Hitler va être maitrisable. La situation politique des États-Unis en 1985 ressemble à bien des égards à cela. Sans parler de Trump.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/05/Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpeg?resize=501%2C313&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-119184" width="501" height="313" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/05/Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpeg?w=800&amp;ssl=1 800w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/05/Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpeg?resize=300%2C188&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/05/Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpeg?resize=768%2C480&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/05/Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpeg?resize=150%2C94&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/05/Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpeg?resize=696%2C435&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/05/Catherine-Marnas-%C2%A9-Frederic-Desmesure.jpeg?resize=672%2C420&amp;ssl=1 672w" sizes="(max-width: 501px) 100vw, 501px" /><figcaption class="wp-element-caption">Catherine Marnas © Frédéric Desmesure</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>Comment Tony Kushner en parle-t-il, justement&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Il dit que l’avènement de Trump a donné raison à Zillah, que le risque de sortir de la démocratie est aujourd’hui très fort. Dans ce troisième niveau de narration, celui de Trump, il intervient en tant qu’auteur, pour commenter. Pendant qu’on montait le texte, chaque jour il m’envoyait de pages nouvelles… qu’on coupait ensemble, pour que les commentaires ne prennent pas le pas sur l’action.&nbsp;</p>



<p><strong>Comment ces trois niveaux sont-ils présents sur scène&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Ils se tricotent, la musique souvent fait le lien entre les époques, les neuf comédiens chantent et jouent, Zillah et Xillah, qui représente Kushner, commentent et s’engueulent. Ce qui vit en scène, c’est Berlin. Mais un Berlin qui pourrait être ici et aujourd’hui. Il est question d’une bande de copains politisés qui se fait engloutir par l’histoire. Pour une raison dérisoire, pour ne pas quitter un appartement si lumineux…&nbsp;</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>A Bright Room Called Day</em>&nbsp;</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">16 mai<br></mark>Théâtre Liberté, scène nationale de Toulon&nbsp;</pre>
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