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	<title>Archives des Chrystelle Canals - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Chrystelle Canals - Journal Zebuline</title>
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		<title>Sortir du trou</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 15:35:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Imaginez un espace obscur, encombré de gros sacs. Une femme (Milouchka) surgit, saute, pousse un cri en apercevant un homme avachi dans un fauteuil qui l’est tout autant. Elle est gênée, ne pensait pas trouver quelqu’un qui, visiblement, n’avait pas envie d’être dérangé. L’homme (Christian Mulot) s’énerve et affirme « on n’est pas là pour se [&#8230;]</p>
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<p>Imaginez un espace obscur, encombré de gros sacs. Une femme (<strong><a href="https://www.instagram.com/emiliemilouchka/">Milouchka</a></strong>) surgit, saute, pousse un cri en apercevant un homme avachi dans un fauteuil qui l’est tout autant. Elle est gênée, ne pensait pas trouver quelqu’un qui, visiblement, n’avait pas envie d’être dérangé. L’homme (<strong>Christian Mulot</strong>) s’énerve et affirme « <em>on n’est pas là pour se faire des amis</em> » tandis que la femme s’étonne de ne pas être dans «<em> le bon trou</em> » mais essaie d’être aimable. Ambiance tendue. Ça ne s’arrange pas avec l’arrivée tonitruante de celle qui se présente comme « <em>la revenante</em> » (<strong>Chrystelle Canals</strong>), celle qui revient toujours après ses épisodes de cuite. Enfin, un quatrième (<strong>Hugo Lebreton</strong>) surgit, éructe, déclare n’avoir rien à faire là ; il a un boulot, une femme et des enfants. Cependant, contraints de cohabiter ces quatre êtres paumés vont peu à peu communiquer, révélant leurs erreurs et leurs fractures.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Huis clos sartrien</mark></strong></h3>



<p>Les deux autrices/metteuses en scène&nbsp;Milouchka et Chrystelle Canals,&nbsp;font basculerl’addiction&nbsp;dans le fantastique&nbsp;d’un enfer qui est aussi les autres&nbsp;:&nbsp;l’addiction de chacun.e. estsymbolisée par la métaphore brute du trou, un trou dont iels ne sortent pas et dans lequel iels sont invisibles. Des bruits inquiétants résonnent par moments, des fumées se répandent, telles des menaces ou des remords. Sont-ils condamnés&nbsp;? Par qui&nbsp;? Aucune intervention extérieure ne survient.&nbsp;</p>



<p>Il est temps de cesser de juger et d’aider ces personnes, nous suggèrent les autrices qui sont en relation avec des centres sociaux. Leur création ne manquera pas de susciter des interrogations.</p>



<p>CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em><strong>Shot, shoot, chut</strong></em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu’au 26 juillet</mark><br><a href="https://www.theatre-barretta.com/">Théâtre Barretta</a>, Avignon</pre>



<p>Retrouvez nos articles<a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"> Scènes ici</a></p>
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		<title>Mots pour maux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Aug 2022 12:45:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Elles ont toutes les deux commencé très jeunes à faire du théâtre, puis des&#160;one-woman-show, et de fil en aiguille, les voilà écrivaines et comédiennes éblouissantes. On les avait repérées depuis l’été dernier sur les réseaux sociaux arpentant les rues d’Avignon, faisant des clins d’œil aux internautes, parlant de leur spectacle sans en dévoiler le propos. [&#8230;]</p>
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<p>Elles ont toutes les deux commencé très jeunes à faire du théâtre, puis des&nbsp;<em>one-woman-show</em>, et de fil en aiguille, les voilà écrivaines et comédiennes éblouissantes. On les avait repérées depuis l’été dernier sur les réseaux sociaux arpentant les rues d’Avignon, faisant des clins d’œil aux internautes, parlant de leur spectacle sans en dévoiler le propos. Cette fois il ne fallait pas les rater. Les voilà sur scène, étendant du linge, tâche ménagère ordinaire et typiquement caractéristique du travail quotidien de la ménagère. Cette corde à linge choisie par le metteur en scène&nbsp;<strong>Hervé Lavigne&nbsp;</strong>devient le fil conducteur du spectacle. Se succèdent alors une série de scénettes qui exposent des situations de violence faites aux femmes. Une bourgeoise se donne bonne conscience en sauvant une Cambodgienne de l’enfer de son pays mais la réduit en esclavage. Des enfants sont traumatisés par les cris de leur mère battue. Une adolescente raconte à sa mère qui ne veut pas l’entendre le viol commis par son frère. Une fille tente d’expliquer à son père par téléphone son homosexualité…&nbsp; </p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Dialogues incisifs</mark></strong></p>



<p>Ces situations traumatisantes, ces dialogues incisifs ont été écrits avec finesse à la suite d’une multitude de témoignages de victimes, de travailleurs sociaux, de membres d’associations.&nbsp;<strong>Milouchka</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>Chrystelle Canals</strong>&nbsp;interprètent cette multitude de rôles avec talent, passant d’un registre à l’autre avec une virtuosité remarquable. Parmi le public l’émotion est à son comble. Notamment quand, vers la fin de la représentation, Milouchka s’avance en bord de scène&nbsp;: «&nbsp;<em>Maintenant je vais parler de moi, de mon corps.&nbsp;</em>» Atteinte d’obésité, elle confie les difficultés de sa vie quotidienne puis se met à danser. Cependant ne croyez pas que ce spectacle soit plombant, il y a aussi de l’humour, comme ce moment hilarant où les deux complices abordent le problème des règles qu’elles nomment malicieusement «&nbsp;<em>pâquerettes</em>&nbsp;». Comme elles le disent, ce spectacle «&nbsp;<em>ne changera pas la face du monde&nbsp;</em>», mais il peut certainement stimuler les consciences.</p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Les Maux Bleus&nbsp;</em>a été joué du 7 au 30 juillet au théâtre La Luna, à Avignon, dans le cadre du festival Off.</mark><br>La pièce<em> </em>reçu le prix Avignon Award 2022.</sub></p>
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		<title>Vagabondage au fil du Off</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 05:05:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Portrait de Raoul Il y a des êtres aux destins incroyables qu’on croirait écrits par une divinité bienveillante et protectrice. C’est le cas de Raoul Fernandez, né au Salvador, d’une mère aux doigts de fée qu’il a longuement observée, puis aidée dans son travail. Il s’est toujours senti fille au milieu de ces soieries et [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>Portrait de Raoul</em></strong></h2>



<p style="max-width:600px">Il y a des êtres aux destins incroyables qu’on croirait écrits par une divinité bienveillante et protectrice. C’est le cas de Raoul Fernandez, né au Salvador, d’une mère aux doigts de fée qu’il a longuement observée, puis aidée dans son travail. Il s’est toujours senti fille au milieu de ces soieries et ces organzas. C’est d’ailleurs une fille que ses parents attendaient et c’est lui qui s’est pointé… Rêvant de Paris depuis l’adolescence, il y arrive pour apprendre l’histoire du costume et la langue française qu’il assimile merveilleusement en apprenant Molière par cœur. Successivement des rencontres le font avancer dans le monde du spectacle&nbsp;: Copi, Noureev, Nordey. D’abord comme costumière puis finalement sur scène donnant un jour la réplique à Catherine Hiegel. Son histoire, il l’a racontée à la demande de <strong>Philippe Minyana</strong> qui l’écoutait en prenant des notes dans un salon ou un café. Cela a donné le très beau texte que <strong>Marcial Di Fonzo Bo</strong> a voulu monter. <em>Portrait de Raoul </em>est un spectacle brillant et émouvant car Raoul joue sa propre vie avec les mots d’un autre, si près des siens. Il entre sur scène chargé d’énormes ballots de tissus bariolés qu’il étale peu à peu sur la scène. Il évoque son rêve de «&nbsp;<em>nichons aux hormones</em>&nbsp;», enfile une courte robe noire à bretelles, chausse des chaussures à talons. Coiffé d’une longue perruque blonde, il chante en espagnol ou dessine des gestes sur un air d’opéra chanté par Calas. Un retour au Salvador pour revoir sa mère le submerge d’émotions et de parfums de lilas. Généreux et sensible, Raoul se livre jusqu’à des larmes étranglées et nous confie que le théâtre est sa maison. Un spectacle magnifique pour sublimer un destin fabuleux de celui qui déclare «&nbsp;<em>vivre comme un homme et penser comme une femme.&nbsp;</em>»</p>



<p class="has-regular-font-size" style="max-width:600px"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Portrait de Raoul</em> a été joué du 7 au 29 juillet au 11·Avignon.</mark></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>Ici loin</em></strong></h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Ici-loin%C2%A9Delphine-Michelangeli.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115189" width="696" height="464" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Ici-loin%C2%A9Delphine-Michelangeli.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Ici-loin%C2%A9Delphine-Michelangeli.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Ici-loin%C2%A9Delphine-Michelangeli.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>© Delphine Michelangeli</figcaption></figure>
</div>


<p style="max-width:600px"><strong>Michèle Addala</strong>, directrice du théâtre de l’Entrepôt et fondatrice de la compagnie <strong>Mises en scène</strong>, a repris cette année la création de l’an dernier qui s’interroge sur l’avenir. Surtout celui des jeunes des quartiers populaires, des populations issues de l’immigration qui cherchent à se construire. Durant trois ans, des ateliers ont été déployés dans divers lieux – écoles, centres sociaux – dont est né <em>Ici loin</em> spectacle de professionnels avec une talentueuse accordéoniste, <strong>Léa Lachat</strong>, et cinq comédiens aux profils divers et marqués. Ils ont trié les textes d’enfants, d’adultes, les confidences, les déceptions et les espoirs, ils ont sélectionné les dessins d’<strong>Océane Roche</strong> qui sont projetés sur le rideau de fils en fond de scène. Le spectacle s’est véritablement construit sur le plateau. Le point de départ était une interrogation sur le trajet du Bus 14 qui coupe véritablement la ville en deux parties. Y a-t-il un bon et un mauvais côté&nbsp;? Où sont les passerelles&nbsp;? Autant de questions qui se posent… Et ce cri d’une adolescente à la fin&nbsp;: «&nbsp;<em>Je veux qu’on me donne mon avenir. J’y ai droit&nbsp;!&nbsp;</em>».</p>



<p class="has-regular-font-size" style="max-width:600px"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Ici loin</em> a été joué du 7 au 24 juillet au théâtre de l’Entrepôt, à Avignon.</mark></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>Le Cabaret du Monde de Tout de Suite</em></strong></h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="392" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Cabaret-du-Monde-de-tout-de-suite-LEntrepot-%C2%A9-Ch.Milord.jpg?resize=696%2C392&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115190" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Cabaret-du-Monde-de-tout-de-suite-LEntrepot-%C2%A9-Ch.Milord.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Cabaret-du-Monde-de-tout-de-suite-LEntrepot-%C2%A9-Ch.Milord.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Cabaret-du-Monde-de-tout-de-suite-LEntrepot-%C2%A9-Ch.Milord.jpg?resize=696%2C392&amp;ssl=1 696w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Le Cabaret du Monde de tout de suite, L&rsquo;Entrepot © Ch.Milord</figcaption></figure>
</div>


<p style="max-width:600px"><strong>Yves Fravega</strong> a présenté un montage de textes d’auteurs caustiques ou humoristiques dans le cadre d’un cabaret de foire avec ses rideaux rouges qui s’ouvrent sur une musique de cirque. Quatre étranges personnages grimés apparaissent, vêtus de tenues pseudo-militaires. Après nous avoir souhaité la bienvenue, ils nous entraînent dans un voyage à travers les mots et les sons, la poésie et la chanson, le rire et l’inquiétude. Yves Favrega et son complice <strong>Pascal Gobin</strong> ont créé la compagnie <strong>L’Art de Vivre</strong> en 1995 pour associer la chanson, l’humour et la création sonore. Les comédiens utilisent d’étranges objets pour varier les accompagnements de textes souvent loufoques de Jean-Paul Curnier, Roland Dubillard… Entre music-hall et satire, divertissement et réflexion sur notre monde en mutation.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Le Cabaret du Monde de Tout de Suite</em> a été joué du 7 au 30 juillet au théâtre de<strong> </strong>l’Entrepôt, à Avignon.</mark></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>Paying for it</em></strong></h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Praying-for-it-Copyright-Hubert-Amiel.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115191" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Praying-for-it-Copyright-Hubert-Amiel.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Praying-for-it-Copyright-Hubert-Amiel.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Praying-for-it-Copyright-Hubert-Amiel.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>© Hubert Amiel</figcaption></figure>
</div>


<p class="has-regular-font-size" style="max-width:600px">Le collectif belge <strong>La Brute</strong> s’est fixé comme objectif de creuser et révéler les zones d’ombre que la société évite de regarder de trop près. Sa dernière création s’est intéressée au monde du sexe tarifié. Vaste programme qui interroge chacun sur sa nécessité et sa morale. Le sexe n’est-il acceptable que dans le couple, la reproduction&nbsp;? Doit-il être considéré comme un plaisir indispensable à l’équilibre de tous&nbsp;? Peut-il être considéré comme un travail comme un autre&nbsp;? L’équipe s’est livrée à des enquêtes, des interviews de travailleuses et travailleurs du sexe, de policiers, de la brigade des mœurs, des services sociaux. Les comédiens se sont ensuite appropriés les témoignages. Si le spectateur n’était pas prévenu, il pourrait croire que ce sont de vrai·e·s prostitué·e·s qui sont sur le plateau. Leur conviction et leur naturel sont tels qu’on éprouve une sensation étrange. Est-on vraiment dans un spectacle&nbsp;? Oui&nbsp;: une comédienne est vêtue du costume de petit rat de l’opéra, copie de la fameuse danseuse de Degas. Elle symbolise toutes les filles plongées très tôt dans la prostitution par leurs mères-proxénètes dans ce lieu devenu un grand bordel. Image forte de la violence faite aux femmes. Ce spectacle déroutant et fort est servi par neuf comédiennes et comédiens aguerris et bluffants venus pour la plupart de l’ESACT de Liège, réunis sur un plateau occupé de tables et de chaises comme pour une réunion de travail. On y apprend beaucoup et on admire la performance.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Paying for it</em> a été joué du 7 au 28 juillet au Théâtre des Doms, à Avignon.</mark></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>Suivre quelqu’un</em></strong></h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Suivre-quelquun%40Compagnie-Soleil-vert.jpg?resize=696%2C465&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115243" width="696" height="465" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Suivre-quelquun%40Compagnie-Soleil-vert.jpg?w=650&amp;ssl=1 650w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Suivre-quelquun%40Compagnie-Soleil-vert.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Suivre quelqu&rsquo;un © Compagnie Soleil vert</figcaption></figure>
</div>


<p style="max-width:600px">Parfois les mauvaises choses peuvent avoir du bon. Ainsi lors du confinement, <strong>Laurent de Richemond</strong>, comédien et metteur en scène de la compagnie <strong>Soleil vert</strong>, a engagé un dialogue avec une comédienne amie, <strong>Stéphanie Louit</strong>, dont le parcours peu commun l’intriguait. De questionnements en confidences, la parole s’est libérée jusqu’à devenir un texte proposé comme thème de travail et de recherche à une équipe volontaire et enthousiaste composée de cinq femmes et trois hommes. Plateau nu, trois chaises, lumière crue. Stéphanie joue son propre rôle, évoque son enfance, ses études, ses errements, ses doutes, son homosexualité. Durant plus de deux heures c’est son portrait qui se dessine par sa parole et le regard des autres. Elle est «&nbsp;l’objet-sujet&nbsp;» du spectacle, revendiquant un genre entre deux genres, et leur mélange. Laurent de Richemond a voulu faire un portrait à la façon cubiste, sous plusieurs angles et divers profils. Ainsi, au cours de la représentation les comédiens changent de costumes. Tantôt tous en femmes avec prothèses mammaires pour les hommes, tantôt tous en hommes&nbsp;; dans ce cas, les femmes roulent un bout de tissus pour simuler le sexe qu’elles n’ont pas. D’autres fois, tout le monde est torse nu. De nombreux déplacements dansés avec marche chaloupée et gestes balancés évoquent par moments une chorégraphie de Pina Bausch tandis que la bande-son diffuse des paroles de Stéphanie enregistrées, des bruits de la nature, de la musique. Une communauté bienveillante se crée devant nous, chacun des éléments suivant l’autre, accueillant sa différence, inventant une autre forme de relation. À la fin, le public est invité à entrer dans le mouvement. Instant quasi magique.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Suivre quelqu&rsquo;un</em> a été joué du 15 au 17 juillet au théâtre de l&rsquo;Entrepôt, à Avignon</mark></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>Le Geste</em></strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="392" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Geste-%C2%A9-Florian-Jeandel.jpg?resize=696%2C392&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115593" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Geste-%C2%A9-Florian-Jeandel.jpg?resize=1024%2C576&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Geste-%C2%A9-Florian-Jeandel.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Geste-%C2%A9-Florian-Jeandel.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Geste-%C2%A9-Florian-Jeandel.jpg?resize=696%2C392&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Geste-%C2%A9-Florian-Jeandel.jpg?resize=1068%2C601&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Geste-%C2%A9-Florian-Jeandel.jpg?w=1500&amp;ssl=1 1500w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Le-Geste-%C2%A9-Florian-Jeandel.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Le Geste © Florian Jeandel</figcaption></figure>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p style="max-width:600px">Ils sont trois sur scène&nbsp;: <strong>Hélène Tisserand</strong> qui a participé à l’écriture et assuré la mise en scène, <strong>Michel Deltruc</strong> à la batterie qui ponctue merveilleusement le déroulement de la proposition, et <strong>Pierre-Marie Paturel</strong>, à l’écriture et au jeu de mains magnifique. La compagnie <strong>Le Plateau Ivre</strong> nous offre un spectacle insolite sur la prestidigitation et le trouble des apparences. Cela commence avec la lecture par la comédienne des articles d’un ancien manuel de pratique qui détaille avec minutie le déroulement des étapes d’un «&nbsp;tour&nbsp;». Pierre-Marie regarde droit dans les yeux les spectateurs, ses doigts s’ouvrent, se ferment, les poignets sont flexibles, ses mains se déplacent avec élégance. Il manipule agilement une pièce de monnaie qui disparaît, réapparaît. Viendront des jeux avec des cartes à jouer et des objets divers…Son regard bleu ne nous quitte pas, son corps bouge avec fluidité. À un seul moment, il révèle les subtiles manipulations qui provoquent apparitions et disparitions. Il fait la lecture d’une lettre écrite à son maître, Mister Jo, qui lui a transmis son savoir dans laquelle il exprime sa reconnaissance pour cette science partagée. On est sous le charme. <br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Le Geste</em> a été joué du 7 au 26 juillet à l’Artéphile, à Avignon.</mark></p>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>Et mon cœur dans tout cela&nbsp;?</em></strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="504" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Et-mon-coeur-dans-tout-cela-%C2%A9Podj.jpeg?resize=696%2C504&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115442" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Et-mon-coeur-dans-tout-cela-%C2%A9Podj.jpeg?resize=1024%2C742&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Et-mon-coeur-dans-tout-cela-%C2%A9Podj.jpeg?resize=300%2C217&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Et-mon-coeur-dans-tout-cela-%C2%A9Podj.jpeg?resize=768%2C557&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Et-mon-coeur-dans-tout-cela-%C2%A9Podj.jpeg?resize=1536%2C1113&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Et-mon-coeur-dans-tout-cela-%C2%A9Podj.jpeg?resize=696%2C504&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Et-mon-coeur-dans-tout-cela-%C2%A9Podj.jpeg?resize=1068%2C774&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Et-mon-coeur-dans-tout-cela-%C2%A9Podj.jpeg?w=1667&amp;ssl=1 1667w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Et-mon-coeur-dans-tout-cela-%C2%A9Podj.jpeg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Et mon coeur dans tout cela © Podj</figcaption></figure>



<p style="max-width:600px">Pour la première fois, neuf compagnies de spectacle vivant de La Réunion ont été présentées au festival Off, malgré des réalités économiques complexes. C’est ainsi que l’on a pu voir la création de <strong>Soraya Thomas</strong>, chorégraphe et danseuse de 43 ans. Métisse, elle a choisi de danser nue, sans aucun artifice, peut-être pour rappeler le souvenir de ses origines. Pour affirmer le corps de la femme noire. Au début, son corps recroquevillé au sol surgit peu à peu de l’obscurité dans une lumière très faible. On s’aperçoit qu’elle est dans une grande flaque d’eau. Son corps solide se déploie avec difficulté, puis retombe brutalement. Elle glisse, se relève, retombe. Le geste est sobre, l’atmosphère lourde, soulignée par une bande-son très sombre de <strong>Thierry Th Desseaux</strong>. Au bout d’un long moment surgit une simple phrase fugitive que l’on aurait voulu plus présente pour accompagner la chorégraphie. Ce n’est pas un corps joyeux qui nous est offert, mais un corps souffrant, accablé de tout le passé d’exploitation en tant que femme noire. Après un long cri glaçant, l’artiste se déplace côté cour et se recouvre avec difficulté d’un lourd tissu noir. Comme un refuge ou une volonté de disparaître.</p>



<p class="has-regular-font-size" style="max-width:600px"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Et mon cœur dans tout cela ? </em>a été dansé du 7 au 26 juillet, au Château de Saint-Chamand, dans le cadre de la programmation de La Manufacture, à Avignon.</mark></p>



<p>CHRIS BOURGUE<br><sub><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Spectacles présentés pendant le festival Off d&rsquo;Avignon.</mark></strong></sub></p>



<p><strong>Lire aussi </strong>: <a href="https://journalzebuline.fr/a-avignon-on-y-danse-on-y-chante-et-on-y-rit/">À Avignon, on y danse, on y chante… et on y rit &#8211; Journal Zebuline</a><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-black-color"><br></mark></sub></p>
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