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	<title>Archives des Christoph Wiesner - Journal Zebuline</title>
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		<title>« La photo doit proposer des lectures alternatives »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 07:37:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Dès votre arrivée en 2020, vous vous étiez donné comme ligne un festival ouvert sur le féminisme, l’histoire post-coloniale et l’écologie. C’est presque le programme de cette édition 2026 non&#160;? Christoph Wiesner. Tout à fait&#160;! Ce sont des points d’ouverture que je voulais développer, sans renier le reste. Les grands noms de la photographie [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Dès votre arrivée en 2020, vous vous étiez donné comme ligne un festival ouvert sur le féminisme, l’histoire post-coloniale et l’écologie. C’est presque le programme de cette édition 2026 non&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christoph Wiesner.</strong> Tout à fait&nbsp;! Ce sont des points d’ouverture que je voulais développer, sans renier le reste. Les grands noms de la photographie sont aussi célébrés cette année, avec les monographies sur Ming Smith, Martine Barrat, William Klein, Harry Gruyaert, Edward Steichen…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Depuis 2020 les </strong><em><strong>Rencontres</strong></em><strong> donnent plus de places aux femmes photographes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, au-delà de la parité et de la répresentation des femmes, c’est une scène qui m’a toujours intéressé. Tout comme l’ouverture sur les relectures postcoloniales, que je trouve passionnantes. Quand on suit la jeune production artistique actuelle, on voit que ces questionnements sont très présents, et cela génère des œuvres remarquables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Je vous ai souvent entendu dire que la photographie devait être résistante. Mais à quoi doit-elle résister aujourd’hui&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle doit au moins résister aux discours dominants, et proposer des lectures alternatives de sujets sociétaux, comme c’est le cas cette année avec le post-colonialisme ou le vivant. Au-delà d’une approche purement documentaire, la photographie peut être un outil de témoignage, de résistance, de questionnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sur le post-colonialisme justement, vous proposez une grande exposition sur le Ghana. Pourquoi avoir choisi ce pays en particulier&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il se trouve que la commissaire de cette exposition, Damarice Amao, est française d’origine ghanéenne, et elle avait déjà proposé une exposition sur le regard décolonial au Centre Pompidou. L’exposition présente notamment le travail de Paul Strand, photographe américain que l’on connaît pour ses photos documentaires. Il avait dû quitter les États-Unis au moment du Maccarthysme et est venu s’installer en France à la fin des années 1950. Au moment de l’indépendance du Ghana, son nouveau président Kwame Nkrumah a invité Paul Strand à venir faire un reportage sur son pays, libéré du joug colonial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est intéressant dans le travail de Damarice Amao, c’est qu’elle a reconstruit ce trajet et a étudié la scène locale au moment de l’indépendance. Elle montre comment la photographie a servi à (ré)écrire l’histoire d’une nouvelle nation indépendante. Et comment cette histoire, du début des années 1960, a infusé jusqu’à la production artistique contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette année marque aussi le bicentenaire de la photographie. Pour le célébrer, vous avez choisi une grande exposition sur les animaux. C’est étonnant, ou audacieux, comme choix.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est plutôt un avant-goût, puisque le bicentenaire sera officiellement lancé début septembre à Paris. En 2027, il y aura une multitude de rendez-vous autour de cet événement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année il y en a deux. D’une part, l’exposition <em>Modèle Animal</em>. <em>200 ans de photographie</em>&nbsp;; fruit de notre formidable collaboration avec le musée Photo Élysée de Lausanne. Cette exposition retrace 200 ans d’histoire, et montre à quel point la photographie couvre tous les champs. D’autre part le spectacle pendant la semaine d’ouverture produit par Les Rencontres et écrit et réalisé par Laurent Perreau avec la musique de Christophe Chassol, un ciné-concert sur les premières images de la photographie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’édition précédente a été marquée par une petite polémique autour d’une première œuvre réalisée avec l’intelligence artificielle. Elle sera de nouveau présente cette année dans au moins trois expositions. J’imagine que la question de l’IA dans les </strong><em><strong>Rencontres </strong></em><strong>a été débattue. Quelle est votre position sur ce sujet&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les œuvres que l’on présente, l’IA est utilisée comme un outil, au même titre que les couleurs ou les pinceaux du peintre. Je vais prendre le cas de Lisa Oppenheim, qui présente des « hybrides hypothétiques » d’une fleur qu’un botaniste français avait créé au début du XX<sup>e </sup>siècle aujourd’hui disparu. Cela montre que l’intelligence artificielle permet de combler des manques, des choses pour lesquelles on n’a pas de représentations. C’était le cas l’an dernier, avec des œuvres sur des absences historiques, des choses qui n’ont jamais été documentées, des communautés qui n’ont jamais été photographiées. Mais ça n’enlève pas toutes les questions sur le rôle que l’on doit concéder à l’intelligence artificielle. Tant que c’est maitrisé, qu’elle est utilisée comme un outil, il n’y a pas de problème. L’enjeu c’est que l’IA ne remplace pas la création humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De nombreux festivals connaissent des tensions budgétaires avec les baisses de subvention. </strong><em><strong>Les Rencontres</strong></em><strong> se portent-elles bien&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme pour tous les événements de notre envergure, la Région a opéré une baisse forfaitaire de 4%. Notre chance, c’est que notre modèle repose majoritairement sur nos fonds propres. La billetterie, les stages photos et les catalogues, représentent un peu plus de 50% de notre budget. On peut remercier le public d’être fidèle car c’est grâce à lui que l’on peut continuer à faire ces <em>Rencontres</em>. Notre budget compte aussi un peu moins de 20% de mécénat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une anxiété avec le changement climatique aussi&nbsp;? Les </strong><em><strong>Rencontres d’Arles</strong></em><strong> doivent-elles déjà s’adapter&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est évidemment un enjeu que nous avons anticipé depuis plusieurs années en aménageant les horaires d’ouverture&nbsp;: certains lieux ouvrent désormais plus tôt le matin et ferment plus tard le soir. L’ADN des Rencontres, c’est aussi investir des lieux patrimoniaux qui ne peuvent pas être climatisés. On recommande de venir plus tôt dans la journée, à la fraiche&nbsp;; et nous installons des brasseurs d’air, des ventilateurs, pour rendre l’expérience de visite la plus optimale possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTETIEN RÉALISÉ PAR NICOLAS SANTUCCI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici</a></p>
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		<title>Des Rencontres révélatrices</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 14:33:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Arles]]></category>
		<category><![CDATA[Christoph Wiesner]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres d&#039;Arles]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. C’est la deuxième édition des <em>Rencontres d’Arles</em> que vous dirigez. Qu’est-ce qui pour vous fait la singularité de cet événement ?<br>Christoph Wiesner.</strong> C’est un rendez-vous qui a plus d’un demi-siècle d’histoire et qui a su fédérer un territoire autour du vecteur de la photographie. Au-delà de l’artistique pur, il existe plusieurs dimensions et champs d’intervention. Le mot <em>Rencontres</em> lui-même est important. Pendant la semaine d’ouverture, des professionnels du monde entier viennent à Arles pour échanger. Il y a aussi un volet éducatif tout au long de l’année, à travers nos activités de médiation en milieu scolaire. On peut évoquer enfin le Grand Arles Express. Ce sont des institutions extérieures à Arles -c’est le cas à Nîmes, Avignon ou encore Marseille- qui se joignent à la programmation officielle du festival. Il faut re-contextualiser tous ces éléments pour comprendre le chemin parcouru en cinquante ans. A l’époque, les <em>Rencontres</em> étaient loin d’avoir la visibilité d’aujourd’hui ni le rayonnement dont elles bénéficient.<br><br><strong>Le leitmotiv de cette édition est la révélation. Qu’entendez-vous par là ?</strong><br>Pour moi, un festival est un moment de révélation, de découverte. Qu’il s’agisse de mettre en lumière de jeunes talents ou des artistes oubliés. C’est notre pratique depuis longtemps, notamment à travers la diversité des prix décernés. A chaque édition, on redécouvre des photographes qui avaient un peu disparu ces dernières années ou qui sont restés méconnus pendant des décennies. C’est le cas de Lee Miller qui a été une photographe importante autant dans le domaine de la mode que celui du reportage, lorsqu’elle a par exemple accompagné les troupes alliées pour la libération de l’Europe du joug nazi. Elle avait rangé tout son travail dans des boîtes sur lesquelles est tombé son fils très tardivement. On peut parler d’une certaine façon de révélation.<br><br><strong>En quoi l’exposition <em>Une avant-garde féministe des années 1970 est-elle un événement ?</em></strong><em><br>C’est un peu le match retour de l’exposition Masculinités, présentée l’an dernier. Les œuvres -environ 200 pour une soixantaine d’artistes- appartiennent à la collection Verbund, à Vienne, qui existe depuis moins de vingt ans. Elle s’est d’abord constituée autour de photographes et artistes qui travaillaient dans la scène germanophone. Puis elle s’est élargie à toute l’Europe et au continent américain. Cette collection montre de façon assez surprenante des similarités dans les pratiques de travail des années 70 et 80, où que l’on se trouve dans le globe, avant l’existence d’internet et des réseaux sociaux. C’est très intéressant de constater comment une réflexion, souvent liée aux mouvements de contestations de la fin des années 60 sur la position de la femme dans la société, a généré des travaux semblables. On retrouve des noms célèbres comme Cindy Sherman mais la plupart des photographes étaient totalement inconnues à l’époque où elles ont travaillé. Contrairement aux autres arts telles que la peinture et la sculpture, le medium photographique n’était pas encore accaparé par les hommes et ouvrait une autre porte d’expression.</em><br><em><br><strong>Quelles autres surprises ou raretés attendent les visiteurs ?<br></strong>Au Jardin d’été, où les portraits de Nord-Coréens par Stephan Gladieu ont connu un tel succès en 2021, nous invitons Bruno Serralongue et son exposition Les gardiens de l’eau. Ce sont des images de la lutte de communautés Sioux qui s’opposaient à l’installation d’un pipeline qui devait traverser leur territoire. La mobilisation avait conduit Obama à stopper les travaux que Trump a relancés.<br>Une autre exposition très importante pour moi est celle du fonds de la Croix Rouge. Ce sont 160 ans d’images qui permettent de comprendre le rôle joué par la photographie non seulement dans l’action humanitaire mais aussi dans les conflits internationaux. Comment au départ une image purement documentaire devient une prise de position politique et peut être utilisée pour des levées de fonds. Cette exposition donne également des clefs de lecture même si je ne pensais pas qu’elle aurait autant de résonance avec l’actualité terrible en Ukraine. En fait, on ne peut qu’y penser.</em><br><em><br><strong>Quel équilibre recherchez-vous entre photographie d’avant-garde et populaire ?<br></strong>La principale règle est de viser la plus grande diversité afin de toucher des publics différents. Il y a des expositions pointues qui vont surprendre et d’autres qui seront comprises et appréciés immédiatement par un grand nombre.</em><br><em><br><strong>Regrettez-vous la disparition d’un off ?</strong><br>On dit toujours « un bon in a un bon off ». Cela demande un engagement très fort et pour l’instant, rien d’aussi structuré que par le passé ne semble se profiler. J’espère que cela reviendra.</em><br><em><br><strong>Comment les Rencontres cohabitent-elles avec le grand nombre d’événements et d’institutions culturelles ambitieux -comme les fondations LUMA et Lee Ufan- qui se concentrent dans la même ville d’Arles ?</strong><br>On marche dorénavant main dans la main avec la Fondation LUMA qui met la demi-halle de la Mécanique Générale à notre disposition, pour une durée de cinq ans. Une de leurs expositions figure dans le programme des Rencontres. On a chacun un rôle différent à jouer et maintenant que ces fondations ont ouvert, on est passé à une autre phase, celle la complémentarité. On vit dans un écosystème où chacun bénéficie de l’autre. Les publics sont curieux et profitent de cette offre grandissante qui crée de l’émulation bien plus que de la concurrence.</em><br><br><em>Entretien réalisé par LUDOVIC</em> TOMAS</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Les Rencontres d’Arles</em></strong>
<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 4 juillet au 25 septembre</mark>
Divers lieux, Arles
rencontres-arles.com</pre>
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